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5 août

Eclats d’histoire à coups de canons

Durant cette journée, nous avons eu l’occasion de découvrir plus amplement la culture et l’histoire du Brésil. Nous nous sommes dans un premier temps rendu·e·s au Swissnex où Vincent et Pedro nous ont parlé des différences culturelles entre la Suisse et le Brésil. L’un des aspects culturels les plus connu à Rio est sa diversité ethnique. Celle-ci est principalement due à la colonisation portugaise ainsi qu’à l’esclavagisme. Nous avons également parlé musique et, bien entendu, de la samba qui, bien que toujours mondialement connue et écoutée, laisse de plus en plus place à la Funk brésilienne chez les jeunes. 

Après cette introduction, nous nous sommes rendu·e·s au Musée d’Histoire Nationale de Rio de Janeiro. Nous avons eu la chance d’avoir un guide, André Botelho, qui nous a permis d’apprécier d’autant plus cette visite. L’exposition retrace l’histoire du brésil de 1500 à nos jours et s’articule autour d’une perspective de décolonisation du musée et de l’art. Celle-ci nous permet de découvrir l’histoire et la culture des indigènes et des esclaves ainsi que de remettre en perspective la réputation héroïque de certaines grandes figures portugaises.

La première salle du musée se trouve être sa cour intérieure. Nous y découvrons une grande quantité de canons qui représentent tous les conflits que le Brésil a connu avec d’autres pays. Le premier canon vers lequel notre guide nous dirige s’avère être français. Il est marqué par le visage en relief de Louis XIV. Les éclats de cette guerre marquent encore Rio : une église non loin du musée a perdu un de ses deux clochers suite à un coup de canon tiré par les français. Celui-ci n’a jamais été remplacé depuis. Nous apprenons également que la cour du musée était à l’époque une place commerciale très importante. 

Au cours de la visite, notre guide nous a expliqué les étymologies surprenantes de trois mots bien connus : IpanemaCarioca et Favelas. Le premier terme désigne l’une des plages les plus connues du monde et signifie en réalité « eaux dangereuses ». Au vu de la taille des vagues durant notre exploration de cette fameuse plage, celles-ci se sont en effet avérées plutôt dangereuses pour la plupart des membres de notre groupe lors de notre baignade il y a quelques jours. Carioca, lui, désigne les personnes qui vivent à Rio. Ce nom a été introduit par les indigènes pour nommer les portugais débarquant dans la baie. Oca signifie maison et Cari désigne un poisson ayant une peau très épaisse imageant l’épaisseur des vêtements portés par les Portugais. Le terme Favelas provient lui du nom d’une plante très répandue sur la colline où les premières favelas ont émergées. 

Le Brésil a également connu une vague d’immigration Suisse au début du 19ème siècle sous l’impulsion du roi portugais João VI désirant implanter d’autres européen·ne·x·s afin de densifier la colonisation. La Suisse, commençant à prospérer en Europe, fut choisie par João VI qui les invita alors à s’établir au Brésil. Pour ne pas trop les dépayser, il les installa non pas au bord des plages de sable blanc mais dans les montagnes. 

La visite terminée, nous avons eu l’occasion de nous balader dans le centre historique de Rio pour nous rendre au restaurant. Nous sommes passé·e·s par la place la plus importante de la ville où se trouvent magasins, bars, restaurants et qui abrite également les manifestions politiques. Ce qui nous a frappé, c’est que cette place, que l’on nous désigne comme le centre historique de Rio, n’avait pas la même allure que d’autres centres historiques que nous avions pu visiter auparavant. Pas de vieux bâtiments extravagants ou de statues, mais une architecture plutôt moderne. Nous apprenons alors que les bâtiments qui s’y trouvaient ont été démolis pour faire de la place à la ligne de métro. La destruction de ce patrimoine historique nous a montré qu’allier la préservation des lieux à la modernisation est un privilège que tous les pays ne possèdent pas. 

Nous sommes également passé·e·s devant les escaliers les plus connu du monde, qui se trouvent dans le quartier de Lapa. Ils ont été construits par Jorge Selaron en 1994 à l’occasion de la coupe du monde de football. Ce dernier ne les a cependant pas construits seul, mais avec l’aide de nombreux cariocas qui participaient en amenant des carreaux de céramique. L’artiste a été tragiquement retrouvé mort en 2013 de causes mystérieuses sur ses propres marches.

Après le restaurant, nous avons marché une vingtaine de minutes pour rejoindre le Swissnex. Arrivé·e·s là-bas, nous avons organisé une séance de travail par groupe sur nos thèmes respectifs. Celle-ci, grâce à nos nouvelles connaissance historiques et culturelles, s’est avérée très vive et intéressante. Nous nous sommes également tous·tes retrouvé·e·s sur la terrasse où nous avons eu l’occasion de discuter de l’importance de ce voyage, de l’impact très positif qu’il nous procure, ainsi que de son utilité pour notre parcours académique. En fin d’après-midi, c’était « sextou ! », signifiant le début du week-end dans la culture brésilienne. Nous étions prêt·e·s à débuter le week-end.

Christelle Hamouti

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4 août : « Mulheres vivas e seguras »

Il est huit heures, nous quittons l’hôtel pour nous rendre au bureau du Swissnex. Vincent nous rejoint à l’entrée du bâtiment et nous partons pour la préfecture de Rio de Janeiro. En sortant du métro, nous découvrons une facette de la ville qui nous était étrangère jusqu’à ce jour : le quartier des affaires. Nous nous dirigeons alors à la préfecture de Rio de Janeiro tout en faisant, comme on nous le répète si souvent, très attention à nos affaires. Nous rencontrons la secrétaire municipale chargée de la politique et de la promotion des femmes à la mairie. Une jeune femme, Joyce Trindade, nous accueille chaleureusement au 11ème étage accompagnée de l’avocate Fernanda Lordelo et de la cheffe des médias et journaliste Luciana Rosaria. 

Nous pénétrons dans les bureaux rectilignes de la préfecture où une salle nous est spécialement réservée. Autour de cette table ronde, ces femmes nous présentent leurs fonctions administratives au sein de la mairie de Rio. Elles sont responsables de la mise en place des politiques publiques visant à promouvoir la santé et la sécurité des femmes. Elles nous font part de leur approche méthodologique pour saisir la complexité des problèmes liés au genre. Elles prennent en considération toutes les oppressions que subissent les femmes selon leur statut social, culturel, leur origine et le contexte géographique dans lequel elles vivent. La dimension financière et raciale sont des facteurs aggravants.   

Il y a 16 ans, un événement tragique a réveillé les consciences dans la sphère politique : une femme est devenue paraplégique suite aux coups de son ex-conjoint. Quelques années plus tard, la loi Maria da Penha définit ce que constitue un féminicide et permet enfin de lutter efficacement contre les violences faites aux femmes. Par la suite, nous discutons du contexte politique du Brésil et de l’accès à l’interruption de grossesse. À ce moment précis, nous apercevons un profond désarroi sur leurs visages. Elles se regardent toutes en ne sachant que dire. En effet, l’interruption de grossesse est encore illégal au Brésil. Seules les femmes portant un enfant issu d’un viol, en cas de danger pour la santé de la mère ou en cas de malformation du fœtus, peuvent avoir accès à une interruption de grossesse de manière légale après l’examen d’un médecin. Hors de ce cadre, l’avortement est un acte répréhensible. 

Elles nous expliquent également l’instabilité de leur département qui évolue en fonction des positions politiques des personnes au pouvoir. C’est-à-dire qu’à tout moment, le pouvoir centralisé peut faire des réformes contre les centres tels que les départements politiques, les associations et les ONG qui ont comme fil rouge la promotion de la santé des femmes. Par exemple, le président Bolsonaro est contre les études de genre. Beaucoup de maîtres·se·x·sd’école sont donc puni·e·x·s pour avoir parlé d’études de genre ou de sexualité en classe. 



Pour finir, nous discutons de la mise en place d’une structure qui accueille les femmes en situation de vulnérabilité : la Casa da Mulher Carioca. Cette maison est configurée comme un espace de promotion des politiques publiques en faveur des femmes avec pour objectif de développer un environnement d’interactions, de formation et d’autonomisation des femmes visant la prévention de toutes situations de violence, l’exercice de la citoyenneté et la construction de l’indépendance. Trois maisons sont implantées à Rio, dont une qui vient d’ouvrir récemment. Parmi les aides proposées aux femmes victimes de violences domestiques, il existe des aides financières pour les enfants orphelins de féminicide et les femmes victimes de violences domestiques et conjugales, en plus d’une éducation et d’une professionnalisation pour obtenir rapidement une plus grande indépendance. Dans un contexte où un danger de mort est imminent et qu’il est donc nécessaire de prendre des mesures supplémentaires, elles sont accueillies dans la Casa Viva MulherCora Coralina, un lieu tenu secret leur permettant de subvenir à tous leurs besoins ainsi qu’à ceux de leurs enfants si elles en ont. Comme la plupart des forces de l’ordre sont des hommes, des services de police réservés aux victimes et spécialement formés pour ce genre d’interventions sont également mis en place.

À la fin de la matinée, un bus nous attend pour poursuivre notre visite vers l’une des maisons des femmes située au nord de Rio. Durant le trajet, nous constatons une nette différence entre le sud et le nord où la pauvreté s’immisce au fur et à mesure que nous quittons le centre des affaires. Les maisons de femmes se situent dans des lieux plus reculés où la violence est plus courante. Ce lieu en particulier est spécialisé dans l’accès à l’éducation et à la formation afin que les victimes puissent devenir indépendantes financièrement. Les maisons sont tenues uniquement par des femmes ayant toutes des rôles différents : psychologues, assistantes sociales ou formatrices de métiers de coiffeuse ou encore maquilleuse. 

Nous quittons les lieux ému·e·s, touché·e·s par l’accueil chaleureux de ces femmes combattantes qui prennent part activement à des projets aussi admirables malgré les difficultés rencontrées. Retour à la réalité, la tête remplie de souvenirs et de bouleversements. Aujourd’hui, nous saisissons de mieux en mieux la situation des femmes au Brésil et toutes ces complexités.

Tringa Xhuli et Manon Bourcoud

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3 août

Visite de l’association « Viva Rio » : de la recherche à distance à la distance sur le terrain

Après que nous nous sommes reposé·x·e·s et tous·tes acclimaté·e·s à notre nouvelle vie pour les deux prochaines semaines, nous étions tous·tes enthousiastes à l’idée de commencer notre expérience de terrain à Rio. La journée a débuté à Ipanema, après une première aventure dans les transports brésiliens, sous une ambiance musicale locale. Vincent et Sofia du Swissnex nous ont ensuite rejoint pour nous conduire à la première association qui a marqué le début de notre aventure. 


C’était la première fois que nous avons pu explorer les rues ensoleillées de Rio avec ses couleurs et sa beauté. La végétation nous a surpris, en particulier les très grands arbres ainsi que leurs couleurs très riches. Nous avons aussi pu constater que les Brésilien·ne·s sont très chaleureux·se·x·s, accueillant·e·x·s et loquace·x·s. Après avoir découvert les rues du quartier d’Ipanema, nous sommes enfin arrivé·x·e·s à l’ONG Viva Rio, dont le but est de lutter contre les violences et de garantir l’équité entre les membres de la communauté. Ronaldo Lapa, qui est le responsable du marketing et de la communication de Viva Rio, nous a accueilli dans l’énorme bâtiment où se trouve le siège de l’organisation, dont leslocaux ont été construits sur un rocher. Quand nous sommes arrivés·x·e·s au deuxième et dernière étage, nous étions impressionnés·x·e·s par le fait que les favelas étaient juste à proximité et qu’elles étaient reliées au bâtiment. Celui-ci nous a permis d’admirer l’incroyable vue d’une grande partie de Rio, nous permettant aussi de nous rendre compte de notre petitesse face à la grandeur de cette ville. En contemplant ce paysage, nous avons constaté que celui-ci se divise clairement en deux parties distinctes : une partie plus riche et une partie où la pauvreté règne, les favelas. 

Après avoir eu l’occasion de rencontrer une partie de l’équipe de Viva Rio, Pedro Braum Azevedo da Silveira, l’anthropologue de l’ONG, nous a fait une présentation détaillée. Cette dernière, qui était très riche et trèsdétaillée, mettait en évidence l’important impact que cette organisation sur les vies des habitant·e·x·s les plus démuni·e·x·s de la ville de Rio, en particulier celles et ceux des favelas. La séance a principalement porté sur les actions menées au niveau de la santé, du développement social, de la sécurité, du développement socio-environnemental et des programmes de recherche et d’innovation. À la suite de la présentation, nous avons eu l’occasion de leur présenter à notre tour nos projets respectifs : l’un portant sur l’éducation sexuelle et l’autre sur la prise en charge des femmes victime de violence. Cet échange a été très enrichissant car il nous a permis de poser toutes nos questions et de recadrer notre projet. En effet, lorsque nous avons commencé notre recherche en Suisse, dans le cadre du cours « Grands Enjeux Sociaux Contemporains » à l’Université de Lausanne, nous avons eu une approche plutôt théorique dans un premier temps qui passait par de la recherche, des prises de contact et des échanges à distance. Dans un deuxième temps, en étant à Rio, nous avons pu expérimenter une approche sur le terrain. Cette étape nous semblait fondamentale dans la poursuite de notre projet, non seulement parce qu’elle nous a aidé à établir un contact direct avec une autre association qui nous tenait à cœur, mais aussi car elle nous a permis de comprendre plus précisément les différentes réalités du pays. 



La première partie de la journée terminée, nous nous sommes tous·tes retrouvé·e·s autour d’un délicieux repas près d’une magnifique terrasse sur laquelle nous nous sommes arrêté·x·e·s afin de contempler le paysage et capturer quelquessouvenirs. Nous y avons goûté une spécialité locale au nom bien particulier, la « swiss lemonade », une limonade où l’on mixe les limes en entier, même avec la peau. Bien que nous n’ayons pas vraiment compris quel était le lien avec la Suisse, celle-ci était très rafraichissante et savoureuse. 

Notre visite à Viva Rio touche à sa fin. Vincent nous a finalement accompagné à la plage d’Ipanema. Nous étionssurpris×e·s par ce magnifique cadre, les énormes vagues, les couleurs de la plage et la beauté du paysage. Tout cela annonçait un bel après-midi de détente. Nous avons profité de faire pour la première fois un bain en hiver que nous avons beaucoup apprécié malgré la température mitigée de l’eau. 







Durant la journée, nous avons ainsi exploré une partie fascinante de la ville mais nous avons aussi été rapidement confronté à son côté plus dangereux. Effectivement, comme pour chaque pays, nous retrouvons leurs bons et leursmoins bons côtés. Comme Vincent nous l’avait annoncé préalablement: « the Brazilian reality with all its beauties but also its challenges ». La journée pris fin avec une soirée de repos ; pour certains×e·s dans une ambiance locale et dansante et pour d’autres devant un bon repas dans un restaurant typique. C’est avec le cœur plein d’émotions et l’estomac rempli de toutes les saveurs brésiliennes que nous sommes allé·x e·s nous reposer pour attaquer la suite de notre aventure. 

Pamela Piazzoli et Natasha Handunge 

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2 août

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1er & 02 août

Le départ : Nous sommes prêt·e·s à partir à Rio de Janeiro !

Nous nous sommes donné·e·s rendez-vous, pour les personnes qui habitent dans le coin, à la gare de Lausanne à 13h30 pour prendre un train pour Genève-Aéroport. Certain·e·s nous ont rejoint en chemin, mais nous sommes tous·tes arrivé·e·s à temps à l’aéroport pour déposer nos valises au check-in et passer la sécurité. 

Après avoir mangé et fait un peu plus connaissance, on nous a finalement annoncé la porte d’embarquement pour prendre le premier vol pour Lisbonne. Malgré un décollage et un atterrissage pour le moins mouvementé, le vol s’est passé tranquillement ! Ce voyage en avion était d’ailleurs encore une bonne opportunité pour discuter avec toutes les personnes du groupe car beaucoup d’entre nous ne nous connaissions pas. Et surtout, c’était un moment propice pour se réjouir ensemble et échanger à propos de nos attentes pour cette expérience spéciale et incroyable que nous étions sur le point de commencer à vivre au Brésil ces deux prochaines semaines. 

Après une escale de quelques heures à Lisbonne, nous avons pris un long courrier pour finalement arriver à Rio de Janeiro le lendemain à 5h du matin. L’arrivée à Rio était impressionnante, mais aussi réconfortant après une nuit peu reposante dans l’avion. Vincent Neumann du Swissnex nous a accueilli à la sortie de l’aéroport et après avoir fait sa connaissance, nous avons découvert le soleil levant de Rio perçant à travers le brouillard du matin.

Le trajet en car de l’aéroport à l’hôtel était très impressionnant : nous avons très rapidement pu remarquer la complexité et la diversité des situations des cariocas. Nous avons d’abord traversé le nord de la ville, connu pour être plus dangereux et moins touristique et où l’on trouve beaucoup de favelas. Nous avons pu apercevoir des réservoirs d’eau de pluie sur chacune des maisons, dont l’architecture était complexe et difficile à comprendre. Vincent nous a en effet expliqué que les familles vivent dans la même maison, et qu’à chaque nouvel·le·x arrivant·e·x dans la famille, il·elle·x·s construisaient un nouvel étage pour les accueillir. 

Plus nous nous rapprochions du centre, plus les quartiers et les bâtiments étaient mieux entretenus et souvent  plus grands et plus hauts. Les importantes inégalités de la ville de Rio étaient ainsi facilement perceptibles. Contrairement à ce que nous avions pu tous·tes vivre jusqu’ici, les inégalités sont ici voisines. En effet, les favelas côtoient les quartiers favorisés.

Alors que nous nous rapprochions du centre, nous avons traversé le port de Rio de Janeiro qui n’était pas des moindres : la grandeur du port – le plus grand du pays – était incomparable à ce que nous pouvons voir en Suisse. Près du port, un long mur où d’impressionnantes fresques et tags avaient été peints. Nous étions tous·tes bouche-bée et content·e·s d’être arrivé·e·s à Rio et d’avoir pu avoir une vue d’ensemble sur la ville grâce ce trajet. Fatigué·e·s et émerveillé·e·s, nous avons eu beaucoup de peine à nous rendre compte que nous étions bien à Rio. Les nouveautés qu’offrent les paysages de l’hémisphère sud et le fait que nous étions avec d’autres étudiant·e·s de l’Université de Lausanne ne nous aidaient pas dans cette réflexion.

Le trajet a aussi été l’occasion de faire une première découverte concernant la thématique de la prise en charge des femmes* suite à des violences. Nous avons en effet remarqué une affiche dans le car qui donnait des informations concernant le réseau d’aide disponible à Rio en cas de harcèlement sexuel. Cette affiche rappelle également les informations à garder en tête, comme la ligne de bus ou la date du délit. Vincent nous a expliqué que cette affiche était présente dans tous les transports de Rio. 

Quand nous sommes finalement arrivé·e·s à l’hôtel, nous avons été frappé par le contraste entre ce que nous avions pu voir jusqu’ici et le bâtiment dans lequel nous allions séjourner pendant deux semaines. Il s’agit en effet d’un hôtel pour des personnes plutôt aisées, avec du marbre au sol et trois ascenseurs pour couvrir les 9 étages de chambres. Ceci nous a aussi permis de nous remettre en question et de prendre en compte le fait que nous venions d’un cadre très différent. 

À midi, nous étions invités au Swissnex où nous avons dîné et fait connaissance avec la Team. Après nous être présenté·e·s, chaque groupe a expliqué son projet, ainsi que ses attentes pour les deux prochaines semaines. Ce moment nous a aussi permis de partager notre enthousiasme et notre reconnaissance quant à l’opportunité de travailler hors du cadre théorique de l’université auquel nous sommes habitué·e·s. Fatigué·e·s mais motivé·e·s, nous étions heureux·ses de terminer cette première journée sous le signe de la découverte et de la curiosité.

Oscar Della Casa

* Dans le cadre de la rédaction de notre expérience au Brésil, nous utiliserons le terme « femme » afin de faciliter l’écriture. Le terme « femme » regroupe toutes les personnes qui s’identifient comme telle.