Deux contes à rire médiévaux. « Le Boucher d’Abbeville », suivi de « Trubert »

Deux des fabliaux les plus drôles du XIIIe siècle dans des traductions nouvelles.

Le trickster, ou fripon divin, qui joue des bons tours et nargue la société, est un personnage récurrent des traditions littéraires européennes. Il est bien représenté dans le domaine français médiéval: Tristan, Renart et Pathelin ont ainsi passé les siècles en amusant petits et grands, alors que ce sont davantage les situations que le nom des héros qu’a retenues la tradition des fabliaux.

Les deux contes à rire traduits et présentés par Alain Corbellari (Section de français, Centre d’études médiévales et post-médiévales) nous présentent des spécimens bien contrastés: au boucher d’Abbeville, qui ne cherche qu’à se venger des mesquineries qu’il a subies et qui illustre l’expression « l’occasion fait le larron », s’oppose Trubert, dont les tours, souvent ignobles et gratuits, trahissent une propension innée à faire le mal. L’opposition des deux textes est également formelle: alors que Le Boucher d’Abbeville est un fabliau tout à fait typique, ne narrant qu’une anecdote brève, Trubert est, avec ses nombreux épisodes, un véritable petit roman comique qui anticipe le genre picaresque. Les deux récits se complètent ainsi pour donner un aperçu représentatif du thème de la ruse dans la littérature facétieuse du Moyen Âge.

Deux contes à rire médiévaux. Le Boucher d’Abbeville, suivi de Trubert, éd. par Jean Rychner et Guy Raynaud de Lage, présentés et traduits par Alain Corbellari, Genève, Droz, coll. « Texte courant », 2018.

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