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Les Creuseurs de puits de Doddaballapura

Pour notre septième journée à Bangalore, nous avions appris que nous nous éloignerions un peu du centre de la ville pour se perdre dans les paysages sans fin de Bangalore rural. Après une heure de route, nous sommes arrivé·es dans le camp de Doddaballapura Road, un lieu qui réunit de nombreux Scouts de tous les âges. C’était aussi à cet endroit qu’allait nous accueillir Rackshita. Elle est venue de Biome Environmental Trust pour nous accompagner et nous faire rencontrer les fameux Welldiggers (les « creuseurs de puits ») dont les puits étaient disséminés dans cet immense camp, principalement laissé à la nature et investi par de nombreuses espèces d’oiseaux. 

Après quelques échanges chaleureux avec les Scouts, nous avons été présenté·es par notre guide Rackshita au Welldigger Shankar et à ses collègues, rassemblé·es autour d’un arbre. Nous pouvions alors nous enfoncer dans la dense forêt pour découvrir l’œuvre de ces travailleurs de l’eau. Avec eux, nous communiquions par l’intermédiaire de notre guide, ceux-ci ne parlant que la langue locale – le Kannada.  

Sur le chemin, accompagné·es par une chienne et ses petits, nous apprenions que les différents puits avaient été construits par les ancêtres de nos hôtes et qu’ils avaient pendant longtemps été laissés à l’abandon, le gouvernement de Bangalore préférant importer de l’eau venant d’ailleurs. Ce n’est que très récemment qu’ils avaient été reconstruits pour récolter l’eau de pluie dans le but d’approvisionner les alentours pour différents usages. 

Quelques centaines de mètres plus loin, plongé·es dans la végétation et concentré·es sur le récit de ces lieux, nous n’avions pas remarqué qu’un puits de sept mètres de diamètre s’étendait désormais devant nos pieds. Un trou, dont nous apprendrions plus tard qu’il s’enfonçait à plus de seize mètres de profondeur, nous présentait son eau sombre et trouble à travers une grille. Bien moins inquiétés que nous par la fragilité apparente de la grille, les trois Welldiggers s’étaient instantanément affairés, au-dessus du puits, à diverses occupations. Tout en se communiquant des informations les uns aux autres, ils scrutaient l’eau avec concentration, inspectaient les pierres des murs du puits et leur regard se dirigeait successivement vers les alentours et le ciel ; les plantes et les nuages semblant avoir tout à leur dire. 

Pendant ce temps, notre guide Rackshita avait pu commencer son exposé, tout en vérifiant parfois certaines informations auprès des Welldiggers avec lesquels elle communiquait à la manière d’une collègue. Nous allions alors découvrir le savoir-faire et l’ampleur du travail nécessaire à l’entretien de ces puits. Construits sans ciment, ils ne retenaient la terre et l’eau que par la précision de la disposition de pierres soigneusement choisies, effritées puis alignées. Malheureusement, ce savoir-faire avait disparu avec la génération du père de Shankar. Nous pouvions effectivement observer que lors de la reconstruction récente, les bords supérieurs du puits avaient été arrangés avec du mortier. 

Au milieu de son explication, Shankar a ouvert une trappe dans la grille et a enlevé sa chemise. Intriguée, l’une d’entre nous interpelait notre guide pour lui demander s’il allait plonger. « Évidement ! » répondait Rackshita, « C’est un Welldigger ». Une fois dans l’eau, on pouvait le voir enlever les différentes plantes qui poussaient entre les pierres du murs. Rackshita nous expliquait que c’était un des nombreux savoirs que les Welldiggers possédaient : quelles plantes allaient être favorables ou nocives pour une eau pure, et parmi elles lesquelles risquaient de fragiliser le puits par leurs racines. Après ce désherbage, Shankarremontait sans problèmes sur la paroi aux prises pourtant invisibles. En plus de ces tâches d’entretien et de vérification, il fallait aussi vider le puits pour que l’eau puisse être consommée. Cette impressionnante tâche était réalisée uniquement au moyen d’une sorte de grue en bois, munie d’un seau et fonctionnant à la force des bras. L’eau serait ensuite filtrée et vérifiée par Rackshita et ses collègues pour qu’elle soit conforme aux standards. 

Plus tard dans la journée, à quelques kilomètres du camp Scout, nous arrivions à Mayasandra un petit village ou vivait Shankar et sa famille. Nous les retrouvions autour d’une fontaine dont l’eau venait des différents puits de la région. Rackshita nous expliquait que les habitant·es du hameau étaient ravi·es de pouvoir consommer cette eau tous les jours. 

En effet, ce mode de récolte de l’eau de pluie était, selon de nombreux·se·s expert·es comme Rackshita, un moyen de sauver Bangalore de l’un de ses plus gros problèmes. En effet, l’administration de la ville faisait face à un important problème de gestion des eaux. Entre des privés qui proposaient d’acheminer de l’eau du nord du pays à prix réduit et des personnes fortunées qui récoltaient l’eau de pluie sur le toit de leur gratte-ciel pour la revendre dans d’autres régions, la ville n’exploitait pas son potentiel. À la marge de cette organisation complexe se trouvaient les Welldiggers, avec leur solution de récolte d’eau de pluie dans des puits. Une proposition peu coûteuse, respectueuse de l’environnement et accessible à l’ensemble de la population. Malheureusement, malgré leur implication dans leur travail et la pertinence de leur solution, les « creuseurs de puits » sont une castes très mal considérée dans la société indienne. Tant au niveau du gouvernement que des consommateur·ices, il serait très compliqué de faire boire une eau qui a été manipulée par une caste si mal considérée. C’est ce que nous a expliqué Rackshita de Biome Environnemental Trust. Pour sa part, elle avait une autre approche du travail de ces personnes et tentait de la valoriser et de la diffuser dans le paysage politique. En retour, on pouvait voir chez les Welldiggers une grande gratitude à son égard et le sentiment d’être reconnu pour le travail quotidien. 

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Découverte du projet Ecogram

La suite de l’aventure prend place dans une petite oasis à 45min de Bangalore. Nous nous trouvons dans la ferme biologique de Myriam Shankar.

Découverte du projet « Ecogram »

Suite à une rencontre avec un investisseur, notre hôte a pu récolter les fonds nécessaires afin de pouvoir mettre à flot son projet « Ecogram ». Habitant en Inde depuis le début des années 2000, Myriam souhaitait faire un changement à son échelle afin de faire prendre conscience des enjeux environnementaux à la communauté indienne vivant aux alentours de sa ferme. 

Avec une organisation méticuleuse, l’hygiène de vie et le nettoyage des rues a su faire son entrée à travers le tri des déchets et leur prise en charge grâce à notre entrepreneuse allemande.  L’inde, étant un pays très conservateurs quant à la place des femmes dans la société et au travail,  Myriam a souhaité changé la position de ces femmes en leur donnant une place importante dans la gestion de ce projet par des postes de responsable. Ainsi, à travers « Ecogram », Myriam Shankar a su non-seulement promouvoir la conscience écologique mais a pu également encourager les femmes à prendre en mains leur courage et à récupérer une place centrale dans la gestion de leurs communautés.  

Introduction au projet chez Myriam

Tri des déchets

En ce qui concerne le ramassage des déchets, ce dernier se fait régulièrement pour ensuite être amené un peu plus loin dans un petit centre de tri construit en Mars 2022. Dans cet établissement, les déchets sont triés à la mains en 40 divers catégories, passés dans un compresseur afin de les réduire sous forme de cubes compact qu’ils renverront finalement dans un centre de recyclage extérieur.

Visite du centre de tri de la Zone Ecogram

Les déchets organiques sont également pris en charge à des fins de fertilisant pour les terres et les agricultures aux alentours. En effet, refertiliser les terres dans les environs des villages, est un autre objectif pour Myriam Shankar afin de rendre la zone plus agréable à vivre et surtout, de pouvoir y créer des cultures culinaires. Le projet Ecogram s’est étendu à 8 villages se trouvant dans l’air géographique bordant le domicile de Myriam. Ce dernier, battant son plein grés, inspire non seulement le gouvernement mais également d’autres villages un peu plus loin, à vouloir accéder à ce projet avec une promesse d’un meilleur lendemain. Il se pourrait fort probablement qu’un Ecogram 2 voit le jour d’ici peu. 



C’est grâce au travail acharné d’entrepreneurs comme Myriam qu’il y a une conscience collective qui se construit de jour en jour au sujet des enjeux environnementaux à Bangalore. Des communautés entières naissent autour de questions due aux conséquences du dérèglement environnementales, qui encourage les citoyens de continuer à innover à travers le travail et l’engagement en communauté. 

Trou creusé dans le sol dévoilant des années de déchets non jetés et triés
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Visite au Bangalore Creative Circus 

Par Jennifer Colombi

Après une matinée passée à discuter avec Ram Prasad de l’association Friends of Lakes et une visite du Cubbon Park, nous prenons la voiture en direction du Bangalore Creative Circus. Nous n’avions vu que quelques images de l’endroit et donc nous ne possédions qu’une très vague idée de ce que nous nous apprêtions à découvrir. 

Découverte des lieux

Le Bangalore Creative Circus est un lieu tout à fait original autant esthétiquement que par les activités qui y prennent place. C’est un espace hors du commun, fascinant et coloré. Ce dernier point fut, je pense, l’aspect le plus marquant aux premiers abords et c’est ce qui fait en partie le charme de l’endroit. Mais avant de découvrir les lieux plus en détails, nous avons eu l’occasion de savourer un bon repas dans le restaurant qui s’y trouve, « The Circus Canteen ». Étant un « farm-to-table restaurant », les produits utilisés sont frais, issus de l’agriculture biologique et cultivés sur place ou achetés à des agriculteurs locaux. La priorité est mise sur des aliments riches, végétaux, variés et de saison. De plus, aucun déchet n’est produit, tout est utilisé pour faire du compost, des biopesticides et des bio-enzymes. 

Notre visite commence avec la rencontre du fondateur du Bangalore Creative Circus, Ajay Raghavan, un ancien avocat de profession qui a décidé de se reconvertir et de consacrer son temps en s’engageant en faveur du changement climatique et du développent durable. C’est par le Creative Circus, un ancien entrepôt aménagé de fond en comble avec des matériaux et des meubles récupérés, qu’il mène ce projet innovant qui lui tient tant à cœur. Pour commencer, rien de neuf, en partant du sol jusqu’aux détails les plus subtiles, n’a été acheté pour meubler et enjoliver le lieu. Nous avons pu y observer des décorations originales telles qu’une paire de baskets suspendues ou encore d’anciens appareils électroniques faisant office de pots de fleur.

Le carrelage de l’entrée est composé de carreaux réutilisés venant de différents lieux et les baies vitrées séparant le restaurant du grand espace principal proviennent du cabinet d’avocats où Ajay travaillait. Chaque objet possède sa propre histoire et contribue à en écrire une nouvelle au Bangalore Creative Circus.

Une diversité d’activités

C’est en 2019 qu’il a édifié cet espace où, actuellement, différentes personnes collaborent, autant des artistes, des scientifiques, des jardiniers ou encore des cuisiniers. Cette communauté participe ainsi à créer une culture régénératrice qui promeut un mode de vie durable, plus sain et qui produit du lien social. Collaboration, inclusion, positivité et réinvention en sont les mots d’ordre. C’est bien de ça qu’il s’agit, repenser ensemble nos manières de produire et de consommer pour un futur meilleur. De ce fait, le coworking est un élément central au Creative Circus car ça facilite le développement et la diffusion d’idées. 



Ici, la récupération d’eau de pluie n’est qu’un élément parmi tant d’autres dans la mise en place et la promotion d’un style de vie soucieux de l’environnement. Il y a un intérêt accordé à beaucoup d’aspects tels que l’architecture, les énergies renouvelables, le recyclage, l’agriculture ou encore la sensibilisation pour n’en citer que certains. 

Nous avons également très vite compris que l’art joue un rôle important au sein du Bangalore Creative Circus. On y trouve une galerie d’art et, à divers endroits, différentes œuvres d’arts exposées de manière éparpillée. C’est une des manière qui est employée afin de sensibiliser, de faire prendre conscience aux personnes venant visiter les lieux l’impact que les activités humaines ont sur l’environnement.


Mais toutes les œuvres n’ont pas cette finalité. L’autre but principal est de permettre aux différents artistes d’exhiber leurs créations et de se faire connaître. Il y a en effet un atelier et un appartement où des artistes peuvent venir se poser durant quelques mois et travailler sur leurs productions artistiques. Cet endroit contribue donc également à promouvoir des artistes tout en faisant passer un message écologique. Il est très intéressant de relever comment conjointement, une pluralité de missions remplissant différents objectifs sont menées.

Toujours dans le domaine artistique, différents événements sont organisés au Creative Circus. Il est possible de participer à des cours d’art, d’assister à des représentations théâtrales, d’écouter des musiciens en live et bien plus encore. Nous n’avons malheureusement pas eu l’occasion de prendre part à ces activités.

Pour une conscience écologique

Quant à la végétation, même si elle orne une majeure partie du hangar, il y a un espace consacré à une magnifique variété de plantes et de fleurs, une sorte de petit jardin botanique. La forte présence de verdure procure à cet endroit un côté très apaisant. 

Juste à côté, nous avons pu y voir des jardins où diverses formes de cultures prennent place telle que la permaculture, l’aquaponie, l’hydroponie et la fungiculture. 


Le Bangalore Creative Circus cherche à promouvoir une conscience écologique à travers les différentes activités qui s’y déroulent et par l’architecture même de l’endroit. Cette visite enrichissante nous a permis d’adopter un point de vue plus global, plus holistique et d’observer comment dans un même lieu, pleins d’actions différentes peuvent être entreprises afin de contribuer à un monde meilleur. C’est donc pleins d’espoirs que nous avons quitté les lieux puisque nous avons pu voir qu’il est encore possible de prendre les choses en main et agir.

Ajay Raghavan fait parti de ces personnes qui ont pris des initiatives et qui se sont mobilisées afin de contribuer au développement d’un mode de vie plus durable et inciter les autres à faire de même. Comme tous les fascinants individus que nous avons eu la chance de rencontrer lors de notre voyage, Ajay mène un projet qui le passionne et qui est fondamental à ses yeux. Son engagement et son dévouement, autant écologique que social, sont remarquables et je pense que nous pouvons en tirer pleins de leçons.


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Au fil de l’eau

Par Roxane Borgeaud et Eléonore Petit

Avec quatre étudiantes volontaires rattachées à Biome, on a pu voir ainsi comment un lieu de passage se modifie, se transforme, pour se mettre au service des communautés locales, au travers ici d’un projet artistique à des fin de communication. La fresque observée, avec les explications de Fahra et Wrishika reflète et dévoile l’histoire de la communauté des Welldigger, des creuseurs de puits, qui font partie d’une des castes les plus défavorisées du pays. 



La fresque nous parle ainsi de comment les Welldigger creusent et recueillent l’eau, mais aussi des inquiétudes liées à cette dernière. Couvrant toute la longueur du mur de la station, on a ainsi pu voir, mais aussi toucher toute une palette de couleurs, déclinée en divers tons de bruns. Ces dernières ont été faites en collectant de la terre de Cubbon Park, donnant à l’œuvre une dimension d’autant plus forte, nous permettant d’expérimenter une dimension supplémentaire à la vue d’un tel travail. 

Enfin, nous avons pu voir comment des terres sont accaparées par le mariage et la possession de femmes, en vue de récolter de l’eau par la création de nouveaux puits creusés. Ces dernières sont de plus davantage reléguées dans des endroits insalubres, et souffrent d’autant plus des difficultés d’accès à l’eau. Nous pensons pour le coup fortement à nos collègues de Rio, tout en constatant qu’ici aussi, la lutte pour les droits et l’autonomie des femmes reste cruciale.



Si la problématique de l’eau crée de vives inquiétudes tout autant que la recherche de solutions, on voit qu’il n’y a pour le moment que peu de règlementations liées à la gestion hydrique, à la fois à Bangalore et plus généralement en Inde. Le dialogue entre gouvernement, ingénieurs, et le peuple reste très difficile ; un tel travail permet ainsi à la fois d’exprimer une forme de créativité de manière communautaire, tout autant que de sensibiliser de manière plus large à la problématique. 

Nous sommes ensuite remontés des profondeurs pour retrouver la surface, avec une météo ayant décidé elle aussi de célébrer l’eau, en grande pompe. Fort heureusement, de telles averses ne durent que peu de temps, même en période de mousson ; nous nous sommes ensuite dirigés vers le Swissnex local, où nous avons enfin pu faire connaissance avec nos hôtes, autour d’un repas chaud. 

Balade au fil des drains



Restant dans la thématique, la suite de notre semaine nous amène à rencontrer Pinky Chandran, artiste engagée ayant elle aussi pris le parti de mettre au service son art à des fins de sensibilisation autours de l’eau. Ayant pu constater comment les déchets s’accumulent dans les canalisations (« drains »), elle s’est intéressée aux infrastructures présentes, et à leur histoire au sein de la ville.

En effet, un des problèmes majeurs de Bangalore concerne les déchets solides qui s’accumulent dans ces évacuations d’eau. De plus, si cette dernière est disponible en substance, elle ne peut dans les faits être employée pour les besoins de la population, du fait desdits déchets et de la pollution. Pinky intègre à ses projets des plantes aidant à purifier de plus les eaux, plantes que nous avons pu rencontrer lors d’une promenade au fil de l’eau en sa compagnie, le long d’un canal nettoyé et réaménagé, en pleine ville de Bangalore. Nous avons pu ainsi voir comment un lieu public peut ici à nouveau être réinvesti pour servir les communautés locales.

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Arrivée à Bangalore

Par Roxane Borgeaud et Eléonore Petit

Au soir du 02 août, c’est officiel, nous faisons nos premiers pas à Bangalore. Une météo diluvienne nous fait office de bienvenue, nous sommes pour ainsi dire « mis dans le bain ». Nous faisons ainsi connaissance durant le trajet avec l’incroyable Antony, notre chauffeur qui nous accompagnera tout au long de nos aventures, pour arriver après une heure de trajet dans notre nouveau chez-nous pour les 2 semaines qui vont suivre. La ville, même de nuit, est un concentré de sons et lumières ; un véritable désordre organisé. Nous en prenons particulièrement conscience en arrivant à notre hôtel, où notre quartier, comme le reste de la mégapole, est composé de manière hybride entre végétation, arbres et câbles électriques (pendant un peu partout tels des lianes). 



Le lendemain, après un premier contact avec la nourriture locale pour notre petit déjeuner (la banane deviendra à cette occasion notre nouvelle meilleure amie), nous prenons la route en direction du Jakkur Lake, afin de rencontrer Annapurna, qui dirige les fondations Sataya et Jalapur. Le siège de Sataya, qui a été fondée en 2011, est d’ailleurs sa résidence, au sein de laquelle nous avons été accueillis au sein d’une végétation luxuriante, véritable oasis parmi l’agglomération de Bangalore (adresse exacte à revérifier). 

Notre second contact culinaire prit ici la forme d’un plat typique de la région, la Banana Leaf, expérience de diverses saveurs posées directement sur une feuille de bananier fraichement cueillie. La manière traditionnelle de savourer ce plat, à savoir directement à la main, a ajouté pour nous un défi supplémentaire, que nous avons pour la plupart réussi honorablement. 



C’est par ses convictions, et par l’importance centrale qu’occupe la nature à ses yeux, qu’Annapurna travaille avec les communautés locales, dans le but de la restauration et de la préservation du lac Jakkur. Initialement, ce dernier, surexploité, finit par quasiment disparaître, du fait de l’urbanisation croissante. Il faudra attendre 2017 pour voir les premiers mouvements citoyens locaux, avec la volonté de préserver cette zone naturelle unique.

Annapurna, femme inspirante et inspirée, y vit une occasion alors de travailler de manière concrète avec les habitants des environs, à la fois sur la base du volontariat et de l’engagement. En retour, les fondations Sataya et Jalapur font leur maximum, sur une base démocratique, pour donner vie aux souhaits et aspirations des membres de la communauté. 

Jakkur Lake

Le lac est bordé d’un parc dans lequel les fondations et Annapurna font pousser diverses espèces de plantes, tout en permettant d’accueillir les visiteurs. Le but est non seulement de recréer une zone protégée, et similaire à la végétation d’origine, mais également de mener diverses expériences scientifiques, comme l’importation d’abeilles sans dards. 

La zone, protégée, est donc géré par des volontaires de la fondation, ce qui démontre ici un sens du communautaire fort, sans lequel rien n’aurait pu démarrer. Divers aménagements sont tout de même faits pour les visiteurs, notamment des espaces de jeux pour tous les âges (inspirés des parcours de l’armée). Du biogaz est également produit sur place, en compostant les végétaux sur place ; ces derniers permettent notamment de faire de l’engrais pour ces derniers. Cette première expérience nous a permis de prendre rapidement conscience de l’importance de la notion de communauté à Bangalore. Les discussions avec Annapurna et sa Lake manager, Priyanka, furent pour cette première journée stimulantes et inspirantes ; d’autant plus par le fait que nous avons pu passer une après-midi en leur compagnie en faisant le tour du lac. La pluie, quasi-continue depuis notre arrivée du fait de la saison de la mousson, n’a pour le moment en rien entamé l’enthousiasme donné par cette première rencontre.


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8 août : « Grandir sans violence »

Comme pour de nombreux·euses·x cariocas, il est aussi temps pour nous de reprendre le travail. Le début de la semaine est rythmé par le planning que nous commençons peu à peu à connaître : réveil, petit-déjeuner et marche matinale jusqu’au Swissnex. Depuis là, nous avons rejoint Vincent et Malin avant de nous mettre en route pour notre rendez-vous de la journée. En effet, il s’agissait de rencontrer Priscila Pereira Da Silva, la coordinatrice du projet « Crescer sem violência » (Grandir sans violence) faisant partie de la fondation Roberto Marinho. Bien que nous ayons déjà rencontré Priscila par Zoom au début de notre projet il y a quelques mois, se fût un réel plaisir de se voir enfin en « présentiel » et de pouvoir échanger plus amplement avec elle. 

Nous arrivons tout d’abord devant un bâtiment moderne avec une entrée très sécurisée puisque celui-ci héberge de nombreux bureaux dans le secteur de la finance et des médias. Priscila nous a accueilli à l’entrée et nous a fait visiter les locaux en précisant qu’elle se perdait parfois elle-même puisqu’elle n’y a été que très peu présente en raison de la pandémie et du télétravail. Arrivé·e·s dans les locaux de la fondation, l’échange a enfin pu commencer par une présentation du projet par Priscila. En effet, « Crescer sem violência » n’est pas une association ni une fondation, mais un projet faisant partie de la Fondation Roberto Marinho. Cette fondation a été créée par Roberto Marinho, le fondateur du groupe médiatique « Globo » ayant exercé une forte influence au Brésil. Sa fondation touche toujours au domaine médiatique puisqu’un de leurs projets a été de créer une chaîne télévisée éducative appelée « Futura ». C’est à partir de ce moment qu’entre en scène le projet « Crescer sem violência » puisqu’il s’agit de sensibiliser les enfants aux violences sexuelles dont iels peuvent être victimes mais aussi à d’autres types de violences comme le harcèlement scolaire, les violences psychologiques ou encore la santé mentale. Actuellement, cette sensibilisation consiste en de courts dessins-animés mettant en scène des enfants issus d’une famille multi-ethnique et recomposée afin de coller le plus possible aux structures familiales brésiliennes actuelles. Les enfants sont aussi de genre et d’âge différents afin de toucher le plus d’individus possible. Puisque les questionnements et les problématiques que rencontrent les enfants sont différentes en fonction de leur âge, les dessins animés sont divisés en trois catégories correspondant à la petite enfance (de 0 à 7 ans), à l’enfance (de 8 à 13 ans), à la pré-adolescence et adolescence (14 ans et plus). 

Avant de nous dévoiler son projet, Priscila nous présente d’abord quelques chiffres. Il est tout d’abord important de se rendre compte que la plupart des violences sexuelles sont commises par une personne faisant partie de l’entourage de l’enfant. En effet, l’association estime que 77% des agressions sont perpétrées par des membres de la famille. L’association a également mis en avant l’impact de la pandémie de la COVID-19 sur les violences sexuelles, celle-ci serait la cause de l’augmentation actuelle du nombre de cas. La pandémie a aussi eu des conséquences sur la santé mentale des jeunes puisqu’environ un quart d’entre elleux présentait des signes dépressifs durant cette période. Il est néanmoins difficile de présenter des chiffres exacts en raison de l’arrêt de la publication de statistiques durant la pandémie par le gouvernement concernant le nombre de décès liés à la COVID-19, l’augmentation des violences domestiques ou encore des suicides. En plus de l’augmentation des violences sexuelles liées à la pandémie de la COVID-19, ces violences touchent des enfants de plus en plus jeunes, ce qui accroît l’impunité des agresseur·euse·x·s puisque les jeunes enfants ont plus de peine à parler de leur situation. 


Sensibiliser les jeunes aux violences sexuelles, c’est-à-dire leur faire prendre conscience qu’iels n’ont pas à accepter ces comportements inappropriés et leur apprendre à les dénoncer, s’avère donc fondamental. L’école représente ainsi un lieu de prévention privilégié puisque c’est un endroit où l’enfant n’est plus sous l’emprise de potentiels agresseur·euse·x·s présent·e·x·s au sein de sa famille ou de son entourage. Au vu du haut taux de violences sexuelles – on estime qu’une personne sur dix aurait vécu des violences avant ses 18 ans – mais aussi de l’importance que prend les mariages de mineur·e·x·s dans la société brésilienne (le Brésil étant le cinquième pays avec le plus haut taux de mariage d’enfants au monde), l’éducation sexuelle au Brésil est confrontée à des enjeux totalement différents qu’en Suisse. 

En combinant les informations issues de notre entretien de la journée ainsi que celles que nous avons récoltées lors de nos précédents interviews, nous avons pu commencer à préciser et finaliser notre projet d’innovation sociale en vue de la présentation du lendemain. Après avoir repris des forces dans un buffet servant des plats typiquement brésiliens, nous nous sommes à nouveau rendu·e·s dans les locaux de Swissnex afin de se remettre au travail. Chaque groupe a pu débriefer à propos de toutes les informations obtenues depuis le début de notre séjour mais aussi issues des entretiens menés en Suisse avec divers professionnel·le·x·s. Il s’agissait ensuite de donner forme à notre innovation sociale en rédigeant une présentation de quelques minutes permettant d’expliquer rapidement et facilement notre projet aux invité·e·x·s de l’événement du lendemain. 

Marion Le Morvan 

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13-14 août

Le dernier week-end carioca

Le réveil sonna à 7h ce samedi matin. Nous étions tous·tes prêt.e.s (enfin presque) à passer notre dernier week-end ensemble. Après un petit-déjeuner copieux, nous nous sommes dirigé·e·s vers le car réservé pour la matinée. En effet, nous avons eu l’opportunité d’être invité·e·s à la remise des diplômes des femmes de la Casa da Mulher, nommé «Festival casa da Mulher Carioca tia doca ».  

L’événement comportait plusieurs stands de bijoux artisanaux, de nourritures, de maquillage, ainsi que de coiffure.  Il y avait aussi plusieurs représentations artistiques exposant la diversité des formations proposés aux femmes. Une fois de plus, l’émotion était au rendez-vous. Le rire, la joie et les sourires de ces femmes étaient très communicatif. 

Après avoir rencontré et discuté avec plusieurs intervenant·e·x·s, nous sommes reparti·e·s en direction de l’hôtel. Nous avons profité de ce trajet pour nous reposer avant la suite de la journée.

L’après-midi étant libre, chacun·e vaqua à ses occupations. Une partie du groupe resta à l’hôtel se reposer tandis que l’autre décida de se rendre au centre commercial afin de ramener quelques souvenirs en Suisse. Nous étions plusieurs à rechercher le maillot officiel du Brésil. À notre grande stupéfaction, il était impossible de le trouver dans les petits magasins en ville. Heureusement pour nous, après 1h30 dans ce centre commercial, nous avons finalement trouvé le fameux maillot brésilien. Après nos achats, nous sommes tous·tes rentré·e·s à l’hôtel afin de nous préparer pour notre avant-dernière soirée ensemble.

19h : rendez-vous au restaurant afin de partager un dernier repas avec Vincent du Swissnex. Malheureusement, personne n’avait appelé pour réserver une table. Ce n’a donc pas été une tâche facile de trouver une table libre pour 11 personnes un samedi soir… Ainsi s’est organisé une petite promenade afin de trouver un restaurant qui veuille bien nous accepter. Après quelques minutes, Vincent trouva un sushi bar, pour le plus grand plaisir de certain·e·s. Pour les plus gourmand·e·s, un buffet à volonté nous était proposé. La soirée s’est ensuite poursuivi dans un bar et s’est terminé à l’hôtel.

Le dernier dimanche était un peu chaotique. En effet, il n’y avait pas de planning clair. Chacun·e faisait donc ce qu’iel voulait, que ce soit se détendre après une longue, amusante et inoubliable nuit ou encore faire quelques courses et acheter quelques souvenirs. Un groupe a décidé de retourner au marché, comme le dimanche précédent. Nous avons flâné autour des stands et avons tous·tes fini par acheter des petites choses pour nous rappeler de cet incroyable voyage. Certains ont acheté des t-shirts artisanaux, d’autres ont opté pour des bracelets et des boucles d’oreilles. Nous avons pris notre temps et avons profité de l’ambiance et de l’accueil des locaux.

Nous avions une réservation à 20h le soir-même dans un petit restaurant magique à proximité de l’hôtel. L’ambiance était un peu morose durant les 20 minutes de marche. Nous étions tous·tes silencieux·ses·x, réfléchissant à la vitesse à laquelle les deux dernières semaines se sont écoulées. Nous sommes ensuite arrivé·e·s au restaurant pour un dernier repas ensemble. La nourriture était magnifique et, comme toujours, la compagnie l’était aussi. Il était alors temps pour la petite surprise que nous avions prévue pour Maxline. Celle-ci prend sa retraite à notre retour en Suisse, mais surtout, c’est elle qui a organisé et qui est responsable de ce merveilleux voyage. 

Ce n’était pas grand-chose, juste un petit geste avec quelques petits cadeaux et une carte signée par nous tous·tes, mais cela était suffisant pour toucher tout le monde. Les choses sont devenues émouvantes et certain·e·s d’entre nous ont versé quelques larmes. Nous aimerions donc prendre une partie de notre texte pour remercier à nouveau Maxline pour tout ce qu’elle a fait pour nous. Pour le rires, pour les petits moments magiques et simplement pour qui elle est. L’impact qu’elle a eu sur nous restera gravé en nous pour le reste de notre vie. Alors, du fond du cœur, merci Maxline.

Mélissa Nolfo et Ahmed Turki

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12 août

Un vendredi diversifié

Toute notre équipe d’étudiant·e·s se lève tôt aujourd’hui. Objectif : départ à 7h30 pour aller voir le Christ rédempteur. L’air frais des matins d’hiver brésiliens nous accompagne sur le trajet et nous arrivons à l’heure pour la première montée du train du Corcovado.

Il s’agit d’un train rouge qui chemine entre la végétation tropicale et qui mène jusqu’au Christ rédempteur. A notre arrivée au sommet, il n’y avait que quelques personnes et les rayons du soleil qui perçaient la végétation, la rosée et la fin brouillard donnaient l’impression d’être au paradis. Nous étions fasciné·e·s par la vue stupéfiante de toute la ville de Rio ainsi que la grandeur et la majesté du Christ. 

Le monument est tellement célèbre et toujours présenté comme le symbole de Rio que nous avions oublié qu’il s’agissait également d’un lieu de culte. Nous avons donc pu assister de loin à une messe qui se tenait dans la chapelle contenue à l’intérieur du socle de l’immense statue. Malgré une grande présence des touristes, nous avons pu profiter du beau paysage et passer du bon temps en compagnie de tout le groupe. Nous sommes ensuite retourné à l’hôtel pour se reposer avant notre dernier week-end carioca. 

La fin de ce voyage commence à se sentir au sein du groupe, les émotions et la nostalgie sont au rendez-vous. Nous avons tous·tes rendez-vous, ce vendredi 12 août à 12h30, sur la terrasse du Swissnex afin de partager un dernier repas tous·tes ensemble. Ce grand buffet nous permet  de revenir sur les points clés du voyage : Casa da mulher, Viva Rio, Preifetura do Rio, 42 Rio… 

Afin de continuer cette discussion et d’élargir ces réflexions, Vincent nous propose un endroit plus calme, au sous-sol. Une table ronde est proposée. Nous sommes convié·e·s à réfléchir aux impacts de ce voyage, de ce « Social Innovation Summer », sur un plan professionnel mais également personnel. 

Le thème de la culture est revenue mainte et mainte fois lors de la discussion. Qu’est-ce que la culture, que signifie-t-elle réellement et quel rôle joue-t-elle dans notre problématique de recherche ? Nous avons tous·tes rencontré le concept de culture lors de nos études. Toutefois, en nous rendant sur le terrain, nous prenons conscience que la réalité est souvent bien plus complexe et qu’il est important de se renseigner un maximum auprès de différent·e·x·s acteur·trice·x·s afin de comprendre ce qui influence les comportements, les politiques et les actions d’une société en générale. Il a été intéressant pour nous d’expérimenter cette posture du chercheur en interagissant et observant les travaux des différents organismes ainsi que les vies quotidiennes des locaux.

Nous avons aussi pu comparer ce que nous avions suivi comme théories pendant nos cours à l’université avec le terrain et la façon dont ces théories se manifestent et s’appliquent dans la pratique. Le contexte a été mentionné plusieurs fois pendant la conversation à propos de l’impact de ce voyage sur le plan professionnel, particulièrement lorsque nous avons fait des liens entre la Suisse et le Brésil. Cela nous a permis de mettre en évidence l’importance du contexte. 

Nous avons tous·tes été d’accord d’affirmer que ce voyage à Rio de Janeiro a eu un impact plus que positif dans nos vies. C’est pour cela que la partie personnelle de la discussion était beaucoup plus difficile à exprimer. Un mélange d’émotions était visible sur nos visages : la tristesse que cette expérience touche bientôt à sa fin, mais aussi la gratitude et la joie de l’avoir partagée avec ce groupe d’étudiant·e·s choisi au hasard pour finir par devenir un groupe d’ami·e·s inséparables. 

Une fois la table ronde terminée, une partie du groupe décide d’aller visiter le Museu do Amanhã (« Musée de demain ») qui nous avait été conseillé par plusieurs personnes du Swissnex. Il se trouve au bord de la mer et présente une architecture particulière. 

L’exposition commence par un court film projeté à 360 degré dans une petite salle adaptée afin d’introduire le sujet de « demain », c’est-à-dire les différents futurs possibles en fonction de notre réalité contemporaine et le chemin que prendra l’humanité. La suite de la visite nous montre diverses cultures et œuvres d’art représentant notre présent. Une partie du musée est consacrée aux enjeux actuels tels que les conflits, la déforestation, la surexploitation des ressources naturelles, la pollution, le réchauffement climatique et la pauvreté. La dernière partie de la visite est quant à elle consacrée au futur. Différentes données sont présentées concernant l’évolution démographique, les infrastructures, l’alimentation, les inégalités sociales et quelques autres sujets. Il y avait également un jeu interactif qui estimait la manière dont pouvait évoluer la terre selon les choix de quatre participant·e·x·s à des questions proposées. Chaque joueur devait gérer un thème différent : le climat, la biodiversité, les villes et la population. C’est donc après avoir empêché la fin de l’humanité que nous sommes ressorti·e·s du musée et avons profité des derniers rayons du soleil devant le bâtiment entièrement éclairé en rose. Encore un coucher de soleil inoubliable dans la ville de Rio de Janeiro. 

Un rendez-vous était planifié pour la soirée sur un rooftop à Leblon à 20h pile. Naturellement, nous étions tous·tes là à 20h30. L’ambiance était un peu basse au début, tout le monde sentait la fin de cette magnifique expérience se rapprocher. Mais nous avons pu quand même profiter de la présence de tout le groupe pour un dîner calme et une soirée de musique locale avant de rentrer tranquillement à notre hôtel.

Mélissa Nolfo, Julie Simonet et Ahmed Turki

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11 août : Rio et ses multiples facettes

Aujourd’hui, matinée plutôt reposante pour tout le monde. Dixième journée déjà à Rio de Janeiro et nous commençons gentiment à nous sentir comme à la maison. Comme chaque matin, nous nous donnons rendez-vous dans le hall d’entrée où, tous les jours, nous attendons les retardataires, ou plutôt, la retardataire. Le coup de 11h30 sonne et nous prenons le taxi pour rejoindre Fabricio que nous avions rencontré quelques jours plus tôt dans le cadre d’un atelier intitulé “Social communication and presentation skills”. Nous traversons la ville et nous sommes ébahi·e·s par le contraste de chaque coin de rue. Les favelas, situées sur les collines, semblent nous suivre de loin et nous continuons à garder nos distances sans vraiment savoir ce qu’il s’y passe à l’intérieur. Aux pieds d’une de ces collines se trouve cet immeuble dans lequel se cachent de nombreux bureaux que nous sommes sur le point de visiter. Nous retrouvons enfin toute l’équipe du projet ainsi que Fabricio qui nous conduit dans les locaux de 42 Rio où il exerce le métier de community manager

Entre les Favelas et le port maritime, le building comporte à l’intérieur un univers à l’écart du monde que nous avons exploré jusqu’à présent. Identités vérifiées, nous nous apprêtons à nous aventurer dans les bureaux de 42 Rio. Créé en 2013 par l’entrepreneur français Xavier Niel, fondateur et actionnaire principal d’Iliad, groupe de télécommunications français, 42 se trouve être un programme innovant offrant une formation d’ingénieur·e·x·s logiciels. Dès notre arrivée, nous sommes impressionné·e·s par la modernité des différents espaces que nous visitons de par l’ameublement, l’architecture sophistiquée et la grandeur du lieu. Nous nous rendons dans une salle où les sièges sont positionnés en forme de rond tout autour d’une place centrale où Fabricio prend la parole et nous explique les conditions d’entrée de l’école. Ce réseau regroupant des centres de formations de développeur·euse·x·s dans plus de 40 pays du monde entier, celui-ci est ouvert à tous et toutes à la seule condition d’être majeur·e·x et motivé·e·x. Les étudiant·e·x·s, surnommé·e·x·s les “Cadets et Cadettes”, se lancent alors dans la “piscine”. Il s’agit de quatre semaines de travail ultra intensives où celles et ceux qui y entrent se lancent dans une matrice d’auto-disciplinarité et de productivité et sont noté·e·x·s en XP (point d’expérience) comme dans les jeux vidéo. Une étape importante que très peu de cadets et cadettes arrivent à surmonter.

Cette compétition est prônée au sein de l’école encourageant chaque élève à être un vrai “self made man”. Chaque étudiant·e·x présent·e·x prend ensuite la parole pour nous faire part de son expérience chez 42 Rio. Leurs témoignages sont plus positifs les uns que les autres et tous ont un point commun : leur vie en a été fortement impactée.        

Cette réalité sans pareille, digne de la célèbre série Black Mirror, provoque chez nous un certain malaise. Nous poursuivons la visite dans les locaux où certain·e·x·s entrepreneur·euse·x·s nous présentent leur projet. Une équipe de jeunes hommes nous montre la mise en place d’un programme sur lequel ils travaillent : un système de badge connecté à une montre que porteront des ouvrier·ère·x·s afin que leur sécurité soit renforcée. Leurs mouvements pourront alors être détectés en cas de danger. Mais ça ne s’arrête pas là. Ces montres interfèrent dans leur travail pour détecter leur moindre mouvement et leur productivité. Un classement sera par la suite effectué pour évaluer le travail de chaque employé·e·x. Ce projet nous semble dépourvu de toute réalité sociale mais semble pourtant leur provoquer beaucoup d’enthousiasme. De notre côté, nous sommes abasourdi·e·s par l’absurdité de leur projet prônant l’ultra productivité et la marchandisation des travailleur·euse·s. Cependant, ce n’est que l’expression de notre époque néolibérale. Une réalité très proche de celle en Suisse puisque l’école 42 existe également à Lausanne à la différence de la transparence des discours sur le fonctionnement de l’établissement et plus particulièrement des différentes innovations. Nous nous attendions à retrouver quelque chose de similaire à nos innovations sociales mais ce ne fut pas tout à fait le cas. 

Changement d’ambiance, nous poursuivons notre journée par l’incontournable activité du Brésil : la samba. “And one, two, three, one, two, three… » : voici les paroles que Bruno, notre professeur de samba, nous répète à l’infini. Nos pieds s’emmêlent sur la complexité du rythme mais nous parvenons peu à peu à comprendre les pas de danse. À cet instant, nous nous sentons comme de vrai·e·s Carioca. Mais la musique accélère et notre optimisme baisse progressivement. Pour bien finir le cours, Bruno nous fait une petite démonstration du danseur de samba professionnel qui a le rythme dans la peau, contrairement à nous. Nous repartons alors plus motivé·e·s que jamais pour danser dans les rues de Rio de Janeiro. 


Nous terminons notre journée en beauté dans un restaurant de musique Bossanova où les plus courageux d’entre nous se lèvent pour bouger au rythme de la célèbre chanson “Mas Que Nada” et entraînent leurs nouveaux pas de danse. D’autres mélomanes nous rejoignent également et nous commençons une petite “partido” comme de vrai·e·s brésilien·ne·s avant de rentrer à nouveau à l’hôtel pour une partie d’entre nous et de faire un karaoké dans un second bar pour l’autre partie.

Manon Bourcoud et Tringa Xhuli

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10 août

Innovations et nature

Après une journée et une soirée riche et très mouvementée, le planning du lendemain était plus allégé et calme. Nous avions rendez-vous dans la même salle que le soir précédent, moins décorée que la veille, pour assister à deux présentations d’organismes suisses ayant développé une innovation sociale au Brésil. La première présentation portait sur une start-up suisse nommée « Herby » qui souhaitait développer une intelligence artificielle afin de corriger les tests des élèves. Durant la pandémie, les écoles brésiliennes étaient bien sûr fermées. Malheureusement, certains élèves n’avaient pas accès à des programmes tels que Zoom afin de pouvoir suivre les cours à distance. Pour remédier à cette situation, les élèves devaient rencontrer une fois par semaine leurs professeurs afin d’échanger leurs devoirs pour les faire corriger et en recevoir des nouveaux. Toute cette organisation était ainsi très compliquée. C’est pour cela que cette start-up a pensé à introduire une intelligence artificielle qui faciliterait la correction des tests et pourraient ainsi améliorer l’éducation à distance lors de pandémies. Cette application s’avère aussi intéressante pour remplacer un professeur dans certaines favélas où les élèves n’en ont pas forcément à disposition.

Herby nous a ensuite parlé de différentes barrières que l’on peut rencontrer lors de la vente d’une start-up. Il faut en effet savoir parler aux bonnes personnes au bon endroit, adapter l’innovation au contexte et surtout essayer de faire fonctionner son idée à un petit niveau avant d’essayer dans une échelle plus grande. Il a aussi expliqué certaines spécificités du business brésilien, comme le fait qu’il est parfois compliqué d’avoir un feedback sur une présentation ou une idée car : « Brazilians don’t say it’s bad. ». 

Après avoir posé des questions et diné, nous avons assisté à la seconde présentation. Cette fois-ci, il s’agissait du fondateur de l’ONG Mauren to leben : Yves Störi. Cette organisation suisse s’intéresse tout particulièrement à la région la plus pauvre du Brésil, Marianaw, où le fondateur avait donné des leçons de musique quand il avait 19 ans. Cette région, faisant huit fois la superficie de la suisse, a aussi le taux le plus élevé d’analphabétisme du pays. L’organisation fonctionne d’après le « Help for Self-Help », c’est-à-dire que le but de celle-ci est d’amener de l’aide à l’auto-détermination de manière durable, tout en empêchant une dépendance des locaux à l’ONG. Son idée est en effet simple et diffère de nombreuses autres ONG plus connues : l’organisation donne les outils nécessaires au populations locales pour être plus indépendantes en fonction de leurs besoins particuliers, qui sont ainsi exprimés par les intéressé·e·x·s et non pas imposés par autrui. L’organisme amène principalement de l’apprentissage, aux hommes comme aux femmes, concernant la construction de maisons solides, mais aussi à propos de la façon de monter une petite entreprise, de faire des gâteaux, de réparer une moto ou de tenir une librairie. Il est indispensable d’amener des connaissances afin de construire des infrastructures nécessaires au bon fonctionnement d’un village, comme par exemple la rénovation de l’église du village, lieu important pour la cohésion sociale locale. L’acquisition des matières premières indisponibles et nécessaires à la construction des maisons passe par les locaux qui ont aussi appris à demander des devis et qui connaissent les bases économiques leurs permettant de négocier et d’avoir des prix avantageux.

L’innovation sociale de Yves Störi est une réussite : avant, les familles travaillaient dans la production de soja et dépendaient alors des propriétaires et donc d’un circuit global qui n’était pas favorable pour elleux. Aujourd’hui, ils ont réussi à développer une économie circulaire dont iels sont responsables, en plus de bénéficier de meilleures conditions matérielles, et tout cela sans rien devoir à l’ONG. Mauren to leben a aussi un autre projet dont l’objectif est de donner à cent jeunes la possibilité de suivre un cours de sensibilisation au recyclage durable. En effet, le recyclage et la reforestation constituent un travail important et indispensable pour la prochaine génération. Il profite aussi des cours concernant l’électrification des maisons pour promouvoir la mise en place de panneaux solaires afin d’obtenir un meilleur impact sur l’environnement.

Avec 23 cours par année, l’organisation a réussi à distribuer 300 diplômes qui vont également aider la transmission intergénérationnelle des savoirs. Avec un travail qualitatif, des visites récurrentes du terrain et le maintien des liens personnel, l’ONG a réussi à avoir un impact réel et significatif.

Après la fin des deux présentations, nous avons discuté ensemble du programme de notre après-midi de libre et avons finalement décidé de nous rendre au parc Lage. Nous sommes d’abord allé·e·s visiter le palais des beaux-arts, un endroit magnifique au pied du Corcovado où nous avons pris de nombreuses photos.

Depuis le palais, nous nous sommes rendu·e·s dans le parc de 52 hectares classé au patrimoine historique brésilien. Notre visite était surtout motivée par une chose : pouvoir observer des singes en liberté. Après une marche de 20 minutes, nous avons eu la chance d’en voir tout près de nous.

Nous avons ensuite continué notre balade dans le parc. Vers la sortie, nous avons fait une deuxième rencontre à laquelle nous ne nous attendions pas, cette fois-ci : un capybara. Un certain nombre d’entre nous ne connaissait pas l’existence de ce rongeur qui peut mesurer plus d’un mètre de longueur et peser jusqu’à 50 kg. Exalté·e·s par cette rencontre, nous décidons de continuer encore un peu notre visite avant le coucher du soleil. Dans une allée, nous apercevons à nouveau un singe, nous décidons de nous mettre tous·tes accroupis en silence. Voilà que nous nous retrouvons entouré·e·s d’environ 5 singes différents se baladant au travers des arbres. Le soleil se couchant nous décidons finalement de quitter le parc et de nous rendre à l’hôtel afin de nous préparer pour le barbecue brésilien du soir. 

Oscar Della Casa & Christelle Hamouti

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9 août : NexGen Social Innovation Night

Et voilà, nous y sommes ! Après des mois de recherches en Suisse et une semaine à Rio, mêlées de rencontres inspirantes et enrichissantes avec différentes organisations, nous voilà enfin arrivé·e·s au jour de la soirée officielle durant laquelle nous devons présenter nos projets respectifs. Cette journée avait un goût tout particulier pour chacun·e d’entre nous. Malgré le stress, nous étions tous·tes fier·e·s de présenter nos innovations sociales aux invité·e·x·s présent·e·x·s.

Ce matin-là, nous étions attendu·e·s au Swissnex pour un workshop de « pitch training », donné par Fabricio De Martino, manager en communication de la société 42 Rio. Ce cours avait pour but de nous aider, aux travers de différents exercices, à mieux gérer nos prises de parole devant un grand public. Nous avons notamment appris à tenir un micro, à gérer le stress, ou encore à avoir une bonne posture. Nous nous sommes rendu·e·s compte que pour faire une présentation de qualité, il fallait tenir compte d’énormément d’aspects. C’est un réel challenge ! C’était exactement ce dont nous avions besoin pour nous mettre dans l’ambiance de la soirée qui nous attendait tout en nous amusant et en nous relaxant. 

Dès que le workshop touchait à sa fin, nous n’avons pas perdu de temps. Nous sommes vite allé·e·s chercher de quoi manger et nous nous sommes mis·e·s à travailler les derniers détails de nos présentations dans les locaux du Swissnex. Après avoir finaliser nos travaux, nous nous sommes rendu·e·s à l’hôtel afin de nous mettre sur notre trente et un pour la soirée. Plus le temps passait, plus l’agitation devenait de plus en plus intense. En effet, sur la route, nous étions tous·tes en train de réviser nos textes et de l’extérieur, la scène paraissait quelque peu drôle. Quand nous sommes arrivé·e·s au Swissnex, nous étions émerveillé·e·s par la façon dont la salle était décorée. La lumière un peu diffuse et la musique de fond donnaient une atmosphère très relaxante.

Vincent avait préparé un joli powerpoint avec des photos qui ont marqué notre première semaine à Rio. Nous étions très touché·e·s de voir ce petit récapitulatif du début de notre expérience. Nous avons aussi eu le plaisir de revoir toutes les personnes que l’on avait rencontré·e·x·s lors de notre première semaine, et elleux-mêmes avaient l’air enthousiaste·x·s à propos de cette soirée. 

L’événement a débuté par le discours de Vincent qui annonçait le programme de la soirée et nous présentait aux invités·e·x·s. Ensuite, nous avons eu l’honneur d’écouter le discours de l’ambassadeur suisse au Brésil, Monsieur Pietro Lazzeri. Celui-ci était riche et portait principalement sur l’importance de l’innovation sociale et l’impact que celle-ci peut avoir sur la vie des personnes du monde entier. Ce moment fût très motivant. 

Le moment tant attendu arriva enfin ! Malgré l’agitation de l’instant, regarder tous les visages souriants des invité·e·x·s nous a donné beaucoup de courage. En effet, nous avons compris que toutes les personnes présentes étaient là pour nous écouter et nous encourager dans notre démarche et dans nos recherches.

Nous nous sommes senti·e·s chanceux·euses d’avoir eu l’occasion de partager notre projet avec des expert·e·x·s qui s’occupent de ces problématiques sociales tous les jours et qui luttent pour un avenir meilleur. Même si nous sommes absolument conscient·e·s de notre peu d’expertise et de notre position d’étudiante·s, nous espérons que nous avons pu leur montrer notre motivation et notre envie de prendre part à un tel projet. En ce qui nous concerne, nous nous rendons compte de la richesse de chacune des présentations que l’on a eu la chance d’écouter, de toutes les informations que nous avons reçues et la manière dont tout cela va nous impacter non seulement en tant qu’individu mais aussi en tant que jeunes sociologues. 

Malgré les appréhensions que nous avions, ce fût un moment rempli d’émotions. Tout le monde  était enthousiaste à propos de nos projets. Durant la suite de la soirée, nous avons pu interagir avec les invité·x·s et avoir des échanges très enrichissants. Encore une fois, nous nous sommes senti·e·s très reconnaissant·e·s de cette expérience et nous comprenons une fois de plus que notre capital de savoir ne fait que croître. Nos dix premiers jours à Rio nous ont effectivement permis d’apprendre énormément sur la culture brésilienne ainsi que ses enjeux. Néanmoins, nous sommes conscient·e·s que ce n’est que le début d’une longue aventure.

La soirée se poursuit par un moment de détente accompagné de musique et d’ondes positives. Il est difficile pour nous de décrire combien chaque moment nous a marqué. Recevoir les compliments, les encouragements et les remarques des invité·x·s nous a fait prendre conscience du travail que l’on venait d’accomplir et à quel point nous pouvions tous·tes être fier·e·s de nous. Nous avons beaucoup appris à travers chacune de ces expériences et c’est avec le cœur rempli d’émotions que nous avons continué à célébrer ce moment! 

Pour conclure ce texte, nous aimerions prendre un peu de temps pour remercier tout particulièrement Maxline Stettler et Joana Thevenet sans qui cette aventure n’aurait pas été pareille. Nous souhaitons les remercier pour toute l’aide, l’appui, le suivi et les bonnes ondes qu’elles nous ont transmis durant ce voyage et qui ont contribué à ce que nous puissions fournir un travail de qualité et continuer à repousser nos limites . Merci infiniment!  

Natasha Handunge et Pamela Piazzoli

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6-7 août

Premier week-end

Un week-end culturel à Rio

C’est le week-end. Après une semaine rythmée de visites et de rencontres avec différent·e·x·s acteur·trice·x·s dans le domaine de l’éducation sexuelle et des violences faites aux femmes, nous entamons notre journée de façon plus légère avec un départ à 11h30 pour se rendre au Sitio Roberto Burle Marx. Tout le monde se prépare à son rythme et nous voilà embarqué·e·s pour une heure et demie de route à travers Rio. Ce petit bout de chemin, qui a fini par rendre certain·e·s malades à cause de la route quelque peu bringuebalante, nous a emmené dans un véritable paradis botanique rempli de couleurs et de formes variées. Les bruits des feuillages effleurés par le vent et les chants des oiseaux donnaient l’impression d’être dans un rêve.

Le site est une création du paysagiste, architecte et artiste Roberto Burle Marx. C’est le quartier de Barra de Guaratiba que ce dernier a choisi comme lieu d’expérimentation et d’expression de sa créativité, notamment en raison du passé historique du site et de l’environnement naturellement riche en eau, climat propice à la culture de diverses plantes. Le SRBM est protégé et fait partie de l’Institut National du Patrimoine Artistique et Historique du Brésil. Une impressionnante collection de plantes s’y trouve (plus de 3500 espèces) ainsi qu’une chapelle, un atelier et la résidence de l’artiste. La visite de deux heures était pour tous·tes un moment agréable de détente et d’admiration du travail varié de Roberto Burle Marx.

Au retour à l’hôtel et après un débat de trente minutes, nous avons été manger dans le quartier de Leblon grâce aux recommandations de Vincent. Un restaurant a attiré notre attention et nous avons pris place dans une pièce au fond de l’établissement, près du bar. Après avoir goûté aux plats de chacun·e, tout le groupe était content du choix de l’endroit, d’autant plus que nous étions tranquilles dans cette partie du restaurant.

Nous avons commencé notre dimanche par nous rendre au marché à quelques minutes de l’hôtel pour acheter quelques objets artisanaux, accompagné·e·s de Pedro Capra du Swissnex et de son chien Kiko. Nous avons notamment eu un coup de cœur pour les articles d’un vendeur qui peignait des portraits et des motifs sur des vêtements. Il y avait également plusieurs stands de savons et de bijoux artisanaux. Nous nous sommes ensuite dirigé·e·s vers le charmant quartier de Santa Teresa. Deux musiciens rencontrés la veille nous avaient en effet conseillé de le visiter pour profiter de l’événement Artes Portas Abertas où des artistes ouvrent leurs ateliers au public. Les rues se coloraient au fur et à mesure de notre promenade jusqu’à atteindre le Parque das Ruinas. Celui-ci comprend une galerie d’art construite sur des ruines d’anciennes villas et aménagée de façon à accueillir différentes expositions durant l’année. Après avoir profité des œuvres d’art et du panorama qu’offrait notre destination située au sommet de la colline, nous avons continué notre journée d’achats et de visites d’ateliers. Au tournant d’une rue, l’arrivée du petit tramway jaune de Santa Teresa nous a offert une belle surprise. 

Dans l’après-midi, une partie des étudiant·e·s a décidé de se reposer afin de reprendre de l’énergie pour la semaine. D’autres ont préféré aller au Musée d’Art Contemporain de Niteroi, l’occasion de traverser l’impressionnant pont Presidente Costa e Silva, long de plus de 13 kilomètres. Celui-ci relie la ville de Niteroi à d’autres municipalités de l’État de Rio de Janeiro et reste pour l’instant le plus grand d’Amérique du sud. Le musée, qui ressemble à une soucoupe volante, se trouve sur une falaise qui surplombe la mer. Les vitres inclinées des murs donnent une vue imprenable sur l’étendue d’eau et les rives. Nous avons beaucoup apprécié la représentativité de femmes artistes. En effet, sur quatre expositions, trois étaient consacrées aux travaux de femmes brésiliennes. Comme le bâtiment est circulaire, le centre et le bord du musée étaient séparés par un mur qui permettait par la même occasion de séparer les œuvres des différent·e·s peintres. Le deuxième étage exposait des photographies des ruines de Niteroi prises par Giuliana Pacini. Les créations de Wil Catarina consistaient en des œuvres composées de fragments de bois et de dessins inspirés des photos de Giuliana Pacini. Une fois la visite terminée, nous sommes descendues au restaurant du musée pour manger des tapiocas, un plat brésilien comparable à une crêpe mais dont la pâte est uniquement composée de farine de manioc. 

C’est donc l’esprit revigoré par ce week-end rempli d’inspirations artistiques et des trésors de Rio de Janeiro que nous retrouvons notre hôtel. Notre imagination et créativité se retrouvent stimulées pour une nouvelle semaine d’innovations. 

Naomi Gebre Mariam et Julie Simonet