Cet été, l’Unil a accueilli son premier Fiasco Fest, un concept d’atelier festif créé en Autriche visant à briser le tabou autour de l’échec dans le monde académique. L’uniscope s’est rendu à cet événement organisé par le Graduate Campus.
C’est dans un climat festif, teinté d’humour, d’empathie et de bonne humeur, entre ballons, guirlandes colorées et joli apéro, qu’Esther Liekmeier, chargée de projet au Graduate Campus, et Pauline Fritsch, adjointe Doctorat et formation doctorale au service éponyme, ont accueilli, le 16 juillet dernier, les neuf participantes et participants du premier Fiasco Fest de l’Unil. Des doctorant·es et postdoctorant·es de différentes facultés (lettres, FBM, SSP, FGSE) étaient présent·es pour lever un verre et célébrer les échecs qui ont jalonné leur parcours académique.
Dès les présentations, les deux animatrices ont su instaurer un climat de confiance et mettre les participant·es à l’aise en partageant elles-mêmes les difficultés rencontrées au cours de leurs trajectoires respectives : « roller coaster d’émotions », un projet dont les résultats sont non significatifs, articles rejetés.

Pour briser la glace, place ensuite à l’« Academic Life Bingo », une grille de 25 cases recensant des situations bien connues de la vie scientifique : « Ta famille te demande encore quand tu auras un « vrai » travail » ? Coché. « Un financement ou un article a (encore) été rejeté » ? Coché. Et ainsi de suite. L’une des grilles a ainsi frôlé le « Bingo ! » avec 21 cases sur 25 remplies.
Les participantes et participants ont ensuite été invités à réaliser un CV à double face : les tops d’un côté, les flops de l’autre. Un support pour lancer les discussions en petits groupes, puis avec l’ensemble de l’assemblée. Le but ? Dégager ensemble des outils concrets pour surmonter les échecs et réfléchir à des moyens de les « désacraliser ». Le tout dans une ambiance détendue, ponctuée d’allers-retours vers un buffet joliment garni.
À l’issue de l’événement, un petit rituel invitait chacune et chacun à inscrire sur un papier l’un des échecs dont il ou elle souhaitait se débarrasser une bonne fois pour toutes, avant de le brûler. Autour du petit cendrier apporté pour l’occasion, l’ambiance était joyeuse et légère. Au fil des trois heures d’atelier, des liens semblaient s’être créés. On se serait cru à un apéro entre amis, sans prise de tête ni faux-semblants. Peut-être même que quelques jolies amitiés sont nées ce jour-là, qui sait ? Au Fiasco Fest, l’authenticité fut sans nul doute le maître mot.
Focus sur un concept autrichien
Le Fiasco Fest est un concept d’atelier festif créé en 2022 à l’Université de Graz, en Autriche. Il a été imaginé par Sabine Bergner, professeure associée au Département de psychologie de l’Université de Graz, spécialisée dans le leadership et l’entrepreneuriat, et Johanna Stadlbauer, docteure en anthropologie culturelle et responsable du Research Careers Campus de la même université.
Le projet vise à changer le regard porté sur l’échec dans le milieu universitaire, à briser le tabou qui l’entoure et à créer une communauté solidaire parmi les chercheuses et chercheurs. Il comprend trois volets : un atelier festif, un guide pédagogique qui en résume les principaux aspects et une formation destinée aux personnes souhaitant l’animer.
Envie de participer à un Fiasco Fest ? Le prochain atelier aura lieu le 22 octobre prochain. Il sera ouvert aux doctorant·es et postdoctorant·es. « Le guide pédagogique recommande d’organiser ce type de Fest avec un public de personnes ayant au moins une caractéristique commune, précise Pauline Fritsch. Par exemple, être au même stade académique, avoir des contrats à durée déterminée ou être des femmes chercheuses. »
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Avec les éclairages de Mélanie Bosson et Verity Elston, codirectrices du Graduate Campus de l’Unil.
Au-delà du Fiasco Fest, le Graduate Campus organise nombre d’ateliers et d’activités, offrant des espaces de parole et de réflexion pour surmonter les défis liés à la recherche académique. Entre autre, des ateliers pour bien démarrer sa thèse, sur la gestion du stress ou encore le self-leadership.
