L’écologie n’arrive à rien parce qu’elle est incompatible avec notre idée abrahamique de la terre. Nous abusons de la terre parce que nous la considérons comme une commodité qui nous appartient. Si nous la considérons au contraire comme une communauté à laquelle nous appartenons, nous pouvons commencer à l’utiliser avec amour et respect. Il n’y a pas d’autre moyen si nous voulons que la terre survive à l’impact de l’homme mécanisé, et si nous voulons engranger la moisson esthétique qu’elle est capable d’offrir à la culture.Aldo Leopold, Almanach d’un comté des sables (1948), Paris : Flammarion, trad. Anna Gibson, 2000, p. 15
Presque vingt-cinq ans après le Sommet de la Terre à Rio (1992), en cette Journée mondiale du climat, il est difficile de ne pas se remémorer la phrase marquante du discours de Jacques Chirac énoncée lors du Sommet du Développement Durable à Johannesburg : « Notre maison brûle, mais nous regardons ailleurs ». La « lutte climatique » ne cesse d’être brandie et motivée à travers des concepts tels que le « développement durable », « l’économie verte », « la résilience climatique », etc. Or, il semble que ce qui est présenté comme des extincteurs ne parvient pas à étouffer ce qui consume notre maison, la planète Terre. (suite…)