L’humour et les humanités au service de l’écologie ?
Lieu : Vortex, Salle Nucléo
Date : Vendredi 6 novembre
Horaire : 09h00 – 12h30
Participation gratuite

Les puissances du rire peuvent-elles nous aider à renouveler nos imaginaires écologiques ?
C’est autour de cette question que s’articule la matinée scientifique des Écotopiales 2026 !
Nous enquêterons sur les multiples manières dont, du Moyen-Âge à nos jours, les humanités – classiques et numériques – recourent au rire et à l’humour pour renouveler nos relations à l’environnement, tout en aiguisant notre esprit critique vis-à-vis des enjeux climatiques.
Comment les oeuvres de la littérature et du cinéma, mais aussi les nouvelles formes de communications performatives plébiscitées par la jeunesse sur les réseaux sociaux, contribuent-elles par le rire à la prise de conscience de nos interdépendances avec les formes de vie humaines et non-humaines ?
Comment les arts au sens large peuvent-ils nous aider à composer une vision décalée, humoristique et engageante de l’écologie ? Peut-on « jouir pour sauver le monde » ?
Voici ce que nous ferons découvrir les chercheuse et chercheurs invité·e·s !
Découvrez les invité·e·s et les descriptifs complets de leurs conférences ci-dessous.

08h30 – 09h00
Accueil : accréditation, café,
09h00 – 09h15
Mots de bienvenue : Centre de compétences en durabilité, faculté des Lettres, faculté de FGSE
09h15 – 09h45
La nature dans tous ses états dans la littérature comique médiévale et renaissante
Prof. Alain Corbellari, Littérature française médiévale (Universités de Lausanne et de Neuchâtel)
Les rapports de l’homme médiéval avec la nature étaient à la fois plus distants (à cause de l’idéologie religieuse dominante) et plus proches (à cause d’un enracinement social majoritaire en contexte rural) qu’aujourd’hui. Si les romans de chevalerie ne parlent pas beaucoup de la nature (sinon pour en évoquer les forêts impénétrables), les fabliaux et la littérature didactique nous renseignent en revanche abondamment sur des rapports que l’on trouvera parfois étonnamment modernes avec des réalités naturelles que nous apprenons aujourd’hui à redécouvrir. À cheval sur deux mondes, cette conférence aimerait montrer que les hommes du Moyen Âge étaient déjà très conscients de l’importance d’un rapport équilibré avec notre milieu naturel et qu’ils savaient volontiers en rire.
09h45 – 10h15
Des productions contre le productivisme ? Sur quelques comédies contestataires des Trentes Glorieuses
Prof. Laurent Le Forestier, Histoire du cinéma (Université de Lausanne)
Dès les années 50-60 des chercheurs·euses identifient les facteurs susceptibles de conduire à la crise écologique contemporaine. Les pratiques culturelles – notamment les plus populaires : cinéma, chansons, bande-dessinée – se sont saisies de ces réflexions et ont participé à leur socialisation. Un grand nombre de films francophones, ont abordé le sujet des crises possibles à venir et parmi ceux-ci de nombreux longs métrages comiques, dont l’humour a pris parfois pour cible des aspects fondamentaux de l’idéologie des « Trente Glorieuses ». À travers l’étude de quelques extraits de films, mis en dialogue avec des analyses critiques de cette époque, cette conférence souhaite montrer que ces films comiques ont pu parfois contester avec force deux des piliers idéologiques des Trente Glorieuses : le productivisme et le consumérisme.
10h15 – 10h45
Pause café
10h45 – 11h15
Des créateurs de contenus décalés pour faire face à l’écoanxiété des jeunes
Stéphanie Lukasik, Sciences de l’information et de la communication (Aix-Marseille Université et Université du Luxembourg)
Depuis quelques années, de nouvelles formes de contenus apparaissent sur les réseaux sociaux pour aborder les enjeux écologiques de manière humoristique. En produisant du contenu sur un ton décalé et familier, ces créateur·trices cherchent à rendre accessibles des sujets complexes et anxiogènes, et à s’imposer comme de nouveaux leaders de l’opinion écologique auprès des jeunes. Ils permettent ainsi à une tranche de la population de se sensibiliser à l’écologie avec plus de facilité.
Cette intervention interroge la façon dont l’humour transforme la circulation de l’information écologique, tout particulièrement chez les jeunes adultes et adolescents : que devient un message sur l’urgence climatique lorsqu’il passe par le rire ? L’humour permet-il de réduire la sidération ou l’éco-anxiété et de favoriser l’engagement citoyen ? À l’inverse, quels risques de simplification du message comporte-t-il ?
11h15 – 11h45
Jouir pour sauver le monde ? Éropolitique et écoféminisme.
Myriam Bahaffou, Chercheuse et philosophe
Cette intervention propose une présentation du concept d’éropolitique : qu’est-ce qui nous fait sentir davantage vivant, et pourquoi le désir est-il primordial si l’on veut parler d’écologie ? Pourquoi faudrait-il « jouir pour sauver le monde » ? A rebours d’une injonction à la sobriété et au sérieux, cette proposition éco-féministe nous rappelle que l’engagement politique doit toujours être un signe d’amour envers le monde. Quand la production d’émotions anesthésiantes est la norme, désirer devient éminemment politique.
Suivi d’un repas de midi convivial gratuit et végétarien préparé par l’association le Castor Freegan !
Participation gratuite mais places limitées : inscription (fortement) conseillée !