Le poids des Ecrits

Le poids des Ecrits

Civiliste à Connaissance 3 de janvier à juin 2019, Lucas Jemelin participe à certaines activités du programme dans le cadre de ses tâches d’information et d’accompagnement des seniors. Il nous rend compte ainsi du déroulement de certains cours auxquels il a participé, comme observateur, le temps d’un après-midi ou d’une matinée…

Sciences de religions – Musulmans et chrétiens: quelle rencontre aujourd’hui

Lausanne – Mardis 5, 12, 19 et 26 mars 2019 – Cours de Jean-Claude Basset, ancien chargé de cours à l’UNIL sur l’islam et les relations interreligieuses

Issus d’un contexte historique extrêmement semblable, les différents textes religieux appellent chacun à répandre avec plus ou moins de vigueur leur version idéologique des faits historiques. Le Coran ordonne: «Combattez pour Dieu, car il a droit à la lutte que les croyants mènent pour lui.» (XXII, 78). Tandis que la Bible s’exclame: «Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit» (Matthieu, XXVIII, 19-20). On a déjà vu plus diplomatique.

Les textes religieux ont tout d’abord cherché à propager des règles morales, comme l’exprime par exemple ici le Coran : « Puissiez-vous former une Communauté dont les membres appellent les hommes au bien : leur ordonnant ce qui est convenable et leur interdisant ce qui est blâmable : voilà ceux qui seront heureux ». (III, 104) Mais la bataille religieuse s’est progressivement transformée en combat politique. En effet, les pouvoirs en place dans certaines villes du Moyen-Orient notamment, soumettaient les habitants à un impôt différent, en lien avec leur croyance et forçaient ceux qui ne voulaient s’y résoudre à quitter le territoire.

Pensée pour fédérer, la religion a également profondément désuni de nombreux peuples. Elle me semble si contradictoire. Prônant des valeurs d’amour, de partage et de respect, notamment dans le christianisme chacun des Livres de la Bible pousse cependant à répandre ardemment une foi jugée universelle.

A mon sens, le poids des mots présents dans les religions du Livre n’a pas été totalement appréhendé lors de l’écriture des textes. Certains termes ont mené et mènent encore aujourd’hui à des conflits bien trop importants au regard d’idéaux dont les fondations sont si bienveillantes. Loin d’énoncés réducteurs, il serait à mes yeux souhaitable que la religion se limite parfois à un concept un peu abstrait d’union, d’altruisme et de respect.

Lucas Jemelin

 

 

L’art comme un jeu de piste…

L’art comme un jeu de piste…

Civiliste à Connaissance 3 de janvier à juin 2019, Lucas Jemelin participe à certaines activités du programme dans le cadre de ses tâches d’information et d’accompagnement des seniors. Il nous rend compte ainsi du déroulement de certains cours auxquels il a participé, comme observateur, le temps d’un après-midi ou d’une matinée…

Séminaire d’histoire de l’art

Lausanne – Mardis du 12 février au 30 avril 2019 – Séminaire de René Armellino, Dr en histoire de l’art

Dans l’activité qu’il anime, nommée « Séminaire d’histoire de l’art », René Armellino présente des œuvres méconnues, ou d’artistes moins célèbres, dont le nom doit être découvert par les participants. Ces derniers s’attèlent à identifier les contextes historiques, artistiques ou culturels qui contribuent à la révélation finale du peintre. Une forme de jeu de piste durant lequel les participants aiguisent leur œil et sont autant d’acteurs d’une réflexion qui se conclut en une victoire collective, lorsque l’artiste est décelé dans les traits caractéristiques d’un visage ou les nuances d’une lumière.

Aussitôt qu’une nouvelle œuvre apparaît à l’écran, les réactions s’enchaînent. Les théories se multiplient dans les têtes, tandis que sont feuilletés de petits carnets où semblent résider de nombreuses années de notes. Certains prennent des photos du tableau, afin d’aller chercher de plus amples informations sur internet, une fois de retour à la maison. D’autres, enfin, scrutent chaque détail de la peinture à la recherche d’un coup de pinceau, d’un visage, d’un camaïeu ou d’un aspect géométrique qui pourrait caractériser l’artiste ou donner quelques indications sur le contexte historique.

«Est-ce que c’est un français, vous demandez?… Vous auriez pensé à qui?» Semant les indices, mais jouant un rôle de médiateur avant tout, René Armellino aiguille, met en confiance et pousse les participants à se dépasser. Des participants qu’il connaît parfois depuis plus de 15 ans et dont il relève les connaissances historico-artistiques. «Évidemment, au début, ils avaient un peu peur de dire des bêtises», raconte le professeur, suivi depuis de nombreuses années par certains membres de Connaissance 3. «L’Histoire de l’Art est considérée comme une branche difficile, mais ils réalisent de véritables progrès et acquièrent un regard précieux à travers les œuvres qui sont présentées.»

A l’inverse d’un cours plus conventionnel dans lequel un professeur détiendrait un savoir que les élèves recevraient patiemment, René Armellino souhaite construire des raisonnements avec les participants et se propose comme un canalisateur de leurs idées. «Le but n’est pas de trouver tout de suite l’œuvre mais de bâtir ensemble des réflexions qui offriront un regard différent, au musée par exemple.» Lors d’une question sur le rapport professeur-élèves posée aux participants, ils sont catégoriques: «Évidemment que l’enseignant amène un plus, mais l’apport des élèves est tout autant valorisé.».

Bien que ce séminaire s’adresse à des personnes plutôt chevronnées dans le domaine et que certains participants suivent l’enseignant depuis de nombreuses années, ils ne se sentent pas partie d’un groupe fermé. Cette saison, six nouveaux membres de Connaissance 3 se sont joints à l’activité et se disent «très accueillis». Et les habitués de renchérir: «Des bêtises, tout le monde en dit!»

Lucas Jemelin

Romantisme d’Hier et d’Aujourd’hui

Romantisme d’Hier et d’Aujourd’hui

Civiliste à Connaissance 3 de janvier à juin 2019, Lucas Jemelin participe à certaines activités du programmer dans le cadre de ses tâches d’information et d’accompagnement des seniors. Il en retire une chronique, fruit de ses pensées et de ses réflexions autour des sujets traités.

Histoire de l’art – Les merveilles du 19e siècle

Lausanne – Mardis du 12 février au 30 avril 2019 – Cours de René Armellino, Dr en histoire de l’art

La salle est aujourd’hui doucement obscurcie, pour laisser la place aux œuvres étudiées à l’écran. De nombreux tableaux sont présentés. Certains sont analysés en profondeurs, et chaque personnage de l’œuvre est replacé dans le contexte historique et culturel auquel il appartient. D’autres peintures sont seulement brièvement décrites à travers les symboles qu’elles véhiculent ou les atmosphères qu’elles dégagent. Cet ensemble offre ainsi des points de comparaison nécessaires à une appréhension transversale d’un courant artistique.

Suite à la théorie, les participants sont invités à donner leur opinion, leurs impressions et ressentis des œuvres. Ce personnage qui tourne le dos au spectateur engage-t-il à porter le regard dans sa direction ou instaure-t-il une forme de distance entre l’observateur et le tableau? Si la mort est représentée par l’eau chez Friedrich, que la glace vous inspire-t-elle? Il est possible pour chacun d’exposer son regard actuel sur le contexte artistique de l’époque.

Exaltation des sentiments, immersion dans une nature plus forte que l’Homme. Les thèmes du Romantisme nous sont peut-être plus contemporains que je ne le pensais. On recherche des émotions folles à travers des sports extrêmes, une escalade d’El Capitan dans le Yosemite, un saut en parachute depuis la stratosphère, dans des drogues ou les nuits de jeu à Las Vegas. Et je reste bouche bée devant les inondations qui se multiplient, les feux de forêt innarêtables ou les séismes destructeurs.

Si l’art contemporain n’est évidemment pas comparable à celui du 19e siècle, notre société dépeint également une recherche de sens dans son attirance pour les activités singulières. Face à de nouveaux défis climatiques, en outre, un monde qui souhaiterait tout contrôler constate de plus en plus souvent son impuissance, autrefois si belle, aujourd’hui si effrayante.

Lucas Jemelin

Sauver la planète, c’est dans la tête

Sauver la planète, c’est dans la tête

Civiliste à Connaissance 3 de janvier à juin 2019, Lucas Jemelin participe à certaines conférences et cours, dans le cadre de ses tâches d’information et d’accompagnement des seniors. Il en retire pour nous une chronique, fruit de ses pensées et de ses réflexions autour des sujets traités. Voici ses impressions.

« Malgré les difficultés, un avenir durable est possible »

Lausanne – lundis, du 11 mars au 1er avril 2019 – Cours de Jean-Claude Keller, ingénieur EPF et licencié ès sciences physiques, maître de physique retraité

« On a tellement peur de mourir et on a tellement besoin de trouver une explication au fait qu’on est sur cette planète et qu’on sait que notre existence va s’arrêter, qu’on met en place tout un tas de stratégies pour se protéger. Stratégies de domination des autres individus ou des espèces, stratégies pour divertir notre attention de cette terreur, de cette peur fondamentale. ». Cyril Dion, écrivain et coréalisateur du film “Demain“, s’exprimait en ces termes le 10 juin 2018 en réponse à une question sur notre rapport à la Terre.

Propos éclairants mais également quelque peu effrayants. En effet, si pour sauver la planète, il nous faut modifier notre rapport à la mort, la tâche semble ardue. Une transition aussi spirituelle que matérielle serait ainsi nécessaire. Réduits à la dimension d’êtres éphémères qui arrivent sur Terre et la quittent aussi vite, nous papillonnons avec énergie pour trouver un sens à notre vie. Accepter la fugacité de la vie et de ne pas tout saisir, une solution magique ?

Possible. En effet, je n’imagine pas que les moines bouddhistes qui, de mon point de vue approchent le plus cette notion d’acceptation, soient les plus énergivores. Je croise rarement un bonze au supermarché et encore moins au volant d’un gros 4×4. Sauver la planète leur semble assurément très chronophage.

Alors que faire à mon niveau ? Recycler le vieux verre et les pots de yoghurt, c’est très bien, mais cela ne changera certainement pas mon regard sur le cycle de la vie. En plus de me pencher pour ramasser les déchets qui traînent, il faudrait que je songe à me pencher sur les écrits d’Epicure, ou d’autres. Afin de me familiariser avec l’idée que la mort n’est rien pour nous puisque lorsqu’elle se manifeste, nous ne sommes plus. Voilà une belle raison de ralentir la vitesse et de se régaler de chaque moment.

 

Lucas Jemelin

L’heure est à la Fête

L’heure est à la Fête

Civiliste à Connaissance 3 de janvier à juin 2019, Lucas Jemelin participe à certaines conférences, dans le cadre de ses tâches d’information et d’accompagnement des seniors. Il en retire pour nous une chronique, fruit de ses pensées et de ses réflexions autour des sujets traités. Voici ses impressions.

« En attendant la prochaine Fête »

Lausanne – 25.03.2019 – Conférence de Sabine Carruzzo, historienne, secrétaire générale de la Confrérie des Vignerons

Sur une place de 17’000 m2, 400 haut-parleurs seront disposés autour d’une scène principale de 1’200 m2. D’une hauteur maximale de 30m de haut, l’arène de 700 tonnes pourra accueillir jusqu’à 20’000 places assises. Pratiquement autant que d’habitants de la ville de Vevey, qui accueillera cette année la légitimement renommée Fête des Vignerons.

Une fois par génération, cette Fête magistrale récompense les vignerons de la région lémanique pour leur labeur. Encourager le travail bien fait, voilà une idée tout à fait suisse. Et bien que des prix soient remis aux vignerons tous les trois ans, recevoir sa médaille lors d’un tel spectacle revêt un caractère singulier. Cette année, le couronnement officiel aura lieu le 18 juillet au matin, tandis que des reproductions de ce dernier seront jouées lors des autres représentations.

Interprétation du “Ranz des vaches“ par onze ténors, valse du Lauterbach, moult costumes: la remise de récompenses ne sera toutefois de loin pas le seul attrait de cette Fête des Vignerons. En outre, rendre l’expérience totalement immersive est un des souhaits les plus chers des concepteurs. Sabine Carruzzo, lors de la conférence de clôture du 25 mars, promet “un spectacle d’une technicité folle“, rendant l’équilibre entre nouvelles technologies et tradition de plus en plus ardu à conserver.

La première Fête se situe en 1797. Une estrade de 2’000 places est alors érigée. Ces chiffres augmentent progressivement pour atteindre les 12’000 places près d’un siècle plus tard, en 1889. De même que les figurants, pas loin de 1’400 cette même année, ils seront près de 6’000 en 2019. Si ces sommes impressionnent, elles témoignent d’un engouement certain pour la tradition, encore aujourd’hui. Entrée au patrimoine immatériel de l’Unesco en 2016, la dimension de la Fête des Vignerons atteste d’un désir puissant de conserver des pratiques que l’on pourrait croire appartenir au passé.

Portée par un héritage important, la Fête des Vignerons semble avoir un bel avenir devant elle. Car si le travail bien fait est apprécié des Suisses, la fête et surtout le bon vin le sont tout autant!

 

Lucas Jemelin

 

L’Humain et la machine

L’Humain et la machine

Civiliste à Connaissance 3 de janvier à juin 2019, Lucas Jemelin participe à certaines conférences, dans le cadre de ses tâches d’information et d’accompagnement des seniors. Il en retire pour nous une chronique, fruit de ses pensées et de ses réflexions autour des sujets traités. Voici ses impressions.

« My robot is rich, tax it! »

Lausanne – 18.03.2019 – Conférence de Louis Ballivet, assistant doctorant du Pr Xavier Oberson, Unige

Présents jadis uniquement dans les films ou dystopies tourmentées, les robots obtiennent une place de plus en plus importante dans notre société. Il faut dire qu’ils sont doués. M. Ballivet, lors de sa conférence à Lausanne, évoque des machines spectaculaires : un robot aide en pharmacie ne commettant jamais aucune erreur d’ordonnance, un robot avocat qui sort de sa gigantesque base de données l’affaire la plus pertinente pour une défense ou même un robot effectuant des sauts périlleux.

Mais les robots ne font pas que des sauts périlleux. Ils sont également actifs dans l’économie. Certains sont traders, ou joueurs d’échec professionnels et tendent à remplacer certains emplois. M. Oberson, avocat fiscaliste et professeur à l’Unige, est très justement cité : « Le problème ne sera plus simplement de créer des emplois, mais de créer des emplois où les algorithmes ne seront pas meilleurs que les humains ».

On reconnaît depuis longtemps que les robots calculent plus vite que nous. Cependant, leurs algorithmes ne se limitent pas à de simples équations. Aujourd’hui, les robots mettent aussi un pied dans le monde de l’art, de la création. Ils écrivent de la musique dite “profonde, suscitant des émotions“ et ils savent reconnaître des images en décomposant leur structure. Mais pas que.

Le 12 mars 2016, lors d’un tournoi de jeu de Go – un jeu de plateau chinois au nombre de combinaison bien plus important que pour les échecs – une Intelligence Artificielle a joué contre Lee Sedol, un maître du jeu, et a gagné. Le plus surprenant fut un coup, en milieu de partie, que les experts considérèrent très étrange, mais qui donna la victoire au robot. Le talent de la machine se basant sur l’analyse de millions de parties de grands joueurs, ce coup si spécial ne devait certainement pas y figurer. La machine avait fait preuve d’une forme d’inventivité.

Au regard de tout ceci, je me demande parfois si notre cerveau ne serait autre qu’un système immensément complexe d’algorithmes vers lequel les robots du futur pourraient tendre. Bien que cette idée puisse rebuter nombre d’entre nous, je ne serais pas étonné d’observer une évolution toujours exponentielle de la capacité des robots à imiter des raisonnements que l’on considérait jusqu’alors si humains.

Le professeur Oberson, ainsi que Bill Gates notamment, suggèrent qu’à l’avenir soit appliquée une taxation financière liée au travail que fournit le robot et à l’emploi qu’il remplace potentiellement. Cependant, si les robots rivalisent d’ingéniosité avec les humains d’ici là, il s’agira alors de les dissuader, entre autres, de frauder fiscalement.

Lucas Jemelin

Palais mental

Palais mental

Civiliste à Connaissance 3 de janvier à juin 2019, Lucas Jemelin participe à certaines conférences, dans le cadre de ses tâches d’information et d’accompagnement des seniors. Il en retire pour nous une chronique, fruit de ses pensées et de ses réflexions autour des sujets traités. Voici ses impressions.

« Troubles de la mémoire: tous concernés »

Payerne – 13.03.2019 – Conférence d’Andrea Brioschi Guevara, psychologue reponsable et Olivier Rouaud, médecin au Centre Leenaards de la Mémoire-CHUV

Il est 10h38, le feu est vert. La femme en face sur le passage piéton porte un foulard ocre. La pancarte colorée m’avertit gentiment qu’une exposition d’art débute dans deux semaines, tandis que la vitrine à côté m’apprend que, sur présentation d’une carte étudiant, le kebab avec boisson n’est qu’à 10,50 CHF. Ces informations défilent sous mon regard peu attentif, mon intérêt se portant sur mon smartphone et l’e-mail que vient de m’envoyer une école à laquelle je souhaite m’inscrire. Que vais-je retenir de tout cela? Que dois-je retenir de tout ceci?

Heureusement, mon cerveau est là pour faire le tri. Il choisit, un peu à mon insu je dois bien l’avouer, les éléments pertinents qu’il stockera tout seul dans un recoin de ma tête, de façon plus ou moins facile d’accès pour un usage futur. Je dois donc le remercier, sans doute, d’avoir choisi sans réellement m’avertir de laisser un espace de choix pour les documents que je dois envoyer à cette école et un territoire plus restreint pour la couleur du foulard de madame.

Je me questionne. Si mon cerveau emmagasine tant d’informations, même de manière partielle, mon cortex doit être rempli de bon nombre de choses inutiles. Et il serait plus satisfaisant de réserver cet espace pour des connaissances linguistiques ou mathématiques par exemple.

Je décide donc de retrouver une mémoire intentionnelle et non automatique ou instinctive. De temps en temps, j’essaie donc d’utiliser des régions de ma mémoire où je choisis consciemment de classer des informations. Et je gage qu’en les rangeant à cet endroit de façon réfléchie, je démultiplie mes chances de les retrouver facilement.

Certains nomment cette région sélectionnée un « palais mental », et je trouve ce concept fascinant. Une chambre matérialisée dans notre tête, créée de toute pièce, où l’on décide de stocker des renseignements. Une sorte de coffre-fort cérébral dans lequel on associe nos idées aux éléments présents dans ce lieu.

Ainsi, la tapisserie de mon palais mental est couverte de feux verts, 10h38 précise est indiqué sur une horloge suspendue au mur à laquelle pend un foulard ocre. La date de l’exposition est peinte sur une œuvre d’art affichée au-dessus d’un grand bureau où se trouvent un sandwich et trônent les documents scolaires. Encore quelques lignes et j’apprends cette chronique par cœur.

J’avais cependant une autre idée de point final pour ce texte. Je dois bien l’avoir rangée quelque part…

Lucas Jemelin

Les chroniques de Lucas

Les chroniques de Lucas

Civiliste à Connaissance 3 de janvier à juin 2019, Lucas Jemelin participe à certaines conférences, dans le cadre de ses tâches d’information et d’accompagnement des seniors. Il en retire pour nous une chronique, fruit de ses pensées et de ses réflexions autour des sujets traités. Voici ses impressions.

Le poids des Ecrits

Issus d’un contexte historique extrêmement semblable, les différents textes religieux appellent chacun à répandre avec plus ou moins de vigueur leur version idéologique des faits historiques. Le Coran ordonne: «Combattez pour Dieu, car il a droit à la lutte que les croyants mènent pour lui.» (XXII, 78). Tandis que la Bible s’exclame: «Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit» (Matthieu, XXVIII, 19-20). On a déjà vu plus diplomatique. (…)

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L’art comme un jeu de piste…

Dans l’activité qu’il anime, nommée « Séminaire d’histoire de l’art », René Armellino présente des œuvres méconnues, ou d’artistes moins célèbres, dont le nom doit être découvert par les participants. Ces derniers s’attèlent à identifier les contextes historiques, artistiques ou culturels qui contribuent à la révélation finale du peintre. Une forme de jeu de piste durant lequel les participants aiguisent leur œil et sont autant d’acteurs d’une réflexion qui se conclut en une victoire collective, lorsque l’artiste est décelé dans les traits caractéristiques d’un visage ou les nuances d’une lumière. (…)

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Romantisme d’Hier et d’Aujourd’hui

La salle est aujourd’hui doucement obscurcie, pour laisser la place aux œuvres étudiées à l’écran. De nombreux tableaux sont présentés. Certains sont analysés en profondeurs, et chaque personnage de l’œuvre est replacé dans le contexte historique et culturel auquel il appartient. D’autres peintures sont seulement brièvement décrites à travers les symboles qu’elles véhiculent ou les atmosphères qu’elles dégagent. (…)

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Sauver la planète, c’est dans la tête

« On a tellement peur de mourir et on a tellement besoin de trouver une explication au fait qu’on est sur cette planète et qu’on sait que notre existence va s’arrêter, qu’on met en place tout un tas de stratégies pour se protéger. » Propos éclairants mais également quelque peu effrayants. En effet, si pour sauver la planète, il nous faut modifier notre rapport à la mort, la tâche semble ardue. Une transition aussi spirituelle que matérielle serait ainsi nécessaire. (…)

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L’heure est à la Fête

Sur une place de 17’000 m2, 400 haut-parleurs seront disposés autour d’une scène principale de 1’200 m2. D’une hauteur maximale de 30m de haut, l’arène de 700 tonnes pourra accueillir jusqu’à 20’000 places assises. Pratiquement autant que d’habitants de la ville de Vevey, qui accueillera cette année la légitimement renommée Fête des Vignerons. (…)

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L’Humain et la machine

Présents jadis uniquement dans les films ou dystopies tourmentées, les robots obtiennent une place de plus en plus importante dans notre société. Il faut dire qu’ils sont doués. M. Ballivet, lors de sa conférence à Lausanne, évoque des machines spectaculaires: un robot aide en pharmacie ne commettant jamais aucune erreur d’ordonnance, un robot avocat qui sort de sa gigantesque base de données l’affaire la plus pertinente pour une défense ou même un robot effectuant des sauts périlleux. Mais les robots ne font pas que des sauts périlleux. (…)

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Palais mental

Il est 10h38, le feu est vert. La femme en face sur le passage piéton porte un foulard ocre. La pancarte colorée m’avertit gentiment qu’une exposition d’art débute dans deux semaines, tandis que la vitrine à côté m’apprend que, sur présentation d’une carte étudiant, le kebab avec boisson n’est qu’à 10,50 CHF. Ces informations défilent sous mon regard peu attentif, mon intérêt se portant sur mon smartphone et l’e-mail que vient de m’envoyer une école à laquelle je souhaite m’inscrire. Que vais-je retenir de tout cela? (…)

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Bonheur chiffré

Après la Norvège en 2017, la Finlande se retrouve à la première place du classement 2018 des pays les plus heureux du monde. En effet, l’ONU dévoile chaque année les statistiques représentant le sentiment de bien-être d’échantillons représentatifs des habitants de chaque pays du monde.En marge des indicateurs uniquement financiers, le Produit Intérieur Brut ou le Revenu National Brut, ce sondage confirme certaines idées reçues, telles que la qualité de vie dans les pays scandinaves, autant qu’il interpelle. (…)

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Ondes et méditation? Pourquoi pas

La Boquila Trifoliolata est une liane d’Amérique latine aux aspects singuliers. En effet, cette plante modifie la forme, la taille, l’orientation ou la couleur de ses feuilles en fonction de l’arbre auquel elle grimpe. Cette particularité met en lumière un échange incontestable d’informations entre végétaux, procédé dont on ne saisit parfois pas toutes les mécaniques. Si la dissémination ou la production de gaz par les êtres organiques à des fins de communication sont scientifiquement reconnues dans ce domaine (…)

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Consommation ou décroissance?

Quelques t-shirts, une paire de couverts, un bureau. La mode «minimaliste» propose de réduire drastiquement le nombre d’objets du quotidien pour se concentrer sur l’essentiel, se satisfaire de ce que l’on a déjà. «Moulinex libère la femme» s’est transformé en «Se débarrasser des possessions superflues libère l’esprit». Une tendance qui ne surprend pas tant que ça à notre époque. Partagée entre décisions individuelles et souhaits d’appartenance à un groupe, la consommation a atteint un degré impressionnant en Occident. (…)

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La Connaissance en question

Une étude expose que l’enfant issu d’une procréation médicalement assistée présente une pression artérielle anormalement élevée. Le procédé expérimental répond aux attentes académiques et le résultat est considéré probant au regard de l’incertitude faible. Cependant, moins de 100 enfants ont été auscultés. Ce chiffre peut nous sembler modeste. Au yeux du monde scientifique, il suffit néanmoins à l’expérience pour qu’on lui accorde du crédit.Je m’interroge cependant. Quel regard devons-nous porter sur de tels procédés? (…)

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Presse romande

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle. La Gazette de Lausanne, le Journal de Genève ou encore La Suisse ne sont plus. Le Matin ne se lit plus sur papier mais sur la Toile. Toile qui semble inexorablement empêtrer dans ses filets la presse écrite. Cette dernière y perd des plumes. La patte cassée, elle devient le messager boiteux d’un monde médiatique suisse en mutation. (…)

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Chirurgie plastique

A l’heure de la chirurgie plastique à portée de bistouri, qu’aurait fait Cyrano de Bergerac? Bien que ce dernier ait su, à travers le temps, accepter son édifice nasal, il est possible de se laisser aller à quelques réflexions quant à son développement intérieur. (…)

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Pour un meilleur futur

Une armée de moissonneuses-batteuses met fin à un champ de maïs, où chaque épi ressemble un peu plus à son voisin. La moisson est rapide, sauvage. Quel progrès prodigieux depuis les Trente Glorieuses. C’est plus ce que c’était. (…)

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Ecrire!

Ecrire sur des écrivains. Ecrire sur l’AJAR, 23 membres adeptes de la plume collective. Cette après-midi, quatre des leurs sont sur scène et performent la joie de la rédaction, mais aussi de la lecture à plusieurs. Processus bien huilé, cette interprétation me laisse sans voix. (…)

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Rêver…

Lucas vous emmène au pays des songes grâce à ses deux premières chroniques rédigées autour des conférences de notre série thématique sur le rêve: « La science des rêves » et « Le rêve comme dialogue intérieur ».

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Bonheur chiffré

Bonheur chiffré

Civiliste à Connaissance 3 de janvier à juin 2019, Lucas Jemelin participe à certaines conférences, dans le cadre de ses tâches d’information et d’accompagnement des seniors. Il en retire pour nous une chronique, fruit de ses pensées et de ses réflexions autour des sujets traités. Voici ses impressions.

« La richesse d’un pays, qu’est-ce que c’est ? »

Lausanne – 11.03.2019 – Conférence de Cédric Tille, professeur d’économie internationale à l’Institut des hautes études internationales et du développement de Genève

Après la Norvège en 2017, la Finlande se retrouve à la première place du classement 2018 des pays les plus heureux du monde. En effet, l’ONU dévoile chaque année les statistiques représentant le sentiment de bien-être d’échantillons représentatifs des habitants de chaque pays du monde.

En marge des indicateurs uniquement financiers, le Produit Intérieur Brut ou le Revenu National Brut, ce sondage confirme certaines idées reçues, telles que la qualité de vie dans les pays scandinaves, autant qu’il interpelle. En effet, certains pays en guerre comme la Lybie obtiennent des résultats plus élevés que certains pays africains, à l’instar de l’Afrique du Sud ou la Namibie, pays dont le président a reçu en 2014 le prix Mo Ibrahim qui récompense «l’excellence dans le leadership africain».

On peut reprocher un aspect austère aux données financières. A mon sens, elles permettent toutefois une analyse qui ne soit pas si rapidement obscurcie par un nombre extrêmement important de facteurs culturels. En effet, le sentiment de bien-être est une notion qui me semble différemment appréciable d’un côté à l’autre du globe. Et les éléments qui tentent de le quantifier me paraissent de plus en plus abscons à mesure que j’essaie de les étudier. Enfin, la mesure se floute à me yeux lorsque le classement atteint de bas scores, puisque je ne pense pas pouvoir imaginer le quotidien des interrogés et leurs tourments.

En Suisse, du haut de la 5e place du classement 2018, nous avons la chance d’avoir le sourire. Un sourire qui sera un jour, je l’espère, partagé dans le monde entier.

Lucas Jemelin

Articles de la Revue d’information sociale Reiso

Articles de la Revue d’information sociale Reiso

Dans le cadre d’un partenariat avec la Revue d’information sociale Reiso, les conférenciers de Connaissance 3, dont les thématiques touchent à l’action sociale et à la santé publique, se voient proposer la rédaction d’un article de fond autour de leur intervention. Les articles paraissent alors en marge de leur conférence et contribuent à la visibilité de Connaissance 3 tout en permettant aux participants aux conférences de conserver une trace du sujet abordé.


Mondher Kilani, « L’expression du racisme dans une société démocratique », REISO, Revue d’information sociale, mis en ligne le 11 avril 2019

Qu’est-ce que le racisme et son expression contemporaine? Quel rapport y a-t-il entre racisme et sexisme ? Quel rôle peut jouer la culture dans une société démocratique et ouverte?


Marc Atallah, « Le transhumanisme: dire adieu au corps? », REISO, Revue d’information sociale, mis en ligne le 18 mars 2019

Les discours transhumanistes prônent l’amélioration du corps humain en corrigeant ses limites. Cette idéologie, creuset du narcissisme contemporain, semble éloigner l’homme du monde réel. En fait, magnifie-t-elle ou déteste-t-elle les corps?


Manon Schick, « Des règles contraignantes pour les entreprises », REISO, Revue d’information sociale, mis en ligne le 7 février 2019

Déchets toxiques provoquant des maladies graves, conditions de travail inhumaines, travail des enfants… Une initiative populaire veut obliger les multinationales suisses à respecter les droits humains et l’environnement.


Benoît Girardin, « L’éthique, un défi et une chance en politique », REISO, Revue d’information sociale, mis en ligne le 31 octobre 2018

Ethique et politique font-ils bon ménage ? Un vif débat oppose tenants des droits humains et avocats des intérêts politiques et économiques. Présentation de six valeurs clés pour les Etats et les sociétés qui aspirent à la justice.


Roger Darioli, « Demain, tous véganes? », REISO, Revue d’information sociale, mis en ligne le 22 octobre 2018,

Pas un jour sans que les médias publient des informations sur l’activité et les revendications des véganes! Mais combien sont-ils? Qu’en est-il au niveau nutritionnel? Que concluent les études de cohorte et les rapports des experts?


Kaj Noschis, « Comment habiter avec son âge? », REISO, Revue d’information sociale, mis en ligne le 21 juin 2018

Une étude exploratoire sur des seniors vaudois a montré combien ils tiennent à vivre chez eux le plus longtemps possible. Pas par habitude mais pour rester «utiles aux autres» et mener les activités sociales qui font sens pour eux.


Waltraut Lecocq, « Quand les proches aidants agissent ensemble », REISO, Revue d’information sociale, mis en ligne le 7 décembre 2017

La société reconnaît l’immense travail accompli par les proches aidant·e·s en Suisse. En revanche, ils et elles ne sont pas encore reconnus comme un partenaire incontournable dans les diverses étapes socio-sanitaires de l’accompagnement.


Françoise Schenk, « Avoir mal, c’est dans la tête. Et alors? », REISO, Revue d’information sociale, mis en ligne le 3 avril 2017

Il existe des lésions organiques sans douleur et des douleurs sans cause. Sensations, émotions, mémoire et environnement social interagissent sans discontinuer. Analyse des hypothèses actuelles pour cerner les ruses de la douleur.


Fatouma Diawara, « Les prises de décisions en fin de vie », REISO, Revue d’information sociale, mis en ligne le 24 novembre 2016

Les soins palliatifs mettent les malades et leurs proches au centre des prises de décisions thérapeutiques. Comment assurer des soins qui respectent leur volonté et leur définition personnelle de ce qu’est la «qualité de vie»?


Martine Brunschwig Graf, « Concilier liberté d’expression et lutte contre le racisme », REISO, Revue d’information sociale, mis en ligne le 10 novembre 2016

La liberté d’expression est un droit fondamental. Le respect de la dignité humaine l’est aussi. Cette liberté trouve sa limite lorsque le respect n’est plus garanti.


Michel Oris, « Inégaux jusque dans la vieillesse », REISO, Revue d’information sociale, mis en ligne le 20 octobre 2016

Des recherches ont étudié les conditions de vie et de santé dans la population de 65 ans et plus résidant en Suisse. Elles montrent que les inégalités subsistent et parfois s’amplifient. Elles constatent aussi des progrès réels.


Patrick Bodenmann, Françoise Ninane, Brigitte Pahud-Vermeulen, Elodie Dory, Martine Monnat, Jacques Cornuz, Eric Masserey , « Dispositif sanitaire pour les nouveaux migrants », REISO, Revue d’information sociale, mis en ligne le 1er février 2016

Les réfugiés ont des besoins sanitaires spécifiques qui nécessitent une réponse « généraliste » interdisciplinaire. Elle doit être rapide et adaptée. Comment fonctionne le dispositif mis en place dans le canton de Vaud?


Jean Martin, « L’éthique médicale vue et commentée par Jean Martin », REISO, Revue d’information sociale, mis en ligne le 4 février 2016

A l’occasion d’une conférence du Dr Jean Martin sur l’éthique médicale, REISO a sélectionné une quarantaine d’articles et de recensions du médecin de santé publique publiés dans la revue depuis 2010.


Sophie Swaton, « L’économie sociale et solidaire », REISO, Revue d’information sociale, mis en ligne le 26 novembre 2015

Les entreprises sociales et solidaires représentent désormais un emploi sur dix en Suisse romande. Dans quels secteurs travaillent-elles ? Avec quelles ambitions ? Quels principes de base doivent-elles respecter ?


Martine Brunschwig Graf, « La persistance des discours de haine et de racisme », REISO, Revue d’information sociale, mis en ligne le 2 novembre 2015

Aujourd’hui comme hier, les racistes pratiquent la discrimination raciale en faisant appel à une prétendue hiérarchisation des races. La lutte doit être menée sans répit contre leurs discours de haine opiniâtre.