Derrière le sourire du joker

Heath Ledger (premier plan) remporte en 2009 à titre postume trois récompenses pour son interprétation du Joker dans The Dark Knight, dont un Oscar.
© Warner Bros/Dc Comics/Kobal/Shutterstock

L’ennemi juré de Batman revient au cinéma dans un film qui lui est entièrement consacré. Allez savoir! a tenté d’en savoir plus sur l’un des super-méchants les plus mystérieux de la culture populaire. Texte David Trotta

Après Heath Ledger en 2008 dans The Dark Knight, ou Jack Nicholson en 1989 dans le Batman signé Tim Burton, c’est au tour de Joaquin Phoenix d’endosser le costume du vraiment super-méchant Joker. Les premières images du film, prévu sur les écrans à l’automne 2019, indiquent que nous devrions enfin connaître l’histoire de ce personnage dont on sait très peu de choses. Pour tenter de le cerner un peu plus, Allez savoir! l’a soumis au microscope d’Agnieszka Soltysik Monnet, professeure de littérature américaine en Faculté des lettres.

LE JOKER NAÎT EN MÊME TEMPS QUE BATMAN

VRAI > Si Batman consacre sa vie autant que son immense fortune à combattre le crime et ses nombreux acteurs, c’est bien au Joker que revient la palme d’ennemi juré. Le personnage apparaît d’ailleurs dès 1940, dans les premières histoires consacrées au super-héros. «Le Joker est en quelque sorte le double de Batman en même temps que son antithèse. Les deux personnages ont besoin l’un de l’autre. Il est aussi intéressant de regarder comment les deux figures sont construites. Comme le Joker, Batman est à sa manière un peu fou. Mais sa folie prend la forme d’une autodiscipline, d’un sérieux et d’un contrôle extrêmes.»

LE JOKER DOIT SON APPARENCE À UNE CHUTE DANS UNE CUVE DE DÉCHETS TOXIQUES

VRAI > «Cet épisode est raconté en 1951. Et peu l’ont contrarié par la suite.» Si elle a initialement lieu dans une usine industrielle, la scène se déroule aussi, par la suite et selon d’autres versions, dans une usine de cartes à jouer.

LE JOKER N’EST MOTIVÉ QUE PAR LE CHAOS

VRAI > La compréhension du Joker est des plus complexes. Parce que ses créateurs n’expliquent pas son passé, mais aussi parce qu’ils en ont fait un personnage dont les actes sont impossibles à anticiper. Un trait particulièrement fort dans The Dark Knight. «Personne ne s’attend jamais à ce qu’il va faire. La folie du Joker est en quelque sorte un miroir à celle de Batman. Elle est agitée, dynamique, en couleurs, imprévisible, sans ordre ou sans direction. Il n’a simplement pas de but. Il est le contraire d’un système et représente le chaos.» Autant de caractéristiques qui le rendent profondément ambigu, mais surtout illisible.

LE JOKER S’APPELLE JACK NAPIER

FAUX MAIS… > Dans le premier Batman de Tim Burton, le Joker naît après être tombé dans une cuve d’acide. Avant sa transformation en super-vilain, il n’était qu’un simple criminel, nommé Jack Napier. Un pseudonyme qui lui sera aussi attribué dans le dessin animé des années 90. Mais ce ne sont que des ajouts apportés par quelques réalisateurs seulement. Aucune autre mention de ce nom, préalable en tout cas, n’apparaît dans la mythologie de Batman. Par ailleurs, dans le film à paraître, il s’appellera Arthur Fleck.

LE JOKER EST UN HUMORISTE RATÉ

FAUX MAIS… > Selon les premières informations relatives au Joker de 2019, le personnage, avant de devenir criminel, serait un comédien raté. Ce qu’indique aussi The Killing Joke, un roman graphique de référence pour les spécialistes et amateurs de Batman, paru en 1988. «Le Joker est vraiment très mystérieux. Il n’a en réalité pas de passé clair. Le film qui lui sera consacré va lui conférer une histoire. En faire un personnage mélodramatique. Avoir un héros qui est à la base une victime est l’un des paradigmes les plus puissants dans la culture populaire. Un peu comme Batman.»

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