


Se présentant sur son profil Twitter comme voulant faire « de la vulga fouillée et pas trop chiante », Gregoire Simpson utilise les réseaux sociaux pour rendre la sociologie accessible à travers des vidéos et des « threads » tout en gardant un côté comique.
Sur Youtube, les vidéos abordent des thématiques comme le raisonnement sociologique ou le sens de la vie selon Bourdieu. Gregoire Simpson développe les divers sujets abordés, son propos étant illustré par des extraits de films, de vidéos, de mèmes d’internet ou encore d’entretiens. Ses vidéos sont très riches et denses en information, mais le côté humoristique et les liens avec l’actualité permettent une compréhension complète des sujets abordés.
La première vidéo de sa chaîne Youtube intitulée « Bourdieu, le sens de la vie » s’appuie sur le livre de Pierre Bourdieu « Méditations pascaliennes ». Selon lui, l’existence humaine n’a pas de sens ni de raison particulière. Cependant, les sociétés, à travers les symboles, donnent une justification à la condition humaine. La sociologie permet alors de « décoder » les symboles donnés d’une société.

La trilogie de vidéos suivante se concentre sur le raisonnement sociologique. La première vidéo revient sur les notions développées par Jean-Claude Passeron. En effet, Passeron a démontré que les sciences sociales sont des sciences non-universelles et sont donc dépendantes d’un contexte socio-historique précis. La deuxième poursuit cette réflexion sur la valeur scientifique de la sociologie. La réponse se trouve dans la multiplication d’études de contextes variés pour appuyer une théorie sociologique et ainsi augmenter sa crédibilité scientifique. La dernière vidéo donne un exemple qui démontre sa réflexion, en présentant la vidéo d’un doctorant en psychologie évolutionniste, Stéphane Debove. Le youtubeur démontre alors en quoi son raisonnement n’est pas sociologique car il ne prend pas en compte le contexte socio-historique dans son étude.
Tout comme dans ses vidéos, ses résumés d’articles scientifiques en sociologie sur Twitter sont accompagnés d’images animées (GIF) et d’un vocabulaire familier qui permet de découvrir et de comprendre plus facilement le propos de l’article présenté. Les résumés d’articles abordent plusieurs sujets comme les streameur.ses.s de jeu vidéo ou encore la domination des hommes sur les femmes en Nouvelle-Calédonie.
En bref, la chaîne Youtube et le compte Twitter de Gregoire Simpson sont utiles pour les étudiant.e.s commençant leurs études en sciences sociales (en particulier pour les notions abordées dans la trilogie de vidéos sur le raisonnement sociologique) ou tout simplement pour découvrir des articles ou des thématiques nouvelles.
On peut cependant regretter la perspective théorique restreinte abordée par Gregoire Simpson, qui se focalise essentiellement sur des auteurs masculins, porteurs d’une tradition sociologique structuraliste passablement déterministe qui n’est nullement représentative de la diversité des travaux en sociologie. Une ouverture à d’autres perspectives et d’autres auteur.ice.s pourrait être souhaitable dans la suite de ses présentations.
Si vous êtes intéressé.e.s par ses sujets ou que vous êtes à quelques semaines des examens sans avoir compris Passeron, Popper ou Bourdieu, la chaîne Youtube et le Twitter de Gregoire Simpson sont faits pour vous !
Gregoire Simpson. (2020b, octobre 18). LA SOCIOLOGIE, UNE SCIENCE À PART | Jean-Claude Passeron.
Gregoire Simpson. (2020a, septembre 20). BOURDIEU, LE SENS DE LA VIE | Méditations pascaliennes.
Gregoire Simpson [@GregoireSimpson]. (2021, 13 mai). Un thread pour rassembler tous mes threads/résumés d’articles de socio [Tweet]. Twitter.
| Pour citer cet article | Nom Prénom, « Titre ». Blog de l’Institut des sciences sociales [En ligne], mis en ligne le XX mois 2021, consulté le XX mois 2021. URL : |
| Plateformes | Youtube et Twitter |
| Autrice | Nora Thaçi, étudiante en Bachelor |
| Contact | nora.thaci@unil.ch |
©Gregoire Simpson, Twitter
L’étude des humanités numériques vise à comprendre l’influence mutuelle qui se produit entre Internet et la société. De quelle manière l’arrivée du WEB 2.0 a-t-elle reconfiguré nos représentations de l’espace, modifié nos pratiques de communication et transformé nos conceptions des collectifs ?
Le numérique nous questionne également en tant que chercheur·es. Comment l’intégrer non seulement comme un objet de recherche mais également comme un outil essentiel de la démarche ethnographique ?
L’histoire nous l’a montré : l’anthropologie et la technologie se croisent et s’entrelacent sans cesse. Au sens large de « techniques de communication à distance », les médias ont une double fonction. D’une part, ils permettent d’avoir accès, de capter et de trier des informations. D’autre part, ils permettent à l’ethnographe d’objectiver son savoir, de le matérialiser sous une forme tangible et narrative, puis de le diffuser auprès d’un public. L’imprimerie, l’appareil photo, les enregistreurs son, les caméras portatives sont autant de médias, d’outils techniques qui ont permis la constitution et la diffusion du savoir ethnographique.
Dans cette évolution, le WEB 2.0. apparaît comme un dispositif inédit. Non seulement il permet une diffusion jamais égalée dans l’histoire de notre société mais il regroupe en un même lieu les autres médias (son, vidéo, texte, image). L’espace qu’il déploie en fait un outil de diffusion en même temps qu’un terrain à explorer. Enfin, il est une base de données théoriques et empiriques quasiment illimitée.
Le blog #humansofpandemics vise précisément à exploiter le potentiel du web en mettant en évidence la diversité des expériences individuelles en temps de pandémie.
En proposant une interface issue du monde académique mais destinée à un public profane, il espère recréer un micro-espace public, tisser des liens et faire circuler des récits.
Ce projet, soutenu par le FNS et l’ISS est réalisé en collaboration avec Laurence Kaufmann, professeure ordinaire à l’UNIL, et Janette Danko, sociologue.
Cette interface poursuit ainsi plusieurs objectifs :
Créer un échange avec le public sous de nouvelles modalités, plus interactives. Le blog permet au chercheur-e. de se présenter au public sous une forme inédite, de travailler dans une démarche collaborative grâce aux réseaux sociaux et de récolter des témoignages auprès d’un panel d’individus variés.
Repenser le rendu de l’enquête dans une perspective transmédiatique. La diversité des formats médiatiques qu’offre le numérique nous semble idéale pour dialoguer avec le public et susciter son intérêt, dans un monde où l’économie de l’attention est devenue une ressource rare. Notre recherche intègre des podcasts, des films, des photographies et des textes narratifs. Il nous incite à penser les médiums en fonction des types de discours en jeu. Le podcast permet, par exemple, une expérience d’écoute plus intime ; le film amène un avantage descriptif ; le témoignage écrit, une sensibilité introspective. La créativité des acteurs sociaux eux-mêmes peut être mise à contribution, conformément aux expériences artistiques et culturelles «transmédiatiques», ce qui ajoute, en plus, des données tout à fait intéressantes à l’analyse.
Offrir un système de catégorisation éthique. Le web 2.0. offre un système de « clefs » à même de répertorier les contenus tout en évitant de leur imposer une catégorisation trop rigide, par définition partielle et partiale. On peut, en effet, être tout à la fois « père », « migrant » et « étudiant ». Favoriser plusieurs entrées sur un témoignage ou un récit permet à la texture propre de l’expérience de refaire surface sans être écrasée par un cadre d’analyse a priori. Dans ce sens, les tags pourraient bien être la clef d’une nouvelle éthique de la catégorisation des individus, une éthique qui prenne en compte le « supplément de sujet » qui rend tout un chacun irréductible à un statut social préexistant.
Penser l’ethnographie dans le mouvement. Internet est un espace mouvant. En tant que tel, il permet à l’anthropologue d’ajuster à flux tendu le rendu qu’il offre à son public. Grâce au blog, les récits peuvent évoluer et être mis à jour de manière dynamique.
En résumé, le projet humansofpandemics vise à créer une forme d’agora numérique, qui invite le public à témoigner mais aussi à s’emparer d’outils sociologiques afin de mener sa propre enquête sur la pandémie, ses conséquences sociales et psychologiques. Cette expérimentation n’est pas conçue comme un processus de vulgarisation asymétrique, destiné à transmettre un savoir scientifique préétabli à un public « ignorant ». Il se veut un espace public multidimensionnel dont la fonction principale est de favoriser un échange coopératif entre les chercheurs, les participants à la recherche et le grand public. C’est ainsi une nouvelle méthode de recherche collaborative que ce projet vise à expérimenter, qui incite les chercheurs à dépasser l’observation et les entretiens classiques. Une telle méthode intègre le numérique non seulement comme objet de recherche mais aussi comme outil de recherche sociologique. Le rôle des réseaux sociaux est également de première importance. Ils permettent de relayer les contenus du site, de partager des informations, de recueillir des témoignages, d’évaluer l’intérêt du public et d’analyser la spécificité de chaque média. Ainsi, si le projet humansofpandemics ne vise pas à effectuer une sociologie du numérique ; il vise à instaurer une sociologie numérique dont l’essence même est de nouer une relation étroite avec le public.
Voici notre journal de bord qui vous donne accès aux coulisses et aux tâtonnements d’une recherche et d’un documentaire anthropologique « en train de se faire ».
Venez déambuler au milieu des anecdotes aléatoires de nos interviewés.
Écoutez notre podcast qui décrit avec humour le quotidien d’une maman de jour en plein confinement.
Écoutez notre podcast qui décrit le quotidien d’une caissière en plein confinement
Découvrez notre analyse qui démontre comment le terme « non essentiel » peut être assimilé à une insulte
| Pour citer cet article | Nom Prénom, « Titre ». Blog de l’Institut des sciences sociales [En ligne], mis en ligne le XX mois 2021, consulté le XX mois 2021. URL : |
| Plateforme | Site internet |
| Autrice | Ariane Mérillat, étudiante en master en Humanités Numériques |
| Contact | ariane.merillat@unil.ch |
© Illustration : humansofpandemics