Le campus Unil-EPFL accueille un des plus grands congrès mondiaux des sciences du sport

Près de 3000 scientifiques sont attendus du 7 au 10 juillet 2026 à Lausanne pour le congrès de l’European College of Sport Science (ECSS).

Près de 3000 chercheuses et chercheurs sont attendus du 7 au 10 juillet 2026 à Lausanne, au SwissTech Convention Center, pour le congrès de l’European College of Sport Science (ECSS). L’événement est organisé sous l’impulsion de l’Institut des sciences du sport de l’Unil et est co‑présidé par le professeur honoraire Bengt Kayser.

Vingt ans après une première édition lausannoise, le congrès de l’European College of Sport Science (ECSS) fait son retour à Lausanne du 7 au 10 juillet. Une vitrine, mais aussi un test pour l’Institut des sciences du sport (Issul) de l’Université de Lausanne (Unil), qui entend confirmer son rôle d’acteur de référence et renforcer son positionnement sur la scène internationale.

« C’est un moment important pour nous », résume Bengt Kayser, co‑président de l’événement. Médecin de formation et professeur honoraire à l’Unil, spécialiste de physiologie de l’effort, il a consacré une grande partie de sa carrière à comprendre les adaptations du corps humain, notamment en altitude, contribuant au développement et à la reconnaissance des sciences du sport à l’Unil, avant d’élargir son regard aux questions d’éthique et de philosophie du sport.

Un rendez-vous mondial, bien au-delà de l’Europe

Créé dans les années 1990, l’ECSS est né d’un manque. « Il n’y avait rien d’équivalent en Europe », rappelle Bengt Kayser. Il s’agissait alors de structurer un champ en pleine expansion, au‑delà du seul sport de performance. Trente ans plus tard, le pari est tenu.

Aujourd’hui, le congrès change de ville chaque année et attire bien au‑delà du continent. « C’est européen dans son nom, mais très international dans les faits », souligne le professeur. Des chercheuses et chercheurs venus d’Asie, d’Amérique du Nord ou d’Australie y participent.

Le retour à Lausanne s’inscrit dans une dynamique qu’il connaît bien. Il a participé au rapprochement entre Genève et Lausanne, à l’origine de l’actuel Institut des sciences du sport. L’Issul compte aujourd’hui plus de 650 étudiantes et étudiants et une équipe académique étoffée.

Un programme dense, entre science et coulisses

Le SwissTech Convention Center accueillera l’événement, un choix à la fois technique et stratégique. L’Unil et l’EPFL assurent le pilotage scientifique et académique du congrès, et chaque institution met à disposition ses ressources logistiques pour absorber une telle affluence.

Sur le fond, le congrès couvre un spectre très large, « de la biologie moléculaire du muscle jusqu’à la philosophie du sport ». Un reflet de la diversité des approches développées dans les sciences du sport à l’Unil, mais aussi plus largement dans la discipline. Les contributions sont sélectionnées par un comité scientifique international, puis réparties entre présentations orales et posters.

Les plénières (voir encadré), elles, visent à prendre de la hauteur. « C’est une forme de vulgarisation de haut niveau », explique Bengt Kayser. Autrement dit, rendre lisible une science de plus en plus spécialisée. Mais le congrès ne se joue pas uniquement dans les salles. Il commence dès le lundi 6 juillet sur le campus de l’Unil, qui fera office de point d’ancrage académique de l’événement, avant de se déployer au SwissTech. Réceptions, remise de prix au Musée olympique, course entre congressistes : autant de moments où se nouent les échanges. « Il se passe des choses en dehors des sessions », insiste Bengt Kayser. Et souvent c’est là que tout commence.

Se rencontrer, malgré tout

Car, au fond, l’objectif reste simple. «  La raison d’être, c’est la rencontre. » Une évidence que la pandémie a brutalement rappelée. « On peut faire beaucoup en ligne, mais ce n’est pas la même chose. Le besoin de se voir reste fondamental. »

Une tension demeure, de plus en plus visible. Faire venir des milliers de scientifiques du monde entier a un coût environnemental non négligeable. « On commence à se poser la question », reconnaît Bengt Kayser, au sujet de la durabilité (voir encadré). Le thème s’impose lentement dans un milieu qui dépend précisément de ces circulations internationales.

Le congrès jouera aussi sur une dimension symbolique assumée, avec un «  Coming back to the Olympic capital ». La cérémonie d’ouverture mêlera autorités et démonstration plus spectaculaire : un étudiant champion du monde de parkour, ancien porteur de la flamme olympique aux JO de Paris, se produira sur scène. Une manière de rappeler que, derrière les données et les présentations, il reste une énergie commune. « Une sorte de messe autour d’une passion partagée », glisse Bengt Kayser, dans un congrès que l’Unil entend inscrire durablement dans sa stratégie de rayonnement scientifique international.

Une conférence publique et des plénières clés

Le congrès s’ouvrira aussi au grand public avec une conférence (accès libre) consacrée aux commotions cérébrales dans le sport, organisée le 6 juillet de 17h à 18h30 à la Vaudoise Arena. Elle abordera la prévention et la prise en charge de ces blessures, notamment chez les jeunes sportifs. Le programme scientifique prévoit trois grandes conférences plénières. L’une portera sur les liens entre sport, réchauffement climatique et durabilité, une thématique proposée par le comité d’organisation local et retenue en priorité. Une autre s’intéressera au lien entre activité physique et santé, avec Fiona Bull, de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Programme complet

Un guide pour encadrer les événements à l’Unil

À partir du congrès de l’ECSS, l’Université de Lausanne veut produire un guide de recommandations pour ses futurs événements, attendu dans un premier jet d’ici la fin de l’été 2026. L’initiative s’inscrit dans la stratégie institutionnelle de durabilité de l’Unil, l’événement servant de laboratoire à ciel ouvert.

« Le principal poste, ce sont les transports. On sait que la majeure partie de l’empreinte vient du voyage », explique Andréa Cherdo, en charge du projet au Centre de compétences en durabilité. Un questionnaire permettra de retracer les trajets, complété par des données sur l’alimentation et les infrastructures.

Certaines mesures sont déjà testées  lors du congrès : mise en avant des voyages en transports publics, offre alimentaire locale et de saison, journée végétarienne. Mais l’essentiel est ailleurs. « Tout le reste, on peut le réduire. Le transport, beaucoup moins », poursuit Andréa Cherdo. La collecte des données est lourde, très chronophage. Et les marges de manœuvre limitées, notamment face à des personnes venues de loin. L’objectif, lui, est clair : produire des recommandations concrètes pour l’ensemble des événements de l’Unil à partir de cette expérience pleine de défis.