Qu’est-ce qu’un sujet minoritaire en littérature?
Depuis la poésie lyrique dans l’Antiquité jusqu’à l’egotrip dans le rap contemporain en passant par le récit de témoignage ou l’autofiction, la première personne s’affirme dans toute la littérature, où elle a acquis ses lettres de noblesse de longue date. Codirigé par Aurore Turbiau (Centre interdisciplinaire d’étude des littératures), ce numéro de la revue Sextant explore la façon dont des écrivain·es, chanteur·euses ou performeur·euses, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, ont trouvé des manières de dire je depuis le point de vue minoritaire ou marginalisé d’où il·elles s’expriment. «Contrer je» ou se dire «contre je», une formule en effet qui résume autant d’énonciations résistantes, clandestines, noyautant l’institution du sujet poétique tel qu’il s’est construit en Europe au cours de siècles de littérature.
Empruntant leurs outils à l’analyse littéraire, à la linguistique du discours et aux études féministes et postcoloniales, les contributions se proposent d’explorer comment ces artistes interrogent les conditions d’énonciation d’un je minoritaire qui, depuis les marges de genre, de classe et de race d’où il·elles s’expriment, leur permet de s’affirmer sujets de leur existence.
Ce numéro est disponible en texte intégral sur OpenEdition Journals.
Camille Islert, Manon Berthier, Jaine Chemmachery, Christophe Cusset, Nicolas Duriau, Aurore Turbiau (dir.), «Contre-je : genre et énonciations minoritaires en littérature», Sextant, n°42, Bruxelles, Éditions de l’Université de Bruxelles, 2026.

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