Jean-Michel Fallot, Institut de géographie et durabilité
Rafraichissez vos connaissances en météorologie avec la chronique de Jean-Michel Fallot, géographe, MER à l’Institut de géographie et durabilité et spécialiste du climat. Régulièrement, M. Fallot fait un point synthétique sur le temps en Suisse, sur les tendances climatiques, saisonnières et sur l’histoire de la météo dans notre pays, sur inspiration de données de MétéoSuisse.
Dans cette rétrospective, le lecteur trouvera d’abord quelques mots sur l’année 2016 dans le monde qui a établi un nouveau record de chaleur, puis la présentation celle-ci en Suisse avec le détails pour chaque mois, enfin un texte sur les ondes de Rossby qui font un peu la pluie et le beau temps en Europe avec le front polaire et les anticyclones subtropicaux, notamment celui des Açores.
Les ondes de Rossby pourraient se renforcer dans le futur en relation avec le réchauffement du climat selon les modèles climatiques globaux et régionaux, ce qui signifierait plus de situations de blocage avec des périodes sèches plus longues et aussi des variations de températures plus marquées en Suisse et en Europe centrale. Plus d’infos là-dessus dans le fichier ci-joint.
Dans l’immédiat, MétéoSuisse prévoit un temps typique d’avril pour ces premiers jours de mai avec la présence d’une fameuse « goutte froide » (dépression d’altitude) au-dessus de l’Europe centrale. Le « joli » mois de mai est celui qui comptabilise en moyenne le plus de jours de précipitations en Suisse pour la période 1981-2010. Encore une réputation mise à mal par les analyses de MétéoSuisse tout comme les Saints de Glace qui ne se traduisent pas par une hausse du nombre de jours de gel pendant certains jours en mai. Il peut quelquefois geler à basse altitude jusqu’au début juin en Suisse.
Interview du Professeur Dominique Bourg, Institut de géographie et durabilité. Le bien-être de l’homme n’augmente pas en accumulant sans cesse plus d’objets. Leur production, leur utilisation et leur obsolescence nuisent à l’environnement.
Thèse soutenue par Evelyne Tornare, le 28 avril 2017, Institut des sciences de la terre (ISTE)
L’étude de la structure interne des volcans d’îles océaniques intraplaques est importante pour mieux comprendre leur fonctionnement, afin de définir et localiser les processus magmatiques qui se produisent entre la génération du magma dans le manteau et l’éruption des laves. (suite…)
Thèse soutenue par Goran ANDJIC, le 21 avril 2017, Institut des sciences de la Terre (ISTE)
L’étude des marges actives consiste à comprendre les processus qui opèrent à l’interface entre une plaque tectonique subductée et une plaque tectonique chevauchante. Dans ce contexte, différents phénomènes affectent la plaque chevauchante, tels que les éruptions volcaniques et la formation de failles qui peuvent générer des tremblements de terre et des tsunamis. Les bassins sédimentaires d’avant-arc sont une des composantes de ce cadre géologique. En plus de la sédimentation marine, ils recueillent les produits d’érosion de l’arc volcanique. Ces produits peuvent être plus ou moins grossiers et abondants en fonction de: la distance qui sépare le lieu de dépôt de la source volcanique ; l’activité de la source volcanique. (suite…)
Thèse soutenue par Francesco Marafatto, le 21 avril 2017, Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST)
La birnessite, la varieté la plus commune des oxydes de manganèse, est répartie sur la plupart des milieux de la surface terrestre. Elle est caractérisée par une structure lamellaire et une grande réactivité pour l’adsorption de certains métaux de transition et composés organiques naturels et synthétiques. (suite…)
Le film Demain, le mouvement citoyen des « Colibris », les mobilisations en faveur du climat, mais aussi la place de l’écologie dans la campagne présidentielle française ou encore le rôle de l’entreprise et de l’économie dans la transition écologique, tels sont les thèmes abordés par les deux voyageurs.
La journée internationale de la météorologie commémore l’entrée en vigueur, le 23 mars 1950, de la Convention qui a institué l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM). Cette organisation a contribué au progrès rapide des sciences météo-climatiques, des technologies connexes et de la coopération internationale.
Commentaires de Jean-Michel Fallot,
Maître d’enseignement et de recherche à l’Institut de géographie et durabilité
Après une pause de quelques années (2002-2013), le réchauffement global du climat a repris de plus belle ces 3 dernières années. Ainsi, l’année 2016 a été la plus chaude jamais mesurée sur Terre depuis 1880 devant 2015 et 2014. Toutefois, on ne peut pas encore parler de rupture, car de telles phases de réchauffement ont déjà été mesurées dans le passé.
Evolution des températures moyennes globales mesurées à la surface de la Terre de 1880 à 2016. Ecart des températures (anomalies) par rapport à la normale 1961-1990. Source : NASA (2017)
Les températures globales dépendent aussi de facteurs naturels (oscillations océaniques, activité du soleil, éruptions volcaniques, …) qui peuvent contribuer à accélérer ou atténuer le réchauffement global du climat mesuré depuis le début du 20e siècle et lié à l’augmentation des concentrations des gaz à effet de serre dans notre atmosphère.
Responsabilité de l’homme
La grande majorité des scientifiques admettent la responsabilité de l’homme dans l’évolution du climat global et des concentrations des gaz à effet de serre depuis le début de la Révolution industrielle. Si les émissions de ces gaz d’origine humaine devaient par miracle stopper aujourd’hui, il faudrait encore attendre plusieurs années avant de voir une diminution des concentrations des gaz à effet de serre, car la plupart d’entre eux ont une durée de vie de plusieurs dizaines, voire centaines d’années, dans l’atmosphère. Une fois ces concentrations stabilisées, les températures globales devraient encore continuer d’augmenter légèrement (jusqu’à 0.5°C ?) pendant plusieurs années à cause de l’inertie thermique des océans et des glaciers.
L’année 2016 a été en moyenne plus chaude de 1.1°C que la période pré-industrielle. Le seuil de 1.5°C retenu dans la Conférence sur le Climat de Paris (COP-21) de décembre 2015 me semble ainsi bien utopique et celui de 2°C sera également difficile à atteindre si aucune mesure n’est prise pour réduire drastiquement et rapidement les émissions des gaz à effet de serre. Les climatologues pensent qu’au-delà de 2°C, le réchauffement global du climat serait irréversible avec des conséquences catastrophiques.
Les modélisations du climat prévoient que celui-ci devrait encore se réchauffer de 0.9°C d’ici à l’an 2050 par rapport aux températures moyennes de la fin du 20ème siècle (soit environ 1.5°C par rapport à la période pré-industrielle) pour le scénario le plus optimiste (RCP2.6) avec une baisse des émissions des gaz à effet de serre dès l’an 2020 et des émissions de CO2 d’origine humaine nulles à partir de l’an 2080. Les températures devraient ensuite rester constantes durant la 2ème moitié du 21ème siècle avec ce scénario. Par contre, ce réchauffement global pourrait atteindre 3.5°C d’ici à la fin du 21ème siècle (par rapport à l’an 2000) si la croissance des émissions des gaz à effet de serre devait se poursuivre au rythme actuel. Il est donc urgent d’agir pour espérer limiter le réchauffement global du climat à 2°C d’ici à la fin du 21ème siècle par rapport à la période pré-industrielle, même si les effets des mesures ne seront pas visibles avant plusieurs années, ce qui peut refroidir l’ardeur des autorités à prendre de telles mesures forcément impopulaires.
Phénomènes climatiques extrêmes
Les modèles climatiques prévoient aussi que plusieurs phénomènes climatiques extrêmes comme les vagues de chaleur, les sécheresses ou les fortes précipitations devraient s’accroître dans le futur en relation avec le réchauffement du climat. Une telle tendance est déjà perceptible depuis quelques dizaines d’années dans de nombreuses régions sur Terre. Ainsi, l’année 2016 s’est signalée par plusieurs canicules extrêmes en Afrique et en Asie avec une pointe de 54°C au Koweit, soit un nouveau record de chaleur pour l’Asie (pas très loin du record mondial de 56.7°C mesuré dans la vallée de la Mort en Californie). L’Arctique a également connu des températures exceptionnellement chaudes en 2016, si bien que la surface de la banquise est restée sensiblement plus petite que les années précédentes. Elle s’est déjà rétrécie en moyenne de 12 à 15% à l’échelle annuelle (et de 40 à 45% à la fin de l’été) depuis 1979 et elle pourrait entièrement fondre en été sur l’Arctique d’ici à la fin du 21ème siècle pour les scénarios climatiques les plus pessimistes, ce qui contribuerait à renforcer encore davantage le réchauffement du climat déjà très sensible dans cette région. La surface de la banquise était également plus basse que la normale durant l’année 2016 autour de l’Antarctique, alors qu’elle avait plutôt tendance à légèrement augmenter depuis 1979.
Les vagues de froid devraient se raréfier dans le futur, sans pour autant disparaître, à l’image du mois de janvier 2017 le plus froid enregistré en Suisse depuis 30 ans ou de la tempête de neige qui a balayé le Nord-Est des USA en mars 2017. Cela pour couper l’herbe sous les pieds de certains climato-sceptiques prêts à se baser sur n’importe quel phénomène météorologique particulier pour remettre en cause le réchauffement global du climat et ainsi minimiser la responsabilité de l’homme.
Commentaires de Dominique Bourg,
professeur ordinaire à l’Institut de géographie et durabilité
Je commencerai par un hommage à l’auteur de l’article, Stéphane Foucart, qui avec un autre journaliste français, Sylvestre Huet, que nous avions invités ensemble à la FGSE il y a quelques années, honorent leur profession. Ils assurent depuis des années un suivi scrupuleux et solide de l’évolution de la recherche scientifique en matière climatique notamment, et réalisent de ce fait un travail de médiation de la connaissance fondamental au sein d’une démocratie, et ce d’autant plus dans cette époque où des forces diverses organisent la diffusion de fake news. (suite…)
Emmnanuel Reynard, Institut de géographie et durabilité
Et si on revenait aux consortages ? Les propriétaires de résidences secondaires ont souvent un attachement fort à leur station. Ils aimeraient pouvoir participer aux choix de développement touristique.
Interview du professeur Emmmanuel Reynard, de l’Institut de géographie et durabilité.
Thèse soutenue par Mélina Manzini, le 10 mars 2017, Institut des sciences de la Terre (ISTE)
Olivine hosted melt inclusions are widely used to constrain the primitive melt composition, unaf-fected by sur?cial processes. However, melt inclusions always show larger compositional variations than lavas or glasses. Moreover, the idea of how olivine grows has been largely revisited since the dis-covery of phosphorus (P) zonation in otherwise compositionally homogenous olivines. (suite…)
Les SEL, pour systèmes d’échanges locaux, valorisent les compétences et le savoir-faire des chômeurs et des plus démunis, en échangeant des biens contre des services. Interview de Christian Arnsperger, professeur en durabilité et en anthropologie économique à l’Université de Lausanne.
Thèse soutenue par Graziele Muniz Miranda, le 15 février 2017, Institut de géographie et durabilité (IGD)
La gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) est un processus qui vise à prendre en compte les différents usages de l’eau impactant un territoire (normalement le bassin versant) et les différents niveaux institutionnels (local, régional et national). A l’heure actuelle, le concept est amplement diffusé par diverses institutions internationales et souvent présent dans les politiques gouvernementales. (suite…)
La candidature de Sion aux Jeux Olympiques de 2026 ne passera pas sans débat. Membre de l’exécutif communal de la capitale valaisanne, Christophe Clivaz fait part de son scepticisme. (suite…)
Thèse soutenue par Samuel Omlin, le 26 janvier 2017, Institut des sciences de la Terre (ISTE)
Académie et industrie n’ont pas encore été capables d’adapter les logiciels et les algorithmes numériques aux changements rapides et fondamentaux dans l’évolution du hardware depuis le début du 21e siècle. Une grande partie des applications et algorithmes ne sont, par conséquent, pas bien adapté au hardware disponible ; cela implique des performances bien au-dessous du maximum atteignable. (suite…)
Doucement mais sûrement, l’homme repense la relation à ses frères pas si inférieurs. Se dirige-t-on vers une déclaration des droits des animaux ? Interview de Dominique Bourg, professeur à l’Institut de géographie et durabilité.