Aller au-delà
Du tarot en passant par la justice, l’émergence de la vie ou les reconversions professionnelles, les recherches sont foisonnantes à l’Unil. Plongez dans les coulisses de la science avec un échantillon de ces diverses études.
Prendre en charge
L’Université de Lausanne a reçu un Pôle de recherche national en collaboration avec l’Université de Zurich. Le professeur Raffaele Renella, codirecteur du projet Children & Cancer, explique les différents apports possibles de ce nouveau programme.
Répondre à l’urgence en étant au chevet des jeunes malades du cancer. Pour la première fois et durant 12 ans, un Pôle de recherche national se penche sur cette délicate question. Géré par les universités de Lausanne et de Zurich, ce programme permettra notamment de faciliter l’accès à des diagnostics précis. Réunissant 32 groupes de recherche, il est codirigé par Raffaele Renella, responsable de l’Unité d’hématologie-oncologie pédiatrique du CHUV et professeur associé en Faculté de biologie et de médecine.
Comprendre la vie
La Faculté des géosciences et de l’environnement a obtenu un Pôle de recherche national pour étudier un mystère millénaire : l’émergence de la vie. Ce projet, codirigé par Johanna Marin Carbonne à l’Unil et le Prix Nobel de physique Didier Queloz à l’ETH Zurich, est financé durant 12 ans.
Géologues, biologistes, chimistes et physiciens au chevet de la vie. Genesis comptera 23 projets de recherche et une centaine de personnes, dont près de 30 doctorantes et doctorants. Ce nouveau Pôle de recherche national, issu d’une collaboration entre la Faculté des géosciences et de l’environnement et l’ETH Zurich, est une première en Suisse. Cette étude pluridisciplinaire pour mieux comprendre l’apparition de la vie mènera notamment des travaux dans des lacs de montagne helvétiques.
Faculté de théologie et de sciences des religions
Rebattre les cartes
De simple divertissement à ses débuts à objet de divination, le tarot de Marseille a évolué au fil des ans. En Faculté de théologie et de sciences des religions, Jean-François Bert l’étudie pour mieux le comprendre, grâce à un projet interdisciplinaire en collaboration avec l’EPFL.
Né au sortir du Moyen Âge en Italie, le tarot connaît un usage divinatoire à la fin du XVIIIe siècle. Pour mieux analyser l’histoire de ces 78 cartes, Jean-François Bert a reçu un soutien du Fonds national suisse. Le professeur à l’Institut d’histoire et anthropologie des religions travaillera notamment en partenariat avec l’équipe du professeur Frédéric Kaplan à l’EPFL, pour réaliser une solution informatique grâce à l’intelligence artificielle. Un volet helvétique est prévu.
Faculté de droit, des sciences criminelles et d’administration publique
Muscler la justice
En Faculté de droit, des sciences criminelles et d’administration publique, le professeur Franco Taroni et son équipe ont reçu un financement pour améliorer la gestion des preuves scientifiques et renforcer la fiabilité des décisions des tribunaux.
Pour éviter des erreurs judiciaires, l’interprétation des indices se révèle capitale. Grâce à un SNSF Advanced Grant du Fonds national suisse, le spécialiste en sciences forensiques Franco Taroni et son équipe interdisciplinaire développeront durant cinq ans des modèles probabilistes et des outils pédagogiques pour mieux évaluer des ensembles complexes de preuves, permettant de renforcer la fiabilité et la qualité des décisions judiciaires. Une approche innovante de la justice.

Fouiller le passé
En Faculté des lettres, les archéologues Sylvian Fachard et Samuel Verdan ont obtenu un financement pour explorer le temple grec d’Artémis et les objets de culte liés à la déesse de la chasse. Ce site est un lieu important de découvertes majeures depuis de nombreuses années.
Les sanctuaires étaient des carrefours essentiels de la vie religieuse, politique et économique des cités-États grecques. Professeur à l’Institut d’archéologie et des sciences de l’Antiquité de la Faculté des lettres, Sylvian Fachard a reçu un financement du Fonds national suisse pour étudier l’architecture et les pratiques culturelles du temple d’Artémis à Amarynthos avec Samuel Verdan, chargé de recherche à l’École suisse d’archéologie en Grèce. Un projet prévu sur trois ans.
Faculté des sciences sociales et politiques
Se reconvertir
En Faculté des sciences sociales et politiques, le professeur Jonas Masdonati et son groupe se penchent sur les changements professionnels involontaires, parfois vécus comme des reconstructions identitaires. Ou quand l’obligation fait partie de l’équation.
Changer de carrière n’est pas toujours une sinécure sur le plan professionnel et personnel. Cette évolution peut même être une nécessité face à un marché du travail saturé, un problème de santé ou un départ à l’étranger. L’équipe de recherche de Jonas Masdonati, professeur en Faculté des sciences sociales et politiques, étudie la question pour mieux comprendre le phénomène de ces reconversions inattendues, des expériences solitaires quelquefois vécues comme des épreuves.
Faculté des hautes études commerciales
Hériter et taxer
Une étude du professeur de HEC Lausanne Marius Brülhart a servi au Conseil fédéral lors des votations du 30 novembre 2025, à propos de l’impôt sur les successions et les donations de riches familles. Cette recherche a démontré que la fuite des personnes fortunées à l’étranger pouvait être une réalité.
Si un impôt au niveau fédéral taxait les successions des personnes fortunées à hauteur de 50% au-delà de 50 millions, certains héritiers et certaines héritières pourraient quitter la Suisse ou ne pas s’y installer, selon une étude du professeur de HEC Lausanne Marius Brülhart. Jusqu’à trois quarts d’entre eux ou elles pourraient même transférer leur résidence fiscale à l’étranger. Avec une possible perte financière à la clé pour la Confédération. Mais taxer n’est pas qu’une mauvaise idée.
Faculté des géosciences et de l’environnement
Visualiser les glaciers
La Faculté des géosciences et de l’environnement a exposé l’évolution de nos glaciers jusqu’au Japon, grâce à une installation en 3D sur laquelle se dévoilent au fil du temps les périodes de réchauffement et de refroidissement. L’occasion de découvrir les Alpes sous un nouveau jour.
Le professeur Guillaume Jouvet et le groupe ICE de la Faculté des géosciences et de l’environnement ont réalisé une maquette en 3D en bois pour simuler, avec une précision inédite, l’extension et le retrait glaciaire en Suisse au cours des millénaires. L’occasion de découvrir que le pays était recouvert à près de 90% de glace il y a 24’000 ans. Après l’Unil, l’installation s’est envolée pour le pavillon suisse de l’Exposition universelle d’Osaka au Japon, avant de revenir à Lausanne.
Faculté de biologie et de médecine
Pister le loup
En Faculté de biologie et de médecine, des scientifiques se penchent sur les goûts du rusé canidé pour mieux comprendre son régime alimentaire. Encore faut-il le capturer pour lui mettre un collier GPS et le suivre à la trace. Un travail qui n’est pas de tout repos.
Alors que le loup fait régulièrement parler de lui pour ses attaques sur les troupeaux, des spécialistes de la Faculté de biologie et de médecine se sont intéressés à ses habitudes alimentaires, déconstruisant un mythe au passage. En effet, le canidé se nourrit essentiellement de bêtes sauvages : cerfs, chevreuils et chamois. Les animaux de rente ne se retrouvent qu’à hauteur de 12% dans son auge. Mais mettre la patte sur le loup, c’est tout un art.







