Les mains vertes d’étudiants de l’UNIL amènent l’agriculture urbaine sur le campus

L’initiative « Légumes perchés : produire le meilleur de nous-mêmes » s’inscrit dans un contexte de promotion de l’agriculture urbaine de proximité. Ses concepteurs Nicolas Vos (Master durabilité et géosciences, FGSE) et Thomas Verduyn (Systèmes d’Information, HEC) ont initié le projet courant 2017 dans l’idée de concevoir des potagers sur les toits dans les villes.

Toutefois, dans un premier temps, c’est sur les terres cultivables du campus de l’UNIL que l’agriculture urbaine sera implémentée. Basée sur une amitié solide entre les deux initiants, l’association Légumes perchés, rapidement complétée par la venue de Mélodie Rey (Sciences et Ingénierie de l’Environnement, EPFL), vise à réaliser des cultures locales, bio et organiques en milieu urbain, distribuées ensuite localement dans un rayon de 3km autour du lieu de production. « Assez rapidement, le concept s’est avéré applicable hors campus», nous explique Nicolas Vos.

Nicolas Vos, étudiant en Master en FGSE

Dès 2017, grâce à l’Accelerator HEC et sa manager Nadine Reichenthal, ces étudiants ont bénéficié d’un coaching et d’un soutien entrepreneurial. Cela leur a permis de mettre en place un business plan, un canevas et une communication efficaces, le tout pour « mettre en œuvre le développement et la promotion de l’agriculture urbaine », nous explique Nicolas Vos, étudiant en Master en FGSE. Concrètement, une ligne de crédit de 10’000 francs a été mise à disposition. La communication a été faite conjointement par des professionnels de HEC et les responsables de l’initiative, notamment sur les réseaux sociaux. Des salles de réunion ont été mises à disposition par l’Accelerator. Le projet s’est étalé sur 34 semaines à raison de 4h d’engagement personnel de Mme Reichenthal. Il s’agit du troisième projet soutenu par l’Accelerator en FGSE.

Animés par une conscience écologique aiguë acquise durant leurs études, les membres de Légumes perchés ont ainsi mis en place une coopérative de production maraîchère sur le campus reposant sur l’implication d’une quinzaine de coopérants actifs. Les maîtres mots de ce projet sont la reconnexion avec la nature, la pédagogie, la sensibilisation au cycle de vie et au développement durable via la production de sains et savoureux légumes.

En avril 2018, les premières semences ont germé dans les serres de l’UNIL. A la mi-mai, un premier chantier participatif rassemblant une quinzaine d’acteurs sur le projet a permis de mettre en terre les semis, en collaboration avec l’UNIL et l’EPFL, qui ont mis à disposition leurs surfaces cultivables. Début mai, le projet Jardin de Bassenges a été soumis au responsable du Campus Durable de l’EPFL et immédiatement accepté et mis en œuvre !

L’idée portée par ce projet est celui d’une ferme d’avenir afin que les étudiants puissent s’impliquer à nouveau dans l’agriculture sur le campus ; les légumes sont ensuite vendus sur le marché du campus. « L’aquaponie a été envisagée, un système liant aquaculture et production de légumes dans un écosystème clos – soit un cercle vertueux- mais son coût énergétique afin de chauffer la serre n’est pas durable » explique Nicolas Vos.

Légumes perchés vise surtout à faire prendre conscience du fait que toute surface agricole gagnée en ville est aussi un îlot de biodiversité. Nicolas Vos insiste fortement sur le fait qu’il faut « mettre en commun les connaissances et expériences de chacun pour agir durablement sur l’environnement, de façon pragmatique. »Il est aussi question de permaculture, qui nécessite une préparation sur 2 à 3 ans, ce qui est possible, mais méritera une mise en place d’une « PME », ou plutôt d’une coopérative efficiente d’un point de vue économique. Un premier bilan de cette initiative impliquant des étudiants de la FGSE sera établi en 2019.

Parallèlement à cette initiative, trois chercheurs de l’UNIL, la Dr Pascale Schwab-Castella, Théodore Besson et Ignes Contreiras participent à un très intéressant projet de serre connectée (projet Interreg SCIMA, en partenariat avec l’Earth Space Technical Ecosystems Enterprises). Il s’agit d’une serre connectée, intelligente, modulaire, autonome : le concept, encadré par Suren Erkman, (Professeur d’écologie industrielle en FGSE), est « celui d’un module gérant recyclage et nutrition. Une micro serre autonome, intelligente, connectée et modulaire ». Le système est développé pour augmenter la bio-capacité (génération des ressources, absorption de ce qui est issu de la consommation) des milieux contraignants tout en limitant son empreinte environnementale au maximum. Actuellement en phase de test, ce dispositif pourrait être utilisé par des missions spatiales sur la lune ou la planète Mars. L’UNIL est ainsi bien impliquée via la FGSE dans le projet Lune du Swiss Space Center. L’intérêt d’une serre autonome rejoint l’idée d’une agriculture efficiente, modeste en ressources et en déchets, une préoccupation que l’on retrouve au cœur du projet Légumes perchés.

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