Table des matières
Retrouvez une partie des activités menées par l’Université de Lausanne en termes d’enseignement et de recherche, tout en découvrant une multitude d’événements qui ont émaillé la vie de l’institution au fil de l’année 2025.
Recherche
Du tarot en passant par la justice, l’émergence de la vie ou les reconversions professionnelles, les recherches sont foisonnantes à l’Unil. Plongez dans les coulisses de la science avec un échantillon de ces diverses études.
Enseignement
De nouveaux masters, des évaluations à redéfinir, une clinique juridique ou un patrimoine culturel à préserver, l’Unil s’étoffe avec de nombreuses nouveautés en 2025. Découvrez une partie de ce panel.
Institution
L’Unil représente un acteur économique majeur pour le Canton, mais son importance va bien au-delà. En présidant l’alliance CIVIS, elle démontre son influence hors des frontières vaudoises. Une institution qui ose s’affirmer.
Chronique
L’Unil réfléchit et agit. L’année universitaire 2025 a été riche en événements, entre les conférences, un festival ou un nouveau dispositif. Un échantillon de cette grande diversité en quelques jalons marquants.
À l’heure de clore ce mandat, une expérience personnelle me revient. Il y a quelques semaines, j’ai eu l’occasion de séjourner à Arbois – cette petite ville du Jura français où a grandi Louis Pasteur au XIXe siècle. Dans une librairie voisine de sa maison natale, un ouvrage de Bruno Latour, grand sociologue et philosophe des sciences récemment disparu, a particulièrement retenu mon attention.
Latour y brosse le portrait d’un homme à qui l’on a finalement peu de choses à reprocher. Un savant qui a su s’entourer, qui a travaillé avec de solides équipes et qui a compris très tôt qu’aucune grande science ne se fait seul. Le parcours de Pasteur incarne à lui seul toute la chaîne de l’innovation : du laboratoire de pointe à la ferme, de la découverte fondamentale à son application concrète. Il savait communiquer, convaincre, mettre en scène ses expériences. Une science d’une importance indiscutable a ainsi fini par transformer radicalement la société de son temps. Mieux encore : de son vivant, Pasteur a su ériger sa science en une véritable institution, qui lui a survécu et qui rayonne encore aujourd’hui.
Ce chemin n’a pourtant rien d’évident. Il suppose des conditions très particulières : un environnement propice, des équipes solides, du temps, de la confiance, un soutien politique fort et une institution capable de protéger tout cela. C’est précisément cette image qui a guidé ma conception de l’Université – celle que nous avons cherché à construire ensemble au cours de ces années.
Une université où l’on se sent bien et où l’on vient chaque matin chercher une stimulation intellectuelle. Un lieu dynamique et serein à la fois, où l’exigence scientifique se conjugue avec l’humilité et le respect. Une université accessible, où la relation est directe, où chacune et chacun trouve la sécurité suffisante pour créer, enseigner et innover. Et, comme Pasteur qui a su déplacer son laboratoire dans la ferme, je crois profondément en une université qui sache déplacer la science dans la cité – qui fasse de la médiation vers la société une priorité, qui rende visibles ses contributions au bien commun et qui fasse dialoguer toutes les disciplines, des sciences naturelles aux sciences humaines et sociales.
Cette université défend des valeurs qui ne sauraient rester de simples déclarations d’intention : esprit critique, excellence collective, dignité, égalité, durabilité. Ces valeurs s’incarnent dans les gestes du quotidien, dans les recrutements, dans l’accompagnement de la relève scientifique – parce que l’avenir de la recherche dépend de celles et ceux qui la porteront demain.
Ce bilan ne saurait toutefois être complet sans évoquer deux préoccupations que je transmets à la Direction qui me succède.
La première concerne la gouvernance. L’autonomie universitaire est fragile. Ces dernières années, nos universités ont fait face à des interpellations et des pressions extérieures croissantes. Une université dont on érode progressivement la légitimité et la marge de manœuvre perd sa capacité d’innovation et d’esprit critique. Il importe de préserver ces espaces de liberté intellectuelle, tout en renforçant la confiance entre université, société et autorités politiques – ce qui suppose à la fois transparence, dialogue ouvert et défense ferme de l’autonomie académique.
La seconde concerne l’intelligence artificielle. L’IA transforme en profondeur la façon de produire des connaissances, d’enseigner et d’évaluer. Elle ouvre des opportunités considérables, mais elle soulève aussi des risques éthiques, juridiques et sociétaux qui ne peuvent être ignorés. L’institution devra se réinventer sans renoncer à ses principes fondamentaux : rigueur, intégrité, sens critique et respect de la personne. Cela exige des cadres clairs, une gouvernance transversale et des règles qui protègent l’esprit critique face à des technologies dont le déploiement demeure encore largement non régulé.
Je vous encourage donc à poursuivre ce double effort : protéger notre autonomie et intégrer l’IA de façon responsable. Pasteur nous l’a montré : une grande science a besoin d’une grande institution pour lui survivre. C’est cette institution-là que je vous laisse – vivante, exigeante et libre.
Merci pour ces années partagées. Je quitte la Direction confiant : l’énergie est là, les talents sont là, et la meilleure façon d’honorer notre université est de continuer à la faire vivre avec courage, humilité et imagination.
En 2025, l’identité institutionnelle a occupé une place centrale sur le campus de Dorigny. Un nouveau logo et un Manuel de la marque ont par exemple été déployés, définissant la communication institutionnelle comme traduction de l’identité « en mots et en images », l’« ADN de la marque Unil » visant une forte cohérence entre identité « verbale » et identité « visuelle ». Cette identité institutionnelle a également occupé le Conseil de l’Unil, sous les angles de l’appartenance, de l’image sociale et de l’identification (Avanza & Laferté, 2005).
La Loi sur l’Université de Lausanne (art. 29, al. f) confie ainsi au Conseil l’élaboration d’un Règlement sur l’intégrité scientifique, qui encadre nos missions de recherche, d’enseignement et de service à la cité. Les principes de fiabilité, honnêteté, respect et responsabilité, tels que définis par le Code d’intégrité scientifique (Académies suisses des sciences), expriment l’appartenance à la communauté académique par des valeurs professionnelles partagées.
Longtemps résumées par « le savoir vivant », elles sont aujourd’hui déclinées dans des messages à aligner sur l’« identité verbale », conçue comme un « credo » cohérent qui participe à l’image sociale que l’Unil souhaite projeter. En parallèle, le logo et la charte graphique remplissent une fonction d’identification, en indiquant ce qui relève légitimement de l’institution, tant du point de vue administratif que des valeurs et orientations stratégiques.
Cette dynamique (appartenance, image sociale et identification) éclaire directement la réflexion sur l’intégrité scientifique. Elle interroge les limites de la liberté académique – dans les pratiques professionnelles et les discours, dont on sait le pouvoir structurant sur la pensée critique. Conscient de cet enjeu, le Conseil de l’Unil veille donc attentivement à l’élaboration du Règlement sur l’intégrité scientifique, pour protéger la liberté académique tout en décrivant de manière cohérente les pratiques qui en relèvent.
La situation budgétaire préoccupe aussi le Conseil de l’Unil, dans sa mission de validation des comptes, du budget et de la gestion (art. 29, al. e et h LUL). Les réflexions sur l’identité y jouent un rôle important : les politiques publiques sont sensibles aux valeurs et missions de l’institution financée (attachement) autant qu’aux discours qu’elle produit (image sociale) et qui en définissent le caractère légitime (identification). Le Conseil questionne donc régulièrement la Direction sur la mise en cohérence de ces valeurs dans différents dossiers (climat de travail, arbitrages financiers, orientations stratégiques, etc.), car cette articulation influe directement sur nos conditions de travail et d’études via nos financements.
Enfin, le Conseil a nommé une nouvelle Direction pour 2026-2031 (art. 29, al. a et b LUL). Ce processus s’est inscrit dans les mêmes réflexions : à quelle Unil souhaitons-nous appartenir à l’avenir ? Quelle image de nos valeurs et missions voulons-nous projeter ? Quelle identité institutionnelle espérons-nous endosser ? Au nom du Conseil, je remercie donc ici la Direction actuelle et souhaite à la Direction entrante de trouver son espace de dialogue pour accompagner l’avenir : ce rapport témoigne des étapes déjà franchies et des défis à venir dans la construction collective de l’identité Unil.
Avanza, M., & Laferté, G. (2005), « Dépasser la « construction des identités » ? Identification, image sociale, appartenance », Genèses, 4(61), 134-152.







