Par Roxane Borgeaud et Eléonore Petit

Avec quatre étudiantes volontaires rattachées à Biome, on a pu voir ainsi comment un lieu de passage se modifie, se transforme, pour se mettre au service des communautés locales, au travers ici d’un projet artistique à des fin de communication. La fresque observée, avec les explications de Fahra et Wrishika reflète et dévoile l’histoire de la communauté des Welldigger, des creuseurs de puits, qui font partie d’une des castes les plus défavorisées du pays. 



La fresque nous parle ainsi de comment les Welldigger creusent et recueillent l’eau, mais aussi des inquiétudes liées à cette dernière. Couvrant toute la longueur du mur de la station, on a ainsi pu voir, mais aussi toucher toute une palette de couleurs, déclinée en divers tons de bruns. Ces dernières ont été faites en collectant de la terre de Cubbon Park, donnant à l’œuvre une dimension d’autant plus forte, nous permettant d’expérimenter une dimension supplémentaire à la vue d’un tel travail. 

Enfin, nous avons pu voir comment des terres sont accaparées par le mariage et la possession de femmes, en vue de récolter de l’eau par la création de nouveaux puits creusés. Ces dernières sont de plus davantage reléguées dans des endroits insalubres, et souffrent d’autant plus des difficultés d’accès à l’eau. Nous pensons pour le coup fortement à nos collègues de Rio, tout en constatant qu’ici aussi, la lutte pour les droits et l’autonomie des femmes reste cruciale.



Si la problématique de l’eau crée de vives inquiétudes tout autant que la recherche de solutions, on voit qu’il n’y a pour le moment que peu de règlementations liées à la gestion hydrique, à la fois à Bangalore et plus généralement en Inde. Le dialogue entre gouvernement, ingénieurs, et le peuple reste très difficile ; un tel travail permet ainsi à la fois d’exprimer une forme de créativité de manière communautaire, tout autant que de sensibiliser de manière plus large à la problématique. 

Nous sommes ensuite remontés des profondeurs pour retrouver la surface, avec une météo ayant décidé elle aussi de célébrer l’eau, en grande pompe. Fort heureusement, de telles averses ne durent que peu de temps, même en période de mousson ; nous nous sommes ensuite dirigés vers le Swissnex local, où nous avons enfin pu faire connaissance avec nos hôtes, autour d’un repas chaud. 

Balade au fil des drains



Restant dans la thématique, la suite de notre semaine nous amène à rencontrer Pinky Chandran, artiste engagée ayant elle aussi pris le parti de mettre au service son art à des fins de sensibilisation autours de l’eau. Ayant pu constater comment les déchets s’accumulent dans les canalisations (« drains »), elle s’est intéressée aux infrastructures présentes, et à leur histoire au sein de la ville.

En effet, un des problèmes majeurs de Bangalore concerne les déchets solides qui s’accumulent dans ces évacuations d’eau. De plus, si cette dernière est disponible en substance, elle ne peut dans les faits être employée pour les besoins de la population, du fait desdits déchets et de la pollution. Pinky intègre à ses projets des plantes aidant à purifier de plus les eaux, plantes que nous avons pu rencontrer lors d’une promenade au fil de l’eau en sa compagnie, le long d’un canal nettoyé et réaménagé, en pleine ville de Bangalore. Nous avons pu ainsi voir comment un lieu public peut ici à nouveau être réinvesti pour servir les communautés locales.