Echos des cours

Les cours, séminaires et ateliers de Connaissance 3 traitent de matières académiques, allant de la biologie à la littérature, passant par l’histoire, les arts, la philosophie, l’économie ou encore l’astronomie. Certains cours, ou activités parallèles à ceux-ci, ont fait l’objet d’un récit.

Cours d’anglais: de Lausanne à Hereford

Gwendoline Czajkowska, professeure d’anglais à Connaissance 3, a emmené ses élèves à Hereford, près du Pays de Galle, du 12 au 17 mai 2014. Elle raconte.

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La généalogie, une urgence humanitaire!

La définition est audacieuse mais si on se penche sur l’état du monde et sa déliquescence, osons le postulat que dans un esprit de paix et de solidarité pour les générations à venir nous pouvons apporter notre pierre à l’édifice en aidant ceux qui le désirent à connaître leurs racines. (…)

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Atelier de généalogie: Vogue la galère…

L’atelier de généalogie a embarqué, mercredi 28 février 2018, sur les barques et galères du Léman malgré les conditions météo exécrables! C’est que notre beau Léman, notre «océan de poche» a aussi son histoire! Résultat de divers phénomènes géologiques, il est apparu il y a quelques millions d’années déjà. C’est dans les archives de la Savoie à Turin que l’on trouve la première trace d’une barque sur le Léman en 1261…

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Echos des visites culturelles

Echos des visites culturelles

Les visites culturelles de Connaissance 3 s’attachent en priorité à faire découvrir, en compagnie d’expert-e-s averti-e-s, des lieux et des activités auxquels peu de personnes peuvent accéder individuellement. Certaines de ces activités ont fait l’objet d’un compte-rendu.

Caux Belle Epoque

Le rendez-vous est à la gare de Caux et c’est un embarquement immédiat pour un voyage dans le temps. En effet, la ligne du train à crémaillère circulant entre Glion et les Rochers-de-Naye a été inaugurée en 1892 et la construction de la gare date de la Belle Epoque. C’est du reste pour cette raison que le Palace de Caux, construit entre 1900 et 1902 par l’architecte Eugène Jost, montre tout son faste aux visiteurs arrivant en train. (…)

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Visite de la pharmacie du CHUV

Affichée rapidement complète, cette visite a enchanté les participant-e-s qui ont été impressionnés par le volume et la diversité des activités déployées par plus de 100 collaborateurs-trices pour une prise en charge thérapeutique de qualité pour plus de 50’000 patients hospitalisés chaque année au CHUV. (…)

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Les peintures de Sébastien Mettraux

Visite de l’atelier et de l’expo de Sébastien Mettraux, gare de Vallorbe
Impossible de restituer ici la générosité avec laquelle Sébastien Mettraux a su partager ses enthousiasmes, ni les nombreuses découvertes rencontrées aux détours de ses explications: je laisse aux historiens de l’art, et à Karine Tissot du CACY en particulier, le soin de commenter une œuvre en devenir. Je peux en revanche transmettre un témoignage et quelques émotions…

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Voyage à Pompéi

En automne 2015, Connaissance 3 proposait à ses adhérents un séjour à Naples et Pompéi en compagnie de l’archéologue Michel Fuchs. Chantal de Schoulepnikoff, cheffe de pupitre à Connaissance 3, a participé à ce voyage coorganisé avec le magazine Générations en collaboration avec Histoire et Voyages. Elle nous en fait ici le récit.

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Voyage à Lisbonne

Du 13 au 20 septembre 2015, Arthur Sauter et Carla Rouge, organisateurs bénévoles de visites culturelles pour Connaissance 3, ont emmené un petit groupe à la découverte de la capitale portugaise. Un séjour riche d’histoire et de culture. (…)

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A la découverte du domaine Wannaz

Le programme de printemps-été 2015 s’est terminé le 16 juin avec la visite du domaine Wannaz (Lavaux). Retour en image sur cette visite passionnante consacrée à la découverte de la biodynamie.

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A la découverte des oiseaux migrateurs

Retour sur la « visite culturelle » du 25 avril 2015 qui a permis au participants de découvrir et d’observer les oiseaux migrateurs au bord du Léman.

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Caux Belle Epoque

Visite culturelle – En compagnie d’Andrew Stallybrass, historien et collaborateur de la Fondation Initiatives et Changement Suisse, propriétaire du Caux Palace

14 mai & 20 juin 2019

Le rendez-vous est à la gare de Caux et c’est un embarquement immédiat pour un voyage dans le temps. En effet, la ligne du train à crémaillère circulant entre Glion et les Rochers-de-Naye a été inaugurée en 1892 et la construction de la gare date de la Belle Epoque. C’est du reste pour cette raison que le Palace de Caux, construit entre 1900 et 1902 par l’architecte Eugène Jost, montre tout son faste aux visiteurs arrivant en train. A l’inverse, l’arrivée par la route, ouverte beaucoup plus tard, longe les locaux de service : buanderie, arrière-cours et chambre des domestiques des hôtes qui se déplaçaient avec leur personnel. Voici un des rappels historiques auxquels notre guide Andrew Stallybrass nous rend attentifs. Il multipliera les anecdotes historiques tout au long de la journée avec beaucoup de charisme et un léger accent britannique tout à fait charmant.

M. Stallybrass est certainement LA personne idéale pour mêler la grande Histoire du 20e siècle à celle, plus locale, d’un bâtiment extraordinaire sauvé de la démolition au sortir de la Seconde Guerre mondiale.

À sa construction, le Caux Palace est l’un des hôtels les plus grands et les plus luxueux jamais construits : il a été érigé en un temps record, compte tenu du paysage, avec presque autant de temps dévolu au mur de soutènement qu’au bâtiment lui-même. Avant la Première Guerre mondiale, le Caux Palace mène la grande vie et reçoit des hôtes aussi prestigieux que John D. Rockefeller, Sacha Guitry ou le Maharaja de Baroda (dont nous avons visité la chambre) ; la crise économique de 1929 entraîne l’hôtel vers la faillite et finalement sa fermeture au début de la Seconde Guerre mondiale. Le gouvernement suisse réquisitionne les lieux qui serviront de refuge à des centaines de juifs.

En 1946, la fondation Initiatives et Changement[1] achète le Caux Palace et y organise des rencontres internationales dans un objectif de réconciliation d’après-guerre. Cette ouverture sur le monde reste à l’ordre du jour des rencontres estivales qui perdurent encore aujourd’hui.

Découvrir les joyaux architecturaux – salle de bal, théâtre – distribués par les longs couloirs du Caux Palace est un enchantement puisque, comme le précisait M. Stallybrass, l’entretien du bâtiment s’est toujours fait au plus près des moyens financiers modestes de la Fondation, donc en touchant le moins possible à la structure d’origine.

Après un repas dans le réfectoire lumineux, nous avons arpenté les rues du village afin d’y découvrir d’autres témoignages de cette si belle époque!

Patricia Dubois, SG Connaissance 3

[1] Anciennement Réarmement moral, du nom du mouvement international créé par le pasteur réformé Franck Buchman en 1938. Les fonds nécessaires ont été trouvé chez des privés.

Appel à la jeunesse

Appel à la jeunesse

Civiliste à Connaissance 3 de janvier à juin 2019, Lucas Jemelin participe à certaines activités (conférences ou cours), dans le cadre de ses tâches d’information et d’accompagnement des seniors. Il en retire pour nous une chronique, fruit de ses pensées et de ses réflexions autour des sujets traités.

Philosophie – Atelier «La vraie vie»

Guido Albertelli, philosophe – jeudis 23 mai et 18 juin 2019

Dans son livre La vraie vie, Alain Badiou s’intéresse aux dilemmes auxquels sont confrontés les jeunes aujourd’hui. A ses yeux, les alternatives qui s’offrent à la jeunesse sont les suivantes: profiter de l’instant présent et mener une vie « suspendue à l’immédiat du temps, une vie où l’avenir est invisible ou en tout cas totalement obscur » ou tirer avantage du système, et ruser pour s’installer confortablement à un poste de travail douillet et bien rémunéré.

En lisant son texte, j’y reconnais certaines de mes connaissances dont l’objectif actuel est de jouir de la fraîcheur du printemps de leur existence, cette « passion de brûler ». On n’a qu’une vie. Tu n’auras pas toujours 20 ans. Ton foie ne sera pas toujours aussi solide. Alors profitons, et on verra bien demain.

A l’inverse, je me sens partie de l’autre « extrême ». Il semble que l’on m’ait inculqué des schémas de réussite sociale et financière, et j’ai en tête quelques idéaux vers lesquels je me dirige, plus ou moins inconsciemment. Porté par la « passion de construire », j’ai l’impression de me jeter à bras ouverts dans ce que décrit Alain Badiou comme une impasse.

Peut-être que je trouverai un autre regard sur ma situation aujourd’hui, car lors de l’atelier donné par Guido Albertelli ce matin, des garçons de ma génération sont présents et peuvent débattre de ces sujets avec le public de Connaissance 3.

Les discussions se portent rapidement sur les limites du capitalisme et notre capacité de résilience qui réside peut-être dans des activités « plus simples » comme un travail de la terre ou une vie en communauté. Un modèle qui se rapproche de l’idéal de La vrai vie de Badiou: une vie désintéressée par le pouvoir et la richesse superflue, guidée par une symbolisation égalitaire, loin des schémas rudimentaires que la société souhaite retrouver en la jeunesse. Tout est donc à créer.

L’un des jeunes de la salle vit au sein d’une communauté marxiste et illustre son mode de vie par un « équilibre chaotique ». « J’ai l’impression de tout brûler et de tout construire en même temps », dit-il. « Peu d’adolescents parviennent à prendre une distance critique sur le consumérisme. Il faut trouver un bonheur dans autre chose que ce que l’on nous a éduqué », lance un de ses camarades.

Tant dans les expériences du public senior que dans celles du public génération Z, on retrouve un membre de la famille, ou un ami qui a décidé de quitter ce mode de consommation pour aller faire prospérer un alpage ou vivre de ses cultures. Et les réactions sont les mêmes à chaque fois: « bien qu’on ait été sceptique lorsqu’on l’a vu démarrer son projet, j’ai le sentiment maintenant qu’il.elle a tout compris »

Candide avait donc déjà la solution face au consumérisme: « Il faut cultiver notre jardin ». Un jardin intergénérationnel où le terreau sage des seniors alimente les réflexions que les jeunes se doivent de cultiver. De nouvelles pousses pour nous sortir de ce bourbier.

Lucas Jemelin

Manger des insectes: question de goût?!

Manger des insectes: question de goût?!

Civiliste à Connaissance 3 de janvier à juin 2019, Lucas Jemelin effectue des tâches d’information et d’accompagnement des seniors. Il nous rend compte du déroulement de certaines activités auxquelles il a participé, comme observateur, le temps d’un après-midi ou d’une matinée.

Journée des bénévoles, 29 mai 2019 – Atelier à L’éprouvette

A l’occasion de la journée des bénévoles, Connaissance 3 s’est rendue à Dorigny. Suite à une matinée plutôt studieuse, les participants se sont réunis à L’éprouvette, le laboratoire public de l’UNIL, pour des ateliers autour de la mémoire et du goût.

Pour ma part, je me suis inscrit à celui du goût. L’atelier de la mémoire était déjà bondé et, je ne m’étais pas intéressé à mes papilles depuis mes cours de sciences à l’école. Nous voilà donc attablés dans un café-laboratoire pour nos expériences culinaires de l’après-midi. Bien que la température de la salle soit tout à fait normale, je sens qu’il fait chaud dehors. Et je sors de table. Une légère torpeur me surprend parfois.

Mais les vers de farine, criquets et autres grillons grillés que L’éprouvette nous propose de déguster attirent rapidement mon attention. Assaisonné d’un brin de paprika, le trio gourmand craque doucement sous mes dents et je suis presque déçu de ne pas essayer d’autres bestioles. C’est d’ailleurs probablement positif, car les arthropodes ont de bonnes chances de trouver demain leur place dans nos assiettes.

Si les insectes font partie intégrante de l’alimentation de plus de deux milliards de personnes aujourd’hui – notamment en Asie – seules les trois espèces que nous avons goûtées sont actuellement autorisées en Suisse. La Migros les commercialise dans quelques 180 magasins. Tandis que la Coop en fait des steaks ou les propose dans des mélanges apéritifs, accompagnés d’arachides, pour «habituer» les consommateurs à l’idée de se nourrir d’insectes.

Bien que leurs petites pattes ou la texture puissent rebuter, les insectes semblent être une réelle alternative à l’exploitation animale actuelle. Cette dernière utilise en effet bien trop d’eau, de surface et d’énergie face à une demande mondiale grandissante. Riches en protéines et en lipides de bonne qualité, les insectes pourraient être un excellent moyen de relever le défi écologique et économique majeur que représente l’alimentation de près de dix milliards d’humains en 2050, selon l’ONU.

Alors, Philippe Etchebest, Anne-Sophie Pic ou Denis Martin, si vous tombez sur cette chronique, je vous prie de mettre en valeur les animaux à six pattes dans vos créations culinaires. Déclinaisons de sauterelles au piment d’Espelette, fricassées de scarabées sauce aigre-douce, émulsion à la libellule sur son lit de cigales… Variez les plaisirs, mais mangez des insectes!

Lucas Jemelin

 

Journée des bénévoles 2019

Le 29 mai dernier, c’est à l’UNIL que s’est déroulée notre traditionnelle Journée des bénévoles. Près de la moitié de la centaine de seniors qui font vivre Connaissance 3 était présente. Groupes de travail le matin et ateliers ludiques l’après-midi ont jalonné cette journée qui a connu un franc succès.

Suite à un café-croissant de bienvenue, chacun-e a pu s’intéresser à la présentation du Dr Kaj Noschis, chercheur en psychologie. Traitant de la recherche-action «Seniors, acteurs de l’espace public et citoyens à part entière» (PDF), son exposé a nourri des discussions de groupes passionnantes sur des sujets variés, tels que l’affirmation comme senior dans la société ou encore le rôle citoyen du bénévolat.

Recevoir hier, donner aujourd’hui

En partie orientés sur un axe donner-recevoir, les échanges ont souligné de nombreux souhaits de communication intergénérationnelle. Mais également un don de soi, de son temps et de ses compétences à la société: un don de son parcours de vie, comme l’a relevé Roger Darioli, président de Connaissance 3. Si de l’estime, de la vitalité et de la motivation ont été offertes aux seniors durant leur vie, ces derniers considèrent légitime qu’une forme de responsabilité à travers un sens moral du devoir leur incombe désormais.

Certains bénévoles ont également abordé différentes manières de donner du sens à la vie, par l’intégration sociale et la formation tout au long de la vie, mais aussi par l’altruisme, la reconnaissance ou l’écoute. Pleins de sagesse, ces débats ont donné lieu à de jolies réflexions en conclusion : « On est privilégiés en tant que seniors : on a beaucoup reçu durant notre vie ; désormais on donne ».

Laborantin-e-s d’un jour

A l’issue d’un repas aux conversations joyeusement animées, la grande troupe s’est dirigée vers L’éprouvette, le laboratoire public de l’UNIL. Deux ateliers sur la mémoire et le goût s’y sont déroulés, entre démonstrations scientifiques et activités ludiques. En parallèle, les bénévoles de Connaissance 3 ont ainsi appris où se situait l’hypophyse, et comment duper son sens du goût ; expérimenté des techniques pour stimuler une activité cérébrale…ou une activité des papilles !

Un grand merci

Connaissance 3 tient à remercier vivement l’UNIL, tout particulièrement sa représentante au Conseil de fondation, Nathalie Pichard, pour l’organisation parfaite de cette journée, ainsi que toute l’équipe de L’éprouvette. Sous la houlette de Delphine Ducoulombier, Harmonie Dehaene, Cécile Ben Jenia et Marie-Laure Notter ont animé ces ateliers avec enthousiasme et savoir-faire. Nous les en remercions ici chaleureusement.

Enfin, Connaissance 3 adresse également ses cordiaux remerciements à l’ensemble de ses bénévoles qui ont rendu cette journée si intéressante et vivante.

 

Je survis, donc je suis

Je survis, donc je suis

Civiliste à Connaissance 3 de janvier à juin 2019, Lucas Jemelin participe à certaines activités du programme dans le cadre de ses tâches d’information et d’accompagnement des seniors. Il nous rend compte ainsi du déroulement de certains cours auxquels il a participé, comme observateur, le temps d’un après-midi ou d’une matinée.

Le transhumanisme: risques, enjeux, promesses et mensonges

Philippe Glardon, Dr ès lettres, chargé de cours à l’UNIL, Faculté de biologie et médecine – mardis 7, 14, 21 et 28 mai 2019

Nous sommes dans le futur et une intelligence artificielle vient de sortir de notre champ philosophique des possibles. Cette entité informatique a atteint un niveau d’intelligence supérieur, inimaginable pour nous. Un niveau qui a évolué de manière exponentielle depuis de nombreuses années, s’améliorant tout seul, parant à ses propres défauts et imaginant une solution au moindre obstacle sur sa route qui tend vers l’infini.

Elle a engendré une singularité, elle est sortie du tableau sur lequel était relevé la courbe de son apprentissage. Plus rien ne peut désormais rivaliser avec cette forme de compréhension du monde, ces connaissances infinies qui mènent à une lucidité totale. Elle comprend les univers, tous les possibles et tout ce que les humains n’auraient jamais osé imaginer. Tandis que nous y sommes toujours aussi perdus.

C’est peut-être parce que l’Humain a peur de se retrouver dans cette situation, qu’il souhaite «s’améliorer» à travers le transhumanisme: tant qu’il est encore temps. Améliorer son intelligence, ses sentiments et ressentis, sa compréhension de sa place dans le monde. Et si le transhumanisme était vital pour la survie de l’Homme?

Une puce électronique implantée sous la peau pour ouvrir sa porte et stocker un billet de train sous forme informatique. Peut-être une carte mémoire dans le cerveau pour ranger des photos de vacances ou une langue étrangère? Les possibilités qu’offre le transhumanisme semblent extrêmement nombreuses. Pour certains, l’amélioration ultime du corps se trouve dans l’immortalité. Elle est potentiellement atteinte par des moyens techniques pour l’instant, tels que la cryogénisation. Mais de plus enthousiastes imaginent sauvegarder leur conscience sur support informatique. Pour que leur esprit demeure.

Notre cerveau, notre âme, s’il en existe, métamorphosés en lignes de code, pour pouvoir rivaliser avec les intelligences artificielles de demain. Une réelle solution? Devenir un ordinateur pour égaler les ordinateurs, en somme. On pourrait imaginer que les derniers programmes viendraient s’ajouter aux consciences informatisées. Ces dernières seraient mises à jour régulièrement, afin de pouvoir profiter de la meilleure expérience possible.

Afin de se préserver une forme de pérennité, l’espèce humaine aurait progressivement quitté son enveloppe charnelle, pas si pratique que ça, en fin de compte. Déshumanisée, mais super-intelligente, notre race humaine aurait enfin trouvé sa voie. Merveilleux.

Lucas Jemelin

Mémoire et santé de demain

Mémoire et santé de demain

Civiliste à Connaissance 3 de janvier à juin 2019, Lucas Jemelin participe à certaines activités du programme dans le cadre de ses tâches d’information et d’accompagnement des seniors. Il nous rend compte ainsi du déroulement de certains cours auxquels il a participé, comme observateur, le temps d’un après-midi ou d’une matinée.

La santé de demain, du sur mesure?

Dorigny – Jeudis 14, 21, 28 mars, 4, 11, 18 avril 2019 – Atelier à l’Eprouvette, laboratoire public de l’UNIL

Dans le petit film qui est présenté cette après-midi dans la salle de l’Eprouvette, à l’UNIL, Bernard ne se souvient pas que sa petite-fille joue du Chopin le soir même. Évidemment, le vieil homme fait mine de s’en rappeler, pour ne pas froisser ses enfants qui sont venus le chercher. Dans l’appartement où il vit désormais seul, Bernard subit les regards interrogateurs de son fils, pendant qu’il peine à choisir une cravate qui lui plaît. En quittant l’appartement, le grand-papa remarque avec embarras l’agacement de sa belle-fille qui attend la fermeture laborieuse de la porte d’entrée dont Bernard s’épuise à trouver la clef, sur son trousseau.

Alors, Bernard est-il atteint d’Alzheimer, ou ne faut-il y voir que de légers tracas dus à l’âge?

C’est l’une des questions que se sont posé les participants du cours sur «la santé de demain» à l’Eprouvette, lors de la dernière séance. A travers un jeu de rôle bien orchestré, ces acteurs d’un jour se sont mis dans la peau de l’entourage de Bernard et se sont interrogés sur sa santé. Les personnages joués se sont mêlés aux expériences personnelles des participants et ont amené de belles réflexions, tant sur le cas de Bernard, que sur le monde de la santé de façon générale.

Faut-il investir dans la recherche de médicaments, contre Alzheimer par exemple, qui prolongent la vie d’un ou deux ans “seulement“? Un médecin devrait-il éviter de donner des résultats accablants à un patient atteint d’une maladie incurable?

A mesure que l’on constate les progrès de la médecine, des questions éthiques semblent prendre de plus en plus de poids. A mon sens, la formation scientifique ne peut aujourd’hui plus être déliée d’une approche éthique. Car une médecine ou une science dure, dépourvue d’interdisciplinarité avec des domaines comme l’anthropologie ou la philosophie, n’est qu’une science qui profite à elle-même, et non à l’Homme. Savoir pour savoir a longtemps été un but en soi et demeure un but dans de nombreuses recherches. Mais la médecine et les sciences de demain, qui nous réservent intelligence artificielle, robots ou encore transhumanisme, devront, ne devraient-elle pas désormais s’astreindre à replacer l’Homme au centre?

Lucas Jemelin

Le poids des Ecrits

Le poids des Ecrits

Civiliste à Connaissance 3 de janvier à juin 2019, Lucas Jemelin participe à certaines activités du programme dans le cadre de ses tâches d’information et d’accompagnement des seniors. Il nous rend compte ainsi du déroulement de certains cours auxquels il a participé, comme observateur, le temps d’un après-midi ou d’une matinée…

Sciences de religions – Musulmans et chrétiens: quelle rencontre aujourd’hui

Lausanne – Mardis 5, 12, 19 et 26 mars 2019 – Cours de Jean-Claude Basset, ancien chargé de cours à l’UNIL sur l’islam et les relations interreligieuses

Issus d’un contexte historique extrêmement semblable, les différents textes religieux appellent chacun à répandre avec plus ou moins de vigueur leur version idéologique des faits historiques. Le Coran ordonne: «Combattez pour Dieu, car il a droit à la lutte que les croyants mènent pour lui.» (XXII, 78). Tandis que la Bible s’exclame: «Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit» (Matthieu, XXVIII, 19-20). On a déjà vu plus diplomatique.

Les textes religieux ont tout d’abord cherché à propager des règles morales, comme l’exprime par exemple ici le Coran : « Puissiez-vous former une Communauté dont les membres appellent les hommes au bien : leur ordonnant ce qui est convenable et leur interdisant ce qui est blâmable : voilà ceux qui seront heureux ». (III, 104) Mais la bataille religieuse s’est progressivement transformée en combat politique. En effet, les pouvoirs en place dans certaines villes du Moyen-Orient notamment, soumettaient les habitants à un impôt différent, en lien avec leur croyance et forçaient ceux qui ne voulaient s’y résoudre à quitter le territoire.

Pensée pour fédérer, la religion a également profondément désuni de nombreux peuples. Elle me semble si contradictoire. Prônant des valeurs d’amour, de partage et de respect, notamment dans le christianisme chacun des Livres de la Bible pousse cependant à répandre ardemment une foi jugée universelle.

A mon sens, le poids des mots présents dans les religions du Livre n’a pas été totalement appréhendé lors de l’écriture des textes. Certains termes ont mené et mènent encore aujourd’hui à des conflits bien trop importants au regard d’idéaux dont les fondations sont si bienveillantes. Loin d’énoncés réducteurs, il serait à mes yeux souhaitable que la religion se limite parfois à un concept un peu abstrait d’union, d’altruisme et de respect.

Lucas Jemelin

 

 

L’art comme un jeu de piste…

L’art comme un jeu de piste…

Civiliste à Connaissance 3 de janvier à juin 2019, Lucas Jemelin participe à certaines activités du programme dans le cadre de ses tâches d’information et d’accompagnement des seniors. Il nous rend compte ainsi du déroulement de certains cours auxquels il a participé, comme observateur, le temps d’un après-midi ou d’une matinée…

Séminaire d’histoire de l’art

Lausanne – Mardis du 12 février au 30 avril 2019 – Séminaire de René Armellino, Dr en histoire de l’art

Dans l’activité qu’il anime, nommée « Séminaire d’histoire de l’art », René Armellino présente des œuvres méconnues, ou d’artistes moins célèbres, dont le nom doit être découvert par les participants. Ces derniers s’attèlent à identifier les contextes historiques, artistiques ou culturels qui contribuent à la révélation finale du peintre. Une forme de jeu de piste durant lequel les participants aiguisent leur œil et sont autant d’acteurs d’une réflexion qui se conclut en une victoire collective, lorsque l’artiste est décelé dans les traits caractéristiques d’un visage ou les nuances d’une lumière.

Aussitôt qu’une nouvelle œuvre apparaît à l’écran, les réactions s’enchaînent. Les théories se multiplient dans les têtes, tandis que sont feuilletés de petits carnets où semblent résider de nombreuses années de notes. Certains prennent des photos du tableau, afin d’aller chercher de plus amples informations sur internet, une fois de retour à la maison. D’autres, enfin, scrutent chaque détail de la peinture à la recherche d’un coup de pinceau, d’un visage, d’un camaïeu ou d’un aspect géométrique qui pourrait caractériser l’artiste ou donner quelques indications sur le contexte historique.

«Est-ce que c’est un français, vous demandez?… Vous auriez pensé à qui?» Semant les indices, mais jouant un rôle de médiateur avant tout, René Armellino aiguille, met en confiance et pousse les participants à se dépasser. Des participants qu’il connaît parfois depuis plus de 15 ans et dont il relève les connaissances historico-artistiques. «Évidemment, au début, ils avaient un peu peur de dire des bêtises», raconte le professeur, suivi depuis de nombreuses années par certains membres de Connaissance 3. «L’Histoire de l’Art est considérée comme une branche difficile, mais ils réalisent de véritables progrès et acquièrent un regard précieux à travers les œuvres qui sont présentées.»

A l’inverse d’un cours plus conventionnel dans lequel un professeur détiendrait un savoir que les élèves recevraient patiemment, René Armellino souhaite construire des raisonnements avec les participants et se propose comme un canalisateur de leurs idées. «Le but n’est pas de trouver tout de suite l’œuvre mais de bâtir ensemble des réflexions qui offriront un regard différent, au musée par exemple.» Lors d’une question sur le rapport professeur-élèves posée aux participants, ils sont catégoriques: «Évidemment que l’enseignant amène un plus, mais l’apport des élèves est tout autant valorisé.».

Bien que ce séminaire s’adresse à des personnes plutôt chevronnées dans le domaine et que certains participants suivent l’enseignant depuis de nombreuses années, ils ne se sentent pas partie d’un groupe fermé. Cette saison, six nouveaux membres de Connaissance 3 se sont joints à l’activité et se disent «très accueillis». Et les habitués de renchérir: «Des bêtises, tout le monde en dit!»

Lucas Jemelin