Un seul Dieu, des croyances et des interprétations

La foi et la pratique religieuse peuvent largement différer. Même quand elles s’adressent à un seul et même Dieu. Pour aborder cette diversité, la théologie se doit donc d’être non seulement culturelle et contextuelle mais également «interculturelle, voire transculturelle». Et pour approfondir cette thèse, un colloque «intercontinental» s’est tenu en 2023 à l’Unil à l’initiative de l’Institut lémanique de théologie pratique. Afin d’en prolonger les débats, les contributions de neuf intervenants ont été réunies dans un ouvrage collectif qui s’articule autour de deux grandes questions: «Quelle influence une culture exerce-t-elle sur une religion?» et à l’inverse «Quelle influence une religion exerce-t-elle sur une culture?».

L’Afrique chrétienne se retrouve tout naturellement au cœur des débats. Confrontant l’ici et l’ailleurs, Nérée Zabsonré se concentre sur les communautés bantu d’origine congolaise installées à Genève et sur leur attachement aux «Églises-familles». Mathieu Tchyombo, lui, partage sa recherche «autour des théologies de la santé» et présente le témoignage, fort intéressant, de deux médecins croyants de confession catholique, l’un travaillant en RDC, l’autre en Suisse.

Plus surprenante peut-être, la contribution de Christophe Chalamet souligne «l’importance décisive de la pneumatologie dans toute théologie interculturelle». Il s’agit, rappelons-le, de la branche de la théologie qui étudie la nature et l’action du Saint-Esprit. Mais comment rendre, dans telle ou telle langue étrangère, le sens très particulier du mot hébreu ruah – pneuma en grec, spiritus en latin? Il semble ainsi que la traduction de ce mot en coréen ait énormément varié au fil des différentes parutions de la Bible sans jamais parvenir à en saisir la polysémie. Des problèmes similaires se sont posés dans la culture Akan en Afrique de l’Ouest. / MD

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Théologie interculturelle. Par Olivier Bauer, Jean Patrick Nkolo Fanga, Mathieu Tchyombo et Nérée Zabsonré (éd.).
Éditions Labor et Fides (2026), 278 p.

Et si tout n’était pas fichu ?

L’écrivaine Alice Bottarelli prend le contre-pied des récits de fin du monde qui hantent la culture populaire. À la suite de «Troubles», des guerres civiles en Europe, une famille s’est mise à l’abri dans un bunker des Alpes, dans la tradition survivaliste. Après trente ans, soit en 2075, les journées se font longues. Le père, Henri, sort à l’air libre et laisse derrière lui sa femme Solveig et son fils Abel. Que va-t-il trouver, en descendant la vallée du Rhône en direction de Lausanne? Des miliciens armés jusqu’aux dents dans un décor d’apocalypse? Pas vraiment!

Deux cercles ponctuent le récit. Le premier est formé par le bâtiment Vortex du campus de Dorigny. Dans le roman, ce Colisée s’est métamorphosé en bolo, c’est-à-dire en village utopique et foutraque où la circulation s’organise grâce à des tyroliennes tendues au-dessus du vide. L’autre rond est le «donut», qui illustre la théorie de l’économiste Kate Raworth au sujet des limites planétaires et sociales entre lesquelles l’humanité pourrait vivre de manière durable. Le roman est d’ailleurs le fruit d’une collaboration entre l’autrice et le Centre de compétences en durabilité de l’Unil. / DS

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Donutopia. Par Alice Bottarelli. Verticales (2026), 240 p.

Une fée et une fourmi au fil de l’eau

Cette nouvelle aventure de la fée Gouttelette l’emmène en balade sur les méandres de l’histoire de l’art, en compagnie de la fourmi Pixel. Le duo découvre une série d’œuvres qui ont l’eau pour point commun, comme ce sublime bas-relief qui représente un saumon, gravé il y a 25 000 ans. Les amies s’intéressent aussi à La grande vague de Kanagawa par Hokusai ou au Bassin aux nymphéas de Monet. Elles rencontrent Rodolphe Töpffer et la Vénus de Botticelli.

Le choix de l’élément liquide n’a rien d’étonnant, car cet ouvrage a été concocté par Jean-François Rubin, ancien directeur de La Maison de la Rivière à Tolochenaz, et par sa fille Delphine Rubin, illustratrice et médiatrice culturelle. Si la première partie de leur ouvrage est consacrée au conte, les œuvres visibles dans l’aventure sont mises en perspective grâce à différentes disciplines, comme la biologie.

En ce moment, et jusqu’au 14 mars 2027, une exposition temporaire à La Maison de la Rivière fait écho à la parution de ce livre. Des ateliers créatifs, menés par Delphine Rubin, sont ainsi proposés chaque mois pour les enfants et les ados. / DS

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À la poursuite du temps perdu. Les aventures de Gouttelette.
Par Delphine et Jean-François Rubin. Rossolis (2026), 96 p.

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