Projet de sensibilisation: analyse

Connaissance 3 souhaite que les élus politiques vaudois se positionnent sur la question du vieillissement et de la vie citoyenne des personnes âgées. Les candidats au Grand Conseil ont donc fait l’objet d’une sollicitation écrite, où il leur a été demandé de répondre à un questionnaire autour du rôle des seniors dans la société d’aujourd’hui et du concept de formation continue tout au long de la vie. | En savoir plus sur ce projet.

Connaissance 3 remercie vivement tous les candidat-e-s qui ont consacré du temps à répondre à ce questionnaire. Découvrez l’opinion des répondant-e-s.

Les liens ci-dessous vous permettent de découvrir les premiers résultats chiffrés, ainsi qu’une première analyse enrichie des commentaires et positions de Connaissance 3. Vous pouvez aussi télécharger la version PDF de l’analyse

  • Participation
  • Question 1: Avez-vous déjà observé, vis à vous de vous-même ou d’un tiers, une discrimination liée à l’âge? Si oui, laquelle?
  • Question 2: Selon vous, quel rôle social actif peuvent jouer les retraités afin de rester intégrés à une société en constante mutation?
  • Question 3: Dans notre société, le passage à la retraite est souvent vécu comme une période de rupture et, ainsi, de désintégration sociale. Selon vous, la formation continue tout au long de la vie est-elle un moyen de remédier à cette situation? En voyez-vous d’autres?
  • Question 4: Pensez-vous qu’il est du devoir de la société (et donc en partie de l’Etat) de fournir des opportunités favorisant l’apprentissage tout au long de la vie? Et pourquoi?
  • Question 5: Seriez-vous prêt à soutenir une loi cantonale sur la formation continue des seniors? Sinon, quelle alternative proposeriez-vous?
  • Question 6: Etes-vous intéressé à devenir ambassadeur de Connaissance3 en nous aidant à relayer dans vos réseaux le concept «d’apprentissage tout au long de la vie»?

Résultats VII

Question 6

Etes-vous intéressé à devenir ambassadeur de Connaissance3 en nous aidant à relayer dans vos réseaux le concept «d’apprentissage tout au long de la vie»?

Partie quantitative

Fig. 6.1: Pourcentage des réponses oui/non à la question 6

Fig. 6.2: Nombre et «qualité» des réponses Q6 données par les différents partis – (rouge: non | vert: oui)

Commentaire/position Connaissance 3

Un pourcentage élevé de candidat-e-s de tous les partis s’est montré intéressé à devenir «ambassadeur de Connaissance 3», un rôle qui reste à définir sous la forme d’un cahier des charges.

L’idée étant que les «ambassadeurs» soient des relais afin de porter dans leurs réseaux respectifs les trois préoccupations qui sous-tendent ce questionnaire, à savoir:

  • lutter contre la stigmatisation des seniors;
  • défendre une formation continue tout au long de la vie (concept du lifelong learning / LLL);
  • avoir des relais, prêts à s’engager à nos côtés.

 

Résultats VI

Question 5

Seriez-vous prêt à soutenir une loi cantonale sur la formation continue des seniors? Sinon, quelle alternative proposeriez-vous?

Partie quantitative

Fig. 5.1: Pourcentage des réponses oui /non à la partie fermée de la question 5

Fig. 5.2: Nombre et «qualité» des réponses Q5 données par les différents partis – (rouge: non | vert: oui)

Une loi cantonale garantissant la formation continue des seniors est ple?biscite?e. A nouveau, cette forte majorite? de «oui» doit e?tre mise en perspective. Au travers de l’ensemble des commentaires, on perc?oit que le terme «seniors» n’est pas toujours entendu comme synonyme de «retraite?s» (usage induit par Connaissance 3 dans son questionnaire): plusieurs commentaires laissent penser que la formation continue des seniors est d’abord entendue par les re?pondant-e-s comme la formation continue des travailleurs a?ge?s (voir Fig. 5.3).

Partie qualitative

Sur les 215 questionnaires analysés, seuls 93 font ici l’objet d’un commentaire (= seulement 43% des répondant-e-s ont répondu à la partie ouverte de la question, et nous observons que de nombreux propos sont sans rapport avec la question posée.)

Fig. 5.3: Principaux types de commentaires à la question 5 et nombre par type

Début d’analyse

Plusieurs commentaires expriment une vision de la formation continue qui exclut clairement les retraite?s12, ou qui est vue comme une question de choix personnel [2], ou encore dans laquelle l’Etat n’a pas de ro?le a? jouer sinon dans le cadre de partenariat ou de soutien financier.

D’autres ne voient tout simplement pas la ne?cessite? d’une telle loi, comme l’UDC Thierry Buttin qui rele?ve: «Me?me si j’adhe?re a? votre programme, je ne pense pas qu’il doit e?tre re?gi par une loi cantonale. Il doit e?tre finance? en partie pour ceux qui le souhaitent, mais pas re?glemente?.»

L’inte?gration des seniors (et des retraite?s) dans une loi globale sur la formation continue, et donc une adaptation de la loi existante, semble la meilleure solution pour la plupart des re?pondant-e-s.

Dans un souci d’inte?gration des seniors (dans ces cas-la? pluto?t entendus comme «retraite?s»), un soutien aux associations d’ai?ne?s et/ou aux projets communautaires et interge?ne?rationnels est propose?.

Lorsque «seniors» a e?te? entendu comme «travailleurs seniors», envisager une collaboration ou une sensibilisation des entreprises et du patronat est vu comme une alternative a? une loi.

Plusieurs re?ponses voient la formation des ai?ne?s comme un choix personnel; les organismes de formation des seniors, tels que Connaissance 3, doivent alors en porter avec eux la responsabilite? [3], e?ventuellement avec le soutien de l’Etat. La PLR, Jose?phine Byrne Garelli incite d’ailleurs tous les organismes de formation a? se fe?de?rer: «Pluto?t qu’une loi, je verrais mieux une Fe?de?ration de toutes les organisations de formation qui existent, et e?galement toutes les organisations qui peuvent aider pour se rendre aux activite?s. Cela pourrait passer par une plateforme informatique dont les informations seraient aussi distribue?es par une newsletter. (…)»

Commentaire/position Connaissance 3

Connaissance 3 partage l’avis exprime? par bien des candidat-e-s sur le fait que la formation tout au long de la vie, et celle des retraite?s en particulier, devrait faire partie inte?grante d’une loi ge?ne?rale sur la formation continue. Force est de constater cependant que, malgre? la prise de position des UNI3 [4] suisses, la Loi fe?de?rale sur la formation continue (LFCo du 20 juin 2014) omet de mentionner un droit a? la formation au-dela? des ne?cessite?s lie?es a? la vie professionnelle. C’est donc pour pallier ce manque au niveau national que Connaissance 3 souhaite qu’une base le?gale soit introduite au niveau cantonal. Ceci permettrait a? la fois de combler un coupable «oubli» dans la LFCo, de placer le canton de Vaud en tant qu’avant-gardiste dans ce domaine et de donner une base le?gale permettant de subventionner le travail des associations actives dans la formation des seniors.

[1] Tania Séverin, vert’libérale, écrit par exemple: «S’il est fait re?fe?rence aux travailleurs seniors en emploi, il est clair que des solutions doivent e?tre trouve?es pour pre?server leur employabilite?, et la formation continue fait partie des solutions a? mettre en place et a? renforcer. En revanche, s’il est fait re?fe?rence aux personnes retraite?es, une loi ne me semble pas souhaitable. Favoriser l’acce?s a? la formation, oui, soutenir des organismes offrant des formations pertinentes, oui, favoriser la promotion de la formation continue aupre?s des seniors, oui, mais sans agir sur le plan le?gislatif.»
[2] Le rôle des entreprises dans la formation continue est à nouveau mentionné dans certains commentaires.
[3] A ce sujet, les propos du PLR Kurt Egli sont sans équivoque: «Les seniors doivent se souvenir des paroles de JFK « Ne demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, demande ce que tu peux faire pour ton pays. » Donc, que les seniors se prennent en main pour cre?er et maintenir les institutions ne?cessaires.»
[4] Fédération regroupant les neufs universités des seniors suisses : http://www.uni3.ch/fr/

 

 

Résultats V

Question 4

Pensez-vous qu’il est du devoir de la société (et donc en partie de l’Etat) de fournir des opportunités favorisant l’apprentissage tout au long de la vie? Et pourquoi?

Partie quantitative

Fig. 4.1: Pourcentage des réponses oui /non à la partie fermée de la question

Fig 4.2: Nombre et «qualité» des réponses données par les différents partis – (rouge : non | vert : oui)

Le tre?s fort pourcentage de «oui» a? cette re?ponse montre que la responsabilite? de la socie?te? est engage?e quant a? la ne?cessite? de poser un cadre pour permettre de se former a? tous les a?ges de la vie. Il convient cependant de nuancer cette forte majorite? en pre?cisant que les commentaires de la partie ouverte de cette question sous-entendent tre?s souvent une formation continue utile pour l’emploi et pour le maintien a? niveau des compe?tences (en particulier celles des actifs plus a?ge?s, dans le domaine de l’informatique par exemple), et de fait, elle est comprise dans le sens d’une attention a? porter aux travailleurs a?ge?s plus qu’aux retraite?s (voir Fig. 4.3 et Fig. 4.4). C’est assez re?ve?lateur du manque de conside?ration te?moigne? aux ai?ne?s ayant atteint l’a?ge de la retraite et du fait que ces derniers n’existent pas vraiment dans l’espace politique »[1], sauf s’ils restent inse?re?s sur le marche? du travail comme l’exprime le candidat socialiste Pierre Yves Delcourt: «Si on conc?oit demain que les personnes a?ge?es de plus de 65 ans peuvent encore contribuer a? l’e?conomie, alors oui, il faut envisager de subventionner les formations continues pour cette cate?gorie sociale.» (sa re?ponse a? la question 4: Oui)

Commentaire/position Connaissance 3

Cette dernie?re remarque du candidat Delcourt pose toute l’ambigui?te? de la question du ro?le de l’Etat dans la formation tout au long de la vie. La contribution a? l’e?conomie est-elle re?ellement l’apanage du travail re?mune?re?? La participation citoyenne et le be?ne?volat ne sont-ils pas e?galement des contributions a? l’e?conomie? Quelle valeur (e?conomique et sociologique) les fonctions des seniors au sein de la famille (garde d’enfants, proches aidants, etc.) repre?sentent-elles? Comment convaincre de l’importance de la formation tout au long de la vie pour un vieillissement qui soit perc?u autrement que dans la perte progressive de son autonomie? Autant de questions que Connaissance 3 aimerait e?veiller et mettre en de?bat au sein de la socie?te? civile vaudoise.

Tout se passe en effet comme si la seule dimension de travail professionnel de?finissait la place de l’adulte, si bien que le-la retraite?-e qui en est prive?-e- se retrouve inutile et sans responsabilite? dans la formulation et la mise en œuvre des politiques publiques.

[1] Première analyse de Patricia Dubois, secrétaire générale de Connaissance 3, relayée dans la presse (24 heures, 28.4.2017)

Partie qualitative

Fig. 4.3: Raisons pour lesquelles la formation tout au long de la vie est un devoir de la société (et donc de l’Etat) et nombre par type de raison

Fig. 4.4: Raisons pour lesquelles la formation tout au long de la vie n’est pas un devoir de la société (et donc de l’Etat) et nombre par type de raison

Début d’analyse

La formation est perc?ue comme essentielle pour la socie?te?. Elle devrait se poursuivre a? tous les a?ges de la vie, active ou pas. « Les ai?ne?s font partie de la socie?te? et de la communaute? des acteurs e?conomiques, souligne le PLR Guy-Philippe Bolay. Une formation continue, me?me apre?s la retraite, est donc souhaitable. »
La formation continue est juge?e particulie?rement importante pour le marche? de l’emploi et, dans ce cadre, elle devrait e?tre encourage?e et favorise?e par l’Etat et/ou les entreprises. Mais globalement, l’Etat est pluto?t perc?u comme un acteur clef dans la mise en place de mesures incitatives et de conditions cadres, e?galement comme garant de qualite? ou de diversite? ; on lui reconnai?t aussi un ro?le de soutien (subventions, infrastructures). Pour certain-e-s candidat-e-s, majoritairement a? droite, la formation continue est une responsabilite? individuelle

Commentaire/position Connaissance 3

Deux types de raisons mentionne?es par les candidat-e-s (Fig. 4.4) sont en pleine ade?quation avec les e?le?ments mis en avant dans la planification strate?gique 2016-2021 de Connaissance 3 : d’une part la dimension citoyenne de la formation tout au long de la vie (maintien des compe?tences et connaissances dans une socie?te? qui e?volue vite, moyen d’inte?gration sociale) [1], d’autre part la pertinence de la formation tout au long de la vie dans la politique de sante? publique (lutte contre les effets du vieillissement, cognitifs ou sociaux) [2].

[1] Stéphane Ballaman, candidat socialiste, affirme: «La raison d’e?tre d’une formation ne doit pas seulement e?tre lie?e a? l’obtention d’un retour sur investissement purement productiviste. L’ame?lioration de ses connaissances dans une perspective personnelle, civique et sociale doit e?tre conside?re?e comme un moyen de rester « a? la page » et une occasion de s’engager dans la vie locale.»
[2] Citons à ce propos Murielle Kathari, candidate chez les Verts: «En dehors de l’e?panouissement personnel de chacun, l’Etat peut, par le biais d’une politique active aupre?s des seniors, favoriser leur bien-e?tre en e?vitant l’isolement des personnes a?ge?es et l’installation de maladies neurologiques lie?es a? l’a?ge, mais aussi possiblement a? l’inactivite? intellectuelle et physique.»

 

 

Résultats IV

Question 3

Dans notre société, le passage à la retraite est souvent vécu comme une période de rupture et, ainsi, de désintégration sociale. Selon vous, la formation continue tout au long de la vie est-elle un moyen de remédier à cette situation? En voyez-vous d’autres?

Partie quantitative

Fig. 3.1: Pourcentage des réponses oui /non à la partie fermée de la question 3

Fig. 3.2 : Nombre et «qualité» des réponses Q3 données par les différents partis – (rouge : non | vert : oui)

Très majoritairement, la formation continue tout au long de la vie est considérée comme un moyen de remédier à la situation de rupture induite par le passage à la retraite. 44 répondant-e-s ont même appuyé sur ce point de la formation et de l’information dans la partie ouverte de la question 3.
On pourrait apporter une nuance à ce «oui» majoritaire: si, à la lecture de la partie ouverte, on peut considérer que bon nombre de répondant-e-s ont considéré la formation continue tout au long de la vie comme une activité favorisant l’intégration, il semble que, pour d’autres répondant-e-s, elle soit plutôt, ou aussi, perçue comme un moyen d’être mieux informés des changements qui surgiront au passage à la retraite. En effet, une bonne préparation à la retraite est souvent mentionnée comme un moyen d’éviter le sentiment de rupture vécu à la fin de la vie professionnelle (voir Fig. 3.3).

Partie qualitative

Sur les 215 questionnaires reçus, 213 ont fait l’objet d’un commentaire.

Fig. 3.3: Autres moyens de lutter contre la rupture vécue au passage à la retraite et nombre de réponses pour chaque moyen

Début d’analyse:

Dans cette question, les candidat-e-s ont donné des réponses qui insistent avant tout sur la nécessité de rester actif, que cela soit dans l’engagement bénévole, politique ou familial, ou au travers d’activités de loisirs. Le liens social est également important pour les répondant-e-s qui ont très majoritairement donné des réponses basées sur une expérience ou une vision personnelles de la retraite. Relativement peu de candidat-e-s se sont projeté-e-s dans la recherche d’une solution politique sociétale à la question de la désintégration sociale des retraités, même s’ils ou elles évoquent volontiers (comme à la question 2 d’ailleurs) les possibilités d’engagement bénévole ou de participation à des activités mises en place en vue de l’intégration des aînés (Quartier solidaire et autres). Seuls 10% à 12% des commentaires évoquent la nécessité de repenser le passage à la retraite : le débat se situe parfois sur l’âge de la retraite, mais surtout sur la possibilité d’offrir des emplois de transition ou la possibilité d’un départ à la retraite progressif [1] ; à cela s’ajoute la nécessité d’une bonne préparation à la retraite, encadrée de personnes compétentes. La candidate socialiste Christine Leu Métille va jusqu’à proposer cette idée: «Comme il y a l’orientation professionnelle pour les jeunes et les personnes en recherche d’emplois, des conseillers en soutien a? la retraite pourraient être une solution pour faire des bilans de compétences, mais aussi travailler sur les rêves jamais réalisés.». Du côté des Verts, Léonard Studer pense à une autre solution originale pour maintenir les retraités dans une activités d’utilité publique: «Il me semble qu’il faut aussi songer à une réintégration active et sociale soutenue par l’Etat au moment du passage a? la retraite. On pourrait imaginer que l’Etat organise une sorte de service civil, adapte? et volontaire, ou? les jeunes retraités seraient impliqués dans des tâches de leur quartier ou de leur commune.»

Commentaire/position Connaissance 3

Tous partis confondus, la formation tout au long de la vie apparaît clairement comme un moyen (parmi d’autres) de rester intégré à la société. Ce constat, très largement partagé par les répondant-e-s, est une source de motivation pour Connaissance 3, qui entend poursuivre son engagement autant par la sensibilisation et la recherche que par une offre de conférences, de cours, de visites culturelles et scientifiques de qualité. Nous souhaitons également pouvoir développer de nouvelles expériences dans le domaine de la transmission des savoirs entre générations, préoccupation qui revient souvent sous la plume des candidat-e-s.

Comme le souligne le rapport mondial sur le vieillissement et la santé de l’OMS [2], nous considérons que le manque de sollicitations est un facteur aggravant pour un déclin de la plasticité du cerveau lors de l’avancée en âge.

De même que la vie ne s’arrête pas avec la fin du travail salarié, la capacité à apprendre ne dépend pas de l’âge et elle est un préalable à celle de s’adapter à une nouvelle situation et à faire face au changement de vie induit par l’entrée en «retraite».

L’implication des seniors dans les activités de la cité (bénévolat et associations) apparaît comme le moyen le plus souvent cité de rester intégré et de maintenir un lien social. Il est pourtant moins fréquent de trouver dans les réponses l’expression de la réelle plus-value de cet apport des seniors : là aussi, la question de la reconnaissance sociale apparaît «en creux».

[1] Une considération qui est aussi l’apanage de plusieurs candidat-e-s socialistes et pas uniquement des candidat-e-s de droite comme on pourrait peut-être le supposer.
[2] Rapport mondial sur le vieillissement et la santé, résumé, Organisation Mondiale de la santé, 2015

 

Résultats III

Question 2

Selon vous, quel rôle social actif peuvent jouer les retraités afin de rester intégrés à une société en constante mutation?

215 commentaires ont été comptabilisés et pris en compte dans l’analyse.

Fig. 2.1: Type de rôles reconnus aux retraités et nombre de réponses pour chaque type

Début d’analyse:

Pour plus de la moitié des répondant-e-s (51%), le bénévolat est l’un des rôles majeurs joués par les retraités; certain-e-s candidat-e-s relèvent l’importance de ce rôle pour la société et soulignent le fait qu’il devrait être mieux reconnu et valorisé. La nécessité d’activités intergénérationnelles, la mixité et les échanges entre les générations sont mentionnés dans de très nombreuses réponses, d’une part dans un souci d’intégration des aînés, d’autre part parce que les seniors sont perçus comme les détenteurs de savoirs et d’expériences à transmettre aux plus jeunes.

Un peu plus du tiers des répondant-e-s a d’ailleurs mentionné l’importance des aînés dans la transmission des savoirs et de la mémoire collective. Les candidat-e-s de droite soulignent même volontiers le rôle possible et souhaitable des retraités pour le marché de l’emploi dans le cadre de consultation, de mentoring ou de coaching des travailleurs les plus jeunes et moins expérimentés.

Dans cette question, un peu moins de environ 10% des répondant-e-s ont également mentionné le devoir des retraités de se tenir informés de ce qui se passe dans la société.

Alors qu’à la question 1 on dépeignait largement une perception socialement très négative du senior, à la question 2, on lui reconnaît des compétences et des rôles importants pour le bon fonctionnement de la société, également en termes de cohésion sociale et de liens entre les générations. L’enjeu pour les répondant-e-s se situe dans la valorisation de leurs rôles et dans une meilleure exploitation par la société des qualités et compétences des retraités. Des propositions sont même faites dans ce sens ; la candidate verte Sylvianne Bergmann écrit par exemple: «Les retraités qui le désirent doivent pouvoir offrir leurs compétences. Pour ceci, la société devrait être en mesure de les solliciter, les besoins existent. Une plateforme Internet proposant des « offres d’emplois » dans différents secteurs pourrait être créée, peut-être par les seniors eux-mêmes.»

Commentaire/position Connaissance 3

Les compétences et le rôle des seniors dans la société est mis en avant par les candidat-e-s. Cependant, pour qu’ils puissent réellement s’exprimer, encore faudrait-il qu’ils soient reconnus et c’est là que le bât blesse: chacun-e prête volontiers aux aînés une sagesse, une expérience, un parcours de vie qui pourraient et devraient être utiles aux jeunes générations, mais le regret est perceptible dans le fait que notre société ne laisse que peu d’espace pour faire exister ce rôle en-dehors de la famille ou des loisirs.

Si de nombreux exemples d’engagement bénévole, citoyen ou politique sont donnés par les candidat-e-s, toute la question de la transmission des savoirs, qui revient dans de nombreuses réponses, peine à trouver un cadre où s’exprimer. Nous pensons que les universités des seniors sont un lieu propice à cette tâche de lien entre les générations.


 

Résultats II

Question 1

Avez-vous déjà observé, vis à vous de vous-même ou d’un tiers, une discrimination liée à l’âge? Si oui, laquelle?

Partie quantitative

Fig. 1.1: Pourcentage des réponses oui /non à la partie fermée de la question

Fig. 1.2: Nombre et « qualité » des réponses données par les différents partis – (rouge: non | vert: oui)

Le PLR est le seul parti qui a donné une minorité de réponses « oui » à la question de l’observation d’une discrimination liée à l’âge (50% de « non », 46% de « oui » et 4% sans réponse). Hormis ce cas, le taux de réponses majoritairement « oui » n’est pas l’apanage des partis de gauche : les Verts ont répondu « oui » à 80% et l’Alliance du Centre « oui » à 88% (ce sont d’ailleurs les deux pourcentages les plus élevés si l’on exclut SolidaritéS (5 « oui » sur 5) et le parti pirate (1 « oui » sur 1)). Le parti socialiste a parfaitement répondu dans la tendance générale (72% de « oui » contre 26% de « non » et 1% sans réponse).

Partie qualitative

Sur les 215 questionnaires reçus, 199 ont fait l’objet d’un commentaire (= 92% des candidat-e-s ont donc répondu à la partie ouverte de la question). Les répondant-e-s «non» ou « sans avis » ont parfois aussi inscrit un commentaire; le cas échéant, leur commentaire a donc été pris en considération.

Fig. 1.3: Types de discrimination observée et nombre de réponses pour chaque type

La question 1 ne fait volontairement référence à aucune catégorie d’âge, entendant que n’importe laquelle peut faire l’objet d’une discrimination. Bien sûr, le questionnaire et le plaidoyer qui l’accompagne induisent sans doute le-la répondant-e à penser plus spontanément à la discrimination des seniors. Malgré cela, plusieurs réponses spécifient une discrimination des jeunes, notamment dans le domaine de l’emploi[1], le manque de considération[2] ou la sous-représentation politique.

Début d’analyse

La discrimination des seniors sur le marché de l’emploi est une préoccupation majeure : un peu plus de la moitié des commentaires la mentionnent (50.5%). Cette question est parfois mise en perspective avec les débats actuels sur l’âge de la retraite. Ainsi, Samuel Bendahan (Parti Socialiste) écrit: «J’ai pu observer de nombreux cas de discrimination liée a? l’âge dans le cadre de processus de recrutement. L’âge va être utilise? pour justifier un non recrutement, si la personne est perçue comme trop âgée par rapport au niveau du poste. Ce type de discrimination, en plus d’être injuste, n’a aucun sens. C’est d’autant plus scandaleux que nous discutons d’augmenter l’âge de la retraite, et que dans de nombreux cas, les personnes qui ont dépassé un certain âge ont de grandes difficultés à se faire recruter.»

Sous différentes formulations, nombreux sont les répondant-e-s qui ont soulignés le peu de considération que la société porte aux aînés, manifesté dans les propos ou l’attitude (infantilisation des personnes âgées, impatience à leur égard, etc.), l’inégalité dans les accès à des lieux ou des services (infrastructures, assurance maladie, soins, fracture numérique, etc.), ou encore la sous-représentation des seniors dans le débat politique. Le PDC Thierry De Preux relève à ce propos: «Il y a un problème de manque d’expérience des questions liées a? l’âge de la part des décisionnaires (politiques, fonctionnaires, assureurs, etc.) qui sont toujours relativement jeunes. Il y a la? une défaillance de notre système.»

Commentaire/position Connaissance 3

La stigmatisation à l’embauche est de très loin celle qui revient le plus dans les réponses. Toutes les personnes qui ont répondu ont soit vécu une situation de discrimination à l’embauche, soit en ont été témoins directs. Toutes regrettent cette situation à des degrés divers (de l’évocation du problème à la révolte). Cependant il est très frappant de constater que, quel que soit le bord politique, ces situations sont jugées injustes et discriminatoires. Pourtant la plupart des candidat-e-s (à l’exception notoire des petits partis tels que SolidaritéS ou Décroissance et alternative) ne font pas ou très peu le lien entre la condamnation morale de cette situation et des solutions permettant d’y remédier et ceci quelle que soit la «Weltanschauung» de l’appartenance politique.

Des exemples de manque de considération (défini comme ci-dessus) sont aussi très nombreux et illustrent parfaitement le vécu des personnes qui participent aux activités de l’Université des seniors. Elles y trouvent un moyen de «rester à la page» dans un monde qui bouge de plus en plus vite et menace de les laisser dans la marge, contraintes à «l’inutilité» et au manque de reconnaissance de leurs compétences et de leur riche expérience.

 

[1] 6% des répondant-e-s mentionnant une discrimination dans le domaine de l’emploi l’ont explicitement spécifiée pour les jeunes, tandis que 75% l’ont clairement mentionnée en défaveur des seniors.
[2] 15% des réponses de cette catégorie.

Résultats I

Participation

Partie quantitative:

L’envoi des questionnaires aux candidat-e-s a soulevé une difficulté inattendue, celle d’obtenir les listes officielles des candidat-e-s et leurs adresses. Certains partis ont accepté de les fournir, d’autres pas, et il a fallu effectuer une recherche à l’interne au niveau du Canton. Malgré tout, une très large partie des candidat-e-s a été atteinte.

Taux d’atteinte des candidat-e-s:

  • Nombre de candidat-e-s: 898
  • Nombre d’envois: 823
  • Nombre de retours à l’expéditeur: 26
  • Taux d’atteinte des candidat-e-s: 89%

Taux de réponses:

  • Nombre de réponses: 217 – dont 215 traitées pour l’analyse
  • Taux de réponses reçues: 27%
  • Taux de réponses traitées: 26%

Retour des questionnaires:

Le courrier, envoyé le 27 mars aux candidat-e-s, les a invité-e-s à répondre au questionnaire soit par retour de courrier, soit directement sur notre site Internet :

  • 14 questionnaires ont été renvoyés sous une forme manuscrite (6.5% des répondants).
  • 203 questionnaires ont été remplis en ligne (93.5 % des répondants).

Le délai de réponse a été fixé au 13 avril. 15 réponses, dont 4 manuscrites, nous sont parvenues passé cette date. Nous avons pu prendre en considération les questionnaires reçus jusqu’au 25 avril, ce qui a permis d’inclure 14/15 réponses tardives.

Nombre de réponses reçues par parti:

Tous les partis sont représentés dans les réponses reçues et traitées, comme l’illustre la figure ci-dessous:

Taux de réponses pour chaque parti (%):

Il convient naturellement de mesurer le taux de participation des partis en fonction du nombre de candidats de chacun d’eux. Les listes ayant été partiellement fournies par les partis et partiellement complétées à l’interne, il se révèle difficile de fournir les taux exacts pour tous les petits partis : ainsi, dans la Figure ci-dessous, le Parti pirate a été adjoint à l’Alliance du Centre, SolidaritéS et Décroissance & Alternatives à Ensemble à gauche.

Début d’analyse:

Les candidat-e-s de gauche ont été les plus enclin-e-s à répondre au questionnaire, 48 % en particulier pour le Parti socialiste. A droite, l’UDC et le PLR se sont montrés moins assidus, avec respectivement 14% et 18% des candidat-e-s sollicité-e-s; ces partis, avec l’Alliance du Centre, affiche un taux en dessous du taux de réponses global. Cependant, il est tout à fait remarquable de voir qu’un tiers des candidat-e-s appartenant à la gauche de l’échiquier politique et un cinquième de celles et ceux de sensibilité du centre et de la droite ont pris la peine de répondre de manière très pertinente et étayée.

Commentaire/position Connaissance 3

Il est très frappant de constater que les réponses les plus étayées nous sont venues aussi bien des partis de gauche que de ceux de droite. La couleur politique influence donc relativement peu les réponses, qui sonnent d’autant plus « vrai » qu’elles reposent très souvent sur des situations vécues personnellement ou par des proches. Nous disposons donc d’un « matériau » très précieux en terme de récit de vie où nous pouvons souvent deviner, grâce aux réponses, la période de vie et la tranche d’âge de la personne.

Ce qui nous amène au constat que ces questions ont touché plus le champ privé des candidat-e-s que le champ politique. Tout se passe comme si chacun-e ressentait le malaise du manque de reconnaissance des compétences des retraités et de leur apport pour la société sans toutefois réussir à dessiner les contours d’un rôle social autre que l’engagement bénévole dans des activités informelles. Seul-e-s quelques candidat-e-s intègrent dans une vision politique plus large le rôle social des aînés : il s’agit de celles et ceux qui remettent en cause la place du travail salarié (et donc de la retraite), et soulignent la nécessité d’un changement de paradigme afin que l’apport des retraités soit mesuré en-dehors d’une logique « productiviste » (sic).

Sans entrer dans un débat partisan, Connaissance 3 défend une formation continue tout au long de la vie d’un individu, de sa naissance à sa mort, en considérant qu’en effet chacun-e doit pouvoir accéder aux outils nécessaires à l’exercice de son rôle de citoyen.


Mahaim Raphaël

Parti: Les Verts

A déjà observé une discrimination liée à l’âge.
Discrimination a? l’embauche pour les personnes de plus de 50 ans.

La formation continue tout au long de la vie est-elle un moyen de remédier à la désintégration sociale.

Pense qu’il est du devoir de la société, et donc de l’Etat, de fournir des opportunités favorisant l’apprentissage tout au long de la vie.


Résumé de son opinion:

Le rôle social des seniors : « Dialogue avec les autres ge?ne?rations; participation a? la me?moire collective; engagement citoyen et associatif »

Projet de sensibilisation: premiers résultats

Connaissance 3 souhaite que les élus politiques vaudois se positionnent sur la question du vieillissement et de la vie citoyenne des personnes âgées. Les candidats au Grand Conseil ont donc fait l’objet d’une sollicitation écrite, où il leur a été demandé de répondre à un questionnaire autour du rôle des seniors dans la société d’aujourd’hui et du concept de formation continue tout au long de la vie.

Analyse en cours.

Taux de retour au questionnaire: 26%

Connaissance 3 remercie les candidats qui ont pris le temps de nous répondre.
215 réponses ont été comptabilisées au 21 avril pour 823 questionnaires envoyés.

Le graphique ci-dessous présente le nombre de réponses reçues par parti. Une analyse du taux de retour par parti est en cours.

Résultats quantitatifs aux questions fermées

Question 1: Avez-vous déjà observé une discrimination liée à l’âge?

Les données qualitatives (suite de la question: « Si oui, laquelle? ») sont en cours de traitement.

Question 2: Données qualitatives en cours de traitement.

Question 3: La formation tout au long de la vie est-elle un moyen de lutter contre la désintégration sociale des seniors?

Les données qualitatives (suite de la question: « En voyez-vous d’autre ») sont en cours de traitement.

Question 4 : Est-il du devoir de la société (et donc en partie de l’Etat) de fournir des opportunités favorisant l’apprentissage tout au long de la vie?

Les données qualitatives (suite de la question: « Si oui, pourquoi? ») sont en cours de traitement.

Question 5: Seriez-vous prêt à soutenir une loi cantonale sur la formation continue des seniors?

Les données qualitatives (suite de la question: « Quelle alternative proposeriez-vous? ») sont en cours de traitement.

Question 6: Etes-vous intéressé à devenir ambassadeur de Connaissance3?