Lundi 30 mars 2026, Connaissance 3, les Universités des seniors latines et le magazine Générations ont tenu une conférence nationale dédiée au sujet de la formation à tous les âges de la vie. Découvrez ici la rétrospective complète de cette riche et belle après-midi!

Partie I : L’apprentissage continu, une réforme porteuse
Madame la conseillère municipale Emilie Moeschler a souhaité la bienvenue aux participant·es en rappelant que la ville de Lausanne est première concernée par la formation: ville d’étudiant·es, elle accueille Hautes Écoles et Universités et est la première ville suisse a avoir obtenu le label de « Ville apprenante » de l’UNESCO. Elle rappelle aussi que la formation demeure vecteur d’intégration, de citoyenneté et d’inclusion sociale.
Regards croisés
Trois interventions ont ensuite permis d’explorer la formation tout au long de la vie sous des angles complémentaires. Découvrez ici le contenu de ces différents apports. Les enregistrements audios et les diaporamas sont à votre disposition.
« Trois mythes sur la formation des seniors » – Prof. Jacques Lanarès, neuropsychologue, président de Connaissance 3 et co-président des Uni3
« Apprentissage et fonctionnement cérébral: faire reculer les maladies neurodégénératives » – Dr Gilles Allali, professeur à la Faculté de Biologie et de Médecine de l’UNIL et directeur du Centre Leenaards de la Mémoire au CHUV
« Formation et transitions liées à l’avancée en âge » – Dre Nathalie Muller Mirza, professeure à la Faculté de Psychologie et Science de l’éducation UNIGE, secteur formation d’adultes.
Table ronde

Un temps de table ronde a ensuite réuni:
- Sabine Scheiben, cheffe de l’Unité de formation continue du SEFRI
- Muriel Chenaux-Mesnier, déléguée senior Lausanne
- Sophie Huber, directrice du Centre pour la formation continue de l’UNIGE
- Alain Huber, directeur de Pro Senectute Suisse
Modérée par Blaise Willa, directeur et rédacteur en chef du magazine Générations, la table ronde a offert aux intervenant·es l’opportunité de s’exprimer depuis leur propre point de vue. Les thématiques et questions suivantes ont émergé durant la discussion:
Tout d’abord, de quelle formation continue parle-t-on exactement ?
Pour le SEFRI, si la loi sur la formation continue (LFCo) ne fixe pas de limite d’âge, sa mise en œuvre reste marquée par un biais d’employabilité, lié à la prise en charge des coûts. Le centre de l’UNIGE s’inscrit lui aussi dans une logique certifiante (CAS, DAS, MAS), orientée vers le marché du travail. À l’inverse, Pro Senectute met l’accent sur la richesse des formations informelles prisées par les seniors. Enfin, les démarches entreprises par la Ville de Lausanne pour l’obtention du label « Ville apprenante » de l’UNESCO ont mis en lumière la diversité des apprentissages, allant des parcours certifiants, des échanges entre pairs aux expériences intergénérationnelles.
Comment mieux inclure les seniors dans une formation réellement « tout au long de la vie » ?
Selon Mme Scheiben, les seniors ne sont pas exclus de la formation continue, mais ne font pas l’objet d’un soutien spécifique; les compétences de base visées par la Confédération couvrent la communication, les mathématiques et les technologies de l’information et de la communication (TIC). Mme Huber souligne qu’à Genève, le chèque formation favorise la mixité des publics et laisse aux cantons une marge de manœuvre, notamment pour soutenir les publics vulnérables. Mme Chenaux-Mesnier rappelle que la formation constitue un levier d’intégration, tant par l’emploi que par l’engagement associatif. Enfin, M. Huber relève que le non-recours aux prestations limite l’accès des seniors à la formation, malgré des offres adaptées et abordables proposées notamment par Pro Senectute, la Ville de Lausanne et Connaissance 3.
Pourquoi la formation des seniors n’est-elle pas considérée comme essentielle et s’avère-elle encore politiquement secondaire ? Que faire concrètement pour que cela change ?
Pour Mme Huber, la formation tout au long de la vie devrait être pensée comme un continuum transgénérationnel, soutenu par une mobilisation du public et des médias. M. Huber propose de privilégier la citoyenneté plutôt que l’employabilité. Mme Chenaux-Mesnier illustre les risques d’exclusion « de fait », en prenant pour exemple la complexité des automates à billets de bus, pouvant conduire à un repli social. Enfin, Mme Scheiben souligne que la formation continue est encore largement envisagée sous l’angle du coût, avec un retour sur investissement principalement lié au marché de l’emploi.
Précisément, ne rate-t-on pas quelque chose collectivement à ne pas voir l’investissement plutôt que les coûts ?
Pour M. Huber, la question du retour sur investissement de la formation des seniors doit être élargie: comme l’ont montré les exposés, il se mesure aussi en termes de santé (maintien des capacités cognitives) et d’inclusion sociale. Mme Scheiben rappelle que, si le cadre légal est national, sa mise en œuvre relève des cantons. Le message FRI (formation, de la recherche et de l’innovation) ne semble pas être l’outil le plus adapté; une piste serait plutôt de s’inscrire dans la révision de la politique de la vieillesse prévue pour 2027.
Finalement, une personne dans le public fait remarquer que « si les compétences de base liées à la lecture ou au calcul s’acquièrent une fois pour toute, il n’en va pas de même avec les TIC puisque ce domaine évolue très vite ». Il apparaît alors nécessaire de mobiliser les ressources financières et humaines pour soutenir la formation continue des seniors dans ce domaine.
Partie II : S’épanouir en s’appropriant savoirs et compétences
La seconde partie de l’après-midi s’est ouverte par la conférence « La curiosité est le meilleur des défauts, à tout âge! » présentée par Dre Anne-Claude Juillerat Van der Linden, chargée de cours à l’Université de Genève, présidente de l’Association VIVA, neuropsychologue spécialiste du vieillissement cognitif.
Pour elle, la curiosité est un moteur fondamental du comportement humain: elle pousse à explorer, apprendre, interagir avec le monde et avec les autres et façonne les acquisitions cognitives tout au long de la vie. Elle joue un rôle majeur dans le maintien des fonctions cognitives, ainsi que de la santé mentale et physique. Les facteurs biologiques, psychologiques, contextuels et liés au style de vie interagissent pour déterminer le fonctionnement cérébral. La génétique n’influence le vieillissement qu’à hauteur de 5 %; le reste dépend de ces interactions tout au long de la vie. Pour notre intervenante, l’apprentissage continu favorise le bien-être, renforce l’autonomie et le pouvoir d’agir.
(Re)découvrez la conférence ici:
Témoignages et échanges avec la salle
L’après-midi s’est achevée par un temps de témoignages mettant à l’honneur une étudiante, un enseignant et un conférencier et guide de visite, tous trois engagé·es dans les activités des Universités des seniors de Genève, Lausanne ou Neuchâtel.
À travers leur témoignage s’est esquissée une palette riche et inspirante d’expériences vécues, révélant combien la formation, à tout âge de la vie, demeure un espace de découverte, de transmission et de renouvellement de soi.

Écoutez le témoignage de Jean-Marie Brandt, enseignant d’économie chez Connaissance 3:
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