Appel à contributions

10ème Conférence de l’Association Internationale Walras

« Walras, néoclassique ? »

L’historiographie de Walras

13-14 septembre 2019

L’œuvre de Léon Walras est associée à la révolution marginaliste, et cette dernière mène tout droit à la tradition néoclassique en économie. Cela fait-il pour autant de Walras un économiste néoclassique ?

L’historiographie de la pensée économique de ces dernières décennies a passablement détendu les fils de cette histoire. Plus de 45 ans après la remise en cause de la narration de la révolution marginaliste (Collison Black, Coats et Goodwin, 1973) et plus de 40 ans après l’entreprise amorcée par William Jaffé de dé-homogénéisation des contributions de Menger, de Jevons et de Walras (Jaffé 1976), où en est-on des liens qui établissent Walras comme ancêtre des économistes néoclassiques ? Pour ne rien arranger, c’est l’existence même d’une école néoclassique qui a été récemment mise en doute (Lawson 2013). On est en droit de se poser la question de ce qui reste des relations entre Walras et la tradition néoclassique.

Les différentes traditions marginalistes elles-mêmes ont été dé-homogénéisées : Walras vis-à-vis des autres membres de ce que l’on appelait alors l’Ecole de Lausanne, et notamment Pareto (mais pas seulement) ; Menger vis-à-vis de ses différents continuateurs ; les rapports ambigus entre Jevons, Marshall et les autres marginalistes anglais ; sans compter les autres traditions marginalistes : suédoise, américaine, italienne, russe, etc.

Cette 10ème conférence de l’Association Internationale Walras invite à soumettre des propositions de contributions interrogeant la nature des relations entre Walras, la révolution marginaliste, et l’économie néoclassique, ou proposant de réinterroger ces différents termes. Est-il encore possible de tenir un discours audible sur ces liens ?

Plus généralement, il devient utile de reconstruire la place de Walras dans l’histoire de la pensée économique. On pourra ainsi réévaluer les liens complexes de Walras avec ses contemporains (Pareto, Proudhon, Marx, les libéraux de son temps), et il serait aussi intéressant d’examiner les rapports que les théories de Walras, après sa mort en 1910, entretiennent avec d’autres théories économiques (le marxisme, Barone, les théories économiques du socialisme, Lange, Hayek, Leontief…). Pour être complet, il conviendra enfin de réexaminer la place de Walras dans les théories économiques d’aujourd’hui, en insistant tout particulièrement sur les emprunts, les critiques ou les références que certaines théories économiques font encore aujourd’hui des thèses walrassiennes, sans oublier les critiques toujours vives que ces thèses suscitent.

Les contributions s’intéressant à d’autres aspects de Walras, de son œuvre, ou de son héritage sont également les bienvenues. Et à des fins de comparaisons, les contributions qui s’engageraient dans des entreprises similaires sur d’autres acteurs marginalistes, de tradition lausannoise, autrichienne, anglaise, ou autres (“Menger, néoclassique ?”, “Jevons, néoclassique ?”, etc.), sont les bienvenues.

La 10e Conférence de l’Association Internationale Walras (AIW) aura lieu les vendredi 13 et samedi 14 septembre 2019 à l’Université de Lausanne, où il sera organisé par le Centre Walras-Pareto d’études interdisciplinaires de la pensée économique et politique sous les auspices de l’AIW.

Les personnes intéressées doivent envoyer un résumé d’environ 300 mots (en français ou en anglais) jusqu’au 15 mars 2019 au vice-président de l’AIW, francois.allisson@unil.ch, sous format PDF (avec le titre de la contribution, le résumé, le nom de l’auteur·e ou des auteur·e·s l’auteur, et une adresse e-mail). Le choix des papiers retenus sera communiqué en avril 2019.

Le texte accompagnant la communication devra être envoyée jusqu’au 31 août 2019. A mesure qu’elles seront fournies, les communications seront rendues disponibles sur le site de l’AIW (http://wp.unil.ch/walras, avec une page de garde indiquant le statut non-définitif de la contribution (Working Paper pour la Conférence de l’AIW).

Une sélection des contributions sera proposée pour un numéro spécial de la revue Œconomia – History | Methodology | Philosophy, qui sera coordonné par François Allisson, Roberto Baranzini, Annie L. Cot et Jérôme Lallement. À cette fin, les participant·e·s à la conférence, dont la contribution sera sélectionnée, s’engagent à soumettre à la revue une version finale, améliorée, de leur papier pour le 31 décembre 2019 au plus tard. La revue publie des articles en français comme en anglais.

Références

Collison Black, R. D., A. W. Coats, and C. D. Goodwin (eds). 1973. The Marginal Revolution in Economics. Durham, N.C.: Duke University Press. HOPE Supplementary Volume.

Jaffé, W. 1976. “Menger, Jevons and Walras de-homogenized”. Economic Inquiry, 14(4): 511–524.

Lawson, T. 2013. “What is this ‘school’ called neoclassical economics?”, Cambridge Journal of Economics, 37: 947–983.

Comité d’organisation local

Amanar Akhabbar (ESSCA Paris),

François Allisson (Université de Lausanne)

Roberto Baranzini (Université de Lausanne)

Michele Bee (Université de Lausanne)

Marius Kuster (Université de Lausanne)

Justine Loulergue (Université de Lausanne)

Thomas Mueller (Université de Paris 8)

David Philippy (Université de Lausanne)

David Sarech (Université de Lausanne)

Pierre de Saint-Phalle (Université de Lausanne)

Comité scientifique

Amanar Akhabbar (ESSCA Paris)

Alain Alcouffe (Université de Toulouse 1)

François Allisson (Université de Lausanne)

Richard Arena (Université de Nice Sophia-Antipolis)

Roberto Baranzini (Université de Lausanne)

Michele Bee (Université de Lausanne)

Pascal Bridel (Université de Lausanne)

Annie L. Cot (Université de Paris 1 – Panthéon-Sorbonne)

Pierre Dockès (Université Lumière – Lyon 2)

Bruna Ingrao (Università degli Studi « La Sapienza » di Roma)

Alan Kirman (Université d’Aix-Marseille III & EHESS)

Jérôme Lallement (Université de Paris 1 – Panthéon-Sorbonne)

Natalia Makasheva (Higher School of Economics, Moscow & INION RAS)

Kayoko Misaki (Shiga University)

Claire Pignol (Université de Paris 1-Panthéon Sorbonne)

Jean-Pierre Potier (Université Lumière Lyon 2)

Jan van Daal (Erasmus University Rotterdam)

Donald A. Walker (Indiana University of Pennsylvania)