Paper, Pencils and Pleasantries: an Interview with Enrico from the Stationary Store

Image: © Chloé Gédet

Authors: Chloé Gédet, Öznur Nizam

Ever wondered what goes on inside Unil’s stationary store? Well we went to find Enrico in his colorful little shop, and he graciously accepted to answer a few questions for us. Read on to learn about Enrico’s everyday life and you’ll never pass by his store without saying hello again! [version française en-dessous]

Can you introduce yourself and say a few words about your job?

My name is Enrico. I’ve always worked in mechanics, and now I’m here because I found this job for my wife, it’s her professional field.

For how many years have you been working in the University of Lausanne, and how did you end up here?

It has been 15-16 years. I took this job with my wife and now that we’re retired, we keep working here because we enjoy it, we want to be in contact with people, rather than being confined at home. 

What does the usual workday look like? 

In general, my wife comes in the morning and, as a sleeper, I come between 10:00 and 12:00. Then we wait for people to come and go. But there’s very few people coming now.

Since when did you notice that?

Since we closed for a year due to Covid-19. Even with the reopening there’s less students around, because lots of them still study at home. Besides, students are now used to working without paper, without supplies. 

What do you sell the most?

Everything and anything, we sell everything that is useful in a university. Some things go faster than others, but it’s hard to say which ones, and it changes over time. For example, we used to bind books a lot, because the Reprographie only made copies and we bound them. But now they’re making copies that are already bound…

That could be interesting to some students! Do you still do bindings?

We still do, but very few. But we have plastic or metal spiral bindings of all sizes, and we also make glued bindings. And it’s cheaper than in other shops in the city (because, you know, sometimes we check the market prices).

What are the advantages of working here?

It’s a good way to spend time and to have some human interaction, I’ve always liked that. Some students come just to have a coffee and chat, because they can tell I also enjoy having a talk. It’s something that has always been part of my life: I’ve coached football teams, trained apprentices when I was working as a mechanic, … This desire to socialize is something that comes back.

So you like students? They are polite and respectful to you?

Students are generally decent with us, sometimes someone will be [pause; probably meaning “a bit unpleasant”], but it’s rare. In principle, when you’re decent to someone they repay you. 

What are some disadvantages of your job?

There aren’t. I mean, the margins we make are really thin, so as long as we’re working here and don’t need the money to live, it’s going to continue. But if someone comes here after us, they’ll be younger and they’ll need a decent salary, because my wife and I never took a proper salary. So if it doesn’t make enough money, sooner or later the shop will have to shut down, that’s how it goes… But as for us, we’re happy here.

So you’re thinking about leaving?

Yes, my wife and I are thinking about working for a few more months and then we might put up an offer… Then instead of spending our time here, we’ll be able to travel around for 3 or 4 days at a time, see a city and then another. In the end, you can meet people just as well when travelling.

How did COVID impact you personally?

It impacted me like everyone else. Having to stay home, you learn to stay inside. And now it’s nice to be back and to see people again!

I agree! Finally, is there something you’d like to say to students?

You have to study if you want to get somewhere, today even a university degree is not always enough. You have to constantly challenge yourself. For example, when I was working [as a mechanic], every time there was something new, I’d go and take an evening class, because you can’t do things you know nothing about. That’s why I think the most important thing is to have solid bases in life, and then question yourself whenever it’s necessary.

Thanks a lot, it was a pleasure talking to you!

Enrico laughing lightly

Image: © Chloé Gédet

ORIGINAL FRANÇAIS:

T’es-tu déjà demandé.e ce qui se passe dans la papeterie de l’Unil? Et bien, nous sommes allées trouver Enrico dans son petit magasin plein de couleurs, et il a accepté de répondre à quelques questions pour nous. Continue de lire pour en savoir plus sur son quotidien, et tu ne passeras plus jamais devant sa boutique sans le saluer!

Pouvez-vous vous présenter et dire quelques mots à votre sujet ? 

Mon nom c’est Enrico. J’ai toujours travaillé dans la mécanique, et maintenant je suis là parce que j’ai trouvé ce travail pour ma femme, c’est son domaine à elle. 

Depuis combien de temps travaillez-vous à l’Université de Lausanne, et comment êtes-vous arrivé ici ?

Ça fait 15-16 ans. On avait pris ce travail ensemble, ma femme et moi, et maintenant qu’on est à la retraite on l’a gardé parce qu’on aime ça, on aime pas rester enfermés à la maison, on a envie de rester en contact avec les gens. 

A quoi ressemble votre journée de travail habituellement ?

En général ma femme vient le matin et moi qui suis dormeur je viens vers 10-12h. Après on attend que les gens viennent et puis qu’ils s’en aillent. Mais actuellement il y a très peu de monde. 

Depuis quand avez-vous remarqué qu’il y a moins de monde ? 

Depuis que ça a fermé pendant une année à cause du covid. Même avec la réouverture il y a beaucoup moins d’étudiants, il y en a encore beaucoup qui travaillent à la maison. Et puis maintenant ils sont habitués à travailler sans papier, sans matériel. 

Quel est le produit que vous vendez le plus?

Tout et n’importe quoi, tout ce qui est utile à l’université. Il y a des choses qui partent plus vite mais c’est difficile à dire lesquelles, et ça change avec le temps. Par exemple on faisait beaucoup de reliures ici avant, parce que la reprographie faisait que des copies et nous on faisait les reliures. Mais maintenant ils font des copies déjà reliées… 

Ça pourrait intéresser certain.e.s étudiant.e.s de savoir ça ! Vous faites toujours des reliures ?

On en fait encore quelques-unes, très très peu. Mais on a des reliures en spirales plastique ou métal de toutes les tailles, et on fait aussi des reliures collées, et c’est moins cher qu’en ville (parce que de temps en temps on se renseigne sur les prix du marché).

Quels sont les avantages de votre travail ici ?

C’est un bon passe-temps pour avoir un contact humain, moi j’ai toujours aimé ça. Il y a des étudiants qui viennent juste pour parler en prenant un café parce qu’ils voient que j’aime bien le contact. C’est quelque chose qui a toujours été présent dans ma vie : j’ai entraîné des équipes de football, j’ai eu des apprentis quand je travaillais, cette envie de sociabiliser c’est quelque chose qui revient. 

Donc vous appréciez les étudiants et les étudiantes ? Ils et elles sont polies et respectueuses avec vous ?

Les étudiants, ils sont assez corrects avec nous, de temps en temps il y a quelqu’un de [pause; signifiant probablement “un peu désagréable”], mais c’est rare. En principe, quand on est correct avec les gens ils nous le rendent.

Quels sont les désavantages de votre travail ici ?

Il y en a pas. Après les marges sont très petites, donc tant que c’est nous qui sommes là et qu’on vit pas de ça, ça va continuer. Mais si quelqu’un reprend ce sera des personnes un peu plus jeunes et il leur faudra une paye, parce que ma femme et moi on a jamais pris une vraie paye. Si le volume de caisse est trop bas, tôt ou tard ils seront destinés à fermer, parce que c’est comme ça… Mais nous on est contents ici.

Vous pensez donc à arrêter?

Oui, avec ma femme on pense travailler encore quelques mois et après peut-être qu’on mettra une annonce [pour trouver quelqu’un d’autre] … Après au lieu de passer le temps à la papeterie on pourra faire des petits voyages de 3-4 jours, voir une ville quelques jours puis une autre. Au final en voyageant on voit du monde la même chose.

Comment le COVID vous a-t-il affecté personnellement ?

Il m’a affecté comme tout le monde. Devoir rester à la maison, on apprend à rester enfermé. Et maintenant ça fait plaisir de retourner au travail et de voir du monde ! 

Je suis d’accord ! Finalement, avez-vous un message pour les étudiants et les étudiantes ?

Il faut étudier, si vous voulez arriver à quelque chose de nos jours même un diplôme universitaire c’est pas toujours suffisant. Il faut se remettre en question continuellement dans la vie. Moi par exemple quand je travaillais [comme mécanicien], chaque fois qu’il y avait des nouveautés j’allais faire des cours du soir, parce qu’on peut pas faire des choses quand on les connaît pas. C’est pour ça que je dis que l’important c’est d’avoir des bases très solides dans la vie et après se remettre une question à chaque fois que c’est nécessaire. 

Merci beaucoup, c’était un plaisir de parler avec vous !

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