Géoblog

Le blog scientifique vulgarisé de la Faculté des géosciences et de l'environnement

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  • Expérience de déblocage de fractures par forage : combler le fossé entre les preuves en laboratoire et les preuves sur le terrain

    Expérience de déblocage de fractures par forage : combler le fossé entre les preuves en laboratoire et les preuves sur le terrain

    Le Dr Nicolas Barbosa a lancé en novembre 2020 son projet FNS SPARK intitulé « Expérience de déblocage de fractures par forage : combler le fossé entre les preuves en laboratoire et les preuves sur le terrain ». Ce projet est issu de deux expériences de recherche : d’abord un doctorat avec le prof. Klaus Holliger à l’Institut des sciences de la Terre, au cours duquel le Dr Barbosa a étudié comment la présence de fractures ou de réseaux de fractures affecte les ondes sismiques ; puis un premier postdoc avec le prof. Matteo Lupi à l’UNIGE, où il a cherché à établir si les ondes sismiques de faible amplitude modifient les propriétés d’un milieu fracturé, et de quelle manière.

    L’intérieur du laboratoire souterrain qui accueille les expériences, le Bedretto Underground Laboratory for Geosciences (BULG). L’objectif de recherche du Dr Barbosa s’intègre dans d’autres projets en cours dans le BULG, ce qui facilitera non seulement les procédures expérimentales, mais conduira également à des échanges précieux et féconds. (© N. Barbosa)

    Quel est l’objectif principal de votre projet Spark ?

    Comprendre un phénomène omniprésent et encore largement énigmatique : le « déblocage des fractures ». Il se manifeste par des changements hydrogéologiques majeurs, tels que des variations inexpliquées de niveau dans les eaux souterraines ou de débit au niveau des sources. En outre, il semble que le « déblocage de fractures » puisse agir comme un déclencheur de l’activité volcanique ou sismique. Quelles sont les causes d’un tel phénomène ? Sans doute le passage des ondes sismiques modifie-t-il très légèrement la pression interstitielle, mobilisant des particules appelées colloïdes qui obstruent les fluides à des endroits stratégiques. Mon but est de tester cette hypothèse – jusqu’à présent uniquement étayée par des expériences en laboratoire à petite échelle – par le biais d’expériences de terrain bien contrôlées. Je prévois également de développer un modèle computationnel réaliste, de simuler ces observations et, ainsi, d’améliorer notre compréhension des processus physiques qui gouvernent ces phénomènes.

    Le Laboratoire souterrain de géosciences de Bedretto (BULG) se trouve à 1,5 km sous la surface, au milieu d’un tunnel de 5,2 km de long qui relie le Tessin au tunnel de la Furka. Le BULG accueille des projets liés à l’utilisation innovante et durable de l’énergie géothermique. Un accent particulier est mis sur la réduction des risques sismiques associés à la stimulation hydraulique de ces réservoirs. Le BULG est exploité par l’ETH Zürich et offre un environnement unique pour explorer les effets de déblocage des fractures à l’échelle mésoscopique dans des conditions expérimentales exceptionnellement bien contrôlées. (© Marian Hertrich, manager de BULG).

    En quoi ce projet est-il important pour vous ?

    Le moment le plus déterminant pour un jeune scientifique est sans doute celui où il peut développer et gérer son premier projet de manière indépendante. Grâce à ce programme SPARK, j’ai cette opportunité quelques années plus tôt que ce qui est généralement le cas dans notre système académique. Cela dit, je suis pleinement conscient du fait qu’en fin de compte, le succès de mon projet repose sur un large éventail de collaborations avec d’autres scientifiques et groupes de recherche. La « combustion créative » qui en résultera, avec l’indépendance scientifique et la passion de s’attaquer à un problème non résolu, est un moteur de motivation essentiel pour moi.

    La vocation de Spark est de soutenir des projets originaux, non conventionnels et à fort impact. En quoi votre projet présente-t-il ces caractéristiques ?

    L’élucidation de la physique sous-jacente du « déblocage des fractures » n’est pas seulement un formidable défi scientifique. Elle pourra conduire à un certain nombre d’applications pratiques potentiellement importantes. Par exemple, la stimulation « douce » (c’est-à-dire sans tremblement de terre) des réservoirs d’hydrocarbures et géothermiques dans le but d’augmenter la production d’énergie, ainsi qu’une meilleure évaluation des risques pour divers dangers naturels, tels que les éruptions volcaniques ou les tremblements de terre. Jusqu’à présent, les seules tentatives de reproduire ce processus ont été effectuées sur des échantillons de roche à l’échelle du centimètre, dans des conditions de laboratoire très particulières. Il reste donc à tenter de reproduire l’expérience à l’échelle du terrain, c’est-à-dire à une échelle au moins 100 000 fois supérieure, avec toutes les complexités et inconnues que cela implique. Mon idée est de réaliser ces expériences à l’échelle méso (entre le cm et le km) dans les conditions bien contrôlées du laboratoire souterrain de Bedretto. Plus précisément, je prévois d’utiliser une approche d’oscillation de la pression des fluides analogue à celle des expériences de laboratoire précédentes et diverses techniques géophysiques pour un suivi non invasif.

    Pourquoi avez-vous choisi la FGSE et l’ISTE pour réaliser votre projet ?

    J’ai vraiment apprécié mon séjour en tant que doctorant à l’ISTE. Pendant mon post-doc, j’ai continué à collaborer avec le groupe de recherche du Prof. Holliger. Ce groupe, en plus d’une orientation scientifique commune, possède les ressources techniques nécessaires, et il a déjà travaillé au BULG. Il possède donc une connaissance pertinente de l’installation et des personnes impliquées. Cela a considérablement facilité l’élaboration et la planification de mon projet. Depuis le début, j’ai reçu le soutien total de l’ISTE et de la FGSE pour accueillir mon projet. Le projet a récemment reçu un soutien financier supplémentaire de la FGSE par le programme Matterhorn Grants, ce dont je suis également très reconnaissant. Ce fonds permettra d’installer des instruments géophysiques dans de petits forages supplémentaires, afin de suivre en permanence l’expérience hydraulique.

  • Une nouvelle méthodologie de mesure des températures des océans primitifs qui dissout l’hypothèse d’océans chauds dans la première période de l’histoire de la Terre

    Une nouvelle méthodologie de mesure des températures des océans primitifs qui dissout l’hypothèse d’océans chauds dans la première période de l’histoire de la Terre

    Les chercheurs de l’Institut des sciences de la Terre David ZakharovJohanna Marin-CarbonneJulien Alleon et Bindeman (Université de l’Oregon) ont présenté dans un article récent une méthodologie nouvelle pour déterminer la température des océans de la Terre primitive. La connaissance précise des conditions de surface de la Terre permet de quantifier au mieux l’effet de serre pendant ses premiers milliards d’années – une période de changements majeurs dans la composition des océans et de l’atmosphère – et de mieux cerner les paramètres clés de l’apparition et de l’évolution de la vie sur notre planète. 

    La température, la météorologie continentale et l’éruption de volcans sur le plancher océanique sont parmi les facteurs influençant la composition de l’océan. En étudiant les roches sédimentaires, et plus particulièrement les cherts (roches siliceuses), les auteurs ont reconstruit les températures océaniques au Précambrien (4.5-0.5 milliard d’années) et ont démontré que la composition isotopique des eaux océaniques a peu varié au cours du temps. Les minéraux dissous dans les eaux océaniques jouent aussi un rôle prépondérant dans le maintien et l’évolution de la vie marine sous ses différentes formes.

    Les variations de la température océanique et donc de surface de la Terre qui ont existé au cours des 4 premiers milliards d’années de l’histoire de la Terre au cours du Précambrien (4,5 à 0,5 Ga) sont encore mal comprises. Or, la détermination de la température océanique au cours des premières années de l’histoire de la Terre a des implications importantes pour évaluer la composition chimique de l’atmosphère et l’évolution contemporaine de l’effet de serre.

    Les températures océaniques peuvent être déterminées à partir des sédiments provenant de la précipitation de minéraux dans l’océan en utilisant des traceurs géochimiques, tels que la composition isotopique de l’oxygène, exprimé en rapport 18O / 16O par rapport à un standard international. Cependant, ces reconstructions de paléotempératures impliquent de connaître précisément la composition isotopique de l’oxygène de l’eau de mer au Précambrien. 

    Les auteurs de cette étude ont ainsi utilisé la sonde ionique SwissSIMS hébergée par le Centre conjoint d’analyse de surface avancée (CASA, UNIL et EPFL) pour déterminer les rapports isotopiques de l’oxygène des cherts, ces sédiments marins composés majoritairement de silice (SiO2) sous forme de quartz. La sonde permet d’obtenir des résultats isotopiques à très haute résolution spatiale, de l’ordre de 10 micromètres (environ 5 fois plus petit que l’épaisseur d’un cheveu humain).

    Cette approche a permis aux chercheurs d’évaluer la préservation des sédiments âgés de plusieurs milliards d’années. Les experts ont tenté de résoudre les effets de cette histoire géologique complexe sur chacune des roches étudiées, et ont ainsi pu déterminer l’origine de ces cherts, sédimentaire ou hydrothermale. 

    En conclusion,  certains cherts précambriens ont une origine hydrothermale et se sont formés dans des environnements analogues aux fumeurs noirs sur le plancher des océans modernes.  Pour ces échantillons, la température enregistrée est grandement influencée par la chaleur des systèmes hydrothermaux et ne correspond donc pas à la température de l’eau de mer. La valeur isotopique de l’oxygène de l’océan reflète les contributions collectives des fumeurs noirs et de l’altération continentale et cette étude précise que la composition isotopique de l’oxygène de l’eau de mer au Précambrien était proche de sa valeur actuelle (d’environ ± 4 ‰). Cette étude permet ainsi d’éliminer l’hypothèse d’océans chauds au Précambrien et confirme que la composition isotopique de l’oxygène de l’eau de mer a peu varié au cours de l’histoire géologique.

    Référence bibliographique

    Auteur : CellComDec / Nicolas Bourquin

  • Urban Resilience : Towards a Multi-Level Approach to Russian Metropolitan Areas Facing the Economic Crisis of 2014-2016

    Urban Resilience : Towards a Multi-Level Approach to Russian Metropolitan Areas Facing the Economic Crisis of 2014-2016

    Thèse soutenue par Mikhail ROGOV, le 18 janvier 2021, Institut de géographie et durabilité (IGD)

    Following the Russian involvement in the Ukrainian crisis in 2014, some countries in Europe, North America and Australia imposed economic sanctions towards Russia. These sanctions, along with the devaluation of the national currency and decline of oil prices facilitated internal structural economic problems that resulted in the comprehensive national economic crisis lasting until 2016. In this thesis I aim to understand how Russian cities reacted to this economic crisis and why they were affected differently. 

    Cities develop and maintain in interaction with other cities. Based on the evolutionary theory of urban systems (Pumain, 2006, 2009; Rozenblat, 2010), we argue that cities’ resilience is shaped by the synchronicities of different processes on three urban levels: macro that focuses on inter urban flows creating system of cities; micro focusing on the behavior of individual and collective urban actors; and meso, considering a city as an integrated system between micro and macro. Every level of urban processes has a different adaptation path following diverse shocks, and we argue that synchronicities of these multilevel adaptive dynamics create urban resilience (Rogov, Rozenblat, 2020). 

    Considering the economic shocks of 2014 of a top-down nature, the thesis starts with the construction of inter-urban networks of multinational firms. Using the ORBIS-BvD database on the 3,000 largest corporate networks, the inter-urban linkages were constructed. The firms, both headquarters and subsidiaries, were located in the delimited Large Urban Regions (LUR), encompassing over 80% of all the firms located in Russia. Using the datasets for 2010, 2013, 2016 and 2019 we wondered how a relative position of Russian cities in the global economic networks changed before, during and after the economic crisis of 2014-2016. 

    The analysis of the evolution of the inter-city networks reveals that throughout the last ten years there was a drastic decline of the number of linkages in Russian cities (both intra-urban and inter-urban). However, despite the general shrinkage of the system, we observed the increase of the international linkages and decrease of the intranational. Along with the growing diversity of cities’ connections, it shows stable internationalization of Russian cities and its growing embeddedness into the world economic networks. Visualizing the network of cities (only direct linkages), we demonstrated the increasing role of Western European and Northern American cities in the system, and that during the last ten years they became more embedded in the system by establishing new connections with different Russian cities. Also, we demonstrated the rapid growth of offshore cities, and in particular, Cyprus offshores Nicosia and Limassol. 

    With trajectories of cities, we illustrated that most of the Russian cities declined both strength (in and out weighted degree) and diversity (in and out unweighted degree) of connections, however the proportion of firms in different economic activities did not change for the last ten years. Nevertheless, the largest cities despite of the loss of strength demonstrated growth of diversity, and the proportion of multinational firms shifted towards finance and other service activities. The cities of the North with the very specialized local economy in mining and mineral extraction did not demonstrate a single trend: some of them lost firms of many unrelated sectors and thus became more specialized in terms of a share of mining multinationals in a city; however, others (fewer cities) became more service oriented and diversified.

  • Une nouvelle méthode de mesure traque les pics de pollution dans l’eau

    Une nouvelle méthode de mesure traque les pics de pollution dans l’eau

    Nathalie Chèvre, Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST)

    Des chercheurs ont pu mesurer pour la première fois la concentration de certains pesticides directement dans un cours d’eau, sans transporter les échantillons dans un laboratoire. Leurs résultats montrent que la pollution de l’eau est sous-estimée.

    Interview de Nathalie Chèvre, Maître d’enseignement et de recherche type à l’Institut des dynamiques de la surface terrestre.

  • Aménagement : les rives du Léman « sous enquête »

    Aménagement : les rives du Léman « sous enquête »

    Le géographe et professeur à l’Institut de géographie et durabilité, Jean Ruegg, recourt à une méthodologie originale, le « détective géo-légal », pour identifier les enjeux gravitant autour de la volonté de rendre (au) public l’accès aux rives du Léman ; il fait le tour de la question dans un article récent « Analyse de l’accès public aux rives du Léman (Suisse) par une enquête « géo-légale » », paru dans les Annales de Géographie (Armand Colin, 2020). L’étude pointe notamment un décalage significatif entre les intentions du législateur, la norme juridique et sa mise en œuvre.

    Développer l’accès public aux rives du Léman est un intérêt public reconnu qui va souvent à l’encontre de celui des propriétaires privés. Le recours à la géographie du droit et à la figure du « détective géo-légal » permet de mener un « travail d’enquête » fondé sur l’observation de terrain, l’étude du cadastre, l’analyse des bases légales et de la jurisprudence. Cette manière de procéder permet d’identifier les éléments matériels et immatériels qui président à la définition de l’accès public aux rives. Elle révèle aussi un décalage significatif entre les intentions du législateur, la norme juridique et sa mise en œuvre. Plusieurs politiques publiques qui ne sont pas forcément articulées entre elles, de nombreux acteurs dont les pratiques sont également dictées par les contingences du quotidien et la temporalité jouent un rôle important. Une telle démarche est utile pour envisager une amélioration de l’action publique dédiée à la sécurisation de l’accès public aux rives. 

    Entretien avec Jean Ruegg
    Jean Ruegg, Institut de géographie et durabilité (IGD)

    En quoi le « détective géo-légal » peut-il influencer les politiques publiques liées à l’accès public aux rives du Léman ? Son « travail d’enquête » permet-il des améliorations tangibles ?

    L’enjeu de cet article est avant tout méthodologique. Le recours à la figure du détective et au type d’enquête qu’il mène est de nature à mieux mettre en évidence les enjeux liés à la mise en œuvre d’une action publique. En ce sens, cette démarche est de nature à permettre des améliorations tangibles en révélant des problèmes de coordination entre politiques publiques qui apparaissent notamment grâce à l’analyse de la jurisprudence.

    Est-ce que le « détective géo-légal » propose une médiation favorable à l’ouverture d’un espace public face à des propriétés privées ?

    C’est une possibilité. Mais ce n’est pas le seul cas de figure qui peut se présenter. Afin de protéger un biotope, par exemple, certains acteurs peuvent juger opportun de ne pas favoriser un accès public aux rives. Dans ce cas des coalitions entre acteurs sensibles à la protection de l’environnement et propriétaires privés apparaissent, dans des secteurs bien précis, et agissent contre l’objectif plus général visant à favoriser l’accès public aux rives. 

    Est-ce que l’accès public aux rives du Lac a une influence sur l’écologie du Léman, sous forme de corridors écologiques par exemple ? 

    Cette question n’a pas de réponse unique. Un diagnostic environnemental spatialisé serait un préalable avant de pouvoir se prononcer. Ensuite, une pesée des intérêts devrait avoir lieu avant de statuer sur l’accès public aux rives. 

    Peut-on envisager un jour un accès complet aux rives suisses du Léman ?

    S’il s’agit de garantir un accès public continu le long de la rive, cela semble peu probable, voire peu souhaitable dans certains cas. Mais cela ne doit pas empêcher de concevoir des cheminements pédestres le long du lac. De même, et plus généralement, cela ne doit pas empêcher que l’accès public aux rives soit rendu effectif partout où l’application des lois existantes le rend possible. Et là, en tout cas pour la partie vaudoise des rives du Léman, il y a encore de jolis progrès à réaliser, aussi avec l’appui des Associations citoyennes qui militent en faveur de l’accès public aux rives.

    Auteur : CellComDec / Nicolas Bourquin

  • Ressorti récemment du fond d’un tiroir, un fossile nous éclaire sur la sortie des eaux des mille-pattes, débutée il y a 500 millions d’années

    Ressorti récemment du fond d’un tiroir, un fossile nous éclaire sur la sortie des eaux des mille-pattes, débutée il y a 500 millions d’années

    La conquête du milieu terrestre par les animaux, suivie de la mise en place d’écosystèmes complexes sur les continents, constitue un événement majeur dans l’histoire de la vie sur notre planète. On ne connait pourtant que peu de choses sur les adaptations morphologiques et physiologiques imposées par cette « sortie des eaux », par exemple la respiration dans l’air, car les fossiles des premiers animaux terrestres sont extrêmement rares. Cela est particulièrement vrai pour les myriapodes, le groupe comprenant les mille-pattes, pour lesquels il n’existe pratiquement aucune trace de leur origine et de leur conquête du milieu terrestre. 

    Dans un article publié dans le journal Royal Society Open Science, Pierre Gueriau, post-doctorant à l’Institut des sciences de la Terre, et son équipe internationale nous éclairent à ce sujet en décrivant un fossile unique datant du Dévonien supérieur (-370 millions d’années). Découvert dans les années 70 en Belgique par le professeur Édouard Poty lors d’un camp de terrain et baptisé Ericixerxes potii, ou « roi hérisson de Poty » en l’honneur de son découvreur et en référence à ses longues et imposantes épines (‘ericius’ désignant le hérisson en latin), ce fossile récemment retrouvé au fond d’un tiroir est un étrange arthropode appartenant au groupe des euthycarcinoïdes.

    Reconstitution d’Ericixerxes potii par Christian McCall. 

    Les euthycarcinoïdes sont de rares arthropodes exclusivement fossiles puisque disparus pendant le Trias il y a 250 millions d’années, autant fascinants qu’énigmatiques : fascinants parce qu’ils sont considérés comme les premiers animaux capables d’incursions (au moins brèves) sur la terre ferme, dès le Cambrien il y a 500 millions d’années ! Et énigmatiques parce que pendant longtemps les paléontologues n’avaient aucune idée de leur position précise dans l’arbre généalogique des arthropodes… Jusqu’à ce qu’ils soient finalement identifiés cette année comme les ancêtres aquatiques des myriapodes.

    N’ayant à sa disposition qu’un unique spécimen de ce nouveau fossile, l’équipe a utilisé la cartographie de fluorescence des rayons X au synchrotron de Stanford afin d’en extraire le maximum de données possibles. La distribution de certains métaux et du soufre a alors révélé plusieurs détails morphologiques jusqu’alors invisibles, l’arsenic et le cuivre mettant au jour sur cet arthropode d’une dizaine de centimètres une paire de cavités sphériques ventrales très certainement impliquées dans la respiration aérienne, différant clairement du système respiratoire trachéal des myriapodes modernes, et le soufre dévoilant des figures d’évaporation en eau peu profonde.

    Photographie du fossile et cartographies de l’arsenic (As), mettant au jour une paire de chambres au sein du deuxième segment du post-abdomen, et du souffre (S), révélant des figures d’évaporation en eau peu profonde. L’échelle de couleurs va du blanc (faible abondance) au noir (plus forte abondance).

    Ces informations viennent renforcer l’hypothèse d’un mode de vie amphibie pour les euthycarcinoïdes, et ont l’intérêt de confirmer que différentes stratégies respiratoires ont été utilisées lors de la transition aquatique-terrestre dans la lignée des myriapodes, remplacées ensuite par les systèmes trachéaux.

    Pierre Gueriau et ses collègues soulignent également l’importance de l’approche méthodologique utilisée dans ce travail. Alors que la micro-tomographie à rayons X est maintenant régulièrement utilisée pour accéder virtuellement à l’anatomie interne de fossiles préservés en 3D, elle n’y parvient souvent pas dans le cas de fossiles plats tel que leur spécimen d’Ericixerxes potii. Ainsi, cet article démontre pour la première fois le potentiel de la cartographie de fluorescence des rayons X synchrotron pour la visualisation de nouveaux détails anatomiques chez les arthropodes fossiles, et vraisemblablement de nombreux autres fossiles plats.

    Référence de l’article

    Bailleur de fonds impliqué hors UNIL : une partie de cette recherche a été financée par le programme France – Stanford Center for Interdisciplinary Studies.

  • Le phosphore : un traceur des processus magmatiques dans la croûte terrestre peu profonde ?

    Le phosphore : un traceur des processus magmatiques dans la croûte terrestre peu profonde ?

    Othmar Müntener, Institut des sciences de la Terre

    Grâce à un nouveau financement de projet FNS, le professeur Othmar Müntener (Institut des sciences de la Terre) va s’attaquer à une question majeure, le rôle du phosphore dans la croûte terrestre peu profonde.

    Le phosphore est un élément constitutif essentiel et souvent limitant des organismes vivants. Pour estimer la vitesse à laquelle le phosphore est disponible pour les organismes, il est fondamental de comprendre le rôle du phosphore stocké dans la croûte continentale et, en particulier, la façon dont il est distribué dans les silicates. Ce projet propose d’utiliser des études en laboratoire et sur le terrain pour comprendre l’histoire de la croûte continentale.

    En quoi ce projet est-il important pour vous ?

    Othemar Müntener: Le nouveau projet du FNS s’inscrit dans l’un de mes principaux intérêts de recherche : Comment la croûte continentale se forme et évolue-t-elle ? Ce nouveau projet gravite autour du phosphore (P) dans deux types de minéraux : le grenat et le feldspath. Ces minéraux sont d’importantes horloges géologiques, c’est-à-dire qu’elles permettent d’estimer les âges des roches. Étant donné qu’il se diffuse très lentement dans ces minéraux, le phosphore a le potentiel de révéler des histoires géologiques complexes.

    Nous espérons pouvoir mieux quantifier l’historique du refroidissement des roches granitiques de la croûte supérieure. Pour cela, nous étudions en détail la distribution du phosphore et d’autres éléments traces dans le feldspath. Nous espérons également pouvoir suivre l’historique de la croissance des minéraux, avec d’autres traceurs tels que le Baryum, le Titane et le Strontium. En fin de compte, nous en apprendrons davantage sur les cadences des processus géologiques liés à la croissance et à la modification de la croûte continentale.

    L’étude des traces d’éléments chimiques permet à terme de comprendre l’histoire de la croûte terrestre. Nous voyons ici à titre d’exemple des traces de zones de croissance de Baryum dans un k-feldspath issu d’une roche plutonique de la Sierra Nevada (USA), dans une image issue du FEG-EPMA – field emission electron probe micro-analyser – de l’UNIL (échantillon aimablement fourni par by T. Sisson). 

    Comment êtes-vous arrivé à vous intéresser à ces questions ?

    OM: Depuis mon arrivée à l’ISTE, je m’intéresse à la datation absolue des minéraux. Pour cela, j’utilise l’ablation laser in-situ ICP-MS (Inductively Coupled Plasma Mass Spectrometry), une technologie analytique puissante qui permet d’effectuer des analyses élémentaires et isotopiques très sensibles, directement sur des échantillons de minéraux qui contiennent de l’Uranium, du Thorium et du Plomb. Mais ces déterminations d’âge sont encore entachées d’erreurs, si bien que des processus dans les roches ignées se retrouvent dans la même tranche d’âge, compte tenu de la marge d’erreur. 

    Ces dernières années, avec des doctorant·e·s et postdoctorant·e·s talentueux, et un personnel scientifique excellent, nous avons travaillé sur la distribution des éléments traces – présents en très faible quantité – dans les minéraux. Ces éléments ont le potentiel de refléter les profils de diffusion à partir desquels les échelles de temps des processus géologiques peuvent être calculées, indépendamment de l’âge absolu. En combinant l’étude des profils de diffusion naturels et des données expérimentales, nous espérons faire la lumière sur les échelles de temps des processus magmatiques dans les roches plutoniques, comme le granite, et les roches volcaniques comme le basalte.

    Quels sont les principaux défis à surmonter ?

    OM: Il y a deux défis principaux. Trouver les bons échantillons, dans lesquels la nature a laissé des traces qui peuvent être étudiées et peuvent apporter des réponses à nos questions. Il faut aussi trouver les paramètres clés qui peuvent contrôler les processus physique et chimique. 

    Établir un pont entre les données de laboratoire et les données de terrain est ensuite l’un des grands enjeux. C’est ce que nous espérons réaliser dans le cadre de ce projet.

    Qu’attendez-vous de vos recherches ?

    OM: Développer des outils ou des solutions pour déterminer à quelles échelles de temps les roches magmatiques s’assemblent. En fin de compte, nous cherchons à faire progresser notre compréhension du fonctionnement des systèmes magmatiques et de la manière dont ils contribuent à la formation et à l’évolution de la croûte terrestre.

  • La biodiversité vue par les jardinier·ère·s, session 2020

    La biodiversité vue par les jardinier·ère·s, session 2020

    Découvrez les témoignages de Lausannois·es qui cultivent leur plantage urbain ! Des étudiant·e·s de Master ont réalisé ces entretiens dans le cadre du séminaire d’agriculture urbaine en 2020.

    Sous la direction de Joëlle Salomon Cavin, Maître d’enseignement et de recherche à l’Institut de géographie et durabilité (IGD), ces vidéos ont été rendues possibles grâce au soutien du Service des parcs et domaines de la ville de Lausanne et du Centre de soutien à l’enseignement de l’UNIL.

    Entretien avec Silva Bianca Ambrogina au plantage de Florency

    Par Diego Camara, Cyril Clottu, Thomas Jaton, Yannick Meyer

    Entretien avec Jennifer Petree au plantage de Cour

    Par Alma de Cerf, Alexia Couturier, Maeva Stauffer, Floriane Viroux

    Entretien avec Birgit Boislard au plantage de Valency

    Par Martin Beaudegnies, Yann Duchoud, Jeremy Faivre, Valentin Pipoz

    Entretien avec Maxime Rebord au plantage de Valency

    Par Jean-Philippe Fartaria, Adrien Faustmann, Ornella Migliano, Benoît Schafer

    Entretien avec Victoria Pellaux au plantage de la Borde

    Par Kevin Defferrard, Bastien Pantet, Vincent Thomet, Romain Trebern

    Entretien avec Emmanuelle Hauswirth Oesch au plantage du Vallon

    Par Axelle Bollmann, Manolo Galvani, Gilles Magnin, Maxime Shabi

    Entretien avec Françoise Solliard au plantage du Désert

    Par Andreas Egger, Mehdi El KhamlichiLaura FanjaudPriscillia Leroy

    Entretien avec Nathalie Baudin au plantage d’Aoste

    Par Romain Bertholet, Benjamin Péry, Corentin Teîtgen, Grégoire Zuppinger

    Entretien avec Martine Jaccard au plantage de Valency

    Par Thomas Gillioz, Vincent Jaccard, Vivien Junod, Andrea Melcarne

    Séminaire de Master

    Depuis 2020, des étudiant·es de Master interviewent des agriculteur·rices et de jardinier·ères sur leurs rapports à la nature, dans le cadre d’un séminaire en agriculture urbaine.

    Le projet continue : retrouvez les entretiens de toutes les sessions, ainsi que les réflexions surgissant autour de ces belles rencontres entre humains et non-humains.

  • L’Europe annonce son ambition d’un monde « sans pollution chimique »

    L’Europe annonce son ambition d’un monde « sans pollution chimique »

    Nathalie Chèvre, Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST)

    Une nouvelle qui est passée complètement inaperçue. Et pourtant, c’est une bonne nouvelle ! Le 14 octobre, la Commission européenne a adopté une nouvelle stratégie pour tendre vers un environnement exempt de substances chimiques.

    Un article paru dans le blog Petite chimie du quotidien de Nathalie Chèvre, maître d’enseignement et de recherche à l’Institut des dynamiques de la surface terrestre.

  • Glacial Drainage Systems Characterization Using Inverse Modelling and Remote Sensing

    Glacial Drainage Systems Characterization Using Inverse Modelling and Remote Sensing

    Thèse soutenue par Inigo IRARRAZAVAL, le 13 novembre 2020, Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST)

    Les glaciers sont des indicateurs clés du changement climatique. De plus, les prévisions concernant la réaction des glaciers au changement climatique incluent des conséquences telles que l’élévation du niveau de la mer, la réduction du stocke d’eau douce ainsi que l’augmentation des inondations dues aux débordements des lacs glaciaires. Par conséquent, un effort scientifique important a été consacré à la compréhension de l’évolution des glaciers et de leur réaction au changement climatique. Il a été remarqué que la pression de l’eau à l’interface glace-sol joue un rôle crucial dans l’écoulement de la glace. Cependant, l’étude de l’écoulement de l’eau au niveau de l’interface reste un défi majeur. L’eau s’écoule dans des réseaux complexes de chenaux et de cavités interconnectés avec une géométrie qui s’ajuste en permanence. De plus, comme l’interface est pratiquement inaccessible, on ne dispose généralement que de peu d’observations et uniquement d’observation indirectes.

    L’objectif principal de cette thèse est de développer une méthodologie permettant de simuler les réseaux de chenaux à la base des glaciers qui sont en accord avec les observations sur le terrain. Comme les données sont rares, la méthodologie peut renvoyer de multiples solutions qui sont toutes en accord avec les observations.

    Le travail est présenté à travers trois chapitres. Tout d’abord, une méthode qui simule l’écoulement de l’eau à l’interface glace-roche, permettant de trouver les réseaux de chenaux qui sont en accord avec les données. La méthode est testée dans une géométrie de calotte glaciaire théorique (chapitre II).

    Ensuite, la méthode est améliorée pour s’adapter à un scénario réel. Ici, nous avons choisi le glacier du Gorner car il possède l’un des ensembles de données les plus complets. On constate que même en présence d’un set de données dense comme dans le cas du glacier du Gorner, différents réseaux de chenaux peuvent correspondre aux observations (chapitre III).

    La dernière étape vise à transférer la méthodologie développée dans un cadre alpin au glacier Exploradores dans les Andes patagoniennes. Une collecte de données exhaustive a été effectuée sur le terrain, comprenant huit relevés répétitifs par drone, ainsi que la surveillance du niveau de l’eau des lacs glaciaires. L’ensemble des données a été utilisé pour caractériser le glacier Exploradores et sert de base de référence pour les futures modélisations (chapitre IV).

  • Micropaysages : un collier d’émeraudes pour l’Ouest lausannois

    Micropaysages : un collier d’émeraudes pour l’Ouest lausannois

    Le projet «Micropaysages 2020 » de l’association de l’Ouest Lausannois, Prix Wakker 2011, a été inauguré le 30 septembre par le SDOL – Stratégie et développement de l’Ouest lausannois.

    L’espace de Chavannes

    Les huit communes de l’Ouest lausannois tirent parti de petits espaces, souvent résiduels et un peu oubliés, pour développer des « micropaysages » qui favorise la nature en ville par acupuncture urbaine. L’ensemble de ces micro-actions forment un chapelet pour développer une armature fraiche dans un contexte d’adaptation au changement climatique.

    Il s’agit d’un projet participatif auquel les étudiants du Master de géographie – spécialisation « Urbanisme durable et aménagement du territoire (UDAT)  » – ont participé dans le cadre de l’enseignement des ateliers internationaux en projet urbain organisés au semestre printemps 2020 par Muriel Delabarre, maître d’enseignement et de recherche. 

    Plan de l’esplanade des Ramiers, réalisé par les étudiants

    Le savoir-faire des communes de l’Ouest Lausannois et celui du SDOL a été mis à contribution pour implémenter des espaces conviviaux afin d’améliorer la qualité de vie des espaces urbains. Ainsi, l’association a mis en place des aménagements conviviaux et de rencontre privilégiant le bien-être du vivant au sens large: mobilier urbain, points de vue et espaces de détente, formations végétales et points d’eau, hôtels à insectes et des panneaux éducatifs entre autres.

    Des espaces délaissés, parfois tout petits, verdissent et, par leur aménagement, deviennent lieux de repos ou d’un nouvel usage par les citadins. En Suisse, neuf habitants sur dix déclarent rechercher en priorité vivre à proximité d’un espace vert. Les projets d’agglomération dessinent des grands maillages verts pour rendre les villes plus résilientes (Paris, Bordeaux, Barcelone entre autres). Ces « touches vertes » améliorent la qualité de vie en ville ainsi que la biodiversité.

    Auteur : CellComDec / Nicolas Bourquin

  • Une nouvelle professeure Eccellenza aborde le rôle du bois flottant dans la dynamique des rivières

    Une nouvelle professeure Eccellenza aborde le rôle du bois flottant dans la dynamique des rivières

    La FGSE a le plaisir d’accueillir depuis avril 2020 Virginia Ruiz-Villanueva, bénéficiaire d’une bourse Eccellenza. Elle va s’intéresser à la dynamique des rivières et au rôle particulièrement méconnu des bois qui y sont charriés.

    Virginia Ruiz Villanueva, Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST)

    Quelle est votre principale motivation pour votre projet Eccellenza ?

    Pour préserver et restaurer des rivières saines et dynamiques, tout en atténuant les risques de crues, je cherche à mieux comprendre un trio crucial : débit-sédiments-bois. En tant que géomorphologue, je m’intéresse en effet aux processus physiques qui façonnent la surface de la Terre et interagissent avec nous, les humains. Et en tant que spécialiste en géomorphologie fluviale, je cible les processus qui contrôlent la forme et la fonction des rivières.

    L’influence des arbres abattus, troncs, branches et racines qui gisent dans la rivière – ce qu’on appelle le bois flottant – est encore négligé. Classiquement, pour conceptualiser la physique des rivières, on se concentre essentiellement sur les interactions entre l’eau et les sédiments. Pourtant, en interagissant avec le débit et les sédiments, le bois des cours d’eau a une grande importance. Il préserve l’intégrité physique et écologique de la rivière, sa santé en somme. D’un autre côté, de grandes quantités de bois charriées lors des crues peuvent constituer un danger en cas d’embâcle. L’embâcle, accumulation de bois au niveau d’infrastructures telles que les ponts, présente un risque majeur. La santé d’une rivière dépend ainsi des régimes d’écoulement, de sédimentation et de bois. Je m’attache à évaluer tout particulièrement ce dernier élément, qui est rarement considéré.

    Ici, vous pouvez voir une accumulation de bois dans un ruisseau du Vallon de Nant (Vaud). C’est un bel exemple de l’influence du bois sur le fonctionnement et la forme des cours d’eau. Le bois accroit la complexité physique des rivières et améliore la diversité des habitats, donc également la biodiversité au sens large. Le bois s’accumule et forme un seuil qui crée un reflux, dissipe l’énergie et la vitesse de l’écoulement, stimule le dépôt de sédiments en amont et une dépression en aval (affouillement local) entrainant la formation d’un bassin.

    Quelles questions allez-vous aborder ces prochaines années à la FGSE ?

    Mon projet Eccellenza du FNS, « Vers une nouvelle compréhension des écosystèmes fluviaux : intégrer le régime du bois à travers de multiples échelles », intègre le facteur « bois des cours d’eau » au sein de diverses disciplines et plusieurs échelles spatiales et temporelles.

    Avec mon équipe, nous allons faire progresser la modélisation de l’approvisionnement en bois en développant des modèles probabilistes et décrire pour la première fois la cascade de bois. Pour déduire l’origine du bois stocké dans les rivières, nous combinerons la dendrochimie et les techniques d’empreintes digitales. L’ambition est d’établir le premier observatoire suisse de la dynamique du bois charrié et de surveiller le mouvement du bois dans plusieurs rivières alpines. Cela permettra, entre autres, d’estimer la quantité et la durée de stockage du bois dans les rivières alpines, ainsi que les liens entre la forêt voisine et les caractéristiques du bois stocké dans les cours d’eau. Enfin, nous élaborerons des recommandations relatives à l’utilisation du bois des cours d’eau pour la restauration des rivières.

    Pourquoi avoir choisi la FGSE pour mener à bien votre projet ?

    Pour comprendre les processus à la surface de la Terre en utilisant une approche multidisciplinaire, la FGSE et l’IDYST étaient la solution idéale pour mon équipe et moi-même. Avec d’excellents spécialistes de la terre et de l’environnement travaillant sur des sujets similaires, mais aucun sur le bois des rivières, et des installations de pointe, l’IDYST nous offre un formidable environnement de travail. Le projet bénéficiera des fortes interactions collaboratives entre les groupes, notamment pour l’analyse des processus géomorphologiques, l’utilisation de la télédétection et des drones, le développement de la géochimie isotopique et élémentaire, et l’écologie. Nous espérons renforcer les liens existants entre les groupes, tout en devenant part intégrante des activités de l’Institut. Malgré les difficultés de lancement du projet pendant la pandémie (j’ai commencé en avril 2020), l’accueil de la FGSE a été excellent, et nous sommes déjà parfaitement intégrés.

    Un mot sur votre nouvelle équipe ?

    Grâce à la bourse Eccellenza du FNS, je construis un groupe de recherche sur les écosystèmes fluviaux (RivES, River Ecosystems Research Group) à l’IDYST. L’équipe sera composée de trois doctorants, d’un assistant de recherche et d’un post-doc. Je pense que la meilleure façon de concevoir et mettre en œuvre notre projet est de constituer une équipe interdisciplinaire, pour s’appuyer sur les connaissances de différentes disciplines. Ainsi, les membres de l’équipe ont une formation très variée, comme l’ingénierie forestière et environnementale, la géomorphologie, la géologie, la biologie ou l’écologie.

    Informations

  • Séminaire en agriculture urbaine

    Séminaire en agriculture urbaine

    Séminaire de Master

    Depuis 2020, des étudiant·es de Master interviewent des agriculteur·rices et de jardinier·ères sur leurs rapports à la nature, dans le cadre d’un séminaire en agriculture urbaine.

    Le projet continue : retrouvez les entretiens de toutes les sessions, ainsi que les réflexions surgissant autour de ces belles rencontres entre humains et non-humains.

  • Using macroscopic and ultrafast spectroscopic approaches to decouple the effect of structural properties on the (photo)reactivity of manganese oxides

    Using macroscopic and ultrafast spectroscopic approaches to decouple the effect of structural properties on the (photo)reactivity of manganese oxides

    Thèse soutenue par Sassi BENKADDOUR, le 15 octobre 2020, Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST)

    Les oxydes de manganèse à feuillets, nanoparticules très souvent présentes dans les sols et les océans, réagissent avec de nombreux composés que l’on retrouve dans l’environnement. Ces oxydes sont capables de modifier l’état de ses composés, comme par exemple oxyder l’eau en oxygène, dégrader des molécules organiques ou encore incorporer des métaux de manière à réduire leur toxicité. Cette importante réactivité est due à leurs nombreuses propriétés structurelles. En revanche, il est difficile d’établir un lien direct entre ces propriétés structurelles et la réactivité de ces oxydes.

    Ce travail vise à comprendre le rôle de chacune des propriétés structurelles des oxydes de manganèse à feuillets dans la réactivité du manganèse. Pour cela, nous avons étudié la réactivité de différents types d’oxydes de manganèse à feuillets en faisant varier leurs propriétés structurelles de manière à déterminer quelles propriétés sont au coeur de la réactivité du manganèse. À l’aide d’outils de pointe, nous avons pu mesurer la réactivité des différents oxydes et nous avons caractérisé les oxydes afin de recueillir des informations sur leur structure et sur leur composition.

    Les résultats présentés ici mettent en évidence le rôle critique que jouent les défauts de structure dans la détermination de la réactivité des oxydes de manganèse à feuillets. L’utilisation d’un composé organique à la surface des oxydes suggère que les oxydes de manganèse à feuillets possédant des défauts structurels sont de meilleurs oxydants que les oxydes de manganèse à feuillets ne possédant pas de défauts structurels.

    De plus, la taille des particules joue aussi un rôle important dans la photoréactivité des oxydes de manganèse à feuillets tout comme la nature des composants de ces oxydes permettant une meilleure attraction des composés réducteurs. Les résultats issus de cette dissertation apportent de nouvelles connaissances permettant de mieux comprendre le lien entre la structure et la réactivité des oxydes de manganèse à feuillets et permettent l’élaboration d’oxydes de métaux possédant des propriétés rédox spécifiques.

  • La généalogie des substances chimiques

    La généalogie des substances chimiques

    Nathalie Chèvre, Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST)

    Depuis plus d’une année, les journaux parlent régulièrement du chlorothalonil, un fongicide classé « peut-être cancérigène » par le Centre international de recherche sur le cancer.

    Un article paru dans le blog Petite chimie du quotidien de Nathalie Chèvre, maître d’enseignement et de recherche à l’Institut des dynamiques de la surface terrestre.