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Intersectionnalité

Héloïse

Pour ce travail, nous avons choisi de réaliser un entretien avec Héloïse Roman, chargée de projet égalité au sein du service Agenda 21 Ville durable à Genève. L’éducation de Madame Roman ainsi que son expérience personnelle des discriminations liées à son statut de femme l’ont progressivement menée à s’intéresser aux enjeux d’égalité, non seulement dans sa vie privée mais également dans sa vie professionnelle. Dans le cadre du service Agenda 21 Ville durable, Madame Roman et son équipe mettent en place divers projets visant à promouvoir l’égalité entre femmes et hommes ainsi qu’à réduire les différentes discriminations et inégalités dans la ville de Genève. À travers le plan d’action municipal « Objectif zéro sexisme dans ma ville », le service cherche à faire de l’espace public un lieu plus sûr pour tou·te·s les usager·ère·s, notamment les femmes qui y subissent davantage de harcèlement, en travaillant avec diverses associations et institutions genevoises. À travers ce cas spécifique et l’analyse au prisme de l’intersectionnalité, nous observons le croisement de discriminations, notamment sexistes, racistes, lesbophobes, grossophobes, transphobes ou autres, à différents niveaux : personnel, institutionnel et associatif.

Chercheurs·euses : Charlotte Barberis, Fiona Faggioni, Inês Ferreira Martiniano

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Intersectionnalité

Francesca

Être une tchoin épileptique. C’est le statut que Francesca revendique. Fille d’une mère émigrée du Chili et d’un père Allemand, elle raconte son rapport au corps, à la sexualité, à la maladie, à ses origines et aux milieux militants. Elle devient militante lorsqu’elle entre à l’Université de Genève. Cette pratique va alors lui faire prendre conscience des multiples oppressions qu’elle subit en tant que femme latina et pansexuelle, ainsi qu’en tant que personne victime d’une maladie neurologique. Dans cet entretien, elle aborde sa rencontre avec le militantisme ainsi que son expérience du racisme. Elle explique le paradoxe entre le privilège de blanchité et le racisme effectif qu’une femme latina peut subir. Elle aborde sa pansexualité et le lien à son corps ainsi qu’à son épilepsie. Enfin elle raconte le passage d’un couple perçu comme lesbien à un couple hétérosexuel aux yeux des autres, dû à la transition de son compagnon ainsi que la réduction des oppressions que cela a entraîné.

Chercheurs·euses : Joan Giabbani, Sultan Yildiz, Nouchine Diba

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Ève Marie

Ève Marie Perrin s’identifie en tant que femme, haïtienne et lesbienne. Ces identités, et les problèmes ou les discriminations qui peuvent y être liés, elle les a découvertes petit à petit au cours de sa vie: “Vis à vis du parcours, je me suis rendue compte de chaque chose par étape, mais ça ne veut pas dire que le chemin précédent est fini, ça rajoute à chaque fois en fait.” La nécessité pour elle de trouver sa place, sa communauté, et d’être acceptée l’a amenée à s’engager dans une association pour les étudiant·e·s afrodescendant·e·s, puis a créer des projets artistiques pour visibiliser les personnes noires et queer. Elle mentionne dans cet entretien les difficultés à trouver des ressources pour se construire en tant que personne noire et LGBT, notamment dans le domaine de la santé mentale, qui est souvent considérée comme “un truc de blanc” dans son entourage. Pourtant, pour elle qui s’est tant impliquée dans un projet de portraits de personnes noires après le meurtre de Georges Floyd, le self-care joue un rôle essentiel afin ne pas s’épuiser à la tâche lorsque l’on milite. Elle se confie également sur sa vie, son intégration en Suisse en tant que Haïtienne immigrée à onze ans, son expérience au sein de différents milieux militants et l’exclusion de certaines thématiques qu’elle a pu y remarquer. 

Chercheurs·euses : Maya Cherix, Sandrine Gatta, Cloé Vianin

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Intersectionnalité

Laure

Laure est une femme queer originaire de Belgique de 32 ans qui exerce en tant que chirurgienne à l’hôpital de Sion, capitale du canton du Valais. A travers son témoignage, les expériences subies par Laure dans le contexte médical ont permis de mettre en lumière les discriminations vécues par celle-ci en tant que “femme dans un monde de chirurgiens”. De plus, lors des entretiens d’embauche et dans la sphère privée, l’injonction à l’hétéronormativité et aux attentes sont saillantes et démontrent bien des formes de “micro-agressions” quotidiennes éprouvées tout au long du parcours de Laure. Lors de cet entretien, elle nous livre les difficultés rencontrées, en tant que femme, d’être considérée dans un milieu médical à majorité masculine, ainsi revient sur l’obstacle que constituent l’hétéronormativité et l’obligation du “coming-out” auprès de ses pairs. Finalement, notre enquêtée nous explique combien les savoirs, acquis grâce à la littérature queer, ont pu l’aider à comprendre, voire surmonter, sa situation hors-normes.

Chercheurs·euses : Catarina Pinto de Matos & Marie Aymon

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Tokyo

Tokyo est une jeune femme trans’ originaire du Laos qui est née en Suisse et qui y a effectué toute sa scolarité. Tant d’identités qui viennent la positionner à l’intersection de multiples discriminations. Ses parents sont arrivés en Suisse dans le courant des années 90, peu avant sa naissance. C’est dès son plus jeune âge, sur les bancs de l’école, que Tokyo a pris conscience de son appartenance raciale et des discriminations qui l’accompagnent. Ne parlant pas encore le français, la jeune femme va rapidement se rendre compte de la pression qui lui est imposée pour s’intégrer. En transitionnant, Tokyo va alors prendre conscience des liens entre les discriminations de genre et de sexualité et son identité raciale : « je pensais que je devais attirer les hommes avec mon corps, avec cette féminité imaginaire que je voulais absolument avoir parce que justement c’était comme ça que les femmes trans’ asiatiques étaient vues ». Dans le cadre de cet entretien, la jeune femme nous invite également à découvrir le monde de la « ballroom », un espace dans lequel elle performe la danse du « voguing ». En tant que performeuse, Tokyo s’inscrit dans une pratique et un milieu militant qui visent à davantage visibiliser les personnes à l’intersection de plusieurs oppressions.

Chercheurs·euses : Lorène Arlettaz, Anna Centamori et Elodie Conus.

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Xavier

Xavier a 20 ans. Il a vécu aux Etats-Unis avec ses parents jusqu’à ses 8 ans, puis ils ont déménagé en Suisse. Il a également vécu à Madrid pendant un an dans le cadre d’un Erasmus. Lors de l’entretien, Xavier nous parle de son adoption. Il nous raconte: « j’ai su que j’étais adopté en apprenant les couleurs, parce que moi j’étais brown et mes parents étaient white ». Il évoque notamment la manière dont l’hétérogénéité raciale intrafamiliale fait émerger de nombreux questionnements sur soi-même et sur les autres. Xavier nous parle ensuite de son homosexualité et de son vécu en tant qu’homme racisé. Il nous donne à voir sa propre conception du racisme et la manière dont l’imbrication des oppressions façonne son expérience de vie.

Chercheurs·euses : Jennyfer Niederhauser, India D’addona et Emily Mayer

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Nat

« L’intersectionnalité, c’est ma réalité ». Cette phrase prononcée par Nat permet de comprendre la pertinence de son parcours pour appréhender le concept d’intersectionnalité. En tant que personne non-binaire, atteint.e.x de nanisme achrondoplasique, membre de la communauté LGBTQIA+ et militant.e.x au sein de différents organismes, Nat est à la croisée de diverses discriminations. Titulaire d’un Bachelor en sciences sociales, iel s’avère familier.ère.x avec les concepts abordés et nous partage sa manière de concevoir les divers systèmes d’oppression. Les thèmes de l’identité de genre, de l’orientation sexuelle, du handicap ainsi que du militantisme sont notamment abordés dans cette vidéo. Dans cet entretien, iel revient sur son parcours ainsi que sur les difficultés auxquelles iel s’avère confronté.e.x au quotidien. En nous livrant son histoire avec humour et simplicité, Nat nous fait part de la nécessité de concevoir une société davantage axée autour de l’inclusivité afin de construire un monde meilleur.

Chercheurs·euses : Morgane Tuberosa, Lilou Castano et Debora Rodrigues Ribeiro.

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Intersectionnalité

Al

Al a 34 ans. Iel est étudiantxe en master d’arts visuels et beaucoup de ses travaux tournent autour des thématiques queer, trans et/ou non-binaires afin de mettre en lumière les discriminations qui y sont liées. Cet entretien raconte son quotidien, entre sexisme, enbyphobie (se dit des discriminations qui touchent spécifiquement les personnes non-binaires), précarité, santé physique et mentale, Al y met en avant les spécificités liées à son vécu. Il est notamment question d’accès aux soins, d’une part non-adaptés aux personnes non-binaires, mais aussi difficiles d’accès lorsque les moyens financiers sont limités, diminuant d’autant plus les possibilités d’une transition médicale compte-tenu du fait que les frais ne sont, la plupart du temps, pas entièrement remboursés. À cela s’ajoutent également les difficultés à simplement être respectéxe en tant que personne non-binaire – identité fréquemment niée ou inconnue. Ainsi, Al milite entre autres pour la reconnaissance des identités queer. Il est nécessaire de visibiliser les identités queer afin que celles-ci puissent être respectées mais aussi légitimées de manière à ce que ces réalités puissent être prises en compte.

Chercheurs·euses : Céleste Paquin, Maeva Sanz et Emilie Obert