Pour Fien De Doncker, un dessin vaut souvent mieux qu’un long discours scientifique. Chercheuse à la Faculté des géosciences et de l’environnement, cette passionnée de BD mettra désormais son coup de crayon au service du magazine du campus.
À peine a-t-elle ouvert un article scientifique que Fien De Doncker cherche déjà les illustrations. « Quand je lis un article, je regarde toujours les figures d’abord », sourit-elle. Une habitude qui en dit long sur cette chercheuse, pour qui science et dessin n’ont jamais vraiment été deux mondes séparés.
Les lectrices et lecteurs de l’uniscope découvriront, dès ce numéro, son univers graphique dans les pages du magazine. Chercheuse au sein de l’équipe ICE (un groupe de la FGSE qui étudie comment glaciers, climat, érosion et mouvements de la croûte terrestre façonnent les paysages au fil du temps), elle consacrera désormais une partie de son énergie à raconter la science en images.
Originaire de Courtrai, en Belgique flamande, Fien a grandi dans un pays où la bande dessinée fait partie du patrimoine culturel. Très tôt, elle remplit des carnets de dessins, suit des cours artistiques, puis une formation spécialisée en BD. « Dessiner m’aide à raconter des histoires. C’est aussi une façon de mettre un peu d’ordre dans toutes les pensées qui sont dans ma tête », explique-t-elle.
L’autre fil rouge de sa vie, ce sont les montagnes. Ses grands-parents possèdent un appartement à Grimentz, dans le val d’Anniviers. C’est là qu’elle apprend à skier, qu’elle perfectionne son français et qu’elle développe son goût pour les paysages alpins. « Les montagnes ont toujours été un peu un refuge pour moi. »
Étudiante en géographie à la KU Leuven, elle se passionne pour les sciences de la Terre et du climat. En 2018, elle envisage un échange au Svalbard, dans l’Arctique. Un changement de programme l’oblige à revoir ses plans au dernier moment. Son choix se porte alors presque par hasard sur Lausanne.
Un hasard décisif
À l’Unil, en 2018, elle intègre le groupe de Frédéric Herman, alors professeur en géosciences et futur recteur de l’Université. Venue pour quelques mois seulement, elle prolonge finalement son séjour, réalise son mémoire, puis entreprend une thèse consacrée à l’érosion glaciaire. « Je me suis sentie tellement vivante ici », se souvient-elle.
Ses recherches la conduisent notamment au Groenland lors d’une expédition scientifique. Après un détour par l’aménagement du territoire et les études de mobilité, elle revient à l’Unil pour achever son doctorat en 2026. Depuis septembre, elle poursuit ses travaux au sein de l’équipe ICE dans le cadre d’un postdoctorat.
Dans ses publications scientifiques, ses présentations ou ses activités de vulgarisation, elle cherche à rendre visibles des phénomènes complexes. Pour sa soutenance de thèse, elle avait même imaginé une enquête illustrée guidant le public à travers ses résultats. « J’ai beaucoup de chance de pouvoir être créative comme ça », confie-t-elle.
Une créativité qui trouvera désormais une nouvelle expression dans les pages de l’uniscope.

