Palais mental

Palais mental

Civiliste à Connaissance 3 de janvier à juin 2019, Lucas Jemelin participe à certaines conférences, dans le cadre de ses tâches d’information et d’accompagnement des seniors. Il en retire pour nous une chronique, fruit de ses pensées et de ses réflexions autour des sujets traités. Voici ses impressions.

13.03.2019 « Troubles de la mémoire, tous concernés »

Il est 10h38, le feu est vert. La femme en face sur le passage piéton porte un foulard ocre. La pancarte colorée m’avertit gentiment qu’une exposition d’art débute dans deux semaines, tandis que la vitrine à côté m’apprend que, sur présentation d’une carte étudiant, le kebab avec boisson n’est qu’à 10,50 CHF. Ces informations défilent sous mon regard peu attentif, mon intérêt se portant sur mon smartphone et l’e-mail que vient de m’envoyer une école à laquelle je souhaite m’inscrire. Que vais-je retenir de tout cela? Que dois-je retenir de tout ceci?

Heureusement, mon cerveau est là pour faire le tri. Il choisit, un peu à mon insu je dois bien l’avouer, les éléments pertinents qu’il stockera tout seul dans un recoin de ma tête, de façon plus ou moins facile d’accès pour un usage futur. Je dois donc le remercier, sans doute, d’avoir choisi sans réellement m’avertir de laisser un espace de choix pour les documents que je dois envoyer à cette école et un territoire plus restreint pour la couleur du foulard de madame.

Je me questionne. Si mon cerveau emmagasine tant d’informations, même de manière partielle, mon cortex doit être rempli de bon nombre de choses inutiles. Et il serait plus satisfaisant de réserver cet espace pour des connaissances linguistiques ou mathématiques par exemple.

Je décide donc de retrouver une mémoire intentionnelle et non automatique ou instinctive. De temps en temps, j’essaie donc d’utiliser des régions de ma mémoire où je choisis consciemment de classer des informations. Et je gage qu’en les rangeant à cet endroit de façon réfléchie, je démultiplie mes chances de les retrouver facilement.

Certains nomment cette région sélectionnée un « palais mental », et je trouve ce concept fascinant. Une chambre matérialisée dans notre tête, créée de toute pièce, où l’on décide de stocker des renseignements. Une sorte de coffre-fort cérébral dans lequel on associe nos idées aux éléments présents dans ce lieu.

Ainsi, la tapisserie de mon palais mental est couverte de feux verts, 10h38 précise est indiqué sur une horloge suspendue au mur à laquelle pend un foulard ocre. La date de l’exposition est peinte sur une œuvre d’art affichée au-dessus d’un grand bureau où se trouvent un sandwich et trônent les documents scolaires. Encore quelques lignes et j’apprends cette chronique par cœur.

J’avais cependant une autre idée de point final pour ce texte. Je dois bien l’avoir rangée quelque part…

Lucas Jemelin

Les chroniques de Lucas

Les chroniques de Lucas

Civiliste à Connaissance 3 de janvier à juin 2019, Lucas Jemelin participe à certaines conférences, dans le cadre de ses tâches d’information et d’accompagnement des seniors. Il en retire pour nous une chronique, fruit de ses pensées et de ses réflexions autour des sujets traités. Voici ses impressions.

Palais mental

Il est 10h38, le feu est vert. La femme en face sur le passage piéton porte un foulard ocre. La pancarte colorée m’avertit gentiment qu’une exposition d’art débute dans deux semaines, tandis que la vitrine à côté m’apprend que, sur présentation d’une carte étudiant, le kebab avec boisson n’est qu’à 10,50 CHF. Ces informations défilent sous mon regard peu attentif, mon intérêt se portant sur mon smartphone et l’e-mail que vient de m’envoyer une école à laquelle je souhaite m’inscrire. Que vais-je retenir de tout cela? (…)

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Bonheur chiffré

Après la Norvège en 2017, la Finlande se retrouve à la première place du classement 2018 des pays les plus heureux du monde. En effet, l’ONU dévoile chaque année les statistiques représentant le sentiment de bien-être d’échantillons représentatifs des habitants de chaque pays du monde.En marge des indicateurs uniquement financiers, le Produit Intérieur Brut ou le Revenu National Brut, ce sondage confirme certaines idées reçues, telles que la qualité de vie dans les pays scandinaves, autant qu’il interpelle. (…)

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Ondes et méditation? Pourquoi pas

La Boquila Trifoliolata est une liane d’Amérique latine aux aspects singuliers. En effet, cette plante modifie la forme, la taille, l’orientation ou la couleur de ses feuilles en fonction de l’arbre auquel elle grimpe. Cette particularité met en lumière un échange incontestable d’informations entre végétaux, procédé dont on ne saisit parfois pas toutes les mécaniques. Si la dissémination ou la production de gaz par les êtres organiques à des fins de communication sont scientifiquement reconnues dans ce domaine (…)

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Consommation ou décroissance?

Quelques t-shirts, une paire de couverts, un bureau. La mode «minimaliste» propose de réduire drastiquement le nombre d’objets du quotidien pour se concentrer sur l’essentiel, se satisfaire de ce que l’on a déjà. «Moulinex libère la femme» s’est transformé en «Se débarrasser des possessions superflues libère l’esprit». Une tendance qui ne surprend pas tant que ça à notre époque. Partagée entre décisions individuelles et souhaits d’appartenance à un groupe, la consommation a atteint un degré impressionnant en Occident. (…)

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La Connaissance en question

Une étude expose que l’enfant issu d’une procréation médicalement assistée présente une pression artérielle anormalement élevée. Le procédé expérimental répond aux attentes académiques et le résultat est considéré probant au regard de l’incertitude faible. Cependant, moins de 100 enfants ont été auscultés. Ce chiffre peut nous sembler modeste. Au yeux du monde scientifique, il suffit néanmoins à l’expérience pour qu’on lui accorde du crédit.Je m’interroge cependant. Quel regard devons-nous porter sur de tels procédés? (…)

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Presse romande

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle. La Gazette de Lausanne, le Journal de Genève ou encore La Suisse ne sont plus. Le Matin ne se lit plus sur papier mais sur la Toile. Toile qui semble inexorablement empêtrer dans ses filets la presse écrite. Cette dernière y perd des plumes. La patte cassée, elle devient le messager boiteux d’un monde médiatique suisse en mutation. (…)

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Chirurgie plastique

A l’heure de la chirurgie plastique à portée de bistouri, qu’aurait fait Cyrano de Bergerac? Bien que ce dernier ait su, à travers le temps, accepter son édifice nasal, il est possible de se laisser aller à quelques réflexions quant à son développement intérieur. (…)

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Pour un meilleur futur

Une armée de moissonneuses-batteuses met fin à un champ de maïs, où chaque épi ressemble un peu plus à son voisin. La moisson est rapide, sauvage. Quel progrès prodigieux depuis les Trente Glorieuses. C’est plus ce que c’était. (…)

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Ecrire!

Ecrire sur des écrivains. Ecrire sur l’AJAR, 23 membres adeptes de la plume collective. Cette après-midi, quatre des leurs sont sur scène et performent la joie de la rédaction, mais aussi de la lecture à plusieurs. Processus bien huilé, cette interprétation me laisse sans voix. (…)

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Rêver…

Lucas vous emmène au pays des songes grâce à ses deux premières chroniques rédigées autour des conférences de notre série thématique sur le rêve: « La science des rêves » et « Le rêve comme dialogue intérieur ».

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Bonheur chiffré

Bonheur chiffré

Civiliste à Connaissance 3 de janvier à juin 2019, Lucas Jemelin participe à certaines conférences, dans le cadre de ses tâches d’information et d’accompagnement des seniors. Il en retire pour nous une chronique, fruit de ses pensées et de ses réflexions autour des sujets traités. Voici ses impressions.

11.03.2019 «La richesse d’un pays, qu’est-ce que c’est?»

Après la Norvège en 2017, la Finlande se retrouve à la première place du classement 2018 des pays les plus heureux du monde. En effet, l’ONU dévoile chaque année les statistiques représentant le sentiment de bien-être d’échantillons représentatifs des habitants de chaque pays du monde.

En marge des indicateurs uniquement financiers, le Produit Intérieur Brut ou le Revenu National Brut, ce sondage confirme certaines idées reçues, telles que la qualité de vie dans les pays scandinaves, autant qu’il interpelle. En effet, certains pays en guerre comme la Lybie obtiennent des résultats plus élevés que certains pays africains, à l’instar de l’Afrique du Sud ou la Namibie, pays dont le président a reçu en 2014 le prix Mo Ibrahim qui récompense «l’excellence dans le leadership africain».

On peut reprocher un aspect austère aux données financières. A mon sens, elles permettent toutefois une analyse qui ne soit pas si rapidement obscurcie par un nombre extrêmement important de facteurs culturels. En effet, le sentiment de bien-être est une notion qui me semble différemment appréciable d’un côté à l’autre du globe. Et les éléments qui tentent de le quantifier me paraissent de plus en plus abscons à mesure que j’essaie de les étudier. Enfin, la mesure se floute à me yeux lorsque le classement atteint de bas scores, puisque je ne pense pas pouvoir imaginer le quotidien des interrogés et leurs tourments.

En Suisse, du haut de la 5e place du classement 2018, nous avons la chance d’avoir le sourire. Un sourire qui sera un jour, je l’espère, partagé dans le monde entier.

Lucas Jemelin

Articles de la Revue d’information sociale Reiso

Articles de la Revue d’information sociale Reiso

Dans le cadre d’un partenariat avec la Revue d’information sociale Reiso, les conférenciers de Connaissance 3, dont les thématiques touchent à l’action sociale et à la santé publique, se voient proposer la rédaction d’un article de fond autour de leur intervention. Les articles paraissent alors en marge de leur conférence et contribuent à la visibilité de Connaissance 3 tout en permettant aux participants aux conférences de conserver une trace du sujet abordé.


Marc Atallah, «Le transhumanisme: dire adieu au corps?», REISO, Revue d’information sociale, mis en ligne le 18 mars 2019

Les discours transhumanistes prônent l’amélioration du corps humain en corrigeant ses limites. Cette idéologie, creuset du narcissisme contemporain, semble éloigner l’homme du monde réel. En fait, magnifie-t-elle ou déteste-t-elle les corps?


Manon Schick, «Des règles contraignantes pour les entreprises», REISO, Revue d’information sociale, mis en ligne le 7 février 2019

Déchets toxiques provoquant des maladies graves, conditions de travail inhumaines, travail des enfants… Une initiative populaire veut obliger les multinationales suisses à respecter les droits humains et l’environnement.


Benoît Girardin, «L’éthique, un défi et une chance en politique», REISO, Revue d’information sociale, mis en ligne le 31 octobre 2018

Ethique et politique font-ils bon ménage ? Un vif débat oppose tenants des droits humains et avocats des intérêts politiques et économiques. Présentation de six valeurs clés pour les Etats et les sociétés qui aspirent à la justice.


Roger Darioli, «Demain, tous véganes?», REISO, Revue d’information sociale, mis en ligne le 22 octobre 2018,

Pas un jour sans que les médias publient des informations sur l’activité et les revendications des véganes! Mais combien sont-ils? Qu’en est-il au niveau nutritionnel? Que concluent les études de cohorte et les rapports des experts?


Kaj Noschis, «Comment habiter avec son âge?», REISO, Revue d’information sociale, mis en ligne le 21 juin 2018

Une étude exploratoire sur des seniors vaudois a montré combien ils tiennent à vivre chez eux le plus longtemps possible. Pas par habitude mais pour rester «utiles aux autres» et mener les activités sociales qui font sens pour eux.


Waltraut Lecocq, «Quand les proches aidants agissent ensemble», REISO, Revue d’information sociale, mis en ligne le 7 décembre 2017

La société reconnaît l’immense travail accompli par les proches aidant·e·s en Suisse. En revanche, ils et elles ne sont pas encore reconnus comme un partenaire incontournable dans les diverses étapes socio-sanitaires de l’accompagnement.


Françoise Schenk, « Avoir mal, c’est dans la tête. Et alors? », REISO, Revue d’information sociale, mis en ligne le 3 avril 2017

Il existe des lésions organiques sans douleur et des douleurs sans cause. Sensations, émotions, mémoire et environnement social interagissent sans discontinuer. Analyse des hypothèses actuelles pour cerner les ruses de la douleur.


Fatouma Diawara, « Les prises de décisions en fin de vie », REISO, Revue d’information sociale, mis en ligne le 24 novembre 2016

Les soins palliatifs mettent les malades et leurs proches au centre des prises de décisions thérapeutiques. Comment assurer des soins qui respectent leur volonté et leur définition personnelle de ce qu’est la «qualité de vie»?


Martine Brunschwig Graf, « Concilier liberté d’expression et lutte contre le racisme », REISO, Revue d’information sociale, mis en ligne le 10 novembre 2016

La liberté d’expression est un droit fondamental. Le respect de la dignité humaine l’est aussi. Cette liberté trouve sa limite lorsque le respect n’est plus garanti.


Michel Oris, « Inégaux jusque dans la vieillesse », REISO, Revue d’information sociale, mis en ligne le 20 octobre 2016

Des recherches ont étudié les conditions de vie et de santé dans la population de 65 ans et plus résidant en Suisse. Elles montrent que les inégalités subsistent et parfois s’amplifient. Elles constatent aussi des progrès réels.


Patrick Bodenmann, Françoise Ninane, Brigitte Pahud-Vermeulen, Elodie Dory, Martine Monnat, Jacques Cornuz, Eric Masserey , « Dispositif sanitaire pour les nouveaux migrants », REISO, Revue d’information sociale, mis en ligne le 1er février 2016

Les réfugiés ont des besoins sanitaires spécifiques qui nécessitent une réponse « généraliste » interdisciplinaire. Elle doit être rapide et adaptée. Comment fonctionne le dispositif mis en place dans le canton de Vaud?


Jean Martin, « L’éthique médicale vue et commentée par Jean Martin », REISO, Revue d’information sociale, mis en ligne le 4 février 2016

A l’occasion d’une conférence du Dr Jean Martin sur l’éthique médicale, REISO a sélectionné une quarantaine d’articles et de recensions du médecin de santé publique publiés dans la revue depuis 2010.


Sophie Swaton, « L’économie sociale et solidaire », REISO, Revue d’information sociale, mis en ligne le 26 novembre 2015

Les entreprises sociales et solidaires représentent désormais un emploi sur dix en Suisse romande. Dans quels secteurs travaillent-elles ? Avec quelles ambitions ? Quels principes de base doivent-elles respecter ?


Martine Brunschwig Graf, « La persistance des discours de haine et de racisme« , REISO, Revue d’information sociale, mis en ligne le 2 novembre 2015

Aujourd’hui comme hier, les racistes pratiquent la discrimination raciale en faisant appel à une prétendue hiérarchisation des races. La lutte doit être menée sans répit contre leurs discours de haine opiniâtre.

Visite de la pharmacie du CHUV

Visite de la pharmacie du CHUV

La pharmacie du CHUV: quel atout pour les patients!

Affichée rapidement complète, cette visite a enchanté les participant-e-s qui ont été impressionnés par le volume et la diversité des activités déployées par plus de 100 collaborateurs-trices pour une prise en charge thérapeutique de qualité pour plus de 50’000 patients hospitalisés chaque année au CHUV.

Sous la houlette du pharmacien-chef, le Pr F. Sadeghipour, et de l’un de ses adjoints, le Dr Pierre Voirol, nous avons assisté à une présentation de ses diverses missions phares de la pharmacie et à son organisation, puis à la découverte de ses structures.

Un vif intérêt a été suscité non seulement par la performance et la haute fiabilité des trois robots géants assurant de manière continue le stockage et la distribution de plus de 60% des médicaments, mais aussi par les mesures visant à promouvoir la sécurité dans la production, la distribution et l’utilisation rationnelle des produits thérapeutiques, sans oublier son engagement en faveur de l’enseignement et la recherche au sein de l’Ecole de pharmacie Genève-Lausanne.

L’apéro convivial au Carnotzet du CHUV fut l’occasion de sympathiques et fructueux échanges entre les participant-e-s et nos deux hôtes qui furent chaleureusement remerciés pour leur accueil qui restera gravé dans les souvenirs.

Ondes et méditation? Pourquoi pas

Ondes et méditation? Pourquoi pas

Civiliste à Connaissance 3 de janvier à juin 2019, Lucas Jemelin participe à certaines conférences,dans le cadre de ses tâches d’information et d’accompagnement des seniors. Il en retire pour nous une chronique, fruit de ses pensées et de ses réflexions autour des sujets traités. Voici ses impressions.

8.03.2019 «Les arbres en lien avec l’univers»

La Boquila Trifoliolata est une liane d’Amérique latine aux aspects singuliers. En effet, cette plante modifie la forme, la taille, l’orientation ou la couleur de ses feuilles en fonction de l’arbre auquel elle grimpe. Cette particularité met en lumière un échange incontestable d’informations entre végétaux, procédé dont on ne saisit parfois pas toutes les mécaniques. Si la dissémination ou la production de gaz par les êtres organiques à des fins de communication sont scientifiquement reconnues dans ce domaine, certains chercheurs évoquent, par ailleurs, des interactions à travers les ondes.

Lorsque M. Ernst Zürcher, intervenant lors d’une conférence à Aigle, évoque la «résonnance de Schumann», une foule d’interrogation se succèdent dans ma tête. Ce professeur nous explique qu’il s’agit d’une onde émise constamment par la Terre (en raison d’une différence de potentiel électrique entre le noyau terrestre et l’atmosphère) à une fréquence d’environ 7,8 Hertz, tandis que la fréquence des ondes qui circulent dans notre cerveau se situe entre 20 et 30 Hertz. A travers la méditation, ou certaines drogues selon les cultures, ce rythme peut être ralenti afin de se rapprocher de la fameuse fréquence et permettrait ainsi d’entrer en forme de communion avec la Terre.

Étrange communication que voilà. Tout ceci ne rime à rien de ce que j’ai appris à l’école. Cette idée que je peine à m’imaginer doit-t-elle se limiter à une hypothèse farfelue?

Cependant, à mesure que j’y réfléchis, une part de moi semble m’indiquer qu’il ne faut pas refouler si rapidement de telles théories. Un genre de communication par les ondes expliquerait tellement de récits de moines qui passent leurs journées à méditer ou de personnes qui préfèrent marcher pieds nus dès qu’ils le peuvent. Sans oublier cette chère Boquila Trifoliolata.

On ne cesse de nous répéter que le monde physique cache encore tant de secrets. Cependant, mon esprit cartésien ne semble toujours pas souhaiter se résoudre à tenir compte de telles hypothèses. Peut-être qu’un lâcher-prise de ce que je crois comprendre, enlever mes chaussures plus régulièrement et quelque peu de méditation me permettrait de trouver certaines des réponses à mes questions.

Qui ne tente rien n’a rien.

Lucas Jemelin

 

Consommation ou décroissance?

Consommation ou décroissance?

Civiliste à Connaissance 3 de janvier à juin 2019, Lucas Jemelin participe, dans le cadre de ses tâches d’information et d’accompagnement des seniors, aux conférences données à Lausanne notamment. Il en retire pour nous une chronique, parfois engagée, fruit de ses pensées et de ses réflexions autour des sujets traités.

4.03.2019 «Consommer, un vrai bonheur?»

Quelques t-shirts, une paire de couverts, un bureau. La mode «minimaliste» propose de réduire drastiquement le nombre d’objets du quotidien pour se concentrer sur l’essentiel, se satisfaire de ce que l’on a déjà. «Moulinex libère la femme» s’est transformé en «Se débarrasser des possessions superflues libère l’esprit». Une tendance qui ne surprend pas tant que ça à notre époque.

Partagée entre décisions individuelles et souhaits d’appartenance à un groupe, la consommation a atteint un degré impressionnant en Occident. Les obligations familiales et professionnelles, l’accès à un transport ou encore la situation géographique du logement sont autant d’éléments qui influencent nos achats. Dictés par notre train de vie, nos choix de consommation ne paraissent plus en être. Et la responsabilité de nos acquisitions, parfois futiles, tend à être repoussée sur la vitesse du monde qui nous entoure. Délesté du poids de nos actions, on aspire à ne jamais remettre en questions certains modèles de consommation.

«On continue de penser que la technologie va nous sauver.» évoquait Mme Lorenzini, lors de la conférence. Une technologie qui ferait disparaître tout le plastique que l’on jette et balaierait le surplus de CO2 d’un claquement de doigt. Mais la technologie se consomme également. Et cette dernière ne se prive pas de se nourrir de matières premières pour nous proposer ce qu’elle a à offrir. Bien qu’elle s’attèle à minimiser certains problèmes, elle semble se réduire parfois à une fuite en avant.

Peu présent dans les médias, le concept de «décroissance» se présente comme une alternative à notre modèle consumériste. Cette nouvelle vision de l’industrie nécessite une modification fondamentale d’un schéma de pensée qui plaçait la croissance comme idéal. Basé notamment sur le partage, il nous permettrait de combattre des modèles tels que l’obsolescence programmée et ralentirait la vitesse d’une économie dont on se sent parfois prisonnier.

Lucas Jemelin

La Connaissance en question

La Connaissance en question

Civiliste à Connaissance 3 de janvier à juin 2019, Lucas Jemelin participe, dans le cadre de ses tâches d’information et d’accompagnement des seniors, aux conférences. Il en retire pour nous une chronique, parfois engagée, fruit de ses pensées et de ses réflexions autour des sujets traités.

1.03.2019 «La Fertilisation in vitro: problème ou panacée?»

Une étude expose que l’enfant issu d’une procréation médicalement assistée présente une pression artérielle anormalement élevée. Le procédé expérimental répond aux attentes académiques et le résultat est considéré probant au regard de l’incertitude faible. Cependant, moins de 100 enfants ont été auscultés. Ce chiffre peut nous sembler modeste. Aux yeux du monde scientifique, il suffit néanmoins à l’expérience pour qu’on lui accorde du crédit.

Je m’interroge cependant. Quel regard devons-nous porter sur de tels procédés?

David Hume entend que toute connaissance provient de l’expérience. Ainsi, l’habitude se révèle notre seul repère qui permette de fonder notre savoir. Conceptualiser pourquoi le soleil se lève chaque matin est inutile, nous le savons parce que nous l’avons vu faire maintes fois.

A partir d’expériences, de grands scientifiques ont cherché à théoriser le monde. La pomme est attirée par la Terre, la Terre est attirée par le Soleil. La Gravité ressort comme un concept que l’expérience mets facilement en pratique puisque la pomme tombe par terre depuis bien des années.

La solidité d’une théorie semble aussi tenir à la capacité de reproduction de l’expérience qui la confirme. Dans un monde comme celui-ci, quel poids donner à la statistique? Un seuil « p » dépassé et c’est la révélation. Quelques millièmes d’incertitude en plus, en revanche, et les résultats ne seront pas étudiés. Notre connaissance se limite-t-elle donc à des seuils prédéfinis? Ces derniers, comme de nombreuses autres tentatives de rationalisation, tentent de rendre cohérent un monde dont nous ne décelons pas toutes les mécaniques. Quelquefois bancals, ces décrets arbitraires ne parviennent pas, à mon sens, à saisir la finalité des pratiques scientifiques qu’ils englobent.

La création de théorèmes et d’axiomes ne s’avérerait-elle pas parfois un coup de poker? Tout le monde sait pourtant que «Dieu ne joue pas aux dés».

Lucas Jemelin

Presse romande

Presse romande

Civiliste à Connaissance 3 de janvier à juin 2019, Lucas Jemelin participe, dans le cadre de ses tâches d’information et d’accompagnement des seniors, aux conférences données à Lausanne notamment. Il en retire pour nous une chronique, parfois engagée, fruit de ses pensées et de ses réflexions autour des sujets traités.

25.02.2019 «La presse romande, du succès à la crise»

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle. La Gazette de Lausanne, le Journal de Genève ou encore La Suisse ne sont plus. Le Matin ne se lit plus sur papier mais sur la Toile. Toile qui semble inexorablement empêtrer dans ses filets la presse écrite. Cette dernière y perd des plumes. La patte cassée, elle devient le messager boiteux d’un monde médiatique suisse en mutation.

Car Internet est synonyme de gratuité, d’accessibilité, d’immédiateté. Des éléments aujourd’hui indissociables de notre rapport à l’actualité.

Ainsi, nous ne pouvons plus survoler de délicieux « Elle rentre de vacances et trouve un python dans sa chaussure », repérer de doux « Les Britanniques mangent leurs écureuils » ou savourer de délicats « Il commande un maillot de bain… et reçoit des lingots d’or » imprimés sur la machette des caissettes oranges (Le Matin, 26 fév. 2019). Des articles qui nous questionnent sur notre relation au journalisme, car si la disparition de la publication papier du Matin a fait parler, la pertinence de certains de ses articles semblait moins en jeu.

Sommes-nous encore attachés à une réflexion méditée et éclairée du journaliste ? Laissons-nous du temps à cette dernière pour être construite ? Ou réduisons-nous le journaliste à un enquêteur rapide, fournissant des reportages quotidiens dans des délais exigeants, résultant en articles en bonne et due forme mais sans grand fond ?

Guidé par un libéralisme à toute épreuve, on idéalise une objectivité maximale et on obtient une information parfois dénuée de sens, privée de son propos par l’ambition d’une absence totale d’influence sur notre liberté d’opinion.

Certes de loin pas tous les journaux ne proposent ce genre d’articles. Néanmoins, à l’heure des fake news, notamment, il est nécessaire de porter un regard incisif sur nos attentes journalistiques pour que la fin du papier qui se profile ne soit pas également celle de la fin de l’esprit critique.

Lucas Jemelin

Chirurgie plastique

Chirurgie plastique

Civiliste à Connaissance 3 de janvier à juin 2019, Lucas Jemelin participe, dans le cadre de ses tâches d’information et d’accompagnement des seniors, aux conférences données à Lausanne notamment. Il en retire pour nous une chronique, parfois engagée, fruit de ses pensées et de ses réflexions autour des sujets traités.

18.02.2019 «La chirurgie plastique et reconstructive, entre Art et Sciences»

«Aimez-vous à ce point les oiseaux que paternellement vous vous préoccupâtes de tendre ce perchoir à leurs petites pattes?»

A l’heure de la chirurgie plastique à portée de bistouri, qu’aurait fait Cyrano de Bergerac? Bien que ce dernier ait su, à travers le temps, accepter son édifice nasal, il est possible de se laisser aller à quelques réflexions quant à son développement intérieur.

Je doute, en effet, que l’adolescence de Cyrano, sujet peu vulgarisé, il faut bien l’admettre, n’ait été une partie de plaisir.

Car ce que certains prétendent futile esthétique devient parfois un outil psychologique de transformations sur son être profond. Ainsi, une tache de naissance, une poitrine, un nez, parfois perçus comme autant de plaies psychologiques, sont de réels freins à une acceptation de soi.

Si, de nos jours, un bandage à base de cellules reproduites en culture permet, sur les grands brûlés, une cicatrisation éclair, la guérison des blessures de notre égo, en raison d’une morphologie inadéquate à la norme, quant à elle, peut s’accélérer grâce à une intervention.

Alors certains parcourent des kilomètres pour se refaire le visage, tandis que d’autres, pour se défaire d’une imperfection, préfèrent le suivi d’une ablation d’origine contrôlée.

La faute à qui? Doit-on rendre responsable nos géniteurs de ce voyage en Tunisie pour modifier l’écartement de nos oreilles? Ou seul le regard social est-il à blâmer?

Certes, l’Enfer c’est les autres, mais l’amant de Roxane avait réussi à tirer son épingle du jeu, lui. Jeu dont les règles ne sont pas plus irréversibles qu’un grain de beauté. Alors prenons le bistouri, redessinons les contours des standards et encourageons l’émancipation d’un modèle qui avait été tracé à la règle, avec une précision chirurgicale. Pour que l’on s’intéresse moins aux traits de la figure qu’à ceux d’esprit de Cyrano.

Car une fois les barrières franchies, l’on pourra enfin se délecter de petits «Quoi, l’ami, ce croc est à la mode ? Pour pendre son chapeau, c’est vraiment très commode!»