Quels récits pour la transformation écologique ?

Le projet

Face aux transformations écologiques et sociales, les récits que nous produisons sur l’avenir jouent un rôle essentiel : ils contribuent à définir ce qui nous paraît possible, souhaitable ou, au contraire, inévitable. Certains imaginaires dominants peuvent ainsi favoriser l’action, tandis que d’autres risquent de susciter le fatalisme, l’attentisme ou la déresponsabilisation. 

Le projet STRIVE Récits étudie le rôle de ces récits dans trois sphères de la société (culturelle, économique/managériale, et éducative) en portant une attention particulière à deux types de récits : les récits technosolutionnistes, qui présentent la technologie comme la principale réponse aux crises contemporaines, et les récits apocalyptiques, qui décrivent un avenir marqué par l’effondrement et l’impossibilité d’agir. 

À partir de terrains et de méthodes variés, et dans une démarche de recherche-action, STRIVE poursuit 4 objectifs : 

  • Identifier et analyser les récits dominants ; 
  • Comprendre et déconstruire les récits susceptibles de limiter la capacité d’action tels que « la technologie va tout résoudre » et « tout est perdu » ; 
  • Faire émerger des récits alternatifs, dénommés « récits terrestres », à partir des trois sphères étudiées ; 
  • Développer/améliorer les conditions permettant leur production, leur expérimentation et leur diffusion. 

Au-delà de sa contribution à la recherche scientifique, ce projet vise ainsi à concevoir et évaluer des outils pédagogiques, dispositifs narratifs et démarches participatives permettant de mettre en discussion nos représentations de l’avenir et d’ouvrir de nouveaux possibles. 

Premiers résultats et prochaines étapes 

Comment les jeunes imaginent-ils les futurs numériques ? 

Un premier volet du projet s’intéresse aux représentations des futurs numériques (“Digital Futures”) d’étudiant·es de première année de Bachelor HEC. À travers le dispositif des « lettres du futur », les participant·es sont invité·es à se projeter dans l’avenir et à raconter la place qu’y occupent les technologies. 

Les premiers résultats montrent la présence importante d’un imaginaire techno-optimiste, mais révèlent également des représentations beaucoup plus diverses et ambivalentes qu’il n’y paraît. Selon les domaines envisagés (travail, éducation, mobilité, crise écologique, surveillance, etc.), les technologies peuvent être perçues simultanément comme sources de progrès, de solutions, de dépendance ou de nouvelles contraintes. 

Ces résultats suggèrent qu’expliciter nos représentations du futur et confronter leur pluralité peut constituer un moyen de questionner l’idée d’une trajectoire technologique unique, inévitable et allant de soi. Les « lettres du futur » apparaissent ainsi non seulement comme un outil de recherche, mais également comme un dispositif susceptible de nourrir la réflexion dans les sphères éducative et économique. 

La prochaine étape de ce volet consistera à prolonger cette analyse dans le monde professionnel, en identifiant les imaginaires dominants de la transformation écologique et technologique au sein d’entreprises et d’organisations publiques et privées. Il s’agira notamment d’examiner les récits qui orientent la manière dont ces organisations envisagent leur avenir, leur rôle et leurs possibilités d’action face aux transformations écologiques et sociales. 

Fiction, écologie et futurs possibles : une recherche-action avec des élèves du secondaire

Un deuxième volet de STRIVE prend la forme d’une recherche-action auprès d’élèves du secondaire supérieur. Les élèves seront amené·es à lire une fiction consacrée aux enjeux écologiques, écrite spécialement pour le projet par l’écrivaine Magali Bossi, puis à prolonger cette immersion dans un futur imaginaire à travers un atelier d’écriture. 

La séquence permettra de recueillir des « lettres du futur » et d’explorer les représentations des élèves à travers des focus groups et des entretiens. Des entretiens avec des enseignant·es permettront également de mieux comprendre les difficultés, questionnements et possibilités liés à l’enseignement des enjeux écologiques dans les cours de français. 

À l’occasion de la préparation de cette séquence, un polycopié d’accompagnement pédagogique a également été créé par des chercheurs de l’équipe STRIVE, destiné aux enseignant es et aux élèves.  

STRIVE participe par ailleurs à la création d’un enseignement dans le cadre du Programme Saussure de la Faculté des lettres, destiné à une trentaine d’élèves du secondaire.  

Ces différentes expérimentations permettront d’étudier comment la fiction, l’écriture et la mise en discussion des imaginaires peuvent contribuer à ouvrir l’horizon des possibles et à renforcer la capacité des jeunes à se penser comme acteurs et actrices des transformations à venir. 

Résultats de recherche

Les travaux de STRIVE Récits donnent déjà lieu à plusieurs publications et communications scientifiques : 

  • Baroni, R. (2026), « Éconarratologie : limites planétaires et limites narratives », Questions de communication, n° 49, p. 297-324. https://doi.org/10.4000/16ebw  
  • Arthers, S. J., Lalot, F. Antonietti, J.-P., & Zimmermann, G. (revision submitted). Youth and climate change: Enhancing emerging adults’ futures consciousness through Letters from the Future. Futures. 
  • Zimmermann, G., Velupillai, S., Fillettaz, G., & Mouton, B. (à paraître, 2027). L’adolescence à l’ère de la crise écologique : quelles stratégies pour y faire face ? In L. Souche, L. & G. Zimmermann, (Eds.), 11 films pour comprendre l’adolescence (Collection La Psychologie fait son cinéma). InPress 

Le projet contribue également au dialogue avec la société.  

  • Mystères de l’Unil 2026 (28-31 mai 2026 – https://mysteres.ch/2026/), Atelier “Grandir dans un monde qui change” – cet atelier illustrait à l’aide d’un jeu de rôle les multiples stratégies d’adaptation psychologique et émotionnelle des adolescents et leurs parents face aux transformations écologiques. Proposé par la Dre Bénédicte Mouton, Mme Sijana Velupillai et Mme Gaëlle Fillettaz, en collaboration avec la Dre Oriane Sarrasin et le Prof. Grégoire Zimmermann, Institut de psychologie, Centre de recherche sur la famille et le développement. 
  • (à venir) Écotopiales 2026 – Créer en classe des futurs souhaitables, atelier pédagogique pour les enseigant.es du secondaire II (gymnase) dans le cadre de la formation continue proposée au festival Écotopiales, festival des imaginaires et des récits écologiques de l’Unil ; le 6 novembre 2026.  
  • (à venir) S. Missonier le 19 novembre 2026, à la Matinée du Numérique Responsable, organisée par le Canton de Vaud : Éclairage Scientifique sur les Imaginaires dominants de la transformation écologiques. 
  • (A venir) S. Missonier le 24 mars 2027, Intervention avec La conseillère d’Etat genevoise en charge de l’éducation (Anne Hiltpold) au Hub des possibles « Le Futur de l’Intelligence Artificielle à l’Ecole de Genève ».

Actualités du projet

La technologie peut-elle vraiment sauver la planète?

L’équipe

Requérant·es principaux·pales :

  • Stéphanie Missonier, HEC
  • Estefania Amer, HEC
  • Raphaël Baroni, Lettres
  • Grégoire Zimmermann, SSP
  • Marc Audétat, SSP