La coexistence avec les oiseaux dans les espaces urbains, session 2026

oies lausanne

Le séminaire de Master « Natures des villes » remplace désormais l’enseignement « Agriculture urbaine ».  Il propose aux étudiant·es d’analyser les présences autres qu’humaines dans l’espace urbain. Les projets vidéos 2026 portent plus spécifiquement sur les relations humains-oiseaux en ville et rendent compte de la relation d’un panel varié de gestionnaires et de citadin·es aux oiseaux.  

Ces travaux ont été réalisés sous la direction de Joëlle Salomon Cavin (Professeure en géographie environnementale et urbaine à l’Institut de géographie et durabilité – IGD), avec le soutien d’Amaranta Fontcuberta (chargé de recherche à l’IGD), de Lazare Duval (assistant doctorant à l’IGD) et l’aide de Carlos Tapia (réalisateur du Centre de soutien à l’enseignement de l’UNIL – CSE) et Nicolas Rohrer (réalisateur indépendant). 

Les espaces urbains, des modulateurs des relations humains-oiseaux 

La ville n’est pas contre nature, bien au contraire. La diversité des biotopes urbains, l’abondance de ressources alimentaires, la protection contre la prédation ou le vent, posent la ville comme un espace favorable pour un grand nombre d’espèces aviaires ; en témoignent, les 25 espèces d’oiseaux citées dans l’ensemble des vidéos réalisées. Vivre en ville implique donc de partager l’espace avec un grand nombre d’espèces d’oiseaux.  

La vidéo qui traite des volières du Parc de Mon-Repos donne à voir perruches, perroquets et cacatoès. Elle montre que le dispositif contraignant de la cage ravive l’exotisme des espèces présentes, sans empêcher le développement de relations d’attachement avec l’oiseleur ou le grand public. Les jars, emblèmes d’Épalinges, sont aussi enfermés, ce qui n’empêche pas non plus les pensionnaires de s’attacher à eux et d’estimer qu’« ils sont à la bonne place ici ». Le grillage remplit également une fonction sécuritaire en protégeant les humains qui s’approchent des oiseaux parfois agressifs.  

L’exploration du centre de soin de la Vaux-Lierre renvoie au processus inverse : les oiseaux y sont également enfermés dans des cages, mais elles ne constituent qu’une étape dans le retour au dehors de l’oiseau. Les vétérinaires et technicien,nes du centre travaillent donc à réduire l’accoutumance de l’oiseau aux humains pour faciliter le relâcher.  

Au contraire, la découverte de l’Île aux Oiseaux de Préverenges constitue un exemple de cohabitation à la fois spontanée et organisée par les ornithologues locaux, qui cherchent à attirer des espèces migratrices par l’aménagement de plateformes de gravier qui remplacent les grèves que la montée du Léman a fait disparaître. Au cimetière du Bois de Vaux, les oiseaux participent de l’ambiance apaisée du lieu qui contraste avec la rumeur urbaine alentour.  

Les vidéos rendent compte également de la spatialité des situations conflictuelles. La promenade d’Ouchy apparaît comme un lieu de tension entre les usagers et les goélands. Les propos d’un pêcheur professionnel genevois l’illustrent aussi avec clarté : les goélands posent problème parce que les déjections salissent les bateaux des riverains. Alors même que leur impact effectif sur la pêche demeure encore à préciser, les cormorans apparaissent comme la principale espèce mal-aimée des pêcheurs.  

La vidéo comme outil de recherche en géographie humaine

Les travaux de cette année continuent de souligner l’apport de la vidéo comme outil de recherche en géographie humaine et plus généralement en sciences sociales. Les prises d’images sur le terrain offrent aux enquêteur.rices un accès à des données à la fois spatiales, comportementales et ethnographiques. 

Le travail préparatoire à la vidéo (recherche d’un terrain, renseignement sur les oiseaux qui occupent l’espace) pousse les étudiant.es à se rendre attentif aux présences non-humaines qui ont choisi la ville comme milieu de vie.

De plus, la réalisation de vidéos ouvre aux étudiant.es la possibilité d’analyser les micro-gestes dans le présent de l’interaction. Les images montrent aussi la centralité de la dimension émotionnelle pour comprendre les relations d’attachement ou de mises à distance des humains envers les oiseaux. Ces rapports émotionnels peuvent concerner des oiseaux réels, comme les oiseaux du cimetière ou du centre de soin, ou des oiseaux figurés et symboliques, comme le jar, l’emblème de la ville d’Épalinges et, également, pensionnaire de l’EMS.  

Finalement, tant les personnes interrogées que les oiseaux dont il est question sont mis en valeur par tout le travail de réalisation des vidéos ; qualité de l’entretien, de la technique, de la narration et du montage concourent à une production filmique qui magnifie les sujets présentés et facilite la communication de la recherche à un large public.

Des plumes dans la ville de Lausanne
L’île aux oiseaux de Préverenges : un terrain d’entente
Pêcher avec les oiseaux
Lausanne, bords du lac : un espace partagé, pas toujours sereinement
Soigner pour coexister
Les jars d’Epalinges au fil des générations
Le cimetière du Boix-de-Vaud: cohabitation entre oiseaux et jardiniers en ville

Séminaire de Master

Depuis 2020, des étudiant·es de Master interviewent des agriculteur·rices et de jardinier·ères sur leurs rapports à la nature, dans le cadre d’un séminaire en agriculture urbaine.

Le projet continue : retrouvez les entretiens de toutes les sessions, ainsi que les réflexions surgissant autour de ces belles rencontres entre humains et non-humains.

Depuis 2026, la thématique évolue et devient « Natures en ville ».


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