Lire, interpréter, enseigner l’interculturalité avec la bande dessinée

Ce séminaire de Master aura lieu le Mercredi 14h-16h pendant le semestre d’automne 2021

Ce séminaire de Master est organisé par C. Schaer et R. Baroni. Il est ouvert aux étudiant·e·s de l’EFLE ainsi qu’aux étudiant·e·s francophones inscrits dans les modules de renforcement, en particulier dans le module « Comparatismes ». Il est aussi ouvert aux étudiant·e·s participant au SPEC « Pédagogie et médiations culturelles » dans le module « Réflexions sur la transposition ».

Ce séminaire vise à explorer le potentiel de la bande dessinée pour développer une réflexion sur les représentations de «l’interculturel» et de «l’altérité». Par le biais d’un corpus comprenant des récits graphiques des XXe et XXIe siècles, nous allons observer la façon dont des auteurs et autrices de bande dessinée majoritairement francophones confrontent différentes cultures, soit en s’engageant dans la relation avec l’autre, soit en adoptant un point de vue extérieur – parfois ethnocentré ou teinté d’orientalisme (E. Said). De quelles manières des auteurs tels que Hergé, R. Goscinny, A. Uderzo, et plus récemment, M. Satrapi, R. Sattouf ou encore F. Chavouet représentens-ils/elles leurs propres cultures et d’autres cultures ? En parallèle, nous réfléchirons, sur un plan didactique, à la manière dont la représentation des cultures dans la bande dessinée francophone est susceptible d’être exploitée dans l’enseignement, et plus précisément en didactique du FLE, dans une visée «d’éducation interculturelle». Avec Ogay et Edelmann (2011), nous nous interrogerons sur les réponses adéquates à apporter, selon les contextes, à la différence culturelle, et nous explorerons les tensions entre relativisme culturel et universalisme. Nous tenterons de prendre position par rapport à l’enseignement des bandes dessinées choisies (stéréotypes, (post)colonialisme) : sont-elles enseignables dans une perspective interculturelle ? Et si oui, dans quelles conditions?

Parution: Chats en case. Entre histoire de la BD et histoire de l’animal

Philippe Delisle (dir.), Chats en case. Entre histoire de la BD et histoire de l’animal

De Félix the Cat à Blacksad, en passant par Chaminou, le chat s’est imposé comme un personnage de BD incontournable.
Étudier les félins en cases permet d’aborder de manière originale l’histoire des animaux. Le 9e art fait en effet écho à la situation et à la représentation du chat dans les sociétés humaines, avec des héros d’abord vus comme rusés et anticonformistes, tels Pat Hibulaire ou Krazy Kat, puis avec l’affirmation de fidèles compagnons, comme le chat de Gaston ou les félins « mignons » des mangas.
Mais l’analyse des « séries félines » permet aussi et surtout de mieux appréhender le fonctionnement de la BD. Les héros-chats jouissent d’une grande plasticité, et épousent plus ou moins les fonctions des personnages de papier humains.
On se demandera par exemple comment un félin muet communique avec les lecteurs, comment les chats naviguent entre dessin animé, dessin de presse et BD, ou encore si certains héros au pelage sombre peuvent être porteurs d’une identité afro-américaine.
L’ouvrage multiplie les exemples, en évoquant aussi bien la BD franco-belge que les comics et les mangas, et favorise les approches les plus diverses, en mobilisant des historiens de la BD et de l’animal, mais aussi des littéraires et des « stripologues ».
 
Philippe Delisle est professeur d’Histoire contemporaine à l’Université de Lyon 3. Il a fondé et dirige la collection « Esprit BD », dans laquelle il a publié plusieurs ouvrages, dont La BD au crible de l’Histoire (2019).

Fiche sur le site de l’éditeur

Colloque: La fabrique de la bande dessinée | 22-23 juin 2021

Du 22 au 23 juin 2021 se tiendra le colloque « La fabrique de la bande dessinée » à l’École Nationale Supérieure des Sciences de l’Information et des Bibliothèques (ENSSIB) à Lyon

La bande dessinée a souvent été abordée au travers d’un prisme sémiotique, ce qui est en soi tout à fait légitime. Mais la bande dessinée, ce n’est pas seulement un Texte, ou plutôt un hybride texte-image, ce sont des auteurs qui en font les scénarios et qui les dessinent, des éditeurs (et des imprimeurs ainsi que des distributeurs), petits ou grands, aux logiques plus ou moins expérimentales, des supports variés, de la revue au numérique en passant par l’album notamment, des festivals qui la célèbrent, du plus connu au plus méconnu, des libraires –souvent passionnés- qui la vendent, notamment dans des boutiques spécialisées, des bibliothécaires –non moins passionnés- qui la mettent en avant dans leurs médiathèques grâce à des expositions ou des conférences, des critiques également qui en parlent et singulièrement dans des revues papier ou sur des sites internet…Bref, la bande dessinée, c’est tout un monde de créateurs et de médiateurs qu’il faut décrire et analyser pour mieux le comprendre.

Programme et détails sur la page web du colloque

Le colloque sera accessible en distanciel, sur inscription.