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Intersectionnalité

Francesca

Être une tchoin épileptique. C’est le statut que Francesca revendique. Fille d’une mère émigrée du Chili et d’un père Allemand, elle raconte son rapport au corps, à la sexualité, à la maladie, à ses origines et aux milieux militants. Elle devient militante lorsqu’elle entre à l’Université de Genève. Cette pratique va alors lui faire prendre conscience des multiples oppressions qu’elle subit en tant que femme latina et pansexuelle, ainsi qu’en tant que personne victime d’une maladie neurologique. Dans cet entretien, elle aborde sa rencontre avec le militantisme ainsi que son expérience du racisme. Elle explique le paradoxe entre le privilège de blanchité et le racisme effectif qu’une femme latina peut subir. Elle aborde sa pansexualité et le lien à son corps ainsi qu’à son épilepsie. Enfin elle raconte le passage d’un couple perçu comme lesbien à un couple hétérosexuel aux yeux des autres, dû à la transition de son compagnon ainsi que la réduction des oppressions que cela a entraîné.

Chercheurs·euses : Joan Giabbani, Sultan Yildiz, Nouchine Diba

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Manon

Manon Zecca nous est apparue comme une interlocutrice idéale pour aborder les inégalités liées à la surdité à travers une approche intersectionnelle. En effet, elle a à la fois une expérience personnelle de ces discriminations en tant que femme sourde, une connaissance pratique à travers son parcours professionnel, et une lecture théorique critique via son parcours militant et sa formation. Après s’être prêtée à l’exercice de l’autoportrait, elle se penche sur la question des violences sexuelles qui visent les femmes sourdes de manière spécifique. Non seulement ces dernières en seraient davantage victimes que les femmes entendantes, mais elles seraient aussi discriminées par un manque de prise en charge adaptée à la surdité. Pour y pallier, Manon Zecca milite pour la mise en place de politiques publiques qui saisissent le problème en amont, à travers des mesures de prévention et de sensibilisation destinées aux personnes sourdes. Elle revendique aussi une meilleure prise en compte de la surdité dans le processus de dénonciation des violences, aux niveaux aussi bien judiciaires, sanitaires que sociaux. Elle dénonce le fait que l’absence de statistiques prenant en compte la situation des personnes sourdes (et en situation de handicap de manière générale) victimes de violences sexuelles mène à une invisibilisation de ce problème. D’entente avec Manon Zecca, l’entretien a été sous-titré afin d’être plus accessible aux personnes sourdes et malentendantes.

Chercheurs·euses : Alexis Alcaras, Leonie Brodmann, Emilie Vuilleumier

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Yumie

Yumie Volupté nous est apparue comme une interlocutrice de choix pour aborder les discriminations liées à son statut de travailleuse du sexe à travers une analyse intersectionnelle. En effet, Yumie fait l’expérience de discriminations croisées concernant ses origines, son travail et son autisme. S’identifiant comme métisse, cette dernière est d’origine vietnamienne par sa mère et d’origine française par son père. Étant typée physiquement comme une personne asiatique, Yumie nous parle d’un écart entre sa culture française et ses traits physiques. Cette dissonance entre sa culture et son physique a été, depuis très jeune, une source de discriminations. Se revendiquant également comme courtisane des temps modernes et fière de l’être, Yumie nous confie cependant les difficultés auxquelles les travailleuses du sexe sont confrontées. En effet, la prostitution étant régulièrement jugée comme sale, dégradante et humiliante, il est socialement difficile, dans nos sociétés, d’assumer un statut de travailleuse du sexe en raison des discriminations qui s’abattent sur ces dernières.  Néanmoins, Yumie nous livre un témoignage empli de liberté et de fierté concernant son parcours. Bien qu’elle ait subi, tout au long de ces dernières années, des discriminations et certaines formes d’exclusions, Yumie nous confie être très heureuse et satisfaite de son parcours de vie.

Chercheurs·euses :  Mélissa Zufferey, Thien-Thuong Tran et Emilie Lauper.

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Nat

« L’intersectionnalité, c’est ma réalité ». Cette phrase prononcée par Nat permet de comprendre la pertinence de son parcours pour appréhender le concept d’intersectionnalité. En tant que personne non-binaire, atteint.e.x de nanisme achrondoplasique, membre de la communauté LGBTQIA+ et militant.e.x au sein de différents organismes, Nat est à la croisée de diverses discriminations. Titulaire d’un Bachelor en sciences sociales, iel s’avère familier.ère.x avec les concepts abordés et nous partage sa manière de concevoir les divers systèmes d’oppression. Les thèmes de l’identité de genre, de l’orientation sexuelle, du handicap ainsi que du militantisme sont notamment abordés dans cette vidéo. Dans cet entretien, iel revient sur son parcours ainsi que sur les difficultés auxquelles iel s’avère confronté.e.x au quotidien. En nous livrant son histoire avec humour et simplicité, Nat nous fait part de la nécessité de concevoir une société davantage axée autour de l’inclusivité afin de construire un monde meilleur.

Chercheurs·euses : Morgane Tuberosa, Lilou Castano et Debora Rodrigues Ribeiro.