Catégories
Intersectionnalité

Lily

Lily est une jeune femme suisse âgée de vingt et un ans. Elle est la fille d’une mère blanche originaire du Sud de la France et titulaire d’un passeport suisse, et d’un père noir originaire de Dakar et titulaire d’un passeport français. Sa famille est issue des classes moyennes et défend des idées progressistes. Lily a effectué sa scolarité et vécu à Lausanne jusqu’à ses dix-huit ans et s’est ensuite installée à Londres afin d’y suivre un cursus académique en études culturelles et curation dans lequel elle s’apprête à obtenir son diplôme de Bachelor. Elle est engagée dans les luttes anti-racistes, anti-capitalistes, décoloniales et féministes. La spécificité de son parcours réside dans ses multiples identités – identité de « métisse » qui est souvent projetée sur elle, de femme suisse issue des classes moyennes et étudiant à Londres, etc. Son expérience présente l’intérêt d’éclairer les particularités et les formes différenciées des discriminations qu’elle a subies dans deux pays. Considérer l’imbrication des variables mentionnées avec son statut d’étudiante universitaire à l’étranger ouvre notamment sur la question des privilèges dont bénéficie par ailleurs Lily, et dans ce prolongement, sur celle de la visibilité ou de l’invisibilité de son identité intersectionnelle.

Chercheurs·euses : Céleste Leu, Thalia Rossi et Mariana Wank Da Silva Quelhas.

Catégories
Intersectionnalité

Tokyo

Tokyo est une jeune femme trans’ originaire du Laos qui est née en Suisse et qui y a effectué toute sa scolarité. Tant d’identités qui viennent la positionner à l’intersection de multiples discriminations. Ses parents sont arrivés en Suisse dans le courant des années 90, peu avant sa naissance. C’est dès son plus jeune âge, sur les bancs de l’école, que Tokyo a pris conscience de son appartenance raciale et des discriminations qui l’accompagnent. Ne parlant pas encore le français, la jeune femme va rapidement se rendre compte de la pression qui lui est imposée pour s’intégrer. En transitionnant, Tokyo va alors prendre conscience des liens entre les discriminations de genre et de sexualité et son identité raciale : « je pensais que je devais attirer les hommes avec mon corps, avec cette féminité imaginaire que je voulais absolument avoir parce que justement c’était comme ça que les femmes trans’ asiatiques étaient vues ». Dans le cadre de cet entretien, la jeune femme nous invite également à découvrir le monde de la « ballroom », un espace dans lequel elle performe la danse du « voguing ». En tant que performeuse, Tokyo s’inscrit dans une pratique et un milieu militant qui visent à davantage visibiliser les personnes à l’intersection de plusieurs oppressions.

Chercheurs·euses : Lorène Arlettaz, Anna Centamori et Elodie Conus.

Catégories
Intersectionnalité

Khaddouj

Arrivée en Suisse à 23 ans, Khaddouj nous raconte quelques unes des histoires marquantes de sa vie. Deux fois médaillée au championnat national marocain de taekwondo, ce sport lui a enseigné discipline et force : confrontée à un milieu marqué par le sexisme, le taekwondo lui a également permis d’acquérir confiance en elle, lui permettant de défendre ses opinions lors de divers conflits par la suite. Née dans une famille portant des valeurs d’égalité, elle débute des études universitaires au Maroc qu’elle interrompt lors de sa venue en Suisse, en raison de la non-reconnaissance de ses diplômes par l’État. À travers des exemples d’agressions dans la rue, au travail ou au sein de sa famille, elle nous explique comment son statut de femme musulmane et marocaine issue de l’immigration l’a amenée à être confrontée à des attitudes parfois stigmatisantes et discriminantes. Mariée à un homme suisse converti à l’islam suite à leur rencontre, son mariage illustre les stéréotypes auxquels sont confrontés les couples binationaux, notamment au sujet de l’acquisition de la nationalité et du soupçon. Ayant passé la majorité de sa vie en Suisse, elle raconte comment le statut d’étrangère est ambivalent et également présent vis-à-vis de son pays d’origine. Khaddouj nous rapporte également comment le choix de porter le voile il y a huit ans l’a impactée dans l’espace public et ce qu’il raconte de la visibilité des femmes musulmanes en Suisse à travers le temps.

Chercheurs·euses : Jawad Baud, Chloé Schaer et Elisa Verga

Catégories
Intersectionnalité

Xavier

Xavier a 20 ans. Il a vécu aux Etats-Unis avec ses parents jusqu’à ses 8 ans, puis ils ont déménagé en Suisse. Il a également vécu à Madrid pendant un an dans le cadre d’un Erasmus. Lors de l’entretien, Xavier nous parle de son adoption. Il nous raconte: « j’ai su que j’étais adopté en apprenant les couleurs, parce que moi j’étais brown et mes parents étaient white ». Il évoque notamment la manière dont l’hétérogénéité raciale intrafamiliale fait émerger de nombreux questionnements sur soi-même et sur les autres. Xavier nous parle ensuite de son homosexualité et de son vécu en tant qu’homme racisé. Il nous donne à voir sa propre conception du racisme et la manière dont l’imbrication des oppressions façonne son expérience de vie.

Chercheurs·euses : Jennyfer Niederhauser, India D’addona et Emily Mayer