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Le blog scientifique vulgarisé de la Faculté des géosciences et de l'environnement

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  • Aménagement des cours d’eau en Suisse : quel rôle joue la participation dans la mise en œuvre des projets ?

    Aménagement des cours d’eau en Suisse : quel rôle joue la participation dans la mise en œuvre des projets ?

    Thèse soutenue par Stephan Utz, le 28 août 2017, Institut de géographie et durabilité (IGD) et Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST)

    Actuellement, la réalisation de projets d’aménagement de cours d’eau ne dépend pas uniquement de contingences techniques ou légales, mais doit également prendre en compte des enjeux sociaux et économiques. Il ne s’agit en effet pas uniquement de maîtriser l’écoulement d’un cours d’eau, mais également de satisfaire les attentes des différents acteurs concernés par le cours d’eau et les espaces avoisinants. La modification de ces espaces s’avère particulièrement sensible et génère fréquemment des conflits. Il est donc essentiel d’associer les milieux concernés et plus largement la population à l’élaboration des projets à travers des processus participatifs. (suite…)

  • L’action des agriculteurs bio en Chine : anecdotique ou indispensable ?

    L’action des agriculteurs bio en Chine : anecdotique ou indispensable ?

    Intervention du Prof. Dominique Bourg, professeur à l’Institut de géographique et durabilité.

  • Canicule sur une bonne partie de l’Europe avec plusieurs records de chaleur absolus

    Canicule sur une bonne partie de l’Europe avec plusieurs records de chaleur absolus

    Jean-Michel Fallot, Institut de géographie et durabilité

    Rafraichissez vos connaissances en météorologie avec la chronique de Jean-Michel Fallot, géographe, MER à l’Institut de géographie et durabilité et spécialiste du climat. Régulièrement, M. Fallot fait un point synthétique sur le temps en Suisse, sur les tendances climatiques, saisonnières et sur l’histoire de la météo dans notre pays, sur inspiration de données de MétéoSuisse.

    Toutes les chroniques météo (2014-2019)

    Après avoir déjà eu chaud au sens propre et figuré avec les incendies de forêts de fin juillet qui se sont produits sous un temps chaud, sec et venteux (mistral et des températures maximales de 38°C au Luc et de 38.5°C en Corse), le Sud-Est de la France et la Corse connaissent une vague de chaleur encore plus importante ces derniers jours provoquée cette fois-ci par le sirocco et un afflux d’air tropical chaud en provenance du Sahara.

    Ainsi, la température n’est pas descendue au-dessous de 30.5°C durant la nuit du 31 juillet au 1er août 2017 à Marignana en Corse. Il s’agit d’un nouveau record de chaleur pour une température minimale nocturne pour la France métropolitaine devant les 30.3°C mesuré à Menton le 6 août 2003 lors de la fameuse canicule d’août 2003. La température n’était pas descendue au-dessous de 30.2°C à Marseille La Corniche (et 29.9°C en d’autres lieux de cette ville) durant cette nuit.

    Les températures maximales ces derniers jours dans le Sud-Est de la France ont grimpé jusqu’à 42.7°C à Figari (Corse) et à Besse-sur-Issole (Var), 42.2°C au Luc près des Maures (Var), 42.0°C à Sarthène en Corse, 41.9°C à St Maximin la Sainte Baume (Var), 41.6°C à Nîmes-Courbessac (Gard), Ajaccio-Milleli (Corse) et Chateauvert (Var), 41.4°C à Brignoles et Pila Canale (Corse), 41.3°C à Piedigriggio (Corse), 40.7°C à Cabannes (Bouche-du-Rhône), 40.6°C à Carpentras (Vaucluse) et à Calvi (Corse), 40.5°C à Puget-Theniers (Alpes Maritimes), 40.4°C à Cogolin près de St Tropez (Var) et Oletta (Corse), 40.1°C à l’Ile sur Sorgue (Vaucluse), 39.8°C à Istres-le-Tube (Bouche du Rhône), 39.7°C à Avignon (Vaucluse), 39.5°C à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) et Montélimar (Drome), 39°C à Marseille et Aubagne, 38.3°C à Cannes-Mandelieu (Alpes Maritimes), 37.3°C à Lyon, 37.2°C à Vizille près de Grenoble (Isère) 36.0°C à Ambérieu (Ain) et 35.6°C à Vichy (Allier). De nouveaux records de chaleur absolu ont été établis durant cette vague de chaleur en plusieurs endroits de la Corse et du Sud-Est de la France comme à Puget-Thenier. Cette vague de chaleur s’est un peu atténuée depuis dimanche dans le Sud-Est de la France (encore 38 à 39°C hier sur la Côte d’Azur et la Corse).

    Pour information, le record de chaleur absolu en France métropolitaine de 44.1°C a été mesuré dans le Gard à St Cristol-lès-Alès et à Conquerac le 12.08.2003, devant les 44.0°C à Toulouse-Franzacal le 8.08.1923 et à Vallon Pont d’Arc (Ardèche) à 2 reprises le 6.07.1982 et le 30.07.1983.

    Cette vague de chaleur de début août 2017 a également touché d’autres pays européens avec des températures maximales allant jusqu’à 44.3°C en Espagne (Cordoue en Andalousie), 42°C en Italie (Foggia dans les Pouilles et Frosinone dans le Latium entre Rome et Naples) et en Bosnie (Mostar), 40 à 41°C en Albanie, Serbie et Macédoine, 39 à 40°C en Roumanie, 38 à 39°C en Hongrie, 37 à 38°C en Autriche et en Slovaquie, 35 à 36°C en Tchéquie et en Pologne.

    La péninsule ibérique avait connu une vague de chaleur encore plus intense à mi-juillet 2017 avec des températures ayant grimpé jusqu’à 47.3°C à Montoro près de Cordoue en Andalousie, 46.8°C à Cordoue, 45.8°C à Requengos au Portugal et 41.1°C à Madrid le 13 juillet 2017. Cette température maximale de 47.3°C à Montoro constitue un nouveau record officiel absolu de chaleur pour l’Espagne devant les 47.2°C mesuré à Murcie le 4 juillet 1994. Certes, des températures encore plus élevées avaient ou auraient été mesurées en Espagne auparavant avec notamment 50.0°C à Séville le 4 août 1881 et 49.8°C à Hinojosa del Dugue le 23 juillet 1995, mais ces valeurs sont remises en question. Les instruments de mesure ont beaucoup évolué depuis la fin du 19e siècle, ce qui rend les comparaisons difficiles. Sans compter que les mesures de températures doivent être réalisées en respectant plusieurs conditions de l’OMM (Organisation Mondiale de la Météorologie).

    Cette vague de chaleur de mi-juillet s’était ensuite étendue à une bonne partie de la France avec des températures maximales de 37 à 39°C dans le Sud-Ouest du pays, 36°C à Grenoble, 35°C à Strasbourg, 34°C à Nancy et 32 à 34°C en Suisse les 18 et 19 juillet 2017.

    La Grèce et l’Ouest de la Turquie avaient également connu une vague de chaleur intense à fin juin – début juillet 2017 avec des températures maximales de 45°C près d’Athènes et dans l’ouest de la Turquie. Et ce n’est rien comparativement au Moyen-Orient où les températures maximales avoisinent ou dépassent 50°C presque tous les jours depuis fin juin au Koweit et dans les régions avoisinantes (Irak, Iran) avec une valeur maximale de 53.7°C à Ahwaz en Iran. Le record de chaleur absolu pour l’Asie de 54.0°C mesuré en juillet 2016 n’a tenu qu’à un fil, mais pour combien de temps encore?

    Le record de chaleur absolu pour l’Europe officiellement reconnu par l’OMM est de 48.0°C mesuré dans la banlieue d’Athènes à Tatoi et Eleusis ou Elefsina le 10.07.1977. Le record de 48.5°C mesuré à Catenanuova en Sicile le 10.08.1999 n’est toujours pas reconnu par l’OMM tout comme les autres valeurs plus élevées enregistrées ailleurs dans le Sud de l’Europe.

    La Suisse a aussi été touchée par cette vague de chaleur de début août 2017 provoqué par un afflux d’air chaud saharien. Des poussières de sable en provenance du Sahara ont d’ailleurs été mesurées ou observées au Jungfraujoch et au-dessus de Payerne les 30 juillet et 2 août 2017. Cette vague de chaleur n’a toutefois pas menacé le record de chaleur absolu de 41.5°C mesuré en Suisse le 11.08.2003 à Grono (GR) près de Bellinzone devant les 39.7°C à Genève le 7.07.2015.

    Les températures maximales ont atteint le 3 août (ou les 4 et 5 août 2017 au Sud des Alpes) 36.9°C à Sion et 36.5°C à Genève, 33 à 35°C sur la moitié Ouest du Plateau suisse, 33 à 34.5°C au Sud des Alpes (Tessin), et 30 à 32°C sur la moitié Est du Plateau et le pied Nord du Jura (Bâle). Le 1er août, elles avaient grimpé jusqu’à 35.7°C à Vaduz, 35.4°C à Bad Ragaz, 34 à 35°C dans les autres grandes vallées à foehn (Coire, Altdorf, Glaris, Sion) grâce à ce vent chaud et sec qui soufflait ce jour-là. Les températures minimales ne sont pas descendues au-dessous de 20°C (= nuit tropicale) pendant 6 nuits au Sud du Tessin (Locarno et Lugano) et 4 nuits au bord du Léman (Pully-Lausanne, Vevey). Elles ne sont même pas descendues au-dessous de 24°C à Vevey durant la nuit du 2 au 3 août et à Locarno-Monti durant la nuit du 4 au 5 août 2017. La nuit du 22 au 23 juin 2017 avait été encore plus chaude en Suisse : cf. ma chronique du 30 juin 2017 sur la rétrospective météo du printemps 2017.

    Je ne vais pas revenir ici sur la vague de chaleur du 18 au 23 ou 24 juin 2017 qui avait également battu des records de chaleur en Suisse et en Europe. Une étude récente a montré qu’une telle canicule (celle de mi-juin 2017) se rencontre en moyenne tous les 10 à 30 ans en Europe (et tous les 20 ans en Suisse) selon les caractéristiques climatiques actuelles. Mais la période de retour d’une telle canicule était encore supérieure à 100 ans au début du 20e siècle. Cette étude conclut que la probabilité des canicules de ce genre est multipliée par 4 en Europe depuis le début du 20e siècle et même par 10 pour le sud de l’Europe !

    Selon une autre étude, le nombre de décès provoqué par de fortes chaleurs en Europe pourrait passer de 3’000 par an actuellement à 152’000 par an d’ici à la fin du 21e siècle si le réchauffement du climat se poursuit au rythme actuel. La canicule d’août 2003 avait entraîné une surmortalité estimée à 15’000 personnes en France et à 1000 personnes en Suisse. Une troisième étude récente a révélé que si l’augmentation des émissions des gaz à effet de serre et le réchauffement global du climat se poursuivent dans le futur au rythme actuel, une partie du Sud de l’Asie où vit 1/5 de la population mondiale deviendrait inhabitable pour l’homme d’ici à la fin 21e siècle!

    Je rappelle que le mois de juin 2017 a été le 2e plus chaud enregistré depuis le début des mesures en Suisse et en France. Des records de chaleur ont aussi été battus pour ce mois en Angleterre et aux Pays-Bas.

    Cette chaleur estivale a également favorisé le développement de violents orages ces derniers jours en Suisse. Un orage supercellulaire a prolongé le spectacle son et lumières des feux d’artifice de la fête nationale dans la nuit du 1er au 2 août dans le Nord de la Suisse avec des averses intenses, de la grêle et des rafales de vent de 134 km/h à Liebstadt et de 133 km/h à Salee-Reutenen près du Lac Inférieur (Untersee). Dans le même temps, une hauteur de 36.1 mm de pluie en 10 minutes a été mesurée à Eschenz (TG) toujours près du Lac Inférieur. Si cette valeur est confirmée par MétéoSuisse, il s’agirait d’un nouveau record de pluie en 10 minutes pour la Suisse devant les 33.6 mm mesuré en 10 minutes à Locarno-Monti le 29 août 2003 lors d’un front orageux qui avait mis un terme à la fameuse canicule d’août 2003 ! Cette valeur de 36. 1mm est d’autant plus remarquable qu’elle s’est produite avec un orage nocturne qui n’a pas été renforcé par des effets thermiques (air chaud près du sol) comme en journée. D’autres violents orages avaient auparavant touché la Suisse centrale (avec une rafale de vent de 123 km(h à Giswil OW) et le Valais (avec de la grêle et les routes de Derborence et du Sanetch coupées par des coulées de boue ou des éboulements) le jour de la fête nationale (qui coïncide avec celle du Bénin).

    La canicule de ces jours s’est terminée comme prévu en Suisse dans la nuit de samedi à dimanche avec le passage d’un front froid, alors qu’elle se poursuit encore actuellement dans le Sud de l’Europe et évidemment au Moyen-Orient (52°C hier au Koweit).

  • Les gitans des mers menacés

    Les gitans des mers menacés

    En réaction à l’article paru dans la Tribune de Genève du 3 juillet 2017. Par Gabriel Salerno, doctorant à l’Institut de géographie et durabilité.

    Gabriel Salerno, Institut de géographie et durabilité (IGD)

    Au sud de la Birmanie dans les îles Mergui, le peuple des Moken est dans une situation critique. Ce peuple maritime nomade qui pratique une technique de pêche traditionnelle dépend de la mer pour sa subsistance. Or, les Moken se trouvent actuellement face à des enjeux majeurs qui mettent en danger la pérennité de leur mode de vie. La mondialisation et la déprédation des ressources marines les menacent au point que ce peuple est entré dans une phase de déclin. La situation fait écho à celle d’autres civilisations anciennes ou contemporaines qui se sont effondrées.

    Dans son livre à succès Collapse : How Societies Choose to Fail or Succeed, le géographe et biologiste Jared Diamond montre par exemple avec originalité comment la dégradation de l’environnement sous les actions de l’homme peut avoir des effets boomerang sur l’organisation des sociétés, jusqu’à provoquer leur effondrement. L’auteur y met en évidence l’importance des interactions entre l’homme et son environnement à travers ses analyses des effondrements. Cette perspective est des plus pertinentes dans le cadre du changement climatique en cours et des dégradations croissantes de la biosphère à notre époque.

    Elle l’est pour le peuple des Moken également, à la seule différence que nous sommes ici à une échelle régionale. En effet, toute société développe des modes de vie en lien avec son milieu naturel. Jared Diamond et d’autres auteurs ont montré que, lorsqu’une société vit au-delà des limites biophysiques (en d’autres termes lorsqu’elle n’a pas un mode de vie durable), elle se déstabilise et risque de se dégrader jusqu’à son déclin.

    © lrwilk – fotolia.com

    Les Moken birmans semblent vivre une situation de cet ordre, même s’ils n’en sont pas responsables. Il était dans leur coutume de pêcher durant un mois et de laisser ensuite les ressources se reconstituer. Or aujourd’hui, les entreprises de pêche intensive qui sillonnent les mers de la région avec des chalutiers épuisent les ressources halieutiques. L’appauvrissement de ces stocks et la destruction de l’écosystème marin régional forcent ces anciens nomades à se sédentariser et à changer leur mode de vie. Exploités par les entreprises de pêche industrielle, et souvent empêtrés dans des problèmes de drogue, les Moken sont dans une situation de déclin pouvant entraîner leur disparition. Les mécanismes de l’économie de marché, où toute ressource vivante n’est prise en compte que comme ressource financière et où les sociétés traditionnelles sont perçues avec dédain, transforment l’ethnie Moken. Ceux-ci sont vraisemblablement en passe de devenir, à une échelle locale, un nouvel exemple malheureux d’effondrement moderne lié à la dégradation du milieu naturel.

    Référence citée
  • Attribution en 1998 du Prix Nobel à l’économiste Amartya Sen

    Attribution en 1998 du Prix Nobel à l’économiste Amartya Sen

    Intervention de Sophie Swaton, maître d’enseignement et de recherche à l’Institut de géographique et durabilité.

  • Faisabilité des Accords de Paris

    Faisabilité des Accords de Paris

    Intervention du Prof. Dominique Bourg, professeur à l’Institut de géographie et durabilité.

  • Où la classe moyenne s’établit-elle en Suisse ?

    Où la classe moyenne s’établit-elle en Suisse ?

    Dans cet épisode consacré à la classe moyenne suisse, on s’interroge sur les lieux que celle-ci choisit pour s’établir avec Antonio da Cunha, professeur de géographie urbaine à l’Université de Lausanne.

  • Nature, environnement, écologie : l’émergence de la Political ecology dans un contexte de crise écologique

    Nature, environnement, écologie : l’émergence de la Political ecology dans un contexte de crise écologique

    A partir de quand la géographie s’est-elle intéressée à la Nature ? Celle-ci est-elle un objet géographique à part entière et à partir de quand ? Comment a-t-on fait le pont entre la géographie humaine et les sciences de l’environnement ? L’ouvrage Humanités environnementales : Enquêtes et contre-enquêtes (Publications de la Sorbonne, 2017) présente une série de réflexions sur l’histoire de la pensée environnementale dans le cadre de différentes disciplines des sciences humaines, de l’émergence de ce courant jusqu’à aujourd’hui.

    On s’arrêtera notamment sur le chapitre 5, cosigné par Christian A. Kull (Prof. de géographie, IGD, UNIL) et Simon P.J. Batterbury (Prof. d’écologie politique, Université de Lancaster) et consacré à l’émergence de l’environnement dans les géographies anglophone et française. C’est aux questions ci-dessus que les auteurs apportent des explications épistémologiques truffées d’anecdotes éclairantes et qui en rendent la lecture stimulante.

    Dans l’Antiquité, le géographe Eratosthène, premier à établir le calcul de la circonférence de la Terre au 3e siècle avant J.-C., s’est intéressé à l’impact de la construction navale en Crète sur l’agriculture et l’état de ses forêts. Bien plus tard, au temps des Lumières, Alexander von Humboldt a travaillé sur les interactions entre l’homme et l’environnement. Au 19e siècle, Georges Perkins Marsh poursuivait cette entreprise en considérant la nature comme « objet d’étude ». Henry David Thoreau, l’un des pionniers de l’environnementalisme, a énoncé quant à lui que la nature « doit être considérée humainement ou pas du tout (…) » et qu’ « aimer la nature, c’est éminemment aimer l’homme » (1852). On distingue donc une évolution progressive de la pensée environnementale, mais celle-ci reste avant tout descriptive dans cette période.

    Si c’est principalement la géographie physique qui est identifiable en tant que discipline vouée à l’étude de l’environnement dès ses débuts, force est de constater que l’on y a déconsidéré les interactions « homme-milieu-environnement » jusqu’à récemment, alors même qu’émergaient les problématiques de la pollution, de la déforestation, de la raréfaction des ressources ou plus récemment du changement climatique.

    C’est en effet au tournant des années 70-80 et dans le monde anglophone que des champs de la géographie humaine et de la géographie physique se sont rapprochés pour aboutir à la political ecology, et ainsi établir une nouvelle discipline. Son équation tient selon le Prof. Kull à la jonction de la géographie, des sciences de l’environnement et de la justice sociale : elle résulte donc d’une approche militante issue elle-même de la dégradation de l’écoumène depuis la fin des années 1960. C’est d’ailleurs en 1967 que l’Université d’East Anglia crée la première Faculté des sciences de l’environnement, alors que des phénomènes tels que la surpopulation, la dégradation de l’eau, des forêts, de l’air et des ressources commencent à s’imposer comme des évidences au monde scientifique.

    Les questions d’environnement et d’écologie sont aujourd’hui entrées dans le débat public comme de véritables problèmes sociétaux et elles y occupent une place désormais importante; mais l’épistémologie de la political ecology démontre que le cheminement aura été bien long entre un monde naturel considéré initialement per se comme simple objet d’étude, et sa perception actuelle où il est désormais perçu comme inséparable de l’homme qui vivrait et dépendrait dans son entièreté d’un rapport équilibré avec lui.

    Référence

    Kull Christian A., Batterbury Simon P. J., L’environnement dans les géographies anglophone et française : émergence, transformations et circulations de la political ecology, in Humanités environnementales, Publications de la Sorbonne, Paris, 2017.

    Colloque

    En avril 2017, l’ouvrage Humanités environnementales : Enquêtes et contre-enquêtes a fait l’objet d’une présentation par la Plateforme Société, Nature de la faculté. L’intervention filmée de l’anthropologue Elise Demeulenaere (CNRS, Paris) est visionnable en ligne ici : www.unil.ch/societenature

    Auteur : CellComDec / Nicolas Bourquin

  • L’initiative des Verts vaudois pour interdire le gaz de schiste

    L’initiative des Verts vaudois pour interdire le gaz de schiste

    Commentaire de Benjamin Rudaz, doctorant à l’Institut des sciences de la Terre, sur l’initiative qui propose d’inscrire dans la Constitution vaudoise l’interdiction de toute prospection, exploration et extraction d’hydrocarbures, que se soit du gaz de schiste ou du pétrole.

  • Extinction de masse: menace sur la biodiversité… et sur l’Homme

    Extinction de masse: menace sur la biodiversité… et sur l’Homme

    Dominique Bourg, philosophe, professeur à la Faculté des géosciences et de l’environnement décrypte les résultats d’étude alarmante récemment publiée par des chercheurs américains et mexicains.

  • Les Verts Libéraux ont dix ans

    Les Verts Libéraux ont dix ans

    Il y a dix ans les Verts libéraux s’affranchissaient à Zurich. Après dix ans, le parti est en perte de vitesse. On retient principalement les défaites. L’analyse de Dominique Bourg, professeur à la Faculté des géosciences et de l’environnement UNIL.

  • Le glacier qui terrorisait le Valais est à l’agonie

    Le glacier qui terrorisait le Valais est à l’agonie

    Christophe Lambiel, Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST)

    Interview de Christophe Lambiel, Maître d’enseignement et de recherche à l’Institut des dynamiques de la surface terrestre.

    Dans le val de Bagnes, le glacier du Giétro souffre tout particulièrement du réchauffement climatique. Durant les refroidissements des derniers siècles, il provoquait encore des crues catastrophiques.

  • Plus aucune voiture diesel ou essence ne sera vendue en France d’ici 2040

    Plus aucune voiture diesel ou essence ne sera vendue en France d’ici 2040

    Débat entre Dominique Bourg, professeur à l’Université de Lausanne, et Bernard Julien, économiste, directeur du GERPISA, groupe de recherche sur l’industrie automobile.

  • Trajectoires, emprunts, traductions. Petite histoire d’une idée qui a fait son chemin

    Trajectoires, emprunts, traductions. Petite histoire d’une idée qui a fait son chemin

    Leçon d’adieu du professeur Antonio Da Cunha dans le cadre du colloque « Trajectoire[s]: regards sur la ville et les territoires », organisé en son honneur.

    Précédée d’une allocution de bienvenue de Michel Jaboyedoff, vice-doyen de la FGSE et de Christian Arnsperger, directeur de l’IGD.

  • Prospective

    Prospective

    Table ronde, organisée dans le cadre du dans le cadre du colloque « Trajectoire[s]: regards sur la ville et les territoires », colloque en l’honneur du professeur Antonio Da Cunha.

    Portant sur les enjeux actuels et futurs du développement urbain durable ainsi que sur les apports de la recherche au service de l’urbanisme. Le professeur Antonio Da Cunha interagira avec cinq proches collaboratrices et collaborateurs :

    • Dr Yves Bonard, urbaniste FSU, chef de projet Ville de Lausanne, service de l’urbanisme
    • Dr Sandra Guinand, FNS/SNF Fellow, chercheure invitée, Université de Vienne
    • Dr Lou Herrmann, IGD, Université de Lausanne, IUL, Université Lumière Lyon 2
    • Fred Wenger, architecte-urbaniste, conseiller à la direction d’urbaplan
    • Prof. Marcus Zepf, smart living lab, Institut Transform, HEIA