Seed funding

L’objectif de ces bourses d’environ CHF 20’000.- est de soutenir l’élaboration, l’écriture et la soumission auprès du FNS, ou d’autres organismes de financement, de projets de recherche cohérents avec les lignes directrices du programme. Les projets décrits ci-dessous sont les projets qui ont été/seront (pour les projets 2026) développées pour être déposés auprès d’un organisme externe.

2026 – Appel ouvert à toutes les thématiques STRIVE

When Green Turns Grey… or Green Again? Testing Employees’ Responses to Corporate Greenwashing to Inform Field Interventions

Cinzia Zanetti

Ce projet de recherche vise à comprendre comment les employés réagissent aux pratiques de greenwashing des entreprises et dans quelle mesure ils peuvent devenir des acteurs de changement en faveur de la transition écologique. Mené en Suisse, il examinera plusieurs réactions possibles face à la perception d’un décalage entre le discours environnemental des organisations et leurs pratiques réelles : l’intention de quitter l’entreprise, la justification morale de ces pratiques ou, au contraire, la mobilisation collective pour les dénoncer et promouvoir des changements. À travers une enquête à grande échelle et une étude expérimentale, le projet cherchera à identifier les facteurs qui favorisent l’engagement des employés, tels que la sécurité psychologique, la sensibilisation au greenwashing ou le sentiment d’efficacité collective. Les résultats serviront à développer, avec des ONG et d’autres acteurs de terrain, des outils de sensibilisation et des interventions concrètes visant à renforcer la transparence organisationnelle et à faire des employés des leviers de transformation écologique et sociale.

Governing transformation or transforming governments?

Julie Pollard, Oriane Sarrasin

Ce projet de recherche vise à comprendre comment les gouvernements locaux mettent concrètement en œuvre des politiques et instruments de durabilité destinés à soutenir la transformation écologique et sociale. À travers une comparaison de communes suisses et françaises, il analysera à la fois les facteurs organisationnels, institutionnels et politiques qui influencent l’application de ces instruments, ainsi que les mécanismes individuels qui favorisent ou freinent l’engagement des agents publics dans le changement. En combinant les approches des sciences politiques et de la psychologie environnementale, le projet cherchera à identifier les conditions permettant de transformer des ambitions politiques en actions effectives et durables. Réalisé en partenariat avec des communes, il produira des recommandations pratiques, des guides de mise en œuvre et des connaissances utiles aux collectivités souhaitant renforcer l’impact réel de leurs politiques de transition socioécologique.

Lobbying et durabilité : préserver l’indépendance institutionnelle dans les processus législatifs en Suisse

Odile Ammann

Ce projet de recherche vise à analyser comment le lobbying et l’influence des groupes d’intérêt peuvent freiner les transformations écologiques et sociales nécessaires à la durabilité en Suisse. En s’appuyant sur trois domaines clés, le climat, la santé et l’intelligence artificielle, il étudiera les mécanismes par lesquels certains intérêts particuliers influencent l’élaboration des lois et peuvent limiter la capacité des autorités à agir dans l’intérêt public. À la croisée du droit public, de la science politique et de la théorie politique, le projet cherchera à préciser les conditions garantissant l’indépendance institutionnelle des décideurs publics et à évaluer si le cadre juridique suisse est suffisant pour la protéger. L’objectif final est de formuler des propositions de réformes concrètes afin de rendre les processus législatifs plus indépendants, transparents et favorables à des politiques publiques durables, renforçant ainsi la capacité de la Suisse à relever les défis environnementaux, sanitaires et technologiques.


SPREAD (Sufficiences Policies in the Residential sector under Adoption and Diffusion constraints)

Julia Steinberger, Vivien Fisch-Romito

Ce projet de recherche examine comment des politiques de sobriété résidentielle, visant à limiter la surface habitable par personne, pourraient contribuer à une transition énergétique à la fois plus juste et plus durable en Suisse. Face à l’augmentation continue de l’espace de vie par habitant, qui réduit les bénéfices des mesures d’efficacité énergétique, le projet analysera l’acceptabilité sociale de telles politiques, les seuils de consommation d’espace compatibles avec le bien-être, ainsi que les obstacles institutionnels à leur mise en œuvre. Il combinera modélisation prospective, enquêtes auprès de la population, analyses de politiques publiques et ateliers participatifs avec les acteurs du logement afin d’évaluer les effets de différents scénarios sur la consommation d’énergie, les émissions de CO₂, les inégalités de logement et l’accessibilité financière du logement. L’objectif est de fournir des bases scientifiques et opérationnelles pour intégrer la sobriété dans les politiques du logement et favoriser une transition énergétique qui réduise simultanément les inégalités sociales et environnementales.

Vivre de l’agriculture. Les récits comme passerelles agro-écologiques

Laurence Kaufmann

Ce projet de recherche vise à comprendre comment les récits, les dispositifs de médiation et les espaces de dialogue peuvent favoriser une transformation écologique du système alimentaire en réduisant les incompréhensions entre monde agricole, consommateurs et acteurs écologistes. En s’appuyant sur un partenariat étroit avec des paysannes vaudoises, il développera et testera différents outils narratifs et ludiques, tels que documentaires, jeux interactifs, expositions ou témoignages, afin d’évaluer leur capacité à modifier les perceptions du monde agricole et à encourager le dialogue entre groupes sociaux souvent polarisés. À travers une approche interdisciplinaire mêlant anthropologie, sociologie, communication et médiation culturelle, le projet cherchera à identifier les freins et les leviers à une meilleure compréhension mutuelle des enjeux agricoles et environnementaux. Il ambitionne ainsi de renforcer la reconnaissance des femmes paysannes comme actrices du changement, de rapprocher société civile et monde agricole, et de contribuer à l’émergence de pratiques alimentaires et productives plus durables.

2025 – Appel centré sur l’axe « Transformation juste »

Juste transformation ? Les communautés locales d’Europe et les limites écologiques de leurs territoires

Gretchen Walters

Ce projet explore le rôle des communs et des communautés locales dans la transition écologique en Europe, en particulier en Suisse. Il part du constat que ces formes historiques de gouvernance collective des ressources naturelles, pourtant reconnues au niveau international pour leur capacité à gérer durablement les territoires, restent largement absentes des politiques de transition écologique européennes. À travers une approche interdisciplinaire et participative, le projet analyse comment ces communautés gèrent leurs ressources, si leurs pratiques respectent les limites écologiques et quelles leçons leur gouvernance peut offrir pour répondre aux défis sociaux et environnementaux contemporains. En s’appuyant sur des études de cas comparatives et un réseau européen de recherche, il vise à mieux reconnaître la contribution des communs à la durabilité, à renforcer leur visibilité dans les politiques publiques et à identifier leur potentiel comme leviers d’une transition écologique plus juste, inclusive et ancrée dans les territoires.

Is Switzerland’s Circular-Economy Transition Just? An Analys of Policy and Economic Inequality

Jean-Philippe Bonardi, Adèle Thorens, Edoardo Chiarotti

Ce projet de recherche vise à analyser les politiques d’économie circulaire en Suisse afin d’évaluer leur mise en œuvre, leurs impacts économiques et les inégalités qu’elles peuvent engendrer. Il comprend d’une part un inventaire et une caractérisation des mesures existantes aux niveaux fédéral, cantonal et communal, et d’autre part une analyse de leurs effets sur les différents secteurs économiques grâce à un modèle prospectif jusqu’en 2050. L’objectif est d’identifier les obstacles à l’adoption de l’économie circulaire, de déterminer quels secteurs seront les plus touchés et de proposer des politiques plus efficaces et équitables. Les résultats prendront notamment la forme d’outils interactifs et de recommandations destinées aux décideurs publics, afin de soutenir une transition écologique qui limite les inégalités économiques et favorise l’adhésion de la population.

Just and inclusive citizen and community engagement in energy transformations: Case study for Demand Side Management

Selin Yilmaz

Ce projet de recherche examine les enjeux de justice sociale liés à la gestion de la demande énergétique (Demand Side Management, DSM) dans le contexte de la transition énergétique. À travers deux études de cas en Suisse (Essertines-sur-Rolle et Winterthour), il analysera dans quelle mesure les solutions actuelles de DSM prennent en compte les capacités, les besoins et les réalités de différents groupes sociaux. En mobilisant des enquêtes, des entretiens et des ateliers participatifs, le projet évaluera la répartition des bénéfices et des contraintes de ces dispositifs, ainsi que le degré d’inclusion des citoyens dans leur conception et leur mise en œuvre. Son objectif est de développer des modèles de participation plus équitables et inclusifs, de produire des outils et recommandations pour les collectivités et fournisseurs d’énergie, et de contribuer à une transition énergétique qui réduise plutôt qu’accentue les inégalités sociales.


Safe and Fair Food Valuation: A territorial participatory Narrative leading to active Sustainable Transformation

Emilia Schmitt

Ce projet vise à développer et tester un cadre innovant de gouvernance territoriale permettant de concilier bien-être humain, régénération des ressources naturelles et juste rémunération des acteurs des systèmes alimentaires. En s’appuyant sur des processus participatifs menés dans plusieurs territoires suisses et internationaux, il cherchera à construire des récits de transition crédibles et fondés sur des données probantes, capables de rapprocher les intérêts des producteurs, entreprises, consommateurs et communautés locales. Le projet évaluera notamment si des mécanismes de prix alimentaires plus équitables, associés à une meilleure transparence sur les impacts sociaux et environnementaux, peuvent encourager des changements durables de pratiques tout au long de la chaîne de valeur. L’objectif final est de soutenir des transitions territoriales justes, favorisant à la fois la satisfaction des besoins sociétaux et la préservation des ressources naturelles.


2024 – Appel ouvert à toutes les thématiques STRIVE

Intégration systémique des coûts sociaux et leviers de gouvernance dans les approches d’évaluation de durabilité des systèmes alimentaires

Emilia Schmitt, Jean-Philippe Bonardi, Dominique Barjolle

Le projet développé grâce à la bourse vise à améliorer les méthodes d’évaluation de la durabilité des systèmes alimentaires en intégrant de manière plus complète les dimensions sociales, économiques et de gouvernance, liées à la justice sociale et à l’équité. À travers une approche systémique, participative et interdisciplinaire, il cherche à développer de nouveaux indicateurs permettant de mieux mesurer les coûts et bénéfices sociaux des filières agroalimentaires, au-delà des seules dimensions économiques. Basé sur des études de cas en Suisse et dans des contextes Nord-Sud, le projet vise à analyser également les leviers de gouvernance capables de favoriser une transformation plus juste du système alimentaire. Il réunira chercheuses et chercheurs, acteurs économiques, institutions publiques et société civile afin de coconstruire des outils d’évaluation et des solutions de transformation adaptées aux enjeux contemporains de durabilité.

Apport d’une éthique du care, d’une éthique environnementale et d’une éthique narrative à une bioéthique globale : un cadre éthique pour la transformation sociale et écologique de la Suisse

Esteban Arcos, Gérald Hess, Nadja Eggert

Ce projet vise à élaborer une bioéthique écologique globale qui dépasse la séparation traditionnelle entre santé humaine et environnement. À partir du concept de restauration (healing), envisagé comme un prolongement de l’éthique du care, il cherche à penser conjointement la santé des individus, la justice sociale et la restauration des écosystèmes. En mobilisant des approches philosophiques, écoféministes et narratives, le projet interroge les fondements d’une bioéthique non dualiste capable de répondre aux défis de l’Anthropocène. Il combine une réflexion théorique sur les liens entre nature et santé avec une démarche participative impliquant les acteurs du terrain afin de développer un cadre éthique susceptible d’orienter les pratiques de santé et les politiques publiques vers une transformation écologique et sociale.

Strive to Break Free? Corporations, Climate Change and International Law


Evelyn Schmid

Ce projet vise à comprendre le rôle du droit international public lui-même dans les lacunes de mise en œuvre des obligations des États de protéger la population contre les changements climatiques. Il vise, d’une part, à identifier les règles et mécanismes juridiques internationaux qui structurent la participation des entreprises aux processus de réglementation et aux litiges relatifs à l’environnement et aux droits humains, ainsi qu’à problématiser cette participation sur l’élaboration et la mise en œuvre des normes sous l’angle théorique. D’autre part, il vise à étudier les outils que le droit international met à disposition des États et d’autres acteurs pour encadrer les interactions entre acteurs publics et privés d’une manière susceptible de soutenir des transformations écologiques et sociales plus justes. Il combine analyse juridique et recherches empiriques interdisciplinaires.


Health-Environment Nexus Discourses and Practices: Origins, Uses, and Transformative Potential

Nicolas Senn, Lucile Maertens, Nadja Eggert, Thomas David

Ce projet analyse les discours et approches intégrées reliant santé humaine et environnement, telles que Planetary Health, One Health ou Eco Health, afin de comprendre leur origine, leur diffusion et leur capacité à soutenir la transition socioécologique. À travers une démarche interdisciplinaire associant médecine, santé publique, sciences sociales, histoire et éthique, il étudie comment ces concepts sont interprétés et utilisés par les professionnels, les institutions et les décideurs en Suisse, ainsi que leur influence sur les pratiques de santé, les politiques environnementales et les modes de gouvernance. L’objectif est d’évaluer leur potentiel transformateur à différents niveaux de la société, d’identifier les conditions favorisant leur mise en œuvre et de produire des recommandations destinées à orienter les interventions, les politiques publiques et les stratégies de transformation écologique et sanitaire.

Reconstruire un monde durable. Enquête sur les obstacles au changement et les pratiques transformatrices

Olivier Voirol

Ce projet cherche à comprendre pourquoi la transformation vers des modes de vie durables rencontre autant de résistances et comment ces obstacles peuvent être dépassés. Il examine trois niveaux de blocage : les racines historiques et philosophiques du modèle moderne de domination et de prédation de la nature, les discours et stratégies de déni écologique portés par certains acteurs politiques et économiques, et les difficultés concrètes rencontrées par les initiatives qui expérimentent des modes de vie plus durables. En mobilisant la philosophie, la sociologie, les sciences politiques et les sciences de l’environnement, la recherche vise à identifier les facteurs qui freinent la transformation écologique tout en mettant en lumière les alternatives existantes et les conditions nécessaires à leur diffusion. L’objectif final est de fournir des outils conceptuels, politiques et pratiques pour favoriser l’émergence de formes de vie plus soutenables et socialement acceptées.

Environmental History of Television in Switzerland: Narratives, Infrastructures, Institutions, 1960-2000

Anne-Katrin Weber (Lettres, section d’histoire et esthétique du cinéma)

Ce projet étudie le rôle de la télévision suisse dans l’histoire de la crise environnementale entre 1960 et 2000, en analysant à la fois les récits médiatiques et les infrastructures techniques qui ont accompagné les transformations écologiques. À travers une approche interdisciplinaire associant histoire environnementale, études des médias et sciences de la communication, il examine comment la télévision a contribué à diffuser des savoirs et des mobilisations environnementales, à normaliser des modes de vie fortement consommateurs de ressources, notamment à travers les récits de la mobilité et de la consommation, et à développer des infrastructures ayant elles-mêmes un impact écologique. Le projet vise également à engager un dialogue avec la RTS (radio télévision suisse) sur les responsabilités des médias de service public face à la crise climatique, afin de réfléchir à des pratiques médiatiques plus durables et à la manière dont les médias peuvent accompagner les transformations sociales et écologiques nécessaires à l’avenir