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Intersectionnalité

Ruth

Ruth Munganga est une jeune femme de 26 ans, née en Suisse et qui vit actuellement en Belgique pour ses études de Master en journalisme. D’origine suisse, britannique et congolaise, et de genre féminin, Ruth se trouve à l’intersectionnalité de différentes oppressions. De ce fait, elle se revendique comme féministe, mais également – et plus précisément – comme afro-féministe. Elle s’intéresse également aux questions environnementales, au sein du monde de la mode en particulier, ainsi qu’à celles portant sur le colonialisme et le racisme. C’est au travers des réseaux sociaux que Ruth fait passer ses messages militants, par la création d’une communauté de personnes intéressées par les luttes qu’elle défend. L’efficacité des diverses plateformes qu’elle utilise lui permet de toucher un public élargi. Tout cela, Ruth le fait avec un but bien précis : utiliser les réseaux sociaux avec une visée éducative et informative. Selon elle, cette ère du numérique est indispensable afin de changer le monde et la société.

Chercheurs·euses : Séverine Bochatay, Sarah Pascalis, Lena Rusillon

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Intersectionnalité

Annaëlle

Annaëlle Étémé est une jeune femme de 23 ans, de nationalité camerounaise et française, vivant actuellement à Payerne en Suisse. Elle est étudiante en deuxième année à la Haute école de travail social et de la santé à Lausanne (HETSL). Au cours de ce travail, nous avons pu observer comment le parcours scolaire et migratoire, ainsi que les relations familiales et sociales d’Annaëlle, sont imbriquées dans différents rapports de pouvoir (race, classe et genre). Il a ainsi été possible de comprendre la manière dont l’imbrication de ces rapports de pouvoir se manifeste dans les discours comme dans les expériences personnelles auxquelles elle a été confrontées en Suisse. Le concept d’intersectionnalité nous a aidés à comprendre que les multiples discriminations vécues par Annaëlle ne sont pas façonnées uniquement sous le prisme d’une seule catégorisation sociale, mais qu’elles sont le résultat complexe de processus sociaux qui se renforcent et se combinent.

Chercheurs·euses : Bruno Da Silva, Alexandre Pereira, Domenico Ferraro

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Intersectionnalité

Lobali

Née à Kinshasa peu après l’indépendance de la République du Congo, Lobali Mpase arrive en Suisse à l’âge de douze ans afin de poursuivre sa scolarité dans les Préalpes vaudoises. Cette situation lui permet de bénéficier temporairement de ce qu’elle appelle un « passe-droit blanc » dans sa jeunesse. Aujourd’hui âgée de cinquante-six ans, Lobali Mpase, assistante médicale diplômée, est engagée politiquement au sein des Vert·e·s et milite à la Grève féministe. Elle se bat pour une égalité non seulement entre les femmes et les hommes, mais entre les femmes issues de tous milieux et origines.

Chercheurs·euses : Gaia Brezzi, Blaise Strautmann

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Pamela

Pamela Ohene Nyako, assistante doctorante à l’Université de Genève, nous ouvre les portes de son intimité lors d’un entretien abordant divers aspects de son parcours de femme Noire en Suisse romande. Elle est également fondatrice de Afrolitt, une plateforme de rencontres autour de la littérature Noire à des fins thérapeutiques et de réflexion critique. A travers cet entretien, Pamela nous fait part notamment de son rapport au métissage, aux hommes ou encore à sa famille. Elle aborde également son amour pour la culture hip-hop et la littérature, sources d’émancipation et ayant des propriétés thérapeutiques pour elle. L’entretien biographique nous a permis, pour reprendre ses termes, de partir du corps pour revenir au corps. En effet, elle décide de consacrer une part substantielle de son énergie à prendre soin d’elle et de son corps, à se faire du bien. Ainsi, elle affirme : « Le fait d’être une personne qui subit des oppressions, le fait de juste prendre soin de soi c’est déjà révolutionnaire. (…) Et c’est Audre Lorde qui le disait : ‘Self-care is powerful’». Autrement dit, si la vie des personnes minoritaires est politique, prendre soin de soi constitue déjà un acte de résistance face à l’oppression. Visibiliser, affirmer et assumer son travail de care ou plutôt de self-care en tant que femme Noire, bien loin de correspondre à un retrait de la société, nous semble donc constituer un acte de résistance éminemment politique.

Chercheurs·euses : Olympe Challot, Damien Mioranza & Fahd Bamoi

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Intersectionnalité

Thanh-My

Depuis l’apparition du COVID-19, nous avons assisté à une augmentation des discriminations envers les personnes asiatiques, avec notamment des insultes sur les réseaux sociaux ou encore des attaques physiques dans la rue. Mais qu’en est-il de la Suisse ? Et comment les femmes asiatiques vivent-elles ces discriminations, étant sujettes également au sexisme ambiant de notre société ? Sous l’angle de l’intersectionnalité, nous nous sommes entretenues avec Me Thanh-My Tran-Nhu, présidente du Conseil communal de Lausanne en 2021 et avocate. Nous nous sommes ainsi aidées de ses propos afin de mieux comprendre et d’illustrer par ses propres expériences les discriminations subies (ou non) à l’intersection entre le sexisme et le racisme envers les personnes asiatiques.

Chercheurs·euses : Gaëlle Melet, Uyên Khanh Truong, Tatiana Büll

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Francesca

Être une tchoin épileptique. C’est le statut que Francesca revendique. Fille d’une mère émigrée du Chili et d’un père Allemand, elle raconte son rapport au corps, à la sexualité, à la maladie, à ses origines et aux milieux militants. Elle devient militante lorsqu’elle entre à l’Université de Genève. Cette pratique va alors lui faire prendre conscience des multiples oppressions qu’elle subit en tant que femme latina et pansexuelle, ainsi qu’en tant que personne victime d’une maladie neurologique. Dans cet entretien, elle aborde sa rencontre avec le militantisme ainsi que son expérience du racisme. Elle explique le paradoxe entre le privilège de blanchité et le racisme effectif qu’une femme latina peut subir. Elle aborde sa pansexualité et le lien à son corps ainsi qu’à son épilepsie. Enfin elle raconte le passage d’un couple perçu comme lesbien à un couple hétérosexuel aux yeux des autres, dû à la transition de son compagnon ainsi que la réduction des oppressions que cela a entraîné.

Chercheurs·euses : Joan Giabbani, Sultan Yildiz, Nouchine Diba

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Sowita

Procéder à un entretien ayant pour thème l’intersectionnalité, nous a permis de faire la rencontre de Sowita Atangana. Fuyant la guerre en Érythrée, ses parents arrivent en Suisse en 1989, alors qu’elle est âgée d’un an. À 12 ans, elle et ses sœurs sont naturalisées suisses. Désormais âgée de 32 ans, elle est mariée, mère de trois jeunes enfants, et a vécu toute sa vie à Genève où elle travaille en tant qu’assistante sociale. Notre entretien s’est principalement concentré sur son parcours migratoire et professionnel, mais également sur son expérience vécue en tant que femme noire. Au travers de cet entretien, des thèmes ont pu émerger tels que le racisme systémique, la blanchité et la condition postcoloniale. D’une part, cette enquête nous a permis de mettre en lumière des dimensions identitaires pouvant être invisibilisées dans le monde social, et d’autre part il explique que parler explicitement de la notion de “race” et de son intersection avec le genre, tel que le fait l’intersectionnalité, est fondamental.

Chercheurs·euses : Allison Castano Isla, Lucie Libois, Laura Jabaudon

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Dahaba

« Alors moi je m’appelle Dahaba, je suis une femme noire musulmane, ou une femme musulmane noire, ou une noire femme musulmane. ». Ces mots prononcés par Dahaba Abdirahman permettent de résumer les différentes identités qui structurent son parcours de vie. Celles-ci font écho au thème de l’intersectionnalité car elles s’imbriquent et s’entremêlent. L’histoire que Dahaba nous raconte commence lorsque sa famille émigre de la Somalie vers la Suisse. Dès son plus jeune âge, elle grandit au sein d’une double culture qui se scinde essentiellement entre l’école et la maison. Si c’est par ses études académiques qu’elle acquiert le bagage nécessaire afin de comprendre les situations de discriminations intersectionnelles et de micro-agressions quotidiennes auxquelles elle a pu faire face par le passé, l’Université est aussi le lieu où celles-ci sont réitérées. C’est lors d’un voyage avec sa famille en Somalie, où elle est obligée de porter le voile, qu’elle décide, après de multiples questionnements, de le garder à son retour en Suisse. L’anticipation des réactions est omniprésente dans l’esprit de Dahaba qui décide de prévenir toutes les personnes qu’elle côtoie : ses proches, ses professeur·e·s, son employeur. Dans cet entretien, elle interroge notamment les conséquences du choix de se voiler en Suisse en tant que femme noire.

Chercheurs·euses : Bianchetti Matilda, Défago Thomas, Lamrani Myriam

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Ève Marie

Ève Marie Perrin s’identifie en tant que femme, haïtienne et lesbienne. Ces identités, et les problèmes ou les discriminations qui peuvent y être liés, elle les a découvertes petit à petit au cours de sa vie: “Vis à vis du parcours, je me suis rendue compte de chaque chose par étape, mais ça ne veut pas dire que le chemin précédent est fini, ça rajoute à chaque fois en fait.” La nécessité pour elle de trouver sa place, sa communauté, et d’être acceptée l’a amenée à s’engager dans une association pour les étudiant·e·s afrodescendant·e·s, puis a créer des projets artistiques pour visibiliser les personnes noires et queer. Elle mentionne dans cet entretien les difficultés à trouver des ressources pour se construire en tant que personne noire et LGBT, notamment dans le domaine de la santé mentale, qui est souvent considérée comme “un truc de blanc” dans son entourage. Pourtant, pour elle qui s’est tant impliquée dans un projet de portraits de personnes noires après le meurtre de Georges Floyd, le self-care joue un rôle essentiel afin ne pas s’épuiser à la tâche lorsque l’on milite. Elle se confie également sur sa vie, son intégration en Suisse en tant que Haïtienne immigrée à onze ans, son expérience au sein de différents milieux militants et l’exclusion de certaines thématiques qu’elle a pu y remarquer. 

Chercheurs·euses : Maya Cherix, Sandrine Gatta, Cloé Vianin

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Inès

Inès El-Shikh est co-fondatrice des Foulards Violets, un collectif de femmes musulmanes ou non, portant le foulard ou non, solidaires de la cause des femmes le portant en Suisse et militant contre l’hostilité et les discriminations islamophobes genrées. Elle a accepté de nous accorder un entretien afin de répondre à nos questions concernant le militantisme intersectionnel. Ayant une formation en astrophysique, son parcours estudiantin ne la prédestinait pas à un engagement aussi passionné dans le militantisme. Fille d’immigré·e·s, de père égyptien et de mère tunisienne, elle a été très tôt confrontée à des discriminations et assignée à une position d’altérité. C’est après ses études qu’elle découvre les écrits du Black Feminism qui lui permettent de se sentir enfin représentée et comprise. Profondément attachée aux idéaux d’égalité et de justice, elle est anti-capitaliste, anti-militariste et anti-nationaliste. C’est à partir de ces valeurs, qui prennent notamment leur source dans l’Islam, qu’Inès puise sa force de mobilisation, veillant toujours à faire régner au sein du collectif une politique de l’amour ainsi qu’un principe d’horizontalité. L’entretien ayant été fait peu après l’initiative populaire suisse « Oui à l’interdiction de se dissimuler le visage » du 7 mars 2021, dans le cadre de laquelle les Foulards Violets se sont positionnés pour le droit à la liberté de choix, nous avons pu la questionner au sujet des enjeux militants à prendre en compte dans un engagement associatif et politique.

Chercheurs·euses : Soraya Boukhari, Géraldine Saugy et Natacha Jeannot. 

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Yumie

Yumie Volupté nous est apparue comme une interlocutrice de choix pour aborder les discriminations liées à son statut de travailleuse du sexe à travers une analyse intersectionnelle. En effet, Yumie fait l’expérience de discriminations croisées concernant ses origines, son travail et son autisme. S’identifiant comme métisse, cette dernière est d’origine vietnamienne par sa mère et d’origine française par son père. Étant typée physiquement comme une personne asiatique, Yumie nous parle d’un écart entre sa culture française et ses traits physiques. Cette dissonance entre sa culture et son physique a été, depuis très jeune, une source de discriminations. Se revendiquant également comme courtisane des temps modernes et fière de l’être, Yumie nous confie cependant les difficultés auxquelles les travailleuses du sexe sont confrontées. En effet, la prostitution étant régulièrement jugée comme sale, dégradante et humiliante, il est socialement difficile, dans nos sociétés, d’assumer un statut de travailleuse du sexe en raison des discriminations qui s’abattent sur ces dernières.  Néanmoins, Yumie nous livre un témoignage empli de liberté et de fierté concernant son parcours. Bien qu’elle ait subi, tout au long de ces dernières années, des discriminations et certaines formes d’exclusions, Yumie nous confie être très heureuse et satisfaite de son parcours de vie.

Chercheurs·euses :  Mélissa Zufferey, Thien-Thuong Tran et Emilie Lauper.

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Sofia

Nous sommes parties à la rencontre de Sofia, âgée de 20 ans et née à Lausanne. Cette dernière a grandi à Cugy et poursuit aujourd’hui ses études à l’université de Genève dans la faculté de Relations Internationales. C’est dans ce cadre qu’elle s’investit dans l’association des sciences politiques et relations internationales et prend part à l’un des groupes de travail qui s’intéresse à divers enjeux de société contemporains. Sa mère est originaire du Maroc et son père de Côte d’Ivoire. Sofia possède donc à la fois la nationalité marocaine, ivoirienne et suisse. Elle a une demi-sœur, âgée de 38 ans, née du premier mariage de son papa ; mais a également un grand frère et une grande sœur issus du mariage de ses parents. Sofia nous a offert de son temps et de son intimité pour nous partager son histoire de manière réflexive, dans le rire et la discussion, et ses nombreux questionnements, entre introspections et revendications liées à son expérience.

Chercheurs·euses : Aliciane Ischi, Elise Jaccottet et Nina Rodriguez.