C. F. Ramuz, L’Amour du monde

« Petite bibliothèque ramuzienne » aux Éditions Zoé.

Que se passe-t-il lorsque l’imaginaire fait irruption dans le quotidien réglé d’une bourgade des bords du Léman ? Voilà la question que Ramuz pose en 1925 dans L’Amour du monde. Un illuminé se prenant pour le Christ y côtoie Louis Joël, un enfant du pays à qui les voyages ont dérangé l’esprit ; un cinéma tout juste installé y fait office d’usine à rêves. Ainsi, « une fenêtre a été ouverte sur le monde ». Mais le dénouement tragique de l’intrigue suggère que ce n’est pas impunément que « maintenant le monde entier est à nous, si on veut ; tous les siècles sont à nous, tout l’espace ». À l’heure de la réalité virtuelle, le roman ne manque pas de clairvoyance.

Cet ouvrage s’inscrit dans une série de volumes publiés sous la responsabilité du Centre des littératures en Suisse romande afin de donner à lire C. F. Ramuz pour ce qu’il est – c’est-à-dire, entre autres, un inventeur de formes romanesques, un explorateur des registres et des ressources de la langue, un essayiste en décalage, un nouvelliste hors pair.

À travers des titres choisis par Daniel Maggetti (Section de français, Centre des littératures en Suisse romande) et Stéphane Pétermann (Centre des littératures en Suisse romande), préfacés et annotés par des critiques aux horizons variés, cette collection ouvre l’accès à des textes peu connus, mais fait aussi découvrir autrement quelques œuvres canoniques.

C. F. Ramuz, L’Amour du monde, Daniel Maggetti, Stéphane Pétermann (dir.), avec une introduction de Roland Cosandey, Genève, Zoé, « Petite bibliothèque ramuzienne », 2018.

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