Toucher pour voir?
En 1938, Paul Valéry rend hommage à la main du chirurgien, mais c’est aussi celle de l’artiste. La main-appareil n’est pas un appareil de représentation, mais davantage encore: un appareil de présentification, comme le souligne Herman Parret, qui voit en Valéry la promesse d’une «hypothèse haptologique» en art. Une telle promesse redistribue les niveaux d’analyse du toucher entre optique, tactile et haptique qui s’entrecroisent alors.
Alors que le modèle de la vision est en quelque sorte sursollicité (par les visual studies, par le «tournant iconique»), le toucher retrouve, en un apparent paradoxe, une importance certaine, sorte de sens-refuge alors que le monde visuel semble de plus en plus virtualisé ou simulé. Se confrontant à des matérialités très diverses – papier, tissu, peinture, émulsion photosensible, sucre et chocolat –, mais aussi à des objets très variés – statue, vitrine de verre, photogramme, gâteau décoré, tableau, roman – les contributions de ce dossier, dirigé par Léa Jusseau, Carole Maigné, Neda Zanetti (Section de philosophie), se retrouvent toutes à reconsidérer le toucher comme un sens bien plus polyvalent qu’il n’y paraît, bien plus abstrait et appareillé qu’on ne l’imagine.
Le dossier est disponible en texte intégral sur OpenEdition Journals.
Léa Jusseau, Carole Maigné, Neda Zanetti (dir.), Tactilités appareillées. Les opérations du voir et du toucher, Revue Appareil, n°30, 2026.

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