




Des pentes raides constellées de pare-avalanches, une forêt d’antennes et un clocher. Nées de la main de Martial Leiter, les deux esquisses (1 et 2) évoquent Davos. Ces dessins sont les petits cailloux semés sur le chemin qui a mené à l’illustration (3) parue dans la presse et reproduite dans l’ouvrage Tous rebelles. « Des gens qui ont l’air importants dégringolent de cette patinoire vers le bas de la page, comme une coulée de neige », note Ramona Fritschi, conservatrice des Manuscrits et responsable Patrimoine de la Bibliothèque cantonale et universitaire – Lausanne (BCUL). Autour d’eux, on devine le contexte du Forum économique de Davos.
Né en 1952 à Fleurier, Martial Leiter est illustrateur. Ses travaux personnels ont été présentés en janvier dernier à la galerie RichterBuxtorf (Lausanne), dans l’exposition Paysage furtif. En parallèle, il a mené une longue carrière de dessinateur «dans la presse, et non de presse, comme il aime le souligner», note Ramona Fritschi. Son trait noir a traité sans pitié des travers de la société, de l’économie ou de la politique, notamment suisse. Il a été publié dans la NZZ, Le Temps, Die Zeit ou Le Monde, entre autres.
Cette partie de son œuvre a été acquise en 2021 par la collection des Manuscrits en collaboration avec l’Association des Amis de la BCU Lausanne. Inventorié par l’historienne de l’art Caroline Recher, partiellement numérisé, cet ensemble contient 90 carnets et cahiers d’esquisses, 3 boîtes d’esquisses sur feuilles détachées, 1 dessin original, 43 affiches et 21 boîtes d’imprimés.
Le public aura bientôt l’occasion de découvrir une partie de ce fonds. En effet, l’exposition Martial Leiter. À grands traits sera vernie le 18 juin à la Bibliothèque cantonale et universitaire – Lausanne, au Palais de Rumine. Le parcours suivi par certaines idées de l’artiste, du croquis à la réalisation, en constitue le fil rouge. «Les visiteuses et visiteurs seront invités à faire marcher leur imagination pour retracer ces cheminements», précise Ramona Fritschi, commissaire.
Comment? Dans les vitrines, il sera possible de voir quelques carnets d’esquisses noirs et rouges utilisés par le dessinateur (4 et 5), deux teintes qui ont inspiré la scénographie de l’exposition. «Il faut les considérer comme les manuscrits d’un auteur. Ce sont des projets qui parfois mènent à une illustration, ou demeurent à l’état d’esquisse.» L’occasion d’entrer dans une forme d’intimité de la création, de se pencher par-dessus l’épaule de Martial Leiter.
«Ce fonds iconographique est très riche, note Ramona Fritschi. Il pourrait faire l’objet de recherches à l’Université de Lausanne, afin d’entrer davantage dans les détails et de mieux comprendre comment se développent certaines idées, de quelques coups de crayon initiaux jusqu’à une éventuelle publication.»
Martial Leiter. À grands traits. Lausanne. Palais de Rumine. BCU Lausanne. Lu-ve 8h-22h, sa 8h-17h. bcu-lausanne.ch 021 316 78 63. Vernissage le 18 juin à 18h30. Visites guidées les sa 4 juillet, 11h et sa 26 septembre, 17h et 19h. Jusqu’au 27 septembre.
