Flânerie architecturale aux Mystères

Nouveauté aux Mystères de l’Unil : quatre parcours thématiques guidés proposent de découvrir le campus sous des angles inédits.

Nouveauté aux portes ouvertes de l’Unil : quatre parcours thématiques guidés proposent de découvrir le campus sous des angles inédits. Nous avons testé celui qui s’intéresse aux bâtiments. À la clé, des outils de lecture permettant de réinsérer ces géants de verre, de métal et de béton dans leur contexte historique.

Inviter chacune et chacun à jeter un regard neuf sur les constructions réparties dans le parc de Dorigny, tel est le but de cette balade architecturale organisée dans le cadre des Mystères de l’Unil(voir encadré), qui auront lieu du 28 au 31 mai. Trois autres balades proposeront une approche littéraire, historique et ornithologique, chacune se déroulant sous la houlette d’un ou d’une spécialiste. « Nous souhaitions valoriser différents domaines de recherches en parlant du campus », explique Léa Giotto, chargée de projets à Unicom.

S’inspirer des campus américains

Dave Lüthi, professeur associé à la section d’histoire de l’art de la Faculté des lettres de l’Unil, nous sert de guide. Départ à Amphipôle, premier bâtiment à sortir de terre en 1970. « Le plan directeur de l’Unil a été dressé en 1967 par deux architectes, Guido Cocchi et Frédéric Brugger. Il confère son identité au lieu tout en s’inspirant des campus américains », rappelle-t-il. Le site est réparti en zones, chacune ayant sa fonction. Il détaille : « À l’est, les sciences humaines, au centre, les locaux communs (bibliothèque, restaurants et centre sportif), à l’ouest, les sciences dures. Le tout est relié par des chemins piétons favorisant les rencontres. »

En posant des règles architecturales (hauteur des étages fixe, façades en aluminium ou en verre, teintes variant du beige au brun foncé, coursives extérieures et auditoires de forme libre), le plan directeur crée une unité entre les bâtiments. Géant de béton et de métal, Amphipôle (baptisé « collège propédeutique » à l’origine) interprète justement ces lignes directrices de façon radicale. On visait la fonctionnalité, avec un budget restreint, rappellent nos guides.

Un socle en U

Une poignée de minutes plus à l’ouest, nous voilà à Internef, anciennement BFSH1. Plus récent – sa construction remonte à 1975-1977 – il conserve un esprit fonctionnaliste, dans le droit fil du plan directeur. C’est par sa structure, qui matérialise la hiérarchisation, qu’il se distingue : « Les deux niveaux inférieurs forment un socle en U. Dévolus aux étudiantes et étudiants, ils abritent la cafétéria, la bibliothèque et les grands auditoires. Au-dessus, un bloc de six étages renferme les bureaux des professeurs et assistants. »

Trois X

Changement de décor à Anthropole (anciennement BFSH2), auquel on accède par un couloir courbe. Construit entre 1983 et 1987, il se démarque par son allure postmoderne et son plan constitué de trois X juxtaposés. Si le béton, le métal et le verre y règnent toujours, l’esprit diffère : « Le programme est à l’image d’une ville, avec ses rues et ses places qui favorisent ici l’isolement, là les rencontres », relève Dave Lüthi. Les subtilités se cachent dans les détails. Ainsi, chaque « tour » décline une forme simple (cercle, triangle et carré), même dans les escaliers. « Une fois qu’on le sait, cela aide à se repérer », soulignent nos guides. « Absolument tout, de la structure des coffrages aux balustrades et à la signalétique, a été dessiné par les architectes. C’est une œuvre totale, un Gesamtkunstwerk », s’enthousiasme Dave Lüthi.

En nous donnant des clés pour comprendre en quoi ces constructions sont emblématiques, cette visite change radicalement la manière dont on regarde le bâti de cette époque. On ne peut qu’en souhaiter la pérennisation, pourquoi pas sous forme de QR codes disponibles sur chaque site.

Une édition en pleine métamorphose

Du 28 au 31 mai 2026, le campus de l’Unil vibrera au rythme des sciences, des découvertes et de la curiosité à l’occasion de la vingtième édition des Mystères de l’Unil. Cette année, l’événement mettra les métamorphoses à l’honneur : celles du vivant, des sociétés, des technologies ou encore des parcours personnels.

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Pendant quatre jours, la recherche quittera les laboratoires et les auditoires pour aller à la rencontre du public à travers ateliers interactifs, conférences, balades thématiques et animations. Près de 300 chercheuses, chercheurs, étudiantes, étudiants et professionnelles et professionnels de l’Unil se mobiliseront pour faire vivre les sciences autrement, dans une ambiance festive et conviviale.

Une trentaine d’ateliers imaginés par les sept facultés inviteront les visiteuses et visiteurs à explorer les coulisses des laboratoires, décrypter les mythes antiques, observer l’organisation des fourmis ou encore se glisser dans la peau d’un écrivain, d’une biologiste ou d’un psychologue. Ici, les sciences se découvrent en expérimentant.

Le week-end sera aussi marqué par plusieurs rencontres avec des personnalités de renom, en dialogue avec des spécialistes de l’Unil. Jacques Besson, professeur honoraire en psychiatrie à l’Unil, ouvrira les échanges autour des liens entre médecine et savoirs anciens. L’astrophysicienne Fatoumata Kebe parlera de la disparition des étoiles dans le ciel nocturne, tandis qu’Éric Sadin débattra des bouleversements provoqués par les intelligences artificielles génératives avec Mathias Humbert, professeur au Département des systèmes d’information de HEC Lausanne.

Pierre Esseiva, directeur de l’École des sciences criminelles de l’Unil, dévoilera les coulisses de la science forensique et du trafic de drogue. L’historien Johann Chapoutot échangera avec Oscar Mazzoleni, professeur à l’Institut d’études politiques de la Faculté des SSP, autour des résonances entre les années 1930 et notre époque. Enfin, la championne olympique Mathilde Gremaud évoquera les transformations liées à la performance et à l’adaptation aux côtés de Vincent Gremeaux, professeur à l’Institut des sciences du sport de l’Unil et responsable du Centre de médecine du sport du CHUV.

Les écoliers seront sur le campus les 28 et 29 mai. Le grand public sera lui accueilli les 30 et 31 mai, de 11h à 17h.

Encadré par F.Zo