Colloque « Métiers et techniques du cinéma et de l’audiovisuel » (Universités Paris 3 et Paris 8)

Photo-cinéma magazine, n° 828, octobre 1970, p. 416.

Partant des questionnements qui se sont multipliés en réaction aux transformations de l’industrie cinématographique depuis l’adoption massive du numérique, le colloque « Métiers et techniques du cinéma et de l’audiovisuel : approches plurielles (objets, méthodes, limites) », organisé par Hélène Fleckinger, Kira Kitsopanidou et Sébastien Layerle, a proposé d’interroger plus particulièrement les procédures méthodologiques qui guident les recherches actuelles touchant aux métiers, aux appareils ou aux savoir-faire. Deux chercheurs contribuant aux projets scientifiques développés au sein de la Collaboration UNIL+Cinémathèque suisse ont pu partager à cette occasion les résultats de leurs travaux sur des objets encore marginaux de la réflexion sur le cinéma, les appareils dits « amateurs » d’une part, et les films « industriels » d’autre part. Ainsi, invité à exposer les travaux qu’il réalise à la Section d’histoire et esthétique du cinéma, Benoît Turquety a présenté le projet de recherche FNS qu’il dirige autour des appareils cinématographiques suisses Bolex, en réfléchissant notamment aux bénéfices que les études cinématographiques peuvent retirer d’un croisement avec les travaux relevant de l’histoire des techniques. Dans le cadre de son projet soutenu par l’UNIL, Stéphane Tralongo est revenu sur les problèmes de méthode que posent les investigations s’aventurant sur le territoire du film industriel, puis a proposé d’envisager en termes d’« utilité » l’histoire des formes filmiques produites dans le secteur de l’aéronautique.

Programme : télécharger.

Illustration : Photo-cinéma magazine, n° 828, octobre 1970, p. 416.

Référence : colloque « Métiers et techniques du cinéma et de l’audiovisuel : approches plurielles (objets, méthodes, limites) », sous la direction d’Hélène Fleckinger, Kira Kitsopanidou et Sébastien Layerle, Institut national d’histoire de l’art, Paris, 12-13 février 2016.

Voir aussi le site de l’Université Paris 3 et le site de l’Université Paris 8.

Publication d’un article de Stéphane Tralongo dans la revue Décadrages : « L’œil électronique. Bolex et la “précision suisse” à l’épreuve de l’automatisation »

Photographie publicitaire Paillard présentant une caméra Bolex H16 Reflex équipée d’un compendium-parasoleil (détail).

Le numéro d’automne 2015 de la revue Décadrages. Cinéma, à travers champs accueille, au sein de sa rubrique « cinéma suisse », une première étude issue du projet de recherche FNS « Histoire des machines et archéologie des pratiques : Bolex et le cinéma amateur en Suisse », dirigé par Benoît Turquety (voir la section du projet sur ce site). La préparation de cette étude, à lire en ligne sur ce site, a été menée avec la collaboration des équipes de la Cinémathèque suisse et avec l’appui des partenaires du projet, qui ont notamment contribué à faire émerger appareils, films et archives administratives.

Résumé de l’article : Revenant au processus d’automatisation des caméras d’amateurs à la veille de l’avènement du format Super-8, cette étude se demande comment s’est négocié le passage des caméras de la tradition mécanique suisse dans la catégorie des « machines réflexes », en observant ce qui s’est joué dans l’incorporation, à la fin des années 1950, de cellules photo-électriques aux appareils de la marque Bolex. Outre les transformations techniques des appareils, les progrès de l’« automation » industrielle dans le mode de production des caméras et des projecteurs Bolex ont participé à la mise en crise des valeurs héritées de l’artisanat horloger jurassien, appelant des actions publicitaires qui ont cherché à préserver la conception d’une machine durable et ajustable, devenue une sorte de contre-modèle face aux objets techniques dont l’obsolescence et le remplacement étaient résolument préparés. Bien qu’elle ait intégré elle aussi des robots dans son parc de machines et des composants électroniques à ses appareils, l’entreprise Paillard a misé sur le rôle persuasif de la publicité, et notamment sur celui du cinéma avec un film promotionnel comme Message Hermès, pour rattacher sa production à la « précision suisse » et maintenir l’usage de cette notion en dépit des différences techniques provoquées par l’automatisation.

Illustration : Photographie publicitaire Paillard présentant une caméra Bolex H16 Reflex équipée d’un compendium-parasoleil (détail). Cette photographie a été utilisée en couverture de Cinéma pratique, n° 57, février 1965.

Référence : Stéphane Tralongo, « L’œil électronique. Bolex et la “précision suisse” à l’épreuve de l’automatisation », Décadrages. Cinéma, à travers champs, n° 31, automne 2015, pp. 105-125.

Voir aussi le site de la revue Décadrages.

Publication d’un article d’Adrien Gaillard et Julien Meyer dans la revue Genesis : « Jean Aurenche, Pierre Bost et Claude Autant-Lara, auteurs de Douce. Genèse d’une pratique scénaristique »

Couverture de Genesis 41

La revue Genesis. Manuscrits – Recherche – Invention dédiée à la critique génétique des textes vient de publier, dans son numéro consacré à la thématique « Créer à plusieurs mains », un article issu des recherches menées par Adrien Gaillard et Julien Meyer au sein du projet de recherche FNS « Discours du scénario : étude historique et génétique des adaptations cinématographiques de Stendhal » (voir la section du projet sur ce site) dirigé par Alain Boillat, Gilles Philippe et Vincent Verselle. Le numéro met également en avant le fonds Claude Autant-Lara de la Cinémathèque suisse sur lequel s’appuie cet article, en prenant pour illustration de couverture un feuillet de découpage dactylographié qui fait apparaître la dimension collaborative de l’écriture scénaristique des films d’Autant-Lara.

Résumé de l’article : À la lumière des archives du fonds Claude Autant-Lara déposé à la Cinémathèque suisse, cet article aborde la naissance d’une collaboration entre le réalisateur et le tandem de scénaristes Jean Aurenche et Pierre Bost, à travers la genèse scénaristique du film Douce (1942-1943). Les discours de réception désignent habituellement « Aurenchébost » comme s’il s’agissait d’un auteur unique avec une méthode de création. Il convient de reconsidérer leur travail dans l’historicité et la contingence des pratiques d’écriture. À ce titre, les documents scénaristiques procèdent à la fois d’une dimension processuelle – un texte en devenir – et d’une dimension interlocutive – le fruit d’une activité concertée. Cette dernière implique, entre autres, un jeu de formatage et de pagination dans la rédaction de la continuité dialoguée et du découpage technique. Enfin, la scénarisation ne se limite pas à des tours d’écriture mais doit être également considérée en termes de rédactions conversationnelles, pratiques qui rappellent les limites de la notion d’auctorialité dans le cas des genèses à plusieurs.

Illustration : Couverture de la revue Genesis 41: Créer à plusieurs mains. Il s’agit d’un feuillet d’un découpage dactylographié de Douce (1943) qui témoigne de la complexité matérielle et virtuelle du travail de scénarisation à plusieurs. Le feuillet est raturé et annoté par Jean Aurenche et comporte des ajouts par collage d’une autre continuité dialoguée de la main de Pierre Bost, elle-même raturée et annotée par la main de Claude Autant-Lara. Ce document est conservé dans le fonds Claude Autant-Lara (CSL.5), 95/1 A4.1, Cinémathèque suisse. © Tous droits réservés/collection Cinémathèque suisse.

Référence : Adrien Gaillard et Julien Meyer, « Jean Aurenche, Pierre Bost et Claude Autant-Lara, auteurs de Douce. Genèse d’une pratique scénaristique », Genesis 41: Créer à plusieurs mains, Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, 2015.

Voir aussi la page des Presses de l’université Paris-Sorbonne.

Vernissage de l’ouvrage collectif Le film sur l’art. Entre histoire de l’art et documentaire de création, jeudi 26 novembre 2015 à la Cinémathèque suisse

photographie de tournage de Lucebert, tijd en afscheid (Lucebert, temps et adieux), Johan van der Keuken, 1962-1994.

Issu d’un colloque international organisé par les universités de Rennes 2 et de Lausanne associées à la Cinémathèque suisse, cet ouvrage propose une approche interdisciplinaire du film sur l’art, un « genre » cinématographique à la croisée du cinéma documentaire et de l’histoire de l’art. Les réflexions qui le constituent interrogent le film sur l’art de ses origines à ses résurgences (actualités, télévision et art vidéo), en retraçant notamment les influences que celui-ci a pu avoir sur l’histoire de l’art en tant que discipline.

À l’occasion du vernissage, deux films seront projetés à la salle du Cinématographe à 21h : André Masson et les quatre éléments (1958) de Jean Grémillon, et Lucebert, tidj en afscheid (Lucebert, temps et adieux, 1962-1994) de Johan van der Keuken. Ces projections seront précédées par un apéritif offert au Salon Bleu dès 20h.

Illustration : photographie de tournage de Lucebert, tijd en afscheid (Lucebert, temps et adieux), Johan van der Keuken, 1962-1994.

Référence : Valentine Robert, Laurent Le Forestier et François Albera (dir.), Kornelia Imesch et Mario Lüscher (collab.), Le film sur l’art. Entre histoire de l’art et documentaire de création, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, Collection « Le Spectaculaire/cinéma », 2015.

Voir aussi la page de la Cinémathèque suisse, la page des Presses universitaires de Rennes et la page du colloque sur ce site.

Soirée d’inauguration de la Collaboration UNIL + Cinémathèque suisse

Soirée d’inauguration de la Collaboration UNIL + Cinémathèque suisse
Depuis 2010, l’accord de partenariat entre l’UNIL et la Cinémathèque suisse a permis de développer les activités menées conjointement par les deux institutions, intensifiant une collaboration déjà ancienne entre chercheurs et archivistes. Le 24 mars 2015, la soirée de présentation publique de ces projets communs au Capitole a été l’occasion d’inaugurer officiellement la Collaboration UNIL + Cinémathèque suisse, en présence d’Anne-Catherine Lyon, Conseillère d’État du Canton de Vaud, de Dominique Arlettaz, Recteur de l’UNIL, et de Jean-Yves Pidoux, Conseiller municipal de la Ville de Lausanne. Cette présentation s’est achevée sur un vin d’honneur offert par la Ville et un buffet offert par l’UNIL et le Canton de Vaud, suivis de la projection de La Traversée de Paris (Claude Autant-Lara, 1956), dans la version restaurée par Gaumont.

La soirée s’est ouverte sur un mot de Frédéric Maire, directeur de la Cinémathèque suisse, et de Maria Tortajada, Prof. à la Section d’histoire et esthétique du cinéma, qui ont souligné la richesse des recherches entreprises grâce à la mise à disposition des archives de la Cinémathèque et au développement des échanges entre historiens et archivistes, avant de céder la parole aux personnalités invitées à inaugurer la Collaboration.

Puis, les chercheurs de la Section d’histoire et esthétique du cinéma ont exposé quatre projets élaborés dans le contexte de la Collaboration qui ont obtenu le soutien du Fonds national suisse de la recherche scientifique, ainsi qu’un cinquième projet financé par l’UNIL. La première recherche, sous la direction du Prof. François Albera, concerne l’histoire de la Cinémathèque elle-même, institution centrale dans le paysage culturel suisse, mais dont les origines et l’évolution restent à retracer comme le rôle qui a été le sien dans l’émergence du « nouveau cinéma suisse ». Dirigé par le Prof. Alain Boillat, le Prof. Gilles Philippe et Vincent Verselle, le deuxième projet adopte une perspective plus littéraire, en exploitant quant à lui le fonds Autant-Lara afin d’étudier l’écriture scénaristique des « adaptateurs » Aurenche et Bost. Alliant esthétique et histoire, la troisième recherche, sous la responsabilité de la Prof. Maria Tortajada, est consacrée à l’œuvre de Nag et Gisèle Ansorge, dont les films d’animation au sable sont connus, mais qui comporte aussi un corpus issu d’ateliers menés à l’hôpital psychiatrique de Cery. Le quatrième projet, dirigé par le Prof. Benoît Turquety, vise à articuler le développement des fameux appareils suisses de la marque Bolex avec l’histoire des pratiques de cinéma amateur qui leur sont associées. Enfin, une cinquième recherche, menée par le Premier assistant Stéphane Tralongo, questionne les points de convergence entre cinéma et automatisme à l’époque où la robotisation commençait à toucher tant les appareils domestiques que les machines industrielles.

Enfin, en deuxième partie de soirée, Frédéric Maire et Alain Boillat sont venus rappeler aux spectateurs les enjeux et les objectifs de la Collaboration avant la projection de La Traversée de Paris (Claude Autant-Lara, 1956). Choisi en raison de sa récente restauration par Gaumont, ce film a aussi été programmé pour évoquer la place des archives d’Autant-Lara dans les investigations actuellement menées par les chercheurs de la Collaboration. Laure Cordonier, doctorante FNS du projet « Discours du scénario : étude historique et génétique des adaptations cinématographiques de Stendhal », a introduit le film en revenant sur sa genèse, documents à l’appui.

Vidéos : © Richard Szotyori/Cinémathèque suisse.

Voir aussi le site de la Cinémathèque suisse.