Site 4 – BRUNISOL DYSTRIQUE

Nom complet : BRUNISOL DYSTRIQUE mésosaturé bathyluvique

Un brunisol en crise identitaire

Ce brunisol ressemble au brunisol du site 2 et comprend les mêmes caractéristiques à l’exception d’une accentuation de l’argiluviation comme on pourra le voir dans le descriptif micromorphologique plus bas.

On observe finalement un horizon limoneux (S2) un peu étrange, peu structuré. Cette lentille de limons serait un dépôt éolien sur le glacier lors de la dernière période glaciaire du Würm, qui aurait été déposé sur la moraine à la fonte du glacier. Cette couche n’est donc pas la roche mère de notre sol mais un dépôt localisé agissant, cependant, sur la pédogénèse du sol.

 

 

 

 

 

 

 


Vidéo de présentation du site par Claire LeBayon, Maître d’enseignement et de recherche, Laboratoire d’écologie fonctionnelle, Université de Neuchâtel.


Fiche pédologique

Forme d’humus

Relevé de végétation


Le sol vu au microscope:

Ce brunisol présente une caractéristique accentuée: en effet, le phénomène d’éluviation dans les horizons superficiels et d’illuviation dans les horizons profonds se démarquent dans les observations microscopique. Les argiles vont s’accumuler de manière organisée dans les horizons profonds en se superposant les unes aux autres, donnant l’impression d’avoir un unique minéral alors que ce sont uniquement des argiles qui se sont accumulées les unes sur les autres. Ceci est observables par la formation d’une croix noire sur un fond orangé (voir photo ci-dessous.) Ce phénomène semble montrer que cette fosse est en train d’évoluer vers un néoluvisol.

Accumulation des argiles avec la croix noire caractéristique
Accumulation des argiles avec la croix noire caractéristique

Quiz :
  1. Quel est le rôle des argiles dans le sol ?
    a) La consolidation du sol.
    b) La rétention d’eau.
    c) Ils permettent les échanges de cations.
    d) nutriment pour la végétation
  2. Le pH des sols est toujours acide.
    a) Vrai.
    b) Faux.
  3. Quel est la cause du pH acide de ce sol ?
    a) La présence d’argiles.
    b) La présence de racines.
    c) L’absence de calcaire.
    d) La lixiviation.
  4. La capacité d’échange cationique (CEC) est :
    a) Un indice de fertilité.
    b) La capacité d’un sol à retenir des cations à un pH donné.
    c) Le nombre de sites négatifs proposés par l’argile et la matière organique.
    d) Directement liée au taux de saturation du complexe organo-minéral.
  5. Quel processus permet une augmentation de la CEC en profondeur ?
    a) L’argilluviation.
    b) L’humification.
    c) La dessication.
    d) La podzolisation.
Réponses :

1c. En effet, les argiles, de part leur grande surface spécifique (lié à leur petite taille) et l’abondance de sites chimiques disponibles, correspondent à la phase minérale (taille des particules) la plus réactive dans un sol. Les argiles forment une part importante du complexe adsorbant. Elles permettent à la matière organique de se lier via un pont cationique (un cation tel que le calcium ou le fer). Cette matière organique liée aux argiles va être moins facilement décomposée et minéralisée et sera donc préservée plus longtemps. Indirectement donc, les argiles contribuent à stabiliser et à préserver les nutriments nécessaires à la végétation. Les argiles contiennent aussi toujours une petite part d’eau entre leurs feuillets mais, dûde leur petite taille, les pores entre les particules argileuses sont très petits et l’eau de pluie n’arrive pas à s’infiltrer à l’intérieur de ces pores.Cette dernière va plutôt avoir tendance à ruisseler et emporter les argiles avec elle (érosion).

2b. C’est faux. Dans un BRUNISOL, le pH est généralement acide mais ce n’est pas le cas pour tous les sols. Cela dépend principalement des ions présents ; un sol riche en calcium (donc en ions Ca2+) aura un pH neutre voir basique. Le magnésium (Mg2+), le potassium (K+), le sodium (Na+) sont d’autres cations qui vont agir sur l’alcalinité d’un sol, alors que le fer (Fe3 +) et l’aluminium (Al3+) vont plutôt acidifier le sol.

3c et 3d. Le calcaire ou carbonates de calcium contient du calcium. Ce cation, en se liant à l’ion hydroxide (OH-), devient une base qui alcalinise le milieu et rend le pH moins acide. Lorsque le calcaire a été complétement dissout et le calcium lixivié, le pH tend à baisser, à moins qu’un autre cation alcalinisant soit présent et puisse faire office de tampon. La lixiviation des cations alcalins (Ca2+, Mg2+, K+, Na+) va donc agir sur le pH en le rendant plus acide. La présence de racine va aussi, à un niveau local, acidifier le sol par la production d’acide organique, mais cette acidité reste très localisée autour des racines et évolue rapidement en fonction de l’activité biologique des plantes.

4a, b, c et d. La CEC est la quantité maximale de cations qu’un sol peut absorber, à un pH donné pour 100g de matière sèche. La fertilité d’un sol dépend du nombre de sites et de cations disponibles. La CEC, qui donne une mesure de ces sites et cations, est donc un bon indice de fertilité. Le taux de saturation (rapport S/T) est le rapport entre la somme des bases échangeables (S) et la CEC ; ils sont donc en étroite relation. Plus le taux de saturation sera élevé, plus le sol peut être considéré comme fertile, car riche en bases échangeables qui sont des nutriments importants pour les organismes et la végétation.

5a. L’argilluviation, en emportant et accumulant les argiles en profondeur, diminue la CEC en surface et augmente la CEC en profondeur. En effet, le complexe adsorbant est formé principalement d’argiles. Les argiles sont la phase minérale la plus réactive dans un sol.