Interface, un levier stratégique pour l’Unil

En moins de deux ans, Interface s’est révélé comme un dispositif central de la recherche partenariale à l’Unil.

En moins de deux ans, Interface s’est révélé comme un dispositif central de la recherche partenariale à l’Unil. Son modèle d’accompagnement en amont, sa logique de mise en réseau et son soutien prioritaire aux ressources humaines ont permis de structurer des projets solides, transformateurs et scientifiquement robustes.

Interface, le fonds de soutien à la recherche partenariale de l’Université de Lausanne, n’est pas un dispositif de plus, c’est un point de passage structurant entre l’Unil et la société. Lancé en mars 2024, ce projet pilote répond à un besoin important, soit rendre l’Université accessible, lisible et opérante pour ses partenaires externes.

Associations, entreprises, ONG, administrations : beaucoup veulent collaborer avec l’Unil, sans toujours savoir comment ni avec qui. « L’Unil, c’est une grande maison, on voit la porte, mais on ne trouve pas toujours la poignée pour y entrer », résume sa coordinatrice, Cléolia Sabot. Interface a rendu cette entrée visible, identifiable et fonctionnelle. Le nombre de projets soutenus depuis sa création en atteste (voir encadré).

Interface ne se limite pas à un rôle de guichet. Le fonds agit aussi comme outil de structuration et de reconnaissance de pratiques existantes. « La recherche partenariale existait bien avant Interface. Ce qui manquait, c’était un dispositif central de reconnaissance, d’accompagnement et de mise en réseau », souligne Cléolia Sabot. L’enjeu est stratégique. Il s’agit d’inscrire durablement ces pratiques dans la politique institutionnelle de l’Unil, au-delà des déclarations d’intention.

Ce positionnement s’inscrit dans plusieurs dynamiques convergentes : reconnaissance de formes de recherche déjà actives, ouverture renforcée vers l’environnement socio-économique et réponse à un contexte de défiance croissante envers la science. La recherche partenariale apporte ici un gain de légitimité sociale. « Elle se construit avec les acteurs de terrain, rappelle la coordinatrice. Une science plus connectée, donc plus crédible pour nos partenaires externes. »

Un modèle opérationnel clair

Sur le plan financier, le bilan d’Interface illustre une tendance nette. Près de 74% des financements des projets ont été dédiés à l’engagement de ressources humaines. Un phénomène évident. « Sans renfort de personnel, ces projets ne peuvent pas se développer, compte tenu de la charge déjà portée par les chercheuses et chercheurs », explique Cléolia Sabot. Autre singularité ? Le manque de bailleurs spécifiquement positionnés sur ce type de recherche.

Dans sa mise en œuvre, Interface fonctionne avec un accueil sans prérequis, un espace d’écoute et une mise en relation ciblée avec les compétences internes. Il ne s’agit pas seulement de connecter des acteurs et actrices externes, mais aussi et surtout de transformer leurs besoins de terrain en projets de recherche structurés, solides et scientifiquement robustes.

L’accompagnement en amont est l’un des piliers du dispositif. Il repose sur la traduction des besoins en problématiques de recherche, la structuration des partenariats, ainsi que le cadrage méthodologique, éthique et juridique. Une phase décisive pour sécuriser les projets et réduire les échecs en aval.

Et la suite ?

En résumé, Interface n’est pas un simple fonds. C’est un accélérateur de liens, de projets et de légitimité scientifique, qui transforme les besoins de la société en recherche utile, structurée et impactante pour ces besoins. Si le bilan s’avère positif, reste à savoir ce qu’il va advenir de ce pilote qui arrive à terme à l’automne 2026. La question est donc de déterminer comment préserver les liens qui ont été développés dans ce cadre et comment capitaliser sur la longue expérience de l’Unil en matière de recherche partenariale. « Réduire les dispositifs qui assurent le lien entre l’institution et la société, dans un contexte de restrictions budgétaires, comporte un risque majeur, explique Cléolia Sabot. Recherche partenariale, médiation scientifique, relations avec les entreprises, structures de type hub, ces dispositifs participent directement à l’ancrage de l’Université dans son environnement. »

Projets Interface : l’essentiel

En deux ans, Interface a soutenu 37 projets sur 61 demandes déposées, confirmant un fort intérêt pour la recherche partenariale. Les partenariats concernent principalement des associations, ONG, musées et administrations publiques. À ce stade, le secteur privé reste encore peu représenté. Aucun des projets en cours n’a été interrompu jusqu’ici, un résultat directement lié à l’accompagnement en amont. Les projets sont sélectionnés selon des critères scientifiques et stratégiques précis : solidité théorique et méthodologique, originalité, faisabilité, qualité du partenariat, pertinence sociétale, impact et potentiel de valorisation. Parmi les exemples figurent un projet mené avec un vigneron sur la réduction des pesticides, une recherche sur l’accessibilité du droit de vote pour les personnes en situation de handicap ou un travail sur l’usage réflexif de l’IA dans les gymnases.