De Genève à l’UNESCO, l’utopie d’une paix basée sur la culture et la science.
Suffit-il de réunir autour d’une même table les plus grands scientifiques et les plus brillants philosophes d’une époque pour garantir au monde une paix durable?
Dans le sillage de la création de la Société des Nations (SDN), installée à Genève à la fin de la Première Guerre mondiale, plusieurs personnalités proposent qu’on la complète d’un organe moins versé dans les questions politiques et économiques: une véritable «Société des Esprits» qui rassemblerait les hommes et les femmes des sciences et des arts. C’est à cette fin qu’est fondée, en 1922, la Commission internationale de coopération intellectuelle (CICI), qui réunit des figures académiques de premier plan telles qu’Henri Bergson, Marie Skłodowska-Curie ou Albert Einstein, préfigurant ainsi la naissance de l’UNESCO deux décennies plus tard.
S’appuyant sur une analyse minutieuse et innovante des riches archives de la Commission, le présent ouvrage de Martin Grandjean (Section d’histoire) retrace l’évolution de cette dynamique tout au long de l’entre-deux-guerres. Il révèle qu’au-delà de ses acteurs les plus célèbres, une multitude de «petites mains» de la coopération intellectuelle s’emploient, au quotidien, à tisser un dense réseau de relations scientifiques et culturelles qui s’institutionnalisent progressivement.
Cette publication est disponible en texte intégral sur le site de l’éditeur. De plus, reposant sur un important travail d’analyse et de visualisation de données, elle s’accompagne d’une page web permettant d’accéder à la visualisation interactive du réseau de la coopération intellectuelle, à tous les graphiques du livre en haute définition ainsi qu’aux tableaux de données à des fins de réplication des analyses statistiques.
Martin Grandjean, La coopération intellectuelle. Relations scientifiques et diplomatie culturelle à la Société des Nations (1919-1939), Neuchâtel, Alphil, 2026.

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