Helen BIERI THOMSON, « D’un inventaire à l’autre. Damas, indiennes et tapisseries au château de Prangins »

A la lumière de deux inventaires de biens, établis à quarante ans d’intervalle, cet article se propose d’étudier les tentures murales posées dans les salles de réception du château de Prangins au XVIIIe siècle et de voir comment le choix de celles-ci éclaire les stratégies de représentation des propriétaires. En effet, tout comme un mobilier raffiné, des portraits de famille ou des objets de valeur tels que lustres et miroirs, les étoffes dont on revêt les murs sont des signes de distinction.

Dave LÜTHI, « Portrait mobilier d’une famille patricienne. Le cadre de vie des Gingins au XVIIIe siècle : entre opulence contrôlée et obligation sociale »

Situé à proximité du Milieu du Monde, le château de La Sarraz est devenu pour un temps un centre de recherches approfondie sur le mobilier et les œuvres servant de décor à la vie quotidienne d’une famille patricienne sous l’Ancien Régime : les Gingins.
Bien que sporadiquement habité par la famille durant le XVIIIe siècle, le château abrite aujourd’hui dans ses salles une très importante collection d’objets mobiliers de cette époque (meubles, peintures, horloges, porcelaine, orfèvrerie, objets d’art, etc.) qui témoignent du train de vie aisé de certains de ses membres. Si ces objets ne se trouvaient pas à l’origine au château – ils y ont été rassemblés au XIXe siècle par les derniers descendants des Gingins –, la reconversion du bâtiment en « Musée romand » dès 1912 a permis de les mettre en scène dans des period rooms caractéristiques du temps, de manière à donner l’illusion qu’ils sont toujours à leur emplacement initial.

 

Nathalie DESARZENS, « De la résidence patricienne au musée. La maison Buttin-de-Loës à Grandvaux »

Ouverte au public en tant que musée depuis 1941 et classée « monument historique » en 1955, la maison Buttin-de-Loës à Grandvaux est encore fort peu connue.
Cet article se propose de retracer les grandes lignes de son histoire, du XVIe au XXe siècle, et de présenter les différents aménagements – notamment au niveau architectural et des décors peints – commandés par les propriétaires successifs, désireux de vivre dans une maison belle et confortable.

Brigitte PRADERVAND, « Décors des hôtels de ville régionaux. Découverte des tableaux du XVIIe siècle de l’hôtel de ville d’Yverdon »

L’hôtel de ville d’Yverdon conserve plusieurs œuvres sur toiles, exposées actuellement dans la salle de la Municipalité. La découverte récente de six panneaux dans les combles, aux sujets très diversifiés, vient enrichir considérablement le corpus des œuvres.
La période à laquelle remonte les panneaux, le XVIIe siècle, est particulièrement faste pour les décors peints. Les hôtels de ville régionaux en particulier en conservent d’intéressants témoins, tant sur le plan stylistique que sur le plan symbolique, les œuvres commandées étant destinées à montrer des exemples édifiants pour les magistrats en charge du pouvoir. Les peintres, que l’introduction de la Réforme avait éloignés des églises, exercèrent leur art désormais dans le domaine municipal ou dans les maisons privées.

Alessandra PANIGADA, « Sauver Lavaux? Jean-Pierre Vouga (1907-2006) et la patrimonialisation du paysage vaudois »

Jean-Pierre Vouga est l’un des acteurs qui ont joué un rôle important dans la construction patrimoniale de Lavaux, dont le classement dans la liste des biens de l’Unesco en 2007 ne représente que la dernière étape.
Dans son rôle d’architecte de l’Etat de Vaud, Jean-Pierre Vouga participe en première ligne à l’affirmation de la pensée aménagiste en Suisse romande et à la promotion et mise en œuvre d’une « nouvelle politique cantonale en matière d’aménagement du territoire », avec l’idée fondamentale que le sol et l’espace sont des biens communs, des ressources matérielles et identitaires pour toute collectivité.

Béatrice LOVIS, « Le théâtre de Martheray par Alexandre Perregaux (1803-1805), ou La laborieuse entreprise »

De nombreux Lausannois se souviennent encore de l’ancienne chapelle de l’Eglise libre, sise à la rue Langallerie n° 5 à quelques pas du pont Bessières, avant qu’elle ne soit démolie en 1969 pour faire place à un centre commercial. Peu d’entre eux savent cependant que cet édifice fut à l’origine un théâtre, le premier théâtre en pierre construit dans le chef-lieu du Canton de Vaud, inauguré le 15 novembre 1804. L’histoire de cette salle de spectacle étant largement méconnue, notre étude souhaite retracer les circonstances de sa construction, ainsi que les principales tractations et transformations dont elle a fait l’objet, avant de fermer définitivement ses portes en 1860.

Gilles PROD’HOM, « Le décor du salon de la maison du Pommier 7 à Neuchâtel: une oeuvre totale de l’ébéniste vaudois Pierre Abraham Guignard »

Située au pied du château de Neuchâtel, la maison de la rue du Pommier 7 a conservé une partie de son aménagement intérieur du XVIIIe siècle, en particulier le décor du salon, un ensemble de boiseries et de mobilier Louis XVI remarquablement conservé. Le fonds du peintre Maximilien de Meuron, déposé aux Archives d’Etat de Neuchâtel, contient plusieurs pièces relatives aux travaux effectués par son père Pierre-Henri, propriétaire de la mai- son dès 1775. Ces documents permettent de mieux éclairer la création du décor du salon, ainsi que d’esquisser la carrière de son auteur présumé, le menuisier, ébéniste et décorateur vaudois Pierre-Abraham Guignard.

Anna PEDRUCCI & Olivier FEIHL (ARCHEOTECH), « Une nouvelle cheminée gothique découverte en vol »

Les relevés du Prieuré, de la Maison Pulliérane et de la Villa romaine, demandés par la Commune de Pully dans le cadre d’un projet de réhabilitation des bâtiments, ont permis la découverte d’une souche de cheminée, vraisemblablement gothique, jusqu’alors non répertoriée. Le survol des bâtiments au moyen d’un drone, nouvelle technique de prises de vue expérimentée par Archéotech SA pour le relevé des parties inaccessibles des bâtiments, a révélé que la cheminée située sur le pan sud de la toiture du Prieuré présente des caractéristiques qui permettent de la rattacher à la typologie des cheminées médiévales.

Denis DECRAUSAZ, « La découverte de peintures murales au château de La Sarraz: un dossier à suivre »

A la suite d’une inondation survenue au château de la Sarraz entre le 26 et le 27 février 2012, le retrait des boiseries du Grand Salon a révélé la présence de plusieurs fragments de peintures murales. La richesse de ces dernières ainsi que l’ampleur des dégâts causés par l’eau ont nécessité la mise en place d’une équipe pluridisciplinaire, qui travaille actuellement à la protection et la documentation de ces précieux témoins de l’histoire de l’art régional.

Martine JAQUET, « Quartier divers : le Vallon, entre patrimoine et mémoire »

Le quartier du Vallon retrouve une certaine actualité dans les préoccupations urbaines lausannoises. En effet, la démolition de l’usine d’incinération de ordures ménagères (UIOM) consécutive à la mise en service de Tridel dégage un important potentiel constructible dans ce quartier, longtemps menacé par des projets routiers, certains de grande envergure.
La Commune de Lausanne, par son service d’urbanisme, a entrepris une importante réflexion sur l’avenir du Vallon ; elle a engagé une démarche participative à laquelle ont été associés les habitants du quartier et ses usagers, en particulier celles et ceux qui y travaillent et y développent des activités, notamment culturelles ou sociales.

ARHAM, « Patrimoine hors service. Un colloque organisé par l’Arham le 7 octobre 2011, à Lausanne »

Quelles sont les méthodes aujourd’hui appliquées en matière de conservation et de restauration des constructions à fonction utilitaire, qu’il s’agisse de sites industriels, de bâtiments ruraux ou d’équipements ? Alors que l’intérêt patrimonial de ces objets a réussi à s’imposer au cours du XXe siècle, quels sont les nouveaux enjeux auxquels est confrontée la préservation de ce type de constructions dont l’identification, la valorisation et la réhabilitation demeurent toujours problématiques ? En vue de faire un état de la situation, l’Association romande des historiennes et des historiens de l’art monumental a organisé le vendredi 7 octobre 2011 à Lausanne un colloque intitulé « Patrimoine hors service. Questions de valeur patrimoniale et de conservation des constructions à fonction utilitaire ».

Dave LUTHI, « Enseignement Architecture & Patrimoine: projets en cours et à venir »

Fondé en 1972 sous le nom d’Histoire de l’art monumental régional, l’enseignement d’Architecture & Patrimoine est aujourd’hui quarantenaire, l’âge (vraiment) adulte! Un colloque a été organisé à cette occasion les 25 et 26 octobre pour célébrer cette longévité mais aussi pour réfléchir aux enjeux actuels de la recherche sur le patrimoine régional en Suisse.