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Les confessions d’une survivante

Rire ou sombrer. Ce que la brume sait de moi témoigne de l’histoire d’une femme quarantenaire qui redécouvre la beauté de la vie après un épisode maniaque. Élodie Perrelet signe son premier livre qui offre un véritable récit de la résilience.

Écrit sous forme de notes personnelles, ce récit autobiographique d’Élodie Perrelet s’ouvre sur un épisode maniaque : une clinique psychiatrique et une femme qui rit. Ce livre présente l’histoire d’un personnage qui, aidé par sa mère, retrace son parcours d’hospitalisation et tente d’accepter sa bipolarité tout en essayant de se réintégrer à la société.

Les raisons qui déclanchent la crise sont absentes. Le manque de détails sur la vie antérieure du personnage principal rend le récit mystérieux, tandis que la narration, liée aux transformations internes dont souffre la narratrice, se concentre sur l’isolement et le naufrage psychique d’Élodie : « je suis devenue un végétal : j’absorbe la lumière des néons et je la transforme en tristesse » (p. 29). La protagoniste a le courage d’affronter ses propres peurs en choisissant de rire. Le rire de la folie – un rire cathartique – apparaît alors comme un moyen d’analyser sa situation, de reprendre l’élan de la vie et de sublimer le sentiment d’aliénation provoqué par la solitude : « Le monde continue sans moi, et moi, je continue sans le monde » (p. 41). Ce rire devient l’arme secrète de la narratrice, qui trouve en effet la force de ne pas se laisser aller au désespoir.

Élodie Perrelet dénonce les lourdeurs administratives et financières du traitement, ainsi que le manque de disponibilité des thérapeutes et des psychiatres, qui retarde la guérison. À un moment de son parcours, ce constat s’impose : « La Suisse donne son meilleur : pure, riche, calme, parfaite. Et pourtant. Ce soir-là, je comprends qu’on peut avoir la plus belle vue du monde et être en chute libre à l’intérieur » (p. 64). Cela renforce l’effet de réel, tout en ajoutant une critique subtile qui appelle une prise de conscience collective des enjeux de la santé mentale. Un récit émouvant.