Le silence dans toutes ses nuances

De l’absence de son aux secrets en passant par les non-dits, le Laboratoire Histoire et Cité donne voix à celles et ceux que l’Histoire oublie.

Que disent les silences de l’histoire ? À travers onze rendez-vous, le Laboratoire Histoire et Cité sonde les non-dits, les absences et les voix empêchées, de l’expérience religieuse médiévale aux violences contemporaines.

« Silence. Le choisir, le fuir ou le briser. » De septembre à décembre, le Laboratoire Histoire et Cité décline cette thématique en 11 événements. « Entre la pollution sonore, le brouhaha urbain et les notifications permanentes sur nos téléphones, le silence est plus que jamais un sujet d’actualité », souligne Victoire Margairaz, cheffe de projet au Laboratoire.

Du Moyen Âge à la guerre d’Espagne

Le public, toujours plus nombreux, en explorera les multiples facettes au fil d’un large éventail de périodes et de problématiques. Les conférences aborderont aussi bien la surdité et le mutisme dans l’expérience religieuse médiévale (le 23 septembre) que les réalités volontairement ignorées durant la Seconde Guerre mondiale (le 10 décembre). Les partenariats enrichissent également cette programmation. Aux côtés de ses partenaires fondateurs, dont le Canton de Vaud à travers son Musée cantonal d’archéologie et d’histoire, la BCUL et les Archives cantonales vaudoises, et avec le soutien de la Funil, plusieurs institutions s’associent à la saison. BDFIL est ainsi partenaire d’un atelier consacré à l’exil (le 14 novembre), tandis que l’association Lausanne Méditerranée révèle les secrets des fosses communes de la guerre d’Espagne (le 6 octobre).

Liberté scientifique et violences sexistes

Deux rendez-vous marquants ponctuent en outre le programme. Le 7 octobre, le groupe de travail « Politique mémorielle » de l’Unil accueille l’historien américain Mark Bray. « Cible de l’extrême droite, ce spécialiste de l’antifascisme a été contraint de quitter son pays. Il abordera la question des risques encourus par les scientifiques aux États-Unis sous Donald Trump et les attaques contre leur liberté de parole », précise Victoire Margairaz.

Le second temps fort naît d’une collaboration entre le programme de recherche INVUES de l’Unil et le Bureau de l’égalité. Prévue le 25 novembre, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination des violences sexistes et sexuelles, cette lecture-rencontre s’articule autour de l’ouvrage Sous nos regards. Récits de la violence pornographique.

Écouter les lieux, sonder les absences

Des ateliers et des visites complètent le programme. Une découverte architecturale du palais de Rumine invite le public à explorer les silences et la circulation des sons dans le bâtiment (le 20 octobre). Et une sortie à la Collection de l’Art Brut ouvre les portes du monde d’Armand Schulthess, qui consacra sa vie à transformer son terrain d’exil tessinois en œuvre grandeur nature (le 5 décembre).

Autant de facettes rappelant qu’un objet historique ne se construit pas uniquement à partir des sources et des archives, mais qu’il peut aussi émerger des absences, des lacunes et des zones d’ombre du passé.

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