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Critique littéraire Critique littéraire 2026

Louis Achille, de douze serpents à doux serpent ?

Comment empêcher de se mordre encore et encore la queue ? Est-il possible d’aller contre la violence générationnelle ? Ce sont les questions que se pose le jeune auteur lausannois Louis Achille dans son autobiographie poétique J’aurais voulu être douze serpents. L’auteur se remémore les souvenirs de son enfance : violence parentale, premières fugues et adolescence troublée.

Au travers de cet interstice temporel si fragile qu’est le passage de l’enfance à l’âge adulte, l’auteur imagine le monde et se souvient de ces moments vécus. Les onomatopées, caractéristiques d’une conception enfantine du monde, côtoient les événements locaux politiques et historiques majeurs, telles que la période Covid ou encore la première ZAD de Suisse. Marqué par sa relation à son propre corps et par les souvenirs du père, cette expérience générationnelle rend les souvenirs relatés flous. L’écriture libérée du poids de certaines règles de ponctuation mime cette recherche de sérénité et rassemble l’époque de l’enfance sans fioriture. Le serpent arrête-t-il enfin de reproduire la douleur pour enlacer la douceur ? En bref, un texte avec lequel « on se mouche » (p. 86) afin de soigner le passé.