Avec Lauzanne, Mathias Howald revient sur sa ville natale dont il brosse le portrait lors de l’été brûlant de 2025. Dans ce récit au format miniature de la collection « Les Pives » des éditions Paulette, l’auteur noue ses souvenirs familiaux aux violences policières.
Dans cet ouvrage sur la mémoire, Mathias Howald évoque la figure de son père décédé et sa passion pour le Scrabble. Il observe encore et encore l’historique de ses dix dernières parties en ligne. Que recherche-t-il exactement ? La distance de l’auteur sur les circonstances exactes de la mort de son père fait écho aux violences policières ayant conduit à deux décès derrière son immeuble. L’auteur n’a rien vu. Il a seulement entendu. Qu’aurait-il pu faire ?
Il s’agit aussi d’un ouvrage sur la recherche de sens et sur le silence. C’est dans les espaces entre les lettres et le mutisme de son père que l’auteur trouve son compte. Dans 53 jours, un roman inachevé de Georges Perec, il repère le titre de son livre : « Lauzanne ». Ce récit raconte à quel point la vie intime et la vie publique sont indissociables et à quel point les mots peuvent compter double.