Pour une théorie du récit au service de l’enseignement

Bourse FNS

  • 100019_197612 / 1

Direction

  • Raphaël Baroni (UNIL, EFLE)

Collaborateur et collaboratrice scientifiques

  • Gaspard Turin
  • Fiona Moreno

Assistant de recherche FNS

  • Luc Mahieu

Partenaires

  • Chloé Gabathuler (HEP Valais)
  • Jérôme David (UNIGE)
  • Jean-Louis Dufays (UCL, Belgique)
  • Bertrand Daunay (Université de Lille, France)
  • Jean-François Boutin (UQAR, Québec)
  • Vincent Capt (HEP Vaud)

Dates de début et de fin

  • Du 1er août 2021 au 31 juillet 2025

Résumé

Cette recherche part d’un constat : un décalage de cinquante ans s’est creusé entre les théories contemporaines du récit et les concepts enseignés dans les classes de français. Alors que l’acquisition d’un outillage critique pour étayer l’interprétation demeure une pratique courante et est souvent encouragée par les plans d’étude, il apparaît qu’aucun des concepts enseignés n’a fait l’objet d’un examen critique approfondi tenant compte des avancées de la théorie du récit, de la réalité du terrain de l’enseignement et de l’évolution du contexte des études littéraires.

Si les didacticien·ne·s condamnent souvent un excès de formalisme qui conduirait aux dérives de l’applicationnisme, elles ou ils ne vont pas jusqu’à examiner en détail les concepts incriminés et ignorent le plus souvent l’existence d’alternatives à la « boîte à outils » héritée de la période structuraliste. Quant aux narratologues, elles ou ils poursuivent généralement un objectif théorique qui les dispense de réfléchir aux prolongements pratiques de leurs travaux, la rédaction d’ouvrages de synthèse en français s’étant raréfiée au profit de la réédition inlassable de textes élaborés il y a plusieurs décennies. Cette situation de blocage débouche sur un dilemme : soit les enseignant·e·s continuent de recycler des outils datés, souvent mal définis ou dont la valeur interprétative est discutable, soit ils ou elles tournent le dos à l’outillage théorique au profit d’un rapport plus intuitif aux œuvres et l’on passe alors des dérives de l’applicationnisme aux dangers d’une approche purement empirique.

La présente recherche, qui trouve son ancrage à l’intersection entre didactique et narratologie, vise à sortir de cette fossilisation de la théorie appliquée, pour la transformer en théorie discutée, mise à jour, enrichie et remotivée. En confrontant la vaste gamme des possibilités offertes par la narratologie contemporaine avec les réalités du terrain de l’enseignement et avec les orientations actuelles de la didactique de la littérature, nous avons l’ambition de rebâtir des ponts entre théorie du récit et didactique du français, ce qui contribuera également à établir un lieu de convergence et de consolidation pour une discipline dont la cohérence, l’ancrage institutionnel et la visibilité en dehors des milieux spécialisés est devenue de plus en plus problématique.

Nous nous baserons notamment sur les avancées réalisées sous l’impulsion des approches linguistiques, rhétoriques, cognitives et transmédiales, pour montrer qu’aucune des notions aujourd’hui enseignées ne fait l’objet d’un consensus critique et que des alternatives ou des compléments existent pour chacune d’entre elles. Nous nous baserons également sur des données recueillies sur le terrain : non seulement en analysant les plans d’étude, les manuels et les ouvrages qui circulent dans les milieux scolaires, mais également en nous appuyant sur des questionnaires et des entretiens avec des enseignant·e·s du secondaire I et II de la région romande, de France, du Québec et de Belgique. Sur cette base empirique, nous tâcherons de faire évoluer l’outillage narratologique en le pensant au plus près des usages scolaires et des finalités actuelles des études littéraires. Il s’agira notamment de privilégier des concepts clairs et pertinents, permettant de mieux articuler l’analyse textuelle avec les expériences éthiques et esthétiques des lecteurs ou des lectrices, de mieux lier l’apprentissage de la langue à l’enseignement de la littérature et d’élargir les compétences littératiées des apprenant·e·s sur une échelle transmédiale. Un site internet proposant des ressources en libre accès, un ouvrage de synthèse critique ainsi qu’un colloque et des publications scientifiques permettront de diffuser les résultats de la recherche en touchant un public de narratologues, de didacticien·ne·s et d’enseignant·e·s.

Contact: raphael.baroni@unil.ch

Le projet sur Eureka: https://wp.unil.ch/eureka/pour-une-theorie-du-recit-au-service-de-lenseignement/

Participer au recueil de données

Vous êtes enseignant·e·s du secondaire I ou du secondaire II? Participez à une enquête internationale à destination des enseignant·e·s de français dans l’enseignement secondaire (élèves de 12 à 18 ans) en Belgique, en Suisse, en France et au Québec. Comme toute recherche de ce type, la robustesse des résultats dépendra du nombre et de la diversité des répondant·e·s. Nous vous remercions donc beaucoup pour le temps que vous lui accorderez.

La participation à cette phase de la recherche consiste à répondre à un questionnaire en ligne d’environ 15 à 30 minutes, composé principalement de questions fermées :https://www3.unil.ch/limes5-prod/index.php/537267.

En répondant intégralement au questionnaire, les participants reçoivent l’accès au livre de Raphaël Baroni (2017), Les rouages de l’intrigue. Les outils de la narratologie postclassique pour l’analyse des textes littéraires. De plus, différents prix de remerciement seront tirés au sort parmi les répondants (exemplaires du Bon Usage, recueils de nouvelles de la collection Espace Nord, entrées au spectacle La Convivialité…). 

En espérant que vous pourrez soutenir cette diffusion d’information auprès de nos collègues enseignant le français dans le secondaire, nous vous remercions déjà pour l’attention que vous porterez à cette demande.

Publications en accès libre liées au projet

Ouvrage

Baroni, R. (2017), Les Rouages de l’intrigue. Les outils de la narratologie postclassique pour l’analyse des textes littéraires, Genève, Slatkine érudition. Préface de Jean-Louis Dufays. L’ouvrage intégral est disponible sur SERVAL en accès libre: https://serval.unil.ch/fr/notice/serval:BIB_91F2FABBCF53 

Numéros de revue

Baroni, R. & G. Turin (dir.) (2021), « Enseigner la bande dessinée comme (de la ) littérature », Transpositio, n° 4. URL: https://www.transpositio.org/categories/view/n-4-enseigner-la-bande-dessinee-comme-de-la-litterature

Baroni, R. & F. Langevin (dir.) (2016), « Polyphonies : voix et valeurs du discours littéraire », Arborescence, n° 6. URL : https://www.erudit.org/revue/arbo/2016/v/n6/index.html

Baroni R. & A. Rodriguez (dir.) (2014), « Les passions en littérature. De la théorie à l’enseignement », Études de Lettres, n° 295. URL : https://journals.openedition.org/edl/596

Entretien

Baroni, R. & F. Wagner (2018) « Des mécanismes de l’intrigue à l’enseignement de la littérature. Entretien avec Raphaël Baroni », Cahiers de narratologie, n° 34.
URL : https://journals.openedition.org/narratologie/9130

Articles

Baroni, R. (2021) « Perspective narrative, focalisation et point de vue : pour une synthèse », Fabula LHT, n° 25. URL : http://www.fabula.org/lht/25/baroni.html

Baroni, R. (2020) « La séquence ? Quelle séquence ? Retour sur les usages littéraires de la linguistique textuelle », Poétique, n° 188, p. 259-278. DOI : https://doi.org/10.3917/poeti.188.0259

Baroni, R. (2020) « Pour des concepts narratologiques intelligibles et utiles pour l’enseignement : schéma quinaire et focalisation en débat », Transpositio, n° 2. URL : http://www.transpositio.org/articles/view/pour-des-concepts-narratologiques-intelligibles-et-utiles-pour-l-enseignement-schema-quinaire-et-focalisation-en-debat

Baroni, R. (2019) « Les rouages d’un débat. Réponse à Ilias Yocaris », Cahiers de narratologie, n° 36.
DOI : https://doi.org/10.4000/narratologie.10134

Baroni, R. (2017) « Les fonctions de la focalisation et du point de vue dans la dynamique de l’intrigue », Cahiers de narratologie, n° 32.
URL : http://journals.openedition.org/narratologie/7851

Baroni, R. (2017) « Le rôle des personnages dans les rouages de l’intrigue », Letras de Hoje, n° 52 (2), p. 156-166.
URL : http://revistaseletronicas.pucrs.br/teo/ojs/index.php/fale/article/view/29185

Baroni, R. (2017) « Combien d’auteurs y a-t-il dans cette œuvre ? », Fabula / Les colloques, Les « voix » de Michel Houellebecq.                
URL : http://www.fabula.org/colloques/document4222.php

Baroni, R. (2016) « Comment débusquer la voix d’un auteur dans sa fiction. Une étude de quelques provocations de Michel Houellebecq », Arborescence, n° 6, p. 72-93.
URL : http://www.erudit.org/revue/arbo/2016/v/n6/1037505ar.html

Baroni, R. (2015) « Temps, mode et intrigue : de la forme verbale à la fonction narrative », Modèles linguistiques, XXXVI, n° 71, p. 125-142.               
URL : https://ml.revues.org/2376

Baroni, R. (2014) « La guerre des voix : critique polyphonique et divergences interprétatives dans l’œuvre de Michel Houellebecq », COnTEXTE, Varia.
URL : http://contextes.revues.org/5979

Baroni, R. (2014) « Les rouages de l’intrigue dans l’atelier de Ramuz : la tension expliquée », Études de Lettres, n° 295, p. 109-131.          
URL : https://edl.revues.org/614

Baroni, R. (2013) « Didactiser la tension narrative : apprendre à lire ou apprendre comment le récit nous fait lire ? », Recherches & Travaux, n° 83, p. 11-23.
URL : https://recherchestravaux.revues.org/649

Baroni, R. (2007) « Une mise à jour des outils narratologiques pour l’analyse de la littérature », Études de Lettres, n° 278, p. 175-205.
URL: https://www.academia.edu/25400039/Baroni_R_2007_Une_mise_%C3%A0_jour_des_outils_narratologiques_pour_l_analyse_de_la_litt%C3%A9rature_%C3%89tudes_de_Lettres_n_278_p_175_205