Interview du prof. Suren Erkman de l’Institut des dynamiques de la surface terrestre. Depuis des décennies, on essaie d’enrayer le réchauffement climatique. Les experts appellent l’humanité à réduire les émissions CO2. De plus en plus de voix estiment que c’est trop tard et qu’il faut changer d’approche.
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Les sept péchés capitaux dans la planification des grands événements
Conférence donnée par le professeur Martin Müller, Institut de géographie et durabilité, le vendredi 23 novembre 2018 à l’occasion de la Fête des diplômés 2018.
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Impacts de la voie oxalate-carbonate sur les caractéristiques édaphiques et organiques des sols forestiers tropicaux (forêt de Kirindy, Madagascar)
Thèse soutenue par Manohiaina Finaritra Randevoson, le 22 novembre 2018, Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST)
En milieu tropical, les sols sur lesquels se développe la végétation sont des sols anciens, acides et pauvres en diversité minérale car fortement altérés. De plus, dans cet environnement, la minéralisation de la Matière Organique du Sol (MOS) est un processus extrêmement rapide en raison des conditions climatiques et biologiques, rendant difficile son maintien. Pourtant, certains arbres, aidés par des bactéries et des champignons, sont capables de réduire l’acidité de ces sols et parviennent même à fabriquer du carbonate de calcium (CaCO3) ou calcaire, et à stocker du carbone (C) sur le long terme, constituant ainsi un puits de C. Ce processus particulier s’articule autour de la Voie Oxalate-Carbonate ou VOC. (suite…)
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Le climat demande de s’adapter
Interview du prof. Christophe Clivaz : Le tourisme est à la fois un vecteur des changements climatiques et une victime. Des mesures s’imposent pour éviter le pire.
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La dérive des continents sous un nouvel éclairage

Modèle classique d’un rift. D’après Peron PInvidic and Manatschal 2009. Alors que la théorie de la tectonique des plaques a 50 ans d’histoire, un nouveau paradigme scientifique, paru dans la prestigieuse revue Nature Geoscience, remet en question les processus de la dérive des continents.
Des forages de grande profondeur ont été effectués en Mer de Chine méridionale (SCS) par l’International Ocean Discovery Program (IODP) dans le but de mieux comprendre le processus fondamental de la dislocation des continents. Le Dr en géologie Anders Mc Carthy, ancien membre de l’Institut des sciences de la Terre, actuellement en poste à l’Université de Bristol, a contribué à une perception renouvelée de ce processus avec la mise en évidence d’une élasticité inattendue des grandes plaques tectoniques, dans le cadre d’une importante étude internationale. La méthode de travail consiste en des forages de grande profondeur, jusqu’à 1600 mètres sous le fonds marin, afin d’en extraire des carottes de sédiments et basaltes d’une trentaine de millions d’années.


Jusque dans les années 1990, on pensait à la suite d’Alfred Wegener, auteur de l’hypothèse de la dérive des continents (1915), qu’une nouvelle croute volcanique de 5 à 6 km d’épaisseur venait progressivement combler le plancher marin étiré par la dislocation des continents. Or, l’analyse des carottages effectués le long des marges de l’Atlantique Nord et l’analyse des coupes sismiques a démontré soit une épaisseur volcanique de 15 à 20 km, soit l’absence totale de volcanisme pendant des millions d’années. Cela signifie que les plaques ont résisté à l’éclatement, et qu’elles ont donc été étirées sur un temps très long sans volcanisme ou avec un volcanisme minime. L’Islande est un cas à part où le manteau est excessivement chaud sous l’effet d’un volcanisme intense lié à un point chaud. Le Dr Anders McCarthy est le contributeur helvétique de cette découverte cruciale pour la compréhension de ce phénomène fondamental. L’expédition marine a en outre réuni de nombreux scientifiques de toutes origines, y compris de la Chine, des Etats-Unis, du Japon, du Brésil, d’Allemagne et de la France.
Cette expédition à bord du navire de forage RV/JOIDES Resolution a mis en évidence la rupture d’un continent, elle-même suivie d’un étalement du fond marin, générant ainsi une croûte océanique ‘normale’ épaisse d’environ 6 km, produite par accrétion classique, magmatique. Cette importante découverte est considérée comme le « chaînon manquant » dans la tectonique des plaques à l’origine de la rupture d’un continent.
Auteur : CellComDec / Nicolas Bourquin
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Le professeur Suren Erkman s’exprime sur la faisabilité du zéro déchet
Le zéro déchet est un slogan qui interpelle et secoue nos habitudes. Est-ce réellement possible d’imaginer une société sans déchets? Interview de Suren Erkman, professeur d’économie industrielle.
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Les mains vertes d’étudiants de l’UNIL amènent l’agriculture urbaine sur le campus
L’initiative « Légumes perchés : produire le meilleur de nous-mêmes » s’inscrit dans un contexte de promotion de l’agriculture urbaine de proximité. Ses concepteurs Nicolas Vos (Master durabilité et géosciences, FGSE) et Thomas Verduyn (Systèmes d’Information, HEC) ont initié le projet courant 2017 dans l’idée de concevoir des potagers sur les toits dans les villes.
Toutefois, dans un premier temps, c’est sur les terres cultivables du campus de l’UNIL que l’agriculture urbaine sera implémentée. Basée sur une amitié solide entre les deux initiants, l’association Légumes perchés, rapidement complétée par la venue de Mélodie Rey (Sciences et Ingénierie de l’Environnement, EPFL), vise à réaliser des cultures locales, bio et organiques en milieu urbain, distribuées ensuite localement dans un rayon de 3km autour du lieu de production. « Assez rapidement, le concept s’est avéré applicable hors campus», nous explique Nicolas Vos.

Nicolas Vos, étudiant en Master en FGSE Dès 2017, grâce à l’Accelerator HEC et sa manager Nadine Reichenthal, ces étudiants ont bénéficié d’un coaching et d’un soutien entrepreneurial. Cela leur a permis de mettre en place un business plan, un canevas et une communication efficaces, le tout pour « mettre en œuvre le développement et la promotion de l’agriculture urbaine », nous explique Nicolas Vos, étudiant en Master en FGSE. Concrètement, une ligne de crédit de 10’000 francs a été mise à disposition. La communication a été faite conjointement par des professionnels de HEC et les responsables de l’initiative, notamment sur les réseaux sociaux. Des salles de réunion ont été mises à disposition par l’Accelerator. Le projet s’est étalé sur 34 semaines à raison de 4h d’engagement personnel de Mme Reichenthal. Il s’agit du troisième projet soutenu par l’Accelerator en FGSE.
Animés par une conscience écologique aiguë acquise durant leurs études, les membres de Légumes perchés ont ainsi mis en place une coopérative de production maraîchère sur le campus reposant sur l’implication d’une quinzaine de coopérants actifs. Les maîtres mots de ce projet sont la reconnexion avec la nature, la pédagogie, la sensibilisation au cycle de vie et au développement durable via la production de sains et savoureux légumes.
En avril 2018, les premières semences ont germé dans les serres de l’UNIL. A la mi-mai, un premier chantier participatif rassemblant une quinzaine d’acteurs sur le projet a permis de mettre en terre les semis, en collaboration avec l’UNIL et l’EPFL, qui ont mis à disposition leurs surfaces cultivables. Début mai, le projet Jardin de Bassenges a été soumis au responsable du Campus Durable de l’EPFL et immédiatement accepté et mis en œuvre !
L’idée portée par ce projet est celui d’une ferme d’avenir afin que les étudiants puissent s’impliquer à nouveau dans l’agriculture sur le campus ; les légumes sont ensuite vendus sur le marché du campus. « L’aquaponie a été envisagée, un système liant aquaculture et production de légumes dans un écosystème clos – soit un cercle vertueux- mais son coût énergétique afin de chauffer la serre n’est pas durable » explique Nicolas Vos.
Légumes perchés vise surtout à faire prendre conscience du fait que toute surface agricole gagnée en ville est aussi un îlot de biodiversité. Nicolas Vos insiste fortement sur le fait qu’il faut « mettre en commun les connaissances et expériences de chacun pour agir durablement sur l’environnement, de façon pragmatique. »Il est aussi question de permaculture, qui nécessite une préparation sur 2 à 3 ans, ce qui est possible, mais méritera une mise en place d’une « PME », ou plutôt d’une coopérative efficiente d’un point de vue économique. Un premier bilan de cette initiative impliquant des étudiants de la FGSE sera établi en 2019.
Parallèlement à cette initiative, trois chercheurs de l’UNIL, la Dr Pascale Schwab-Castella, Théodore Besson et Ignes Contreiras participent à un très intéressant projet de serre connectée (projet Interreg SCIMA, en partenariat avec l’Earth Space Technical Ecosystems Enterprises). Il s’agit d’une serre connectée, intelligente, modulaire, autonome : le concept, encadré par Suren Erkman, (Professeur d’écologie industrielle en FGSE), est « celui d’un module gérant recyclage et nutrition. Une micro serre autonome, intelligente, connectée et modulaire ». Le système est développé pour augmenter la bio-capacité (génération des ressources, absorption de ce qui est issu de la consommation) des milieux contraignants tout en limitant son empreinte environnementale au maximum. Actuellement en phase de test, ce dispositif pourrait être utilisé par des missions spatiales sur la lune ou la planète Mars. L’UNIL est ainsi bien impliquée via la FGSE dans le projet Lune du Swiss Space Center. L’intérêt d’une serre autonome rejoint l’idée d’une agriculture efficiente, modeste en ressources et en déchets, une préoccupation que l’on retrouve au cœur du projet Légumes perchés.
Auteur : CellComDec / Nicolas Bourquin
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Inauguration du Centre interdisciplinaire de recherche sur la montagne
L’Université de Lausanne ouvre le 2 novembre prochain sur son site de Sion un Centre interdisciplinaire de recherche sur la montagne (CIRM) qui exploitera les synergies entre chercheurs de l’UNIL dans neuf domaines définis comme prioritaires pour les Alpes vaudoises et valaisannes et contribuera à un développement plus durable dans les régions de montagne. Il intègrera jusqu’à une cinquantaine de chercheurs de plusieurs institutions. Ce centre est rattaché à la FGSE. (suite…)
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Rétrospective automne 2017 à été 2018

Jean-Michel Fallot, Institut de géographie et durabilité Rafraichissez vos connaissances en météorologie avec la chronique de Jean-Michel Fallot, géographe, MER à l’Institut de géographie et durabilité et spécialiste du climat. Régulièrement, M. Fallot fait un point synthétique sur le temps en Suisse, sur les tendances climatiques, saisonnières et sur l’histoire de la météo dans notre pays, sur inspiration de données de MétéoSuisse.
Les événements météorologiques et climatiques extrêmes n’ont pas manqué en Suisse et dans le monde, mais le temps pour les décrire oui. Séance de rattrapage avec la rétrospective météo de l’année écoulée, de septembre 2017 à septembre 2018. Presque chaque mois s’est signalé par un record en Suisse pour un paramètre donné, confirmant les études indiquant que le changement climatique s’accompagne d’une augmentation des phénomènes extrêmes.
Jugez-en plutôt avec la liste ci-dessous pour la Suisse :
- Septembre 2017 : record de fréquence de chutes de neige pour un mois de septembre dans les Alpes des Grisons avec 15 jours de chutes de neige (Weissfluhjoch).
- Octobre 2017 : record d’ensoleillement pour un mois d’octobre en plusieurs endroits du Plateau suisse.
- Décembre 2017 : record de chute de neige fraîche en 24 heures égalé à Sion (60 cm de neige fraîche) pour une station située à basse altitude au Nord et dans les Alpes (mais pas au Sud des Alpes avec notamment 83 cm de neige fraîche en 24 heures à Grono près de Bellinzone en janvier 1985).
- Année 2017 : 6e année la plus chaude en Suisse depuis 1864 et 2e année la plus chaude dans le monde depuis 1880.
- Janvier 2018 : température moyenne la plus élevée pour un mois de janvier depuis 1864, chutes de neige abondantes et nouveaux records de précipitations pour un mois de janvier pour 1/5 des stations en Suisse.
- Février 2018 : un des 20 mois de février les plus froids depuis 1864 en montagne.
- Hiver 2017-2018 (décembre à février) : 6e hiver le plus enneigé à Arosa dans les Grisons depuis 1891.
- Mars 2018 : record de chutes de neige fraîche en 24 heures égalé en Suisse à Grimsel Hospiz avec 130 cm de neige de fraîche le 30 mars 2018 (comme au col de la Bernina le 15 avril 1999).
- Avril 2018 : 2e mois d’avril le plus chaud depuis 1864 derrière avril 2007, 3ème ou 4ème mois d’avril le plus ensoleillé depuis 1959 au Nord des Alpes.
- Mai 2018 : 5e mois de mai le plus chaud depuis 1864.
- Printemps 2018 (mars – mai) : 4e printemps le plus chaud mesuré depuis 1864.
- Juin 2018 : 4e mois de juin le plus chaud depuis 1864, mois de juin le plus sec depuis 50 ans en une vingtaine d’endroits de Suisse, nouveau record de pluie intense en 10 minutes en Suisse avec 41 mm à Lausanne lors d’un violent orage le 11 juin 2018.
- Juillet 2018 : 5e mois de juillet le plus chaud depuis 1864, record d’ensoleillement pour un mois de juillet depuis 1959 en quelques endroits (Locarno et Lausanne).
- Août 2018 : 3e mois d’août le plus chaud depuis 1864 derrière août 2003 et 1994, 2ème mois d’août le plus sec depuis plus de 100 ans à quelques endroits (Lausanne, Payerne, Romont).
- Eté 2018 : 3e été le plus chaud depuis 1864, été le plus ensoleillé depuis 1897 et 1886 à Genève et Bâle, devant l’été 2003.
- Septembre 2018 : 7e mois de septembre le plus chaud depuis 1864, record d’ensoleillement pour un mois de septembre depuis 1959 à quelques endroits (Lucerne, St Gall), nouveau record de pression pour un mois de septembre à Sion, Genève et Neuchâtel avec des valeurs de 1035.5 à 1036.2 hPa (valeurs ramenées au niveau de la mer).
- Semestre d’été 2018 (avril-septembre) : semestre d’été le plus chaud mesuré en Suisse depuis 1864, devant celui de 2003.
- Octobre 2018 : nouveau record de chaleur absolu mesuré en Suisse avec 30.5°C à Locarno le 24 octobre 2018 lors d’une situation de foehn du Nord (précédent record : 29.9°C à Grono le 1er octobre 1997) et chutes de neige fraîche en 24 heures record à Arosa dans les Grisons pour un mois d’octobre avec 70 cm de neige fraîche.
Pour les gens intéressés, vous trouverez plus d’informations sur ces particularités météorologiques (et d’autres) dans les deux fichiers .pdf ci-joint pour les périodes automne 2017 – hiver 2017-18, et printemps – été 2018 avec également quelques graphiques. Vous verrez notamment que le mois de septembre 2017 était bien différent de celui de 2018.
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Integrating complex and diverse spatial datasets : Applications to hydrogeophysics
Thèse soutenue par Raphaël Nussbaumer, le 16 novembre 2018, Institut des sciences de la Terre (ISTE)
La gestion durable des eaux souterraines repose sur des modèles numériques. Une étape clé dans la construction de tels modèles consiste à déterminer les paramètres hydrogéologiques décrivant le comportement de l’eau dans l’aquifère. L’utilisation de techniques géophysiques ont permis une meilleure description des paramètres hydrogéologiques. Cependant, l’intégration de telles données reste une tâche difficile à cause (1) des différences de couverture et de résolution entre les types de mesures et (2) de l’interaction complexe et non unique des paramètres en question. (suite…)
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Feature Selection Based on a New Estimator of Intrinsic Dimension
Thèse soutenue par Jean Golay, le 29 octobre 2018, Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST)
Ces dernières décennies, la quantité de données générées à travers le monde a considérablement augmenté, ce qui a conduit à l’établissement d’imposantes bases de données contenant un grand nombre de variables superflues. Ces variables sont redondantes si elles ne véhiculent pas d’informations qui ne soient pas déjà contenues dans les autres variables préalablement retenues. Elles peuvent aussi être non pertinentes si elles n’ont aucun rapport avec la tâche d’apprentissage statistique à effectuer (p. ex. tâches de régression ou de classification). Par conséquent, ces variables compliquent sérieusement l’extraction de connaissances à partir des données. (suite…)
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Gestion des déchets solides municipaux à l’épreuve du partenariat public-privé à Bafoussam, Cameroun
Une analyse des inégalités environnementales dans une ville moyenne d’Afrique subsaharienne
Thèse soutenue par Rolande Christelle Tardy-Makamte Kakeu, le 8 octobre 2018, Institut de géographie et durabilité (IGD)
Des inégalités sociales face à la gestion de l’environnement urbain sont de plus en plus marquées dans le monde en développement dont l’Afrique subsaharienne. Confrontées à la production croissante des déchets solides et à la pollution engendrée, la plupart des villes africaines connaissent depuis quelques décennies des changements dans les systèmes de gouvernance, engageant notamment le secteur privé dans le service de propreté urbaine. Cette thèse cherche à comprendre comment les inégalités environnementales se construisent en milieu urbain autour de la collecte, du transport, et de la mise en décharge des déchets solides municipaux dans le cadre d’un partenariat public-privé.
La présente recherche combine différentes approches théoriques et méthodologiques associées aux questions d’inégalités et de justice environnementales en ville, en s’inspirant du champ de réflexion plus large de la urban political ecology. Elle permet ainsi d’examiner les facteurs de production des inégalités environnementales à travers des liens de pouvoir et de politique entre institutions et acteurs de déchets. Plus précisément, elle analyse les causes du rendu partiel du service de propreté urbaine dans les quartiers planifiés et non planifiés de Bafoussam, ville moyenne et capitale régionale de l’ouest Cameroun.
Des méthodes quantitatives et surtout qualitatives, y compris l’observation participante, mobilisées dans l’étude permettent d’interroger la société urbaine, mais aussi les pouvoirs publics et privés, ainsi que les pratiques quotidiennes d’une complexité d’acteurs et de secteurs formels et informels dans leurs itinéraires et espaces urbains respectifs autour d’une ressource à la fois disputée et rejetée. La thèse s’appuie sur plusieurs enquêtes de terrain effectuées sur environ huit mois entre 2014 et 2016 auprès de différents acteurs de la gestion des déchets, notamment la société privée HYSACAM (Hygiène et Salubrité du Cameroun) dans la ville de Bafoussam.
Les résultats indiquent que le circuit des déchets (du point de production à la mise en décharge, y compris les espaces de collecte et de transport) traduit diverses formes d’inégalités liées à l’accès au service de propreté urbaine, aux pratiques de collecte, mais aussi à l’exposition de certains groupes d’habitants à la pollution de la décharge municipale.
Les processus d’urbanisation et de la fragmentation urbaine entrainent des inégalités variées selon le cadre socioéconomique, institutionnel et politique qui entoure les nombreux acteurs de la chaîne de gestion de déchets. Ces inégalités sont pacifiquement combattues par les urbains dont les habitants du quartier de la décharge municipale.
La thèse soutient que l’analyse de la gestion des déchets solides municipaux sous l’intervention d’un partenariat public-privé dans les espaces de la ville intermédiaire d’Afrique subsaharienne ne rend pas exclusivement compte d’une formule salvatrice de l’amélioration de la qualité de l’environnement urbain, mais permet de retracer les moments de production des inégalités environnementales en milieu urbain.
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Les pollens acteurs et témoins de l’impact des réchauffements climatiques
La compréhension des conditions et de l’évolution des épisodes les plus chauds de nos paléoclimats terrestres reste assez lacunaire. L’information sur la réaction des écosystèmes continentaux à un grand épisode de serre, ici l’OAE2 (ou EAO2 – événement anoxique océanique Cénomanien-Turonien intervenu il y a ~94,5 millions d’années) fait défaut, malgré les enjeux que cela représente au niveau mondial. (suite…)
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Variations de pression dans la nappe du Mont Rose, Alpes de l’Ouest
Thèse soutenue par Cindy Luisier, le 28 septembre 2018, Institut des sciences de la Terre (ISTE)
La formation des chaines de montagnes telles que les Alpes résulte de la collision entre deux ou plusieurs plaques tectoniques convergentes. Au moment de leur rencontre, les plaques, qui sont constituées par la lithosphère continentale ou océanique, subissent de gigantesques contraintes qui les forcent à se chevaucher l’une et l’autre en formant des structures, appelées nappes tectoniques.
La plaque enfouie en profondeur subit progressivement une augmentation des conditions de pression et de température, forçant les minéraux qui constituent les différentes roches à se métamorphoser en d’autres assemblages de minéraux, plus stables dans des conditions de haute pression et haute température. Les roches sont ensuite exhumées pour former les montagnes telles qu’on les connait et bien souvent les roches ont conservé les minéraux qui se sont formés à haute pression et température durant leur enfouissement.
Grâce à de précieux outils, appelés géothermomètre et géobaromètre, les pressions et températures subies par les roches peuvent être déduites. Puis, la profondeur d’enfouissement des roches est traditionnellement calculée en appliquant la formule de la pression lithostatique. Cette formule est basée sur le principe d’Archimède, affirmant que la pression est linéairement dépendante de la profondeur atteinte par la roche durant l’enfouissement.
Toutefois, il arrive que les profondeurs calculées sur plusieurs roches d’une même région varient tellement, qu’il est impossible d’en conclure quel est le processus géodynamique responsable de la mise en place de cette unité géologique. Cela est le cas dans le massif du Mont Rose, où des pressions allant de 1.2 à 2.7 GPa ont été déduites, ce qui correspond à une profondeur d’enfouissement entre 45 km et plus de 100 km, autrement dit, le massif du Mont Rose a été enfoui soit à des profondeurs crustales, soit à des profondeurs mantelliques.
Le but de cette thèse est de comprendre pourquoi de telles variations de pression sont enregistrées dans les roches de la nappe du Mont Rose. Pour cela, trois scénarios ont été évalués:
- la pression était homogène et la gamme de pression est un artéfact dû aux fait que les différentes études ont été faites avec des méthodes différentes ;
- la pression était homogène, mais les roches qui étaient en présence d’eau durant l’enfouissement ont bien réagi alors que les roches sèches n’ont pas réussi à réagir et certaines réactions se sont arrêtées en cours de route ;
- la pression était hétérogène parce les roches ont des propriétés mécaniques variables et cela a conduit à une distribution des contraintes hétérogènes.
Pour cela, une zone spécifique de la nappe du Mont Rose a été étudiée, dans le haut val d’Ayas, en Italie. A cet endroit, la plus grande différence de pression a été répertoriée à l’échelle de l’affleurement, entre des métagranites et des schistes blancs. L’approche choisie combine des observations de terrain, de pétrographie, de la géochimie sur roche totale et in situ ainsi qu’une analyse mécanique. Une grande partie du travail est également dédiée au développement de matériel de référence pour la mesure des isotopes de l’oxygène et l’H20 dans les micas par spectrométrie de masse à ions secondaires (SIMS).
Les résultats des analyses pétrologiques et géochimiques ont permis de montrer que les pressions maximales subies par la nappe du Mont Rose sont effectivement différentes au moment de l’enfouissement maximal du massif. En outre, nos résultats confirment une différence de 8 kilobars entre les métagranites et les schistes blancs au moment du pic de métamorphisme. De plus, les modèles mécaniques ont permis de démontrer qu’une déviation de la pression lithostatique significative peut être produite quand des roches de différentes compétences sont en contact, due au développement de contraintes hétérogènes.
Les résultats de cette thèse documentent la première preuve de terrain à l’échelle de l’affleurement, démontrant que les pressions maximales obtenues par l’étude des assemblages de minéraux ne reflètent pas forcément la profondeur à laquelle les roches ont été enfouies et cela remet fortement en question le paradigme de la pression lithostatique. Cela implique que le massif du Mont Rose n’a pas été subduit à des profondeurs mantelliques et ainsi, un modèle géodynamique plus simple de prisme orogénique suffit à expliquer la formation de cette nappe. En outre, ces implications pourraient être étendues à d’autres nappes Alpines et également à des systèmes orogéniques similaires aux Alpes, où des pressions variables ont été répertoriées.
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L’urbanisation du Monde et l’habitabilité des environnements contemporains
Conférence de Mathis Stock, professeur ordinaire à l’Institut de géographie et durabilité, dans le cadre de la Cérémonie d’ouverture des cours pour l’année académique 2019-2019.