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8 août : « Grandir sans violence »

Comme pour de nombreux·euses·x cariocas, il est aussi temps pour nous de reprendre le travail. Le début de la semaine est rythmé par le planning que nous commençons peu à peu à connaître : réveil, petit-déjeuner et marche matinale jusqu’au Swissnex. Depuis là, nous avons rejoint Vincent et Malin avant de nous mettre en route pour notre rendez-vous de la journée. En effet, il s’agissait de rencontrer Priscila Pereira Da Silva, la coordinatrice du projet « Crescer sem violência » (Grandir sans violence) faisant partie de la fondation Roberto Marinho. Bien que nous ayons déjà rencontré Priscila par Zoom au début de notre projet il y a quelques mois, se fût un réel plaisir de se voir enfin en « présentiel » et de pouvoir échanger plus amplement avec elle. 

Nous arrivons tout d’abord devant un bâtiment moderne avec une entrée très sécurisée puisque celui-ci héberge de nombreux bureaux dans le secteur de la finance et des médias. Priscila nous a accueilli à l’entrée et nous a fait visiter les locaux en précisant qu’elle se perdait parfois elle-même puisqu’elle n’y a été que très peu présente en raison de la pandémie et du télétravail. Arrivé·e·s dans les locaux de la fondation, l’échange a enfin pu commencer par une présentation du projet par Priscila. En effet, « Crescer sem violência » n’est pas une association ni une fondation, mais un projet faisant partie de la Fondation Roberto Marinho. Cette fondation a été créée par Roberto Marinho, le fondateur du groupe médiatique « Globo » ayant exercé une forte influence au Brésil. Sa fondation touche toujours au domaine médiatique puisqu’un de leurs projets a été de créer une chaîne télévisée éducative appelée « Futura ». C’est à partir de ce moment qu’entre en scène le projet « Crescer sem violência » puisqu’il s’agit de sensibiliser les enfants aux violences sexuelles dont iels peuvent être victimes mais aussi à d’autres types de violences comme le harcèlement scolaire, les violences psychologiques ou encore la santé mentale. Actuellement, cette sensibilisation consiste en de courts dessins-animés mettant en scène des enfants issus d’une famille multi-ethnique et recomposée afin de coller le plus possible aux structures familiales brésiliennes actuelles. Les enfants sont aussi de genre et d’âge différents afin de toucher le plus d’individus possible. Puisque les questionnements et les problématiques que rencontrent les enfants sont différentes en fonction de leur âge, les dessins animés sont divisés en trois catégories correspondant à la petite enfance (de 0 à 7 ans), à l’enfance (de 8 à 13 ans), à la pré-adolescence et adolescence (14 ans et plus). 

Avant de nous dévoiler son projet, Priscila nous présente d’abord quelques chiffres. Il est tout d’abord important de se rendre compte que la plupart des violences sexuelles sont commises par une personne faisant partie de l’entourage de l’enfant. En effet, l’association estime que 77% des agressions sont perpétrées par des membres de la famille. L’association a également mis en avant l’impact de la pandémie de la COVID-19 sur les violences sexuelles, celle-ci serait la cause de l’augmentation actuelle du nombre de cas. La pandémie a aussi eu des conséquences sur la santé mentale des jeunes puisqu’environ un quart d’entre elleux présentait des signes dépressifs durant cette période. Il est néanmoins difficile de présenter des chiffres exacts en raison de l’arrêt de la publication de statistiques durant la pandémie par le gouvernement concernant le nombre de décès liés à la COVID-19, l’augmentation des violences domestiques ou encore des suicides. En plus de l’augmentation des violences sexuelles liées à la pandémie de la COVID-19, ces violences touchent des enfants de plus en plus jeunes, ce qui accroît l’impunité des agresseur·euse·x·s puisque les jeunes enfants ont plus de peine à parler de leur situation. 


Sensibiliser les jeunes aux violences sexuelles, c’est-à-dire leur faire prendre conscience qu’iels n’ont pas à accepter ces comportements inappropriés et leur apprendre à les dénoncer, s’avère donc fondamental. L’école représente ainsi un lieu de prévention privilégié puisque c’est un endroit où l’enfant n’est plus sous l’emprise de potentiels agresseur·euse·x·s présent·e·x·s au sein de sa famille ou de son entourage. Au vu du haut taux de violences sexuelles – on estime qu’une personne sur dix aurait vécu des violences avant ses 18 ans – mais aussi de l’importance que prend les mariages de mineur·e·x·s dans la société brésilienne (le Brésil étant le cinquième pays avec le plus haut taux de mariage d’enfants au monde), l’éducation sexuelle au Brésil est confrontée à des enjeux totalement différents qu’en Suisse. 

En combinant les informations issues de notre entretien de la journée ainsi que celles que nous avons récoltées lors de nos précédents interviews, nous avons pu commencer à préciser et finaliser notre projet d’innovation sociale en vue de la présentation du lendemain. Après avoir repris des forces dans un buffet servant des plats typiquement brésiliens, nous nous sommes à nouveau rendu·e·s dans les locaux de Swissnex afin de se remettre au travail. Chaque groupe a pu débriefer à propos de toutes les informations obtenues depuis le début de notre séjour mais aussi issues des entretiens menés en Suisse avec divers professionnel·le·x·s. Il s’agissait ensuite de donner forme à notre innovation sociale en rédigeant une présentation de quelques minutes permettant d’expliquer rapidement et facilement notre projet aux invité·e·x·s de l’événement du lendemain. 

Marion Le Morvan 

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13-14 août

Le dernier week-end carioca

Le réveil sonna à 7h ce samedi matin. Nous étions tous·tes prêt.e.s (enfin presque) à passer notre dernier week-end ensemble. Après un petit-déjeuner copieux, nous nous sommes dirigé·e·s vers le car réservé pour la matinée. En effet, nous avons eu l’opportunité d’être invité·e·s à la remise des diplômes des femmes de la Casa da Mulher, nommé «Festival casa da Mulher Carioca tia doca ».  

L’événement comportait plusieurs stands de bijoux artisanaux, de nourritures, de maquillage, ainsi que de coiffure.  Il y avait aussi plusieurs représentations artistiques exposant la diversité des formations proposés aux femmes. Une fois de plus, l’émotion était au rendez-vous. Le rire, la joie et les sourires de ces femmes étaient très communicatif. 

Après avoir rencontré et discuté avec plusieurs intervenant·e·x·s, nous sommes reparti·e·s en direction de l’hôtel. Nous avons profité de ce trajet pour nous reposer avant la suite de la journée.

L’après-midi étant libre, chacun·e vaqua à ses occupations. Une partie du groupe resta à l’hôtel se reposer tandis que l’autre décida de se rendre au centre commercial afin de ramener quelques souvenirs en Suisse. Nous étions plusieurs à rechercher le maillot officiel du Brésil. À notre grande stupéfaction, il était impossible de le trouver dans les petits magasins en ville. Heureusement pour nous, après 1h30 dans ce centre commercial, nous avons finalement trouvé le fameux maillot brésilien. Après nos achats, nous sommes tous·tes rentré·e·s à l’hôtel afin de nous préparer pour notre avant-dernière soirée ensemble.

19h : rendez-vous au restaurant afin de partager un dernier repas avec Vincent du Swissnex. Malheureusement, personne n’avait appelé pour réserver une table. Ce n’a donc pas été une tâche facile de trouver une table libre pour 11 personnes un samedi soir… Ainsi s’est organisé une petite promenade afin de trouver un restaurant qui veuille bien nous accepter. Après quelques minutes, Vincent trouva un sushi bar, pour le plus grand plaisir de certain·e·s. Pour les plus gourmand·e·s, un buffet à volonté nous était proposé. La soirée s’est ensuite poursuivi dans un bar et s’est terminé à l’hôtel.

Le dernier dimanche était un peu chaotique. En effet, il n’y avait pas de planning clair. Chacun·e faisait donc ce qu’iel voulait, que ce soit se détendre après une longue, amusante et inoubliable nuit ou encore faire quelques courses et acheter quelques souvenirs. Un groupe a décidé de retourner au marché, comme le dimanche précédent. Nous avons flâné autour des stands et avons tous·tes fini par acheter des petites choses pour nous rappeler de cet incroyable voyage. Certains ont acheté des t-shirts artisanaux, d’autres ont opté pour des bracelets et des boucles d’oreilles. Nous avons pris notre temps et avons profité de l’ambiance et de l’accueil des locaux.

Nous avions une réservation à 20h le soir-même dans un petit restaurant magique à proximité de l’hôtel. L’ambiance était un peu morose durant les 20 minutes de marche. Nous étions tous·tes silencieux·ses·x, réfléchissant à la vitesse à laquelle les deux dernières semaines se sont écoulées. Nous sommes ensuite arrivé·e·s au restaurant pour un dernier repas ensemble. La nourriture était magnifique et, comme toujours, la compagnie l’était aussi. Il était alors temps pour la petite surprise que nous avions prévue pour Maxline. Celle-ci prend sa retraite à notre retour en Suisse, mais surtout, c’est elle qui a organisé et qui est responsable de ce merveilleux voyage. 

Ce n’était pas grand-chose, juste un petit geste avec quelques petits cadeaux et une carte signée par nous tous·tes, mais cela était suffisant pour toucher tout le monde. Les choses sont devenues émouvantes et certain·e·s d’entre nous ont versé quelques larmes. Nous aimerions donc prendre une partie de notre texte pour remercier à nouveau Maxline pour tout ce qu’elle a fait pour nous. Pour le rires, pour les petits moments magiques et simplement pour qui elle est. L’impact qu’elle a eu sur nous restera gravé en nous pour le reste de notre vie. Alors, du fond du cœur, merci Maxline.

Mélissa Nolfo et Ahmed Turki

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12 août

Un vendredi diversifié

Toute notre équipe d’étudiant·e·s se lève tôt aujourd’hui. Objectif : départ à 7h30 pour aller voir le Christ rédempteur. L’air frais des matins d’hiver brésiliens nous accompagne sur le trajet et nous arrivons à l’heure pour la première montée du train du Corcovado.

Il s’agit d’un train rouge qui chemine entre la végétation tropicale et qui mène jusqu’au Christ rédempteur. A notre arrivée au sommet, il n’y avait que quelques personnes et les rayons du soleil qui perçaient la végétation, la rosée et la fin brouillard donnaient l’impression d’être au paradis. Nous étions fasciné·e·s par la vue stupéfiante de toute la ville de Rio ainsi que la grandeur et la majesté du Christ. 

Le monument est tellement célèbre et toujours présenté comme le symbole de Rio que nous avions oublié qu’il s’agissait également d’un lieu de culte. Nous avons donc pu assister de loin à une messe qui se tenait dans la chapelle contenue à l’intérieur du socle de l’immense statue. Malgré une grande présence des touristes, nous avons pu profiter du beau paysage et passer du bon temps en compagnie de tout le groupe. Nous sommes ensuite retourné à l’hôtel pour se reposer avant notre dernier week-end carioca. 

La fin de ce voyage commence à se sentir au sein du groupe, les émotions et la nostalgie sont au rendez-vous. Nous avons tous·tes rendez-vous, ce vendredi 12 août à 12h30, sur la terrasse du Swissnex afin de partager un dernier repas tous·tes ensemble. Ce grand buffet nous permet  de revenir sur les points clés du voyage : Casa da mulher, Viva Rio, Preifetura do Rio, 42 Rio… 

Afin de continuer cette discussion et d’élargir ces réflexions, Vincent nous propose un endroit plus calme, au sous-sol. Une table ronde est proposée. Nous sommes convié·e·s à réfléchir aux impacts de ce voyage, de ce « Social Innovation Summer », sur un plan professionnel mais également personnel. 

Le thème de la culture est revenue mainte et mainte fois lors de la discussion. Qu’est-ce que la culture, que signifie-t-elle réellement et quel rôle joue-t-elle dans notre problématique de recherche ? Nous avons tous·tes rencontré le concept de culture lors de nos études. Toutefois, en nous rendant sur le terrain, nous prenons conscience que la réalité est souvent bien plus complexe et qu’il est important de se renseigner un maximum auprès de différent·e·x·s acteur·trice·x·s afin de comprendre ce qui influence les comportements, les politiques et les actions d’une société en générale. Il a été intéressant pour nous d’expérimenter cette posture du chercheur en interagissant et observant les travaux des différents organismes ainsi que les vies quotidiennes des locaux.

Nous avons aussi pu comparer ce que nous avions suivi comme théories pendant nos cours à l’université avec le terrain et la façon dont ces théories se manifestent et s’appliquent dans la pratique. Le contexte a été mentionné plusieurs fois pendant la conversation à propos de l’impact de ce voyage sur le plan professionnel, particulièrement lorsque nous avons fait des liens entre la Suisse et le Brésil. Cela nous a permis de mettre en évidence l’importance du contexte. 

Nous avons tous·tes été d’accord d’affirmer que ce voyage à Rio de Janeiro a eu un impact plus que positif dans nos vies. C’est pour cela que la partie personnelle de la discussion était beaucoup plus difficile à exprimer. Un mélange d’émotions était visible sur nos visages : la tristesse que cette expérience touche bientôt à sa fin, mais aussi la gratitude et la joie de l’avoir partagée avec ce groupe d’étudiant·e·s choisi au hasard pour finir par devenir un groupe d’ami·e·s inséparables. 

Une fois la table ronde terminée, une partie du groupe décide d’aller visiter le Museu do Amanhã (« Musée de demain ») qui nous avait été conseillé par plusieurs personnes du Swissnex. Il se trouve au bord de la mer et présente une architecture particulière. 

L’exposition commence par un court film projeté à 360 degré dans une petite salle adaptée afin d’introduire le sujet de « demain », c’est-à-dire les différents futurs possibles en fonction de notre réalité contemporaine et le chemin que prendra l’humanité. La suite de la visite nous montre diverses cultures et œuvres d’art représentant notre présent. Une partie du musée est consacrée aux enjeux actuels tels que les conflits, la déforestation, la surexploitation des ressources naturelles, la pollution, le réchauffement climatique et la pauvreté. La dernière partie de la visite est quant à elle consacrée au futur. Différentes données sont présentées concernant l’évolution démographique, les infrastructures, l’alimentation, les inégalités sociales et quelques autres sujets. Il y avait également un jeu interactif qui estimait la manière dont pouvait évoluer la terre selon les choix de quatre participant·e·x·s à des questions proposées. Chaque joueur devait gérer un thème différent : le climat, la biodiversité, les villes et la population. C’est donc après avoir empêché la fin de l’humanité que nous sommes ressorti·e·s du musée et avons profité des derniers rayons du soleil devant le bâtiment entièrement éclairé en rose. Encore un coucher de soleil inoubliable dans la ville de Rio de Janeiro. 

Un rendez-vous était planifié pour la soirée sur un rooftop à Leblon à 20h pile. Naturellement, nous étions tous·tes là à 20h30. L’ambiance était un peu basse au début, tout le monde sentait la fin de cette magnifique expérience se rapprocher. Mais nous avons pu quand même profiter de la présence de tout le groupe pour un dîner calme et une soirée de musique locale avant de rentrer tranquillement à notre hôtel.

Mélissa Nolfo, Julie Simonet et Ahmed Turki

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11 août : Rio et ses multiples facettes

Aujourd’hui, matinée plutôt reposante pour tout le monde. Dixième journée déjà à Rio de Janeiro et nous commençons gentiment à nous sentir comme à la maison. Comme chaque matin, nous nous donnons rendez-vous dans le hall d’entrée où, tous les jours, nous attendons les retardataires, ou plutôt, la retardataire. Le coup de 11h30 sonne et nous prenons le taxi pour rejoindre Fabricio que nous avions rencontré quelques jours plus tôt dans le cadre d’un atelier intitulé “Social communication and presentation skills”. Nous traversons la ville et nous sommes ébahi·e·s par le contraste de chaque coin de rue. Les favelas, situées sur les collines, semblent nous suivre de loin et nous continuons à garder nos distances sans vraiment savoir ce qu’il s’y passe à l’intérieur. Aux pieds d’une de ces collines se trouve cet immeuble dans lequel se cachent de nombreux bureaux que nous sommes sur le point de visiter. Nous retrouvons enfin toute l’équipe du projet ainsi que Fabricio qui nous conduit dans les locaux de 42 Rio où il exerce le métier de community manager

Entre les Favelas et le port maritime, le building comporte à l’intérieur un univers à l’écart du monde que nous avons exploré jusqu’à présent. Identités vérifiées, nous nous apprêtons à nous aventurer dans les bureaux de 42 Rio. Créé en 2013 par l’entrepreneur français Xavier Niel, fondateur et actionnaire principal d’Iliad, groupe de télécommunications français, 42 se trouve être un programme innovant offrant une formation d’ingénieur·e·x·s logiciels. Dès notre arrivée, nous sommes impressionné·e·s par la modernité des différents espaces que nous visitons de par l’ameublement, l’architecture sophistiquée et la grandeur du lieu. Nous nous rendons dans une salle où les sièges sont positionnés en forme de rond tout autour d’une place centrale où Fabricio prend la parole et nous explique les conditions d’entrée de l’école. Ce réseau regroupant des centres de formations de développeur·euse·x·s dans plus de 40 pays du monde entier, celui-ci est ouvert à tous et toutes à la seule condition d’être majeur·e·x et motivé·e·x. Les étudiant·e·x·s, surnommé·e·x·s les “Cadets et Cadettes”, se lancent alors dans la “piscine”. Il s’agit de quatre semaines de travail ultra intensives où celles et ceux qui y entrent se lancent dans une matrice d’auto-disciplinarité et de productivité et sont noté·e·x·s en XP (point d’expérience) comme dans les jeux vidéo. Une étape importante que très peu de cadets et cadettes arrivent à surmonter.

Cette compétition est prônée au sein de l’école encourageant chaque élève à être un vrai “self made man”. Chaque étudiant·e·x présent·e·x prend ensuite la parole pour nous faire part de son expérience chez 42 Rio. Leurs témoignages sont plus positifs les uns que les autres et tous ont un point commun : leur vie en a été fortement impactée.        

Cette réalité sans pareille, digne de la célèbre série Black Mirror, provoque chez nous un certain malaise. Nous poursuivons la visite dans les locaux où certain·e·x·s entrepreneur·euse·x·s nous présentent leur projet. Une équipe de jeunes hommes nous montre la mise en place d’un programme sur lequel ils travaillent : un système de badge connecté à une montre que porteront des ouvrier·ère·x·s afin que leur sécurité soit renforcée. Leurs mouvements pourront alors être détectés en cas de danger. Mais ça ne s’arrête pas là. Ces montres interfèrent dans leur travail pour détecter leur moindre mouvement et leur productivité. Un classement sera par la suite effectué pour évaluer le travail de chaque employé·e·x. Ce projet nous semble dépourvu de toute réalité sociale mais semble pourtant leur provoquer beaucoup d’enthousiasme. De notre côté, nous sommes abasourdi·e·s par l’absurdité de leur projet prônant l’ultra productivité et la marchandisation des travailleur·euse·s. Cependant, ce n’est que l’expression de notre époque néolibérale. Une réalité très proche de celle en Suisse puisque l’école 42 existe également à Lausanne à la différence de la transparence des discours sur le fonctionnement de l’établissement et plus particulièrement des différentes innovations. Nous nous attendions à retrouver quelque chose de similaire à nos innovations sociales mais ce ne fut pas tout à fait le cas. 

Changement d’ambiance, nous poursuivons notre journée par l’incontournable activité du Brésil : la samba. “And one, two, three, one, two, three… » : voici les paroles que Bruno, notre professeur de samba, nous répète à l’infini. Nos pieds s’emmêlent sur la complexité du rythme mais nous parvenons peu à peu à comprendre les pas de danse. À cet instant, nous nous sentons comme de vrai·e·s Carioca. Mais la musique accélère et notre optimisme baisse progressivement. Pour bien finir le cours, Bruno nous fait une petite démonstration du danseur de samba professionnel qui a le rythme dans la peau, contrairement à nous. Nous repartons alors plus motivé·e·s que jamais pour danser dans les rues de Rio de Janeiro. 


Nous terminons notre journée en beauté dans un restaurant de musique Bossanova où les plus courageux d’entre nous se lèvent pour bouger au rythme de la célèbre chanson “Mas Que Nada” et entraînent leurs nouveaux pas de danse. D’autres mélomanes nous rejoignent également et nous commençons une petite “partido” comme de vrai·e·s brésilien·ne·s avant de rentrer à nouveau à l’hôtel pour une partie d’entre nous et de faire un karaoké dans un second bar pour l’autre partie.

Manon Bourcoud et Tringa Xhuli

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10 août

Innovations et nature

Après une journée et une soirée riche et très mouvementée, le planning du lendemain était plus allégé et calme. Nous avions rendez-vous dans la même salle que le soir précédent, moins décorée que la veille, pour assister à deux présentations d’organismes suisses ayant développé une innovation sociale au Brésil. La première présentation portait sur une start-up suisse nommée « Herby » qui souhaitait développer une intelligence artificielle afin de corriger les tests des élèves. Durant la pandémie, les écoles brésiliennes étaient bien sûr fermées. Malheureusement, certains élèves n’avaient pas accès à des programmes tels que Zoom afin de pouvoir suivre les cours à distance. Pour remédier à cette situation, les élèves devaient rencontrer une fois par semaine leurs professeurs afin d’échanger leurs devoirs pour les faire corriger et en recevoir des nouveaux. Toute cette organisation était ainsi très compliquée. C’est pour cela que cette start-up a pensé à introduire une intelligence artificielle qui faciliterait la correction des tests et pourraient ainsi améliorer l’éducation à distance lors de pandémies. Cette application s’avère aussi intéressante pour remplacer un professeur dans certaines favélas où les élèves n’en ont pas forcément à disposition.

Herby nous a ensuite parlé de différentes barrières que l’on peut rencontrer lors de la vente d’une start-up. Il faut en effet savoir parler aux bonnes personnes au bon endroit, adapter l’innovation au contexte et surtout essayer de faire fonctionner son idée à un petit niveau avant d’essayer dans une échelle plus grande. Il a aussi expliqué certaines spécificités du business brésilien, comme le fait qu’il est parfois compliqué d’avoir un feedback sur une présentation ou une idée car : « Brazilians don’t say it’s bad. ». 

Après avoir posé des questions et diné, nous avons assisté à la seconde présentation. Cette fois-ci, il s’agissait du fondateur de l’ONG Mauren to leben : Yves Störi. Cette organisation suisse s’intéresse tout particulièrement à la région la plus pauvre du Brésil, Marianaw, où le fondateur avait donné des leçons de musique quand il avait 19 ans. Cette région, faisant huit fois la superficie de la suisse, a aussi le taux le plus élevé d’analphabétisme du pays. L’organisation fonctionne d’après le « Help for Self-Help », c’est-à-dire que le but de celle-ci est d’amener de l’aide à l’auto-détermination de manière durable, tout en empêchant une dépendance des locaux à l’ONG. Son idée est en effet simple et diffère de nombreuses autres ONG plus connues : l’organisation donne les outils nécessaires au populations locales pour être plus indépendantes en fonction de leurs besoins particuliers, qui sont ainsi exprimés par les intéressé·e·x·s et non pas imposés par autrui. L’organisme amène principalement de l’apprentissage, aux hommes comme aux femmes, concernant la construction de maisons solides, mais aussi à propos de la façon de monter une petite entreprise, de faire des gâteaux, de réparer une moto ou de tenir une librairie. Il est indispensable d’amener des connaissances afin de construire des infrastructures nécessaires au bon fonctionnement d’un village, comme par exemple la rénovation de l’église du village, lieu important pour la cohésion sociale locale. L’acquisition des matières premières indisponibles et nécessaires à la construction des maisons passe par les locaux qui ont aussi appris à demander des devis et qui connaissent les bases économiques leurs permettant de négocier et d’avoir des prix avantageux.

L’innovation sociale de Yves Störi est une réussite : avant, les familles travaillaient dans la production de soja et dépendaient alors des propriétaires et donc d’un circuit global qui n’était pas favorable pour elleux. Aujourd’hui, ils ont réussi à développer une économie circulaire dont iels sont responsables, en plus de bénéficier de meilleures conditions matérielles, et tout cela sans rien devoir à l’ONG. Mauren to leben a aussi un autre projet dont l’objectif est de donner à cent jeunes la possibilité de suivre un cours de sensibilisation au recyclage durable. En effet, le recyclage et la reforestation constituent un travail important et indispensable pour la prochaine génération. Il profite aussi des cours concernant l’électrification des maisons pour promouvoir la mise en place de panneaux solaires afin d’obtenir un meilleur impact sur l’environnement.

Avec 23 cours par année, l’organisation a réussi à distribuer 300 diplômes qui vont également aider la transmission intergénérationnelle des savoirs. Avec un travail qualitatif, des visites récurrentes du terrain et le maintien des liens personnel, l’ONG a réussi à avoir un impact réel et significatif.

Après la fin des deux présentations, nous avons discuté ensemble du programme de notre après-midi de libre et avons finalement décidé de nous rendre au parc Lage. Nous sommes d’abord allé·e·s visiter le palais des beaux-arts, un endroit magnifique au pied du Corcovado où nous avons pris de nombreuses photos.

Depuis le palais, nous nous sommes rendu·e·s dans le parc de 52 hectares classé au patrimoine historique brésilien. Notre visite était surtout motivée par une chose : pouvoir observer des singes en liberté. Après une marche de 20 minutes, nous avons eu la chance d’en voir tout près de nous.

Nous avons ensuite continué notre balade dans le parc. Vers la sortie, nous avons fait une deuxième rencontre à laquelle nous ne nous attendions pas, cette fois-ci : un capybara. Un certain nombre d’entre nous ne connaissait pas l’existence de ce rongeur qui peut mesurer plus d’un mètre de longueur et peser jusqu’à 50 kg. Exalté·e·s par cette rencontre, nous décidons de continuer encore un peu notre visite avant le coucher du soleil. Dans une allée, nous apercevons à nouveau un singe, nous décidons de nous mettre tous·tes accroupis en silence. Voilà que nous nous retrouvons entouré·e·s d’environ 5 singes différents se baladant au travers des arbres. Le soleil se couchant nous décidons finalement de quitter le parc et de nous rendre à l’hôtel afin de nous préparer pour le barbecue brésilien du soir. 

Oscar Della Casa & Christelle Hamouti

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9 août : NexGen Social Innovation Night

Et voilà, nous y sommes ! Après des mois de recherches en Suisse et une semaine à Rio, mêlées de rencontres inspirantes et enrichissantes avec différentes organisations, nous voilà enfin arrivé·e·s au jour de la soirée officielle durant laquelle nous devons présenter nos projets respectifs. Cette journée avait un goût tout particulier pour chacun·e d’entre nous. Malgré le stress, nous étions tous·tes fier·e·s de présenter nos innovations sociales aux invité·e·x·s présent·e·x·s.

Ce matin-là, nous étions attendu·e·s au Swissnex pour un workshop de « pitch training », donné par Fabricio De Martino, manager en communication de la société 42 Rio. Ce cours avait pour but de nous aider, aux travers de différents exercices, à mieux gérer nos prises de parole devant un grand public. Nous avons notamment appris à tenir un micro, à gérer le stress, ou encore à avoir une bonne posture. Nous nous sommes rendu·e·s compte que pour faire une présentation de qualité, il fallait tenir compte d’énormément d’aspects. C’est un réel challenge ! C’était exactement ce dont nous avions besoin pour nous mettre dans l’ambiance de la soirée qui nous attendait tout en nous amusant et en nous relaxant. 

Dès que le workshop touchait à sa fin, nous n’avons pas perdu de temps. Nous sommes vite allé·e·s chercher de quoi manger et nous nous sommes mis·e·s à travailler les derniers détails de nos présentations dans les locaux du Swissnex. Après avoir finaliser nos travaux, nous nous sommes rendu·e·s à l’hôtel afin de nous mettre sur notre trente et un pour la soirée. Plus le temps passait, plus l’agitation devenait de plus en plus intense. En effet, sur la route, nous étions tous·tes en train de réviser nos textes et de l’extérieur, la scène paraissait quelque peu drôle. Quand nous sommes arrivé·e·s au Swissnex, nous étions émerveillé·e·s par la façon dont la salle était décorée. La lumière un peu diffuse et la musique de fond donnaient une atmosphère très relaxante.

Vincent avait préparé un joli powerpoint avec des photos qui ont marqué notre première semaine à Rio. Nous étions très touché·e·s de voir ce petit récapitulatif du début de notre expérience. Nous avons aussi eu le plaisir de revoir toutes les personnes que l’on avait rencontré·e·x·s lors de notre première semaine, et elleux-mêmes avaient l’air enthousiaste·x·s à propos de cette soirée. 

L’événement a débuté par le discours de Vincent qui annonçait le programme de la soirée et nous présentait aux invités·e·x·s. Ensuite, nous avons eu l’honneur d’écouter le discours de l’ambassadeur suisse au Brésil, Monsieur Pietro Lazzeri. Celui-ci était riche et portait principalement sur l’importance de l’innovation sociale et l’impact que celle-ci peut avoir sur la vie des personnes du monde entier. Ce moment fût très motivant. 

Le moment tant attendu arriva enfin ! Malgré l’agitation de l’instant, regarder tous les visages souriants des invité·e·x·s nous a donné beaucoup de courage. En effet, nous avons compris que toutes les personnes présentes étaient là pour nous écouter et nous encourager dans notre démarche et dans nos recherches.

Nous nous sommes senti·e·s chanceux·euses d’avoir eu l’occasion de partager notre projet avec des expert·e·x·s qui s’occupent de ces problématiques sociales tous les jours et qui luttent pour un avenir meilleur. Même si nous sommes absolument conscient·e·s de notre peu d’expertise et de notre position d’étudiante·s, nous espérons que nous avons pu leur montrer notre motivation et notre envie de prendre part à un tel projet. En ce qui nous concerne, nous nous rendons compte de la richesse de chacune des présentations que l’on a eu la chance d’écouter, de toutes les informations que nous avons reçues et la manière dont tout cela va nous impacter non seulement en tant qu’individu mais aussi en tant que jeunes sociologues. 

Malgré les appréhensions que nous avions, ce fût un moment rempli d’émotions. Tout le monde  était enthousiaste à propos de nos projets. Durant la suite de la soirée, nous avons pu interagir avec les invité·x·s et avoir des échanges très enrichissants. Encore une fois, nous nous sommes senti·e·s très reconnaissant·e·s de cette expérience et nous comprenons une fois de plus que notre capital de savoir ne fait que croître. Nos dix premiers jours à Rio nous ont effectivement permis d’apprendre énormément sur la culture brésilienne ainsi que ses enjeux. Néanmoins, nous sommes conscient·e·s que ce n’est que le début d’une longue aventure.

La soirée se poursuit par un moment de détente accompagné de musique et d’ondes positives. Il est difficile pour nous de décrire combien chaque moment nous a marqué. Recevoir les compliments, les encouragements et les remarques des invité·x·s nous a fait prendre conscience du travail que l’on venait d’accomplir et à quel point nous pouvions tous·tes être fier·e·s de nous. Nous avons beaucoup appris à travers chacune de ces expériences et c’est avec le cœur rempli d’émotions que nous avons continué à célébrer ce moment! 

Pour conclure ce texte, nous aimerions prendre un peu de temps pour remercier tout particulièrement Maxline Stettler et Joana Thevenet sans qui cette aventure n’aurait pas été pareille. Nous souhaitons les remercier pour toute l’aide, l’appui, le suivi et les bonnes ondes qu’elles nous ont transmis durant ce voyage et qui ont contribué à ce que nous puissions fournir un travail de qualité et continuer à repousser nos limites . Merci infiniment!  

Natasha Handunge et Pamela Piazzoli

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6-7 août

Premier week-end

Un week-end culturel à Rio

C’est le week-end. Après une semaine rythmée de visites et de rencontres avec différent·e·x·s acteur·trice·x·s dans le domaine de l’éducation sexuelle et des violences faites aux femmes, nous entamons notre journée de façon plus légère avec un départ à 11h30 pour se rendre au Sitio Roberto Burle Marx. Tout le monde se prépare à son rythme et nous voilà embarqué·e·s pour une heure et demie de route à travers Rio. Ce petit bout de chemin, qui a fini par rendre certain·e·s malades à cause de la route quelque peu bringuebalante, nous a emmené dans un véritable paradis botanique rempli de couleurs et de formes variées. Les bruits des feuillages effleurés par le vent et les chants des oiseaux donnaient l’impression d’être dans un rêve.

Le site est une création du paysagiste, architecte et artiste Roberto Burle Marx. C’est le quartier de Barra de Guaratiba que ce dernier a choisi comme lieu d’expérimentation et d’expression de sa créativité, notamment en raison du passé historique du site et de l’environnement naturellement riche en eau, climat propice à la culture de diverses plantes. Le SRBM est protégé et fait partie de l’Institut National du Patrimoine Artistique et Historique du Brésil. Une impressionnante collection de plantes s’y trouve (plus de 3500 espèces) ainsi qu’une chapelle, un atelier et la résidence de l’artiste. La visite de deux heures était pour tous·tes un moment agréable de détente et d’admiration du travail varié de Roberto Burle Marx.

Au retour à l’hôtel et après un débat de trente minutes, nous avons été manger dans le quartier de Leblon grâce aux recommandations de Vincent. Un restaurant a attiré notre attention et nous avons pris place dans une pièce au fond de l’établissement, près du bar. Après avoir goûté aux plats de chacun·e, tout le groupe était content du choix de l’endroit, d’autant plus que nous étions tranquilles dans cette partie du restaurant.

Nous avons commencé notre dimanche par nous rendre au marché à quelques minutes de l’hôtel pour acheter quelques objets artisanaux, accompagné·e·s de Pedro Capra du Swissnex et de son chien Kiko. Nous avons notamment eu un coup de cœur pour les articles d’un vendeur qui peignait des portraits et des motifs sur des vêtements. Il y avait également plusieurs stands de savons et de bijoux artisanaux. Nous nous sommes ensuite dirigé·e·s vers le charmant quartier de Santa Teresa. Deux musiciens rencontrés la veille nous avaient en effet conseillé de le visiter pour profiter de l’événement Artes Portas Abertas où des artistes ouvrent leurs ateliers au public. Les rues se coloraient au fur et à mesure de notre promenade jusqu’à atteindre le Parque das Ruinas. Celui-ci comprend une galerie d’art construite sur des ruines d’anciennes villas et aménagée de façon à accueillir différentes expositions durant l’année. Après avoir profité des œuvres d’art et du panorama qu’offrait notre destination située au sommet de la colline, nous avons continué notre journée d’achats et de visites d’ateliers. Au tournant d’une rue, l’arrivée du petit tramway jaune de Santa Teresa nous a offert une belle surprise. 

Dans l’après-midi, une partie des étudiant·e·s a décidé de se reposer afin de reprendre de l’énergie pour la semaine. D’autres ont préféré aller au Musée d’Art Contemporain de Niteroi, l’occasion de traverser l’impressionnant pont Presidente Costa e Silva, long de plus de 13 kilomètres. Celui-ci relie la ville de Niteroi à d’autres municipalités de l’État de Rio de Janeiro et reste pour l’instant le plus grand d’Amérique du sud. Le musée, qui ressemble à une soucoupe volante, se trouve sur une falaise qui surplombe la mer. Les vitres inclinées des murs donnent une vue imprenable sur l’étendue d’eau et les rives. Nous avons beaucoup apprécié la représentativité de femmes artistes. En effet, sur quatre expositions, trois étaient consacrées aux travaux de femmes brésiliennes. Comme le bâtiment est circulaire, le centre et le bord du musée étaient séparés par un mur qui permettait par la même occasion de séparer les œuvres des différent·e·s peintres. Le deuxième étage exposait des photographies des ruines de Niteroi prises par Giuliana Pacini. Les créations de Wil Catarina consistaient en des œuvres composées de fragments de bois et de dessins inspirés des photos de Giuliana Pacini. Une fois la visite terminée, nous sommes descendues au restaurant du musée pour manger des tapiocas, un plat brésilien comparable à une crêpe mais dont la pâte est uniquement composée de farine de manioc. 

C’est donc l’esprit revigoré par ce week-end rempli d’inspirations artistiques et des trésors de Rio de Janeiro que nous retrouvons notre hôtel. Notre imagination et créativité se retrouvent stimulées pour une nouvelle semaine d’innovations. 

Naomi Gebre Mariam et Julie Simonet

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5 août

Eclats d’histoire à coups de canons

Durant cette journée, nous avons eu l’occasion de découvrir plus amplement la culture et l’histoire du Brésil. Nous nous sommes dans un premier temps rendu·e·s au Swissnex où Vincent et Pedro nous ont parlé des différences culturelles entre la Suisse et le Brésil. L’un des aspects culturels les plus connu à Rio est sa diversité ethnique. Celle-ci est principalement due à la colonisation portugaise ainsi qu’à l’esclavagisme. Nous avons également parlé musique et, bien entendu, de la samba qui, bien que toujours mondialement connue et écoutée, laisse de plus en plus place à la Funk brésilienne chez les jeunes. 

Après cette introduction, nous nous sommes rendu·e·s au Musée d’Histoire Nationale de Rio de Janeiro. Nous avons eu la chance d’avoir un guide, André Botelho, qui nous a permis d’apprécier d’autant plus cette visite. L’exposition retrace l’histoire du brésil de 1500 à nos jours et s’articule autour d’une perspective de décolonisation du musée et de l’art. Celle-ci nous permet de découvrir l’histoire et la culture des indigènes et des esclaves ainsi que de remettre en perspective la réputation héroïque de certaines grandes figures portugaises.

La première salle du musée se trouve être sa cour intérieure. Nous y découvrons une grande quantité de canons qui représentent tous les conflits que le Brésil a connu avec d’autres pays. Le premier canon vers lequel notre guide nous dirige s’avère être français. Il est marqué par le visage en relief de Louis XIV. Les éclats de cette guerre marquent encore Rio : une église non loin du musée a perdu un de ses deux clochers suite à un coup de canon tiré par les français. Celui-ci n’a jamais été remplacé depuis. Nous apprenons également que la cour du musée était à l’époque une place commerciale très importante. 

Au cours de la visite, notre guide nous a expliqué les étymologies surprenantes de trois mots bien connus : IpanemaCarioca et Favelas. Le premier terme désigne l’une des plages les plus connues du monde et signifie en réalité « eaux dangereuses ». Au vu de la taille des vagues durant notre exploration de cette fameuse plage, celles-ci se sont en effet avérées plutôt dangereuses pour la plupart des membres de notre groupe lors de notre baignade il y a quelques jours. Carioca, lui, désigne les personnes qui vivent à Rio. Ce nom a été introduit par les indigènes pour nommer les portugais débarquant dans la baie. Oca signifie maison et Cari désigne un poisson ayant une peau très épaisse imageant l’épaisseur des vêtements portés par les Portugais. Le terme Favelas provient lui du nom d’une plante très répandue sur la colline où les premières favelas ont émergées. 

Le Brésil a également connu une vague d’immigration Suisse au début du 19ème siècle sous l’impulsion du roi portugais João VI désirant implanter d’autres européen·ne·x·s afin de densifier la colonisation. La Suisse, commençant à prospérer en Europe, fut choisie par João VI qui les invita alors à s’établir au Brésil. Pour ne pas trop les dépayser, il les installa non pas au bord des plages de sable blanc mais dans les montagnes. 

La visite terminée, nous avons eu l’occasion de nous balader dans le centre historique de Rio pour nous rendre au restaurant. Nous sommes passé·e·s par la place la plus importante de la ville où se trouvent magasins, bars, restaurants et qui abrite également les manifestions politiques. Ce qui nous a frappé, c’est que cette place, que l’on nous désigne comme le centre historique de Rio, n’avait pas la même allure que d’autres centres historiques que nous avions pu visiter auparavant. Pas de vieux bâtiments extravagants ou de statues, mais une architecture plutôt moderne. Nous apprenons alors que les bâtiments qui s’y trouvaient ont été démolis pour faire de la place à la ligne de métro. La destruction de ce patrimoine historique nous a montré qu’allier la préservation des lieux à la modernisation est un privilège que tous les pays ne possèdent pas. 

Nous sommes également passé·e·s devant les escaliers les plus connu du monde, qui se trouvent dans le quartier de Lapa. Ils ont été construits par Jorge Selaron en 1994 à l’occasion de la coupe du monde de football. Ce dernier ne les a cependant pas construits seul, mais avec l’aide de nombreux cariocas qui participaient en amenant des carreaux de céramique. L’artiste a été tragiquement retrouvé mort en 2013 de causes mystérieuses sur ses propres marches.

Après le restaurant, nous avons marché une vingtaine de minutes pour rejoindre le Swissnex. Arrivé·e·s là-bas, nous avons organisé une séance de travail par groupe sur nos thèmes respectifs. Celle-ci, grâce à nos nouvelles connaissance historiques et culturelles, s’est avérée très vive et intéressante. Nous nous sommes également tous·tes retrouvé·e·s sur la terrasse où nous avons eu l’occasion de discuter de l’importance de ce voyage, de l’impact très positif qu’il nous procure, ainsi que de son utilité pour notre parcours académique. En fin d’après-midi, c’était « sextou ! », signifiant le début du week-end dans la culture brésilienne. Nous étions prêt·e·s à débuter le week-end.

Christelle Hamouti

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4 août : « Mulheres vivas e seguras »

Il est huit heures, nous quittons l’hôtel pour nous rendre au bureau du Swissnex. Vincent nous rejoint à l’entrée du bâtiment et nous partons pour la préfecture de Rio de Janeiro. En sortant du métro, nous découvrons une facette de la ville qui nous était étrangère jusqu’à ce jour : le quartier des affaires. Nous nous dirigeons alors à la préfecture de Rio de Janeiro tout en faisant, comme on nous le répète si souvent, très attention à nos affaires. Nous rencontrons la secrétaire municipale chargée de la politique et de la promotion des femmes à la mairie. Une jeune femme, Joyce Trindade, nous accueille chaleureusement au 11ème étage accompagnée de l’avocate Fernanda Lordelo et de la cheffe des médias et journaliste Luciana Rosaria. 

Nous pénétrons dans les bureaux rectilignes de la préfecture où une salle nous est spécialement réservée. Autour de cette table ronde, ces femmes nous présentent leurs fonctions administratives au sein de la mairie de Rio. Elles sont responsables de la mise en place des politiques publiques visant à promouvoir la santé et la sécurité des femmes. Elles nous font part de leur approche méthodologique pour saisir la complexité des problèmes liés au genre. Elles prennent en considération toutes les oppressions que subissent les femmes selon leur statut social, culturel, leur origine et le contexte géographique dans lequel elles vivent. La dimension financière et raciale sont des facteurs aggravants.   

Il y a 16 ans, un événement tragique a réveillé les consciences dans la sphère politique : une femme est devenue paraplégique suite aux coups de son ex-conjoint. Quelques années plus tard, la loi Maria da Penha définit ce que constitue un féminicide et permet enfin de lutter efficacement contre les violences faites aux femmes. Par la suite, nous discutons du contexte politique du Brésil et de l’accès à l’interruption de grossesse. À ce moment précis, nous apercevons un profond désarroi sur leurs visages. Elles se regardent toutes en ne sachant que dire. En effet, l’interruption de grossesse est encore illégal au Brésil. Seules les femmes portant un enfant issu d’un viol, en cas de danger pour la santé de la mère ou en cas de malformation du fœtus, peuvent avoir accès à une interruption de grossesse de manière légale après l’examen d’un médecin. Hors de ce cadre, l’avortement est un acte répréhensible. 

Elles nous expliquent également l’instabilité de leur département qui évolue en fonction des positions politiques des personnes au pouvoir. C’est-à-dire qu’à tout moment, le pouvoir centralisé peut faire des réformes contre les centres tels que les départements politiques, les associations et les ONG qui ont comme fil rouge la promotion de la santé des femmes. Par exemple, le président Bolsonaro est contre les études de genre. Beaucoup de maîtres·se·x·sd’école sont donc puni·e·x·s pour avoir parlé d’études de genre ou de sexualité en classe. 



Pour finir, nous discutons de la mise en place d’une structure qui accueille les femmes en situation de vulnérabilité : la Casa da Mulher Carioca. Cette maison est configurée comme un espace de promotion des politiques publiques en faveur des femmes avec pour objectif de développer un environnement d’interactions, de formation et d’autonomisation des femmes visant la prévention de toutes situations de violence, l’exercice de la citoyenneté et la construction de l’indépendance. Trois maisons sont implantées à Rio, dont une qui vient d’ouvrir récemment. Parmi les aides proposées aux femmes victimes de violences domestiques, il existe des aides financières pour les enfants orphelins de féminicide et les femmes victimes de violences domestiques et conjugales, en plus d’une éducation et d’une professionnalisation pour obtenir rapidement une plus grande indépendance. Dans un contexte où un danger de mort est imminent et qu’il est donc nécessaire de prendre des mesures supplémentaires, elles sont accueillies dans la Casa Viva MulherCora Coralina, un lieu tenu secret leur permettant de subvenir à tous leurs besoins ainsi qu’à ceux de leurs enfants si elles en ont. Comme la plupart des forces de l’ordre sont des hommes, des services de police réservés aux victimes et spécialement formés pour ce genre d’interventions sont également mis en place.

À la fin de la matinée, un bus nous attend pour poursuivre notre visite vers l’une des maisons des femmes située au nord de Rio. Durant le trajet, nous constatons une nette différence entre le sud et le nord où la pauvreté s’immisce au fur et à mesure que nous quittons le centre des affaires. Les maisons de femmes se situent dans des lieux plus reculés où la violence est plus courante. Ce lieu en particulier est spécialisé dans l’accès à l’éducation et à la formation afin que les victimes puissent devenir indépendantes financièrement. Les maisons sont tenues uniquement par des femmes ayant toutes des rôles différents : psychologues, assistantes sociales ou formatrices de métiers de coiffeuse ou encore maquilleuse. 

Nous quittons les lieux ému·e·s, touché·e·s par l’accueil chaleureux de ces femmes combattantes qui prennent part activement à des projets aussi admirables malgré les difficultés rencontrées. Retour à la réalité, la tête remplie de souvenirs et de bouleversements. Aujourd’hui, nous saisissons de mieux en mieux la situation des femmes au Brésil et toutes ces complexités.

Tringa Xhuli et Manon Bourcoud

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3 août

Visite de l’association « Viva Rio » : de la recherche à distance à la distance sur le terrain

Après que nous nous sommes reposé·x·e·s et tous·tes acclimaté·e·s à notre nouvelle vie pour les deux prochaines semaines, nous étions tous·tes enthousiastes à l’idée de commencer notre expérience de terrain à Rio. La journée a débuté à Ipanema, après une première aventure dans les transports brésiliens, sous une ambiance musicale locale. Vincent et Sofia du Swissnex nous ont ensuite rejoint pour nous conduire à la première association qui a marqué le début de notre aventure. 


C’était la première fois que nous avons pu explorer les rues ensoleillées de Rio avec ses couleurs et sa beauté. La végétation nous a surpris, en particulier les très grands arbres ainsi que leurs couleurs très riches. Nous avons aussi pu constater que les Brésilien·ne·s sont très chaleureux·se·x·s, accueillant·e·x·s et loquace·x·s. Après avoir découvert les rues du quartier d’Ipanema, nous sommes enfin arrivé·x·e·s à l’ONG Viva Rio, dont le but est de lutter contre les violences et de garantir l’équité entre les membres de la communauté. Ronaldo Lapa, qui est le responsable du marketing et de la communication de Viva Rio, nous a accueilli dans l’énorme bâtiment où se trouve le siège de l’organisation, dont leslocaux ont été construits sur un rocher. Quand nous sommes arrivés·x·e·s au deuxième et dernière étage, nous étions impressionnés·x·e·s par le fait que les favelas étaient juste à proximité et qu’elles étaient reliées au bâtiment. Celui-ci nous a permis d’admirer l’incroyable vue d’une grande partie de Rio, nous permettant aussi de nous rendre compte de notre petitesse face à la grandeur de cette ville. En contemplant ce paysage, nous avons constaté que celui-ci se divise clairement en deux parties distinctes : une partie plus riche et une partie où la pauvreté règne, les favelas. 

Après avoir eu l’occasion de rencontrer une partie de l’équipe de Viva Rio, Pedro Braum Azevedo da Silveira, l’anthropologue de l’ONG, nous a fait une présentation détaillée. Cette dernière, qui était très riche et trèsdétaillée, mettait en évidence l’important impact que cette organisation sur les vies des habitant·e·x·s les plus démuni·e·x·s de la ville de Rio, en particulier celles et ceux des favelas. La séance a principalement porté sur les actions menées au niveau de la santé, du développement social, de la sécurité, du développement socio-environnemental et des programmes de recherche et d’innovation. À la suite de la présentation, nous avons eu l’occasion de leur présenter à notre tour nos projets respectifs : l’un portant sur l’éducation sexuelle et l’autre sur la prise en charge des femmes victime de violence. Cet échange a été très enrichissant car il nous a permis de poser toutes nos questions et de recadrer notre projet. En effet, lorsque nous avons commencé notre recherche en Suisse, dans le cadre du cours « Grands Enjeux Sociaux Contemporains » à l’Université de Lausanne, nous avons eu une approche plutôt théorique dans un premier temps qui passait par de la recherche, des prises de contact et des échanges à distance. Dans un deuxième temps, en étant à Rio, nous avons pu expérimenter une approche sur le terrain. Cette étape nous semblait fondamentale dans la poursuite de notre projet, non seulement parce qu’elle nous a aidé à établir un contact direct avec une autre association qui nous tenait à cœur, mais aussi car elle nous a permis de comprendre plus précisément les différentes réalités du pays. 



La première partie de la journée terminée, nous nous sommes tous·tes retrouvé·e·s autour d’un délicieux repas près d’une magnifique terrasse sur laquelle nous nous sommes arrêté·x·e·s afin de contempler le paysage et capturer quelquessouvenirs. Nous y avons goûté une spécialité locale au nom bien particulier, la « swiss lemonade », une limonade où l’on mixe les limes en entier, même avec la peau. Bien que nous n’ayons pas vraiment compris quel était le lien avec la Suisse, celle-ci était très rafraichissante et savoureuse. 

Notre visite à Viva Rio touche à sa fin. Vincent nous a finalement accompagné à la plage d’Ipanema. Nous étionssurpris×e·s par ce magnifique cadre, les énormes vagues, les couleurs de la plage et la beauté du paysage. Tout cela annonçait un bel après-midi de détente. Nous avons profité de faire pour la première fois un bain en hiver que nous avons beaucoup apprécié malgré la température mitigée de l’eau. 







Durant la journée, nous avons ainsi exploré une partie fascinante de la ville mais nous avons aussi été rapidement confronté à son côté plus dangereux. Effectivement, comme pour chaque pays, nous retrouvons leurs bons et leursmoins bons côtés. Comme Vincent nous l’avait annoncé préalablement: « the Brazilian reality with all its beauties but also its challenges ». La journée pris fin avec une soirée de repos ; pour certains×e·s dans une ambiance locale et dansante et pour d’autres devant un bon repas dans un restaurant typique. C’est avec le cœur plein d’émotions et l’estomac rempli de toutes les saveurs brésiliennes que nous sommes allé·x e·s nous reposer pour attaquer la suite de notre aventure. 

Pamela Piazzoli et Natasha Handunge 

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2 août

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1er & 02 août

Le départ : Nous sommes prêt·e·s à partir à Rio de Janeiro !

Nous nous sommes donné·e·s rendez-vous, pour les personnes qui habitent dans le coin, à la gare de Lausanne à 13h30 pour prendre un train pour Genève-Aéroport. Certain·e·s nous ont rejoint en chemin, mais nous sommes tous·tes arrivé·e·s à temps à l’aéroport pour déposer nos valises au check-in et passer la sécurité. 

Après avoir mangé et fait un peu plus connaissance, on nous a finalement annoncé la porte d’embarquement pour prendre le premier vol pour Lisbonne. Malgré un décollage et un atterrissage pour le moins mouvementé, le vol s’est passé tranquillement ! Ce voyage en avion était d’ailleurs encore une bonne opportunité pour discuter avec toutes les personnes du groupe car beaucoup d’entre nous ne nous connaissions pas. Et surtout, c’était un moment propice pour se réjouir ensemble et échanger à propos de nos attentes pour cette expérience spéciale et incroyable que nous étions sur le point de commencer à vivre au Brésil ces deux prochaines semaines. 

Après une escale de quelques heures à Lisbonne, nous avons pris un long courrier pour finalement arriver à Rio de Janeiro le lendemain à 5h du matin. L’arrivée à Rio était impressionnante, mais aussi réconfortant après une nuit peu reposante dans l’avion. Vincent Neumann du Swissnex nous a accueilli à la sortie de l’aéroport et après avoir fait sa connaissance, nous avons découvert le soleil levant de Rio perçant à travers le brouillard du matin.

Le trajet en car de l’aéroport à l’hôtel était très impressionnant : nous avons très rapidement pu remarquer la complexité et la diversité des situations des cariocas. Nous avons d’abord traversé le nord de la ville, connu pour être plus dangereux et moins touristique et où l’on trouve beaucoup de favelas. Nous avons pu apercevoir des réservoirs d’eau de pluie sur chacune des maisons, dont l’architecture était complexe et difficile à comprendre. Vincent nous a en effet expliqué que les familles vivent dans la même maison, et qu’à chaque nouvel·le·x arrivant·e·x dans la famille, il·elle·x·s construisaient un nouvel étage pour les accueillir. 

Plus nous nous rapprochions du centre, plus les quartiers et les bâtiments étaient mieux entretenus et souvent  plus grands et plus hauts. Les importantes inégalités de la ville de Rio étaient ainsi facilement perceptibles. Contrairement à ce que nous avions pu tous·tes vivre jusqu’ici, les inégalités sont ici voisines. En effet, les favelas côtoient les quartiers favorisés.

Alors que nous nous rapprochions du centre, nous avons traversé le port de Rio de Janeiro qui n’était pas des moindres : la grandeur du port – le plus grand du pays – était incomparable à ce que nous pouvons voir en Suisse. Près du port, un long mur où d’impressionnantes fresques et tags avaient été peints. Nous étions tous·tes bouche-bée et content·e·s d’être arrivé·e·s à Rio et d’avoir pu avoir une vue d’ensemble sur la ville grâce ce trajet. Fatigué·e·s et émerveillé·e·s, nous avons eu beaucoup de peine à nous rendre compte que nous étions bien à Rio. Les nouveautés qu’offrent les paysages de l’hémisphère sud et le fait que nous étions avec d’autres étudiant·e·s de l’Université de Lausanne ne nous aidaient pas dans cette réflexion.

Le trajet a aussi été l’occasion de faire une première découverte concernant la thématique de la prise en charge des femmes* suite à des violences. Nous avons en effet remarqué une affiche dans le car qui donnait des informations concernant le réseau d’aide disponible à Rio en cas de harcèlement sexuel. Cette affiche rappelle également les informations à garder en tête, comme la ligne de bus ou la date du délit. Vincent nous a expliqué que cette affiche était présente dans tous les transports de Rio. 

Quand nous sommes finalement arrivé·e·s à l’hôtel, nous avons été frappé par le contraste entre ce que nous avions pu voir jusqu’ici et le bâtiment dans lequel nous allions séjourner pendant deux semaines. Il s’agit en effet d’un hôtel pour des personnes plutôt aisées, avec du marbre au sol et trois ascenseurs pour couvrir les 9 étages de chambres. Ceci nous a aussi permis de nous remettre en question et de prendre en compte le fait que nous venions d’un cadre très différent. 

À midi, nous étions invités au Swissnex où nous avons dîné et fait connaissance avec la Team. Après nous être présenté·e·s, chaque groupe a expliqué son projet, ainsi que ses attentes pour les deux prochaines semaines. Ce moment nous a aussi permis de partager notre enthousiasme et notre reconnaissance quant à l’opportunité de travailler hors du cadre théorique de l’université auquel nous sommes habitué·e·s. Fatigué·e·s mais motivé·e·s, nous étions heureux·ses de terminer cette première journée sous le signe de la découverte et de la curiosité.

Oscar Della Casa

* Dans le cadre de la rédaction de notre expérience au Brésil, nous utiliserons le terme « femme » afin de faciliter l’écriture. Le terme « femme » regroupe toutes les personnes qui s’identifient comme telle.