Histoire – La sexualité, du tabou au déferlement médiatique

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Anne-Françoise Praz, professeure émérite d’histoire contemporaine, Unifr

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Autrefois, la sexualité était un sujet réservé à la sphère intime et au cercle étroit des médecins, pasteurs et moralistes. Dès la fin du XIXe siècle, ce thème s’est invité progressivement dans le débat public. Des mobilisations diverses ont brisé des tabous comme l’homosexualité et ont donné accès à de nouveaux droits comme la contraception, l’avortement ou le mariage pour tous. Aujourd’hui, on pourrait dire que le sujet occupe l’espace public en permanence, suscitant de nouvelles mobilisations (violences sexuelles), de nouvelles paniques morales (pornographie en ligne) et de nouvelles luttes politiques (avortement, transidentité). Comment et pourquoi la sexualité est-elle devenue une préoccupation centrale de notre modernité? « La sexualité, nous rappelle l’anthropologue Maurice Godelier, est toujours autre chose qu’elle-même. » Que nous révèlent donc les discours et les pratiques autour de la sexualité? Pour mieux saisir les enjeux de ce phénomène, ce cours propose un retour historique (XIXe-XXe siècles) sur quatre thématiques aujourd’hui à la une des médias, avec un accent particulier mis sur l’histoire suisse et romande: l’éducation sexuelle de la jeunesse, l’accès au contrôle de la fécondité, l’homo sexualité et les violences sexuelles envers les enfants.

Datesles mardis 21, 28 avril, 5 et 12 mai 2026
Heuresde 10h30 à 12h
LieuEspace Riponne (1er étage), place de la Riponne 5, Lausanne
Prix126 fr. (160 fr. sans adhésion) pour 4 séances, support de cours inclus

Histoire des religions – (Re)découvrir Paul de Tarse, l’enfant terrible du christianisme

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Daniel Marguerat, professeur honoraire, UNIL

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Paul de Tarse est affublé d’une mauvaise réputation : apôtre colérique, antiféministe, antijuif, intolérant, vindicatif… Deux mille ans de lecture chrétienne ont fait de lui un théologien peu recommandable, dont beaucoup se méfient. L’intention de ce cours est de rendre justice à Paul. En relisant ses textes pas à pas, en les immergeant dans l’histoire tourmentée et conflictuelle qui les a vus naître, on comprend pourquoi l’apôtre se montre tour à tour mordant, professoral, tendre ou pathétique. Au final, on prendra la mesure de ce génie, sans qui le christianisme ne serait pas ce qu’il est devenu: une religion universelle.

Ouvrage de référence: Daniel Marguerat, Paul de Tarse, l’enfant terrible du christianisme, Paris, Seuil, 2023 (livre de poche Points, 2025).

Datesles mardis 21, 28 avril, 12 et 19 mai 2026
Heuresde 8h45 à 10h15
LieuEspace Riponne (1er étage), place de la Riponne 5, Lausanne
Prix125 fr. (160 fr. sans adhésion) pour 4 séances
Culture pour tous: 30 fr.

Science et philosophie – Les défis éthiques des avancées technologiques contemporaines

14. les défis éthiques des avancées technologiques

Lazare Benaroyo, professeur honoraire, UNIL

14. les défis éthiques des avancées technologiques

Le monde occidental est confronté, depuis la fin du XXe siècle, à des possibilités techniques qui soulèvent d’importants défis éthiques. Nous sommes dès lors appelés à penser les valeurs morales qui sous-tendent la notion de progrès technologique pour les orienter vers une finalité qui ne soit pas seulement dirigée vers le déploiement d’une puissance d’agir et d’une performance accrue, mais aussi vers la réalisation harmonieuse de l’humain dans le cadre d’un vivre ensemble. C’est à l’aide de la réflexion éthique, qui engage un questionnement sur les normes et les valeurs morales justifiant une action, que cette démarche peut être entreprise pour orienter ensuite les initiatives sociales et politiques. Ce cours-séminaire aborde ces défis éthiques dans les domaines émergents des avancées technologiques les plus récentes, telles que l’intelligence dite artificielle et la création de robots, en vue d’y faire face de manière responsable tant au plan individuel que collectif.

La participation à ce cours-séminaire ne nécessite pas de prérequis, il accordera une large place à la réflexion et aux questionnements sur la notion de progrès ainsi que sur les divers usages de ces technologies.

Datesles lundis 20, 27 avril, 4 et 11 mai 2026
Heuresde 15h30 à 17h
LieuEspace Riponne (1er étage), place de la Riponne 5, Lausanne
Prix125 fr. (160 fr. sans adhésion) pour 4 séances, support de cours inclus

Philosophie – Café-philo et randonnée philosophique

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Éric Suarez, docteur et praticien en philosophie

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Espace de réflexion, de rencontre et de partage, le café-philo invite participantes et participants à raisonner ensemble autour d’une question philosophique. Renouant avec le dialogue socratique, il permet à chacun et à chacune d’exprimer son opinion ainsi que les raisons qui les sous-tendent. Favorisant la recherche commune, le café-philo est avant tout une co-construction, une enquête existentielle menée par le groupe. Il ne s’agit pas, ici, d’un cours d’histoire de la philosophie, mais bien d’une expérience philosophique.

Nulle connaissance de la discipline n’est nécessaire, seul le plaisir de philosopher est essentiel. Un thème différent sera abordé lors de chaque séance. Le café-philo se poursuivra à l’extérieur, le 1er juin (horaire à définir ensemble), durant une randonnée, mêlant plaisir de la marche et réflexion.

Datesles lundis 20, 27 avril, 4, 11, 18 mai et 1er juin 2026
Heuresde 8h45 à 10h15
LieuEspace Riponne (1er étage), place de la Riponne 5, Lausanne
Prix175 fr. (225 fr. sans adhésion) pour 6 séances, dont 1 à l’extérieur (si la météo le permet)

Économie – La suisse et le monde, une économie en pilotage automatique

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Jean-Marie Brandt, docteur en sciences économiques et en théologie, ancien directeur général de banque et chef du fisc vaudois

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Depuis 1848, le modèle économique libéral pilote la Suisse et lui permet de négocier à son profit les zones de turbulence. Confrontée désormais au basculement géopolitique, la Suisse prospère doit-elle se remettre en question et changer de cap? Politique de la canonnière, mercantilisme et hégémonie; bilatérales III, juges étrangers et coopération; néolibéralisme, mondialistes et libertariens; franc suisse, or-cryptomonnaies et dollar américain; intelligence artificielle, générale et oligopoles; neutralité, guerre hybride et réarmement; démocraties, populistes et autocrates; écologie, écologisme et négationnistes: jusqu’ici économiquement orientée et politiquement coopérante, la boussole du monde pointe désormais vers la confrontation. La Suisse est à l’heure des choix. Quels choix? En a-t-elle les moyens? Est-ce pour elle l’opportunité de se remettre en question ou, au contraire, de poursuivre sur le même cap? Nous analyserons ce dilemme à la lumière de l’actualité et testerons, en séminaire, les scénarios possibles.

Datesles mardis 10, 17, 24 et 31 mars 2026
Heuresde 8h45 à 10h15
attention : les 24 et 31 mars, de 8h45 à 11h30 environ
LieuEspace Riponne (1er étage), place de la Riponne 5
Prix150 fr. (195 fr. sans adhésion) pour 4 séances de cours, complétées par 2 périodes de séminaire

Sciences humaines – Victime : de la souffrance à la reconnaissance

11. victime de la souffrance à la reconnaissance

Jacques Gasser, professeur honoraire, UNIL, ancien chef du Département de psychiatrie, CHUV

11. victime de la souffrance à la reconnaissance

Une mutation anthropologique majeure s’est progressivement construite autour de la notion de victime dans les années 1970. La figure emblématique de nos sociétés n’est plus le héros, mais bien la victime. Comment en est-on arrivé à ce que d’aucuns appellent la « société des victimes »? Ce cours va tenter de comprendre, d’un point de vue historique, les enjeux fondamentaux de ce changement dans l’interprétation de ce que nous pouvons ressentir à la suite d’un événement possiblement traumatique. À quel moment cet événement provoque-t-il chez certaines personnes une souffrance telle qu’elle permette d’obtenir un statut de victime assorti d’une reconnaissance sociale, médicale et juridique? Nous examinerons aussi, à partir de quelques cas pratiques, les conséquences juridiques de ce nouveau statut de la victime que le droit pénal peine à reconnaître.

Datesles lundis 2, 9, 16 et 23 mars 2026
Heuresde 8h45 à 10h15
LieuEspace Riponne (1er étage), place de la Riponne 5, Lausanne
Prix125 fr. (160 fr. sans adhésion) pour 4 séances, support de cours inclus

Science et philosophie – L’humain, entre neurologie et philosophie : regards croisés

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François Félix, docteur en lettres, ancien enseignant de philosophie au Gymnase de Nyon, à l’UNIL et à la HEP Vaud

Jean-Yves Sovilla, neurologue

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La question de nous comprendre nous-mêmes est centrale, tant en philosophie qu’en science. Depuis le XIXe siècle, les neurosciences ont renouvelé les approches en démontrant la part des mécanismes biologiques dans le fonctionnement de notre esprit, soulevant par là des questions philosophiques inédites. L’esprit humain est-il réductible à un réseau de neurones? Le langage est une des spécificités de notre espèce, mais est-ce le cerveau qui parle? Que pensons-nous être le réel? Une construction cérébrale? Le libre arbitre existe-t-il? Qu’est-ce que la conscience? Telles sont les questions qui seront discutées dans ce cours à deux voix entre un philosophe et un neurologue.

À chaque séance, une large place sera laissée aux échanges pour que le public puisse aussi s’exprimer sur ces questions qui nous touchent au plus profond de notre nature.

Datesles jeudis 26 février, 5, 12, 19 et 26 mars 2026
Heuresde 8h45 à 10h15
LieuEspace Riponne (1er étage), place de la Riponne 5, Lausanne
Prix150 fr. (195 fr. sans adhésion) pour 5 séances, support de cours inclus

Histoire – L’art de la biographie : comment écrire une vie ?

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Léonard Burnand, professeur d’histoire, UNIL

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Comment raconter la vie d’un personnage historique et tenir lecteurs et lectrices en haleine? Genre éditorial à succès, la biographie constitue une voie privilégiée pour initier un large public à la connaissance du passé. Dans ce cours, nous nous interrogerons sur les raisons de ce succès et nous examinerons les méthodes propres à ce type particulier d’écriture de l’histoire. Comment retracer un destin? Comment faire renaître une époque à travers l’évocation d’une trajectoire individuelle? Quels documents et quelles techniques narratives convient-il de mobiliser pour captiver son lecteur ou sa lectrice tout en l’instruisant? En dévoilant certains procédés de fabrication, nous entrerons dans l’atelier du biographe et nous tenterons de cerner la manière dont on écrit l’histoire des hommes et des femmes d’autrefois, en comparant des biographies consacrées à quelques figures majeures du passé. 

Historien, Léonard Burnand est lauréat du Prix de la biographie de l’Académie française.

Datesles mardis 24 février, 3, 10 et 17 mars 2026
Heuresde 10h30 à 12h
LieuEspace Riponne (1er étage), place de la Riponne 5, Lausanne
Prix125 fr. (160 fr. sans adhésion) pour 4 séances, support de cours inclus

Histoire de l’art – L’art dans l’espace public : du monument à l’événement

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Véronique Mauron Layaz, docteure en lettres, historienne de l’art, spécialiste en art contemporain

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Cloud Gate, Anish Kapoor, Chicago

Dressé et incliné sur l’esplanade du Rockefeller Center à New York, le Sky Mirror for Gothamist d’Anish Kapoor reflète le ciel et l’animation de la place. De dimensions colossales, il témoigne du temps présent qui passe. Mais il n’est pas un simple miroir posé dans le réel: concave, il produit des images déformées. Il reconfigure ainsi la réalité. Depuis l’Antiquité, l’art public visible sur les places, dans les rues, à des carrefours ou dans des parcs incarne la splendeur, l’éclat et la mémoire de la cité. Le cours se focalisera sur les pratiques artistiques des XXe et XXIe siècles. L’art ne se prête plus alors à l’illustration de valeurs universelles ni à la glorification des « grands hommes ». Au travers d’exemples précis, nous tracerons un parcours esthétique qui va du monument à l’événement. Si le monument dit ce qu’il faut apprendre ou croire, l’œuvre d’art contemporaine pose des questions aux passantes et aux passants, se prête à des expérimentations sociales et aide à mieux habiter le monde. 

Ce cours se terminera, le 30 mars, par la visite guidée d’œuvres d’art dans l’espace public à Lausanne. Le parcours sera défini d’entente avec les participant·es

Datesles lundis 23 février, 2, 9, 16, 23 et 30 mars 2026
Heuresde 15h30 à 17h
LieuEspace Riponne (1er étage), place de la Riponne 5, Lausanne
Prix175 fr. (225 fr. sans adhésion) pour 6 séances, support de cours inclus
Culture pour tous: 45 fr.

Histoire de l’art – De Witz à Erni : les artistes qui ont marqué l’histoire de la Suisse

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René Armellino, docteur en histoire de l’art

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Depuis le célèbre Pacte fédéral, les frontières de la Confédération ont souvent été déplacées; par conséquent, avant la Constitution de 1848, il est quelquefois difficile d’attribuer la paternité helvétique à certains grands maîtres, sans faire preuve d’anachronisme. Le cours prend ainsi le parti de traiter le sujet de façon contemporaine, en considérant comme « suisses » tous les artistes qui sont nés sur le territoire national, tel que nous le connaissons aujourd’hui. En peignant un Christ vêtu de rouge marchant sur les eaux de la rade de Genève, Konrad Witz donnait une dimension biblique à cette possession savoyarde, qui allait encore subir de nombreuses vicissitudes avant d’être intégrée à la Suisse. Dès lors, notre beau pays n’a cessé de se distinguer dans l’ensemble des disciplines artistiques. Certes, il n’est pas parvenu à se hisser au rang des nations les plus réputées en la matière; toutefois, des noms tels que Konrad Witz, Johann Heinrich Füssli, Arnold Böcklin ou encore Ferdinand Hodler lui ont assuré une réelle reconnaissance.

Le cours sera illustré par de nombreuses images numériques.

Datesles vendredis, du 13 février au 24 avril 2026
Heuresde 10h30 à 12h
LieuEspace Riponne (1er étage), place de la Riponne 5, Lausanne
Prix235 fr. (305 fr. sans adhésion) pour 8 séances, support de cours inclus
Culture pour tous: 60 fr.