A massive ice fall was observed during a sampling campaign at the Mer de Glace in the Mont Blanc massif. In between 30’000 and 60’000 m2 of ice collapsed from the Charpoua glacier, which is a small temperate glacier in the south-east face of the Aiguille Verte.
A glacier is a perennial system on a human scale, a stock of solid water (snow, firn, ice). It is continually renewed by the combined accumulation (snowfall, snow brought by the wind or avalanches) upstream and ablation (melting) downstream. It flows continuously under the effect of its weight, the upper parts, where the accumulation prevails, towards the lower parts, where the ablation dominates. The altitude at which accumulation equals ablation, where the mass balance between gain and loss is zero, corresponds to the equilibrium line. In the Mont Blanc massif, this line was at an elevation of 2800 m.a.s.l. in between 1995 and 2011. Since that it raised to 3200 m.a.s.l.
For a small and steep glacier like the Charpoua glacier, this change in temperature has strong consequences. The Charpoua glacier is a temperate glacier. It means its base is at 0°C and more, so not frozen to the bedrock. When the temperature are rising, ice at the base melts, the resulting water acts like a lubricant, the basal friction drops and the glacier starts to collapse. According to Ludovic Ravanel (CNRS researcher in Edytem Institute) the recent summer temperature anomalies are not the main drivers. It is more likely caused by the local geography in complex balance between its steep topography, its subglacial hydrology and the strong input of avalanche coming from its right side (South face of the Drus).
There is no known study for this specific glacier. But few publications were made in the Mont Blanc massif, especially on the Mer de Glace, the main glacier flowing downstream of the Charpoua glacier. Since 1993, the Mer de Glace experienced a horizontal retreat of about 700m and lost around 70m of thickness at its terminus (Montenvers train station).
During the 5 min event recorded on Sunday 9th, in between 30000 and 60000 m3 of ice collapse, which represents more than 4% of its total volume. Few blocks start falling, then the big part followed. Later in the afternoon when the subglacier river outflow became important, strong debris flows washed the polish from sediments and ice blocks. These debris flows are strongly erosive and it is easy to understand how the canyon shaped into the moraine downstream was made. Other catastrophic events happened this year in the massif due to the rise of the temperature. In august several hundreds of cubic meter of rock collapsed under the ridge of the Cosmic due to the melting of the permafrost.
This catastrophic evolution of high mountain brings many questions. What is the future of the alpinism regarding the instability of these slopes ? How safe and sustainable hydroelectricity produced into large mountain dams is ? How can we manage the production of so many sediments in our rivers? One thing is sure, the climate change is already happening and our mountains are paying the heavy tribut.
Benjamin Lehmann Doctorant FNS Institut des dynamiques de la surface terrestre
Thèse soutenue par Guillaume Loge, le 12 septembre 2018, Institut de géographie et durabilité (IGD)
Nous voyons notre époque s’ouvrir à une renaissance qui s’attelle aux enjeux écologiques et sociétaux que soulève l’Anthropocène. Cette Renaissance sauvage correspond à une nouvelle manière d’être et d’agir dans le monde (une nouvelle manière d’être «sauvage»). (suite…)
Conférence donnée par Peter Molnar, professeur de géologie à l’Université du Colorado et membre du CIRES (institut coopératif de recherche en science environnementale), dans le cadre du 33rd Himalaya-Karakorum-Tibet workshop, 10-12 septembre 2018 à Lausanne. (suite…)
Face aux problèmes sociaux de notre époque, la question du revenu de base inconditionnel revient dans les débats, avec peu de succès. Interview de Sophie Swaton, Maître d’enseignement et de recherche à l’Institut de géographie et durabilité.
Un réchauffement climatique sur une relativement courte période dans le passé nous livre des informations plutôt inquiétantes en termes d’événements catastrophiques (de type crues) et révèle d’importantes altérations intervenues dans les paysages. C’est en effet ce qui ressort d’une étude publiée le 6 septembre 2018 par des chercheurs des universités de Genève, de l’UNIL, ainsi que d’Utrecht, de Western Washington et d’Austin et qui porte sur l’étude de l’impact dans une zone des Pyrénées, d’un réchauffement climatique vieux de 56 millions d’années. La confrontation des résultats de cette étude parue dans les Scientific Reports avec les modèles appliqués à la phase actuelle de réchauffement de notre planète pourrait bien démontrer la nécessité de réviser ces derniers qui seraient trop optimistes quant à l’ampleur des bouleversements attendus.
Le projet mené par le Prof. Sébastien Castelltort, du Département des sciences de la Terre de la Faculté des sciences de l’UNIGE, baptisé Earth Surface Signaling System et soutenu par le Fonds Nntional suisse (FNS) s’est notamment appuyé sur l’analyse de sédiments sur le versant sud des Pyrénées ; les chercheurs, parmi lesquels le Dr Thierry Adatte, de l’Institut des sciences de la Terre, ont mesuré l’impact de ce réchauffement sur les crues des rivières et sur la morphologie des paysages dans lesquels elles s’inscrivaient : ils ont ainsi identifié des crues d’une amplitude multipliée par un facteur huit – voire même 14 –, et des disparitions du couvert végétal au profit d’un paysage très minéral.
Durant cette phase il y a 56 millions d’années, la Terre a connu un réchauffement climatique exceptionnel. En un temps très court à l’échelle géologique, 10 à 20’000 ans à peine, la température moyenne a en effet augmenté de 5 à 8 degrés, ne retrouvant son niveau d’origine que quelques centaines de milliers d’années plus tard.
Dès les années 70, les scientifiques ont observé, dans cette phase entre le Paléocène et l’Éocène connue sous l’acronyme anglais de PETM (Palaeocene-Eocene Thermal Maximum), une anomalie isotopique qui traduit un bouleversement du cycle du carbone, dans les océans et sur les continents, associé à un réchauffement global aux conséquences spectaculaires : il y avait ainsi des palmiers au pôle Nord et certaines espèces de plancton marin restreintes aux eaux tropicales, se sont soudainement répandues sur toute la surface du globe.
Cette étude s’intéresse plus spécifiquement à l’impact local de ce réchauffement sur un certain type de paysage et de système hydrologique, étudiés en tant que système. On trouve dans les Pyrénées espagnoles des sédiments qui permettent d’observer les anciens chenaux de rivières et d’en connaître la largeur. La taille des galets qu’elles charriaient a fait l’objet de plusieurs milliers de mesures effectuées sur le terrain ; grâce à la relation directe existant entre la taille des galets et la pente des rivières, les chercheurs ont ainsi pu en reconstituer la profondeur et le débit, proposant ainsi une lecture de l’histoire de ces rivières et des changements spectaculaires qui les ont affectées.
Une transformation complète du paysage
C’est dans ce contexte historique du PETM que les rivières changent constamment de cours, ne s’adaptent plus à la hausse du débit en creusant leur lit mais s’élargissent, parfois de façon spectaculaire: les différents cours d’eau observés passent ainsi parfois de 15 mètres à 160 mètres de largeur. Au lieu d’être piégées dans les plaines d’inondation, les alluvions sont emportés vers l’océan, et avec elles la végétation, créant de grandes étendues de graviers traversées par des rivières torrentielles et modifiant ainsi la morphologie du paysage. C’est à ce niveau que le Dr Adatte de l’ISTE a participé au travail de terrain et contribué à déterminer la position du PETM à l’aide des isotopes stables mesurés sur des nodules de carbonates prélevés dans les paléosols caractérisant le passage PETM (avec son ancien doctorant H. Khoziem).
Des risques bien plus importants qu’attendus
Les scientifiques ignorent encore comment le régime des précipitations a pu évoluer ; ils ont constaté pour cette période ancienne des crues plus intenses avec une plus forte saisonnalité, en particulier des étés plus chauds. L’évaporation plus importante a entraîné une hausse des précipitations dans une proportion inattendue.
Un degré d’élévation de la température implique une hausse de 7% de la capacité de rétention de l’humidité dans l’air, et c’est ce rapport qui est généralement utilisé pour évaluer l’augmentation des précipitations.
Il reste à évaluer l’influence de facteurs locaux pour certains de ces résultats ; ces derniers interpellent néanmoins les projections des modèles actuels qui pourraient être sous-évalués d’après les initiateurs de l’étude.
Une étude quantifie pour la première fois l’effet du recul des glaciers dû au réchauffement climatique sur la production hydroélectrique. Cette analyse détaillée du débit de tous les cours d’eau de Suisse indique que seuls quelques pourcents sont générés par la fonte des glaciers. Son ralentissement prévu pour la fin du XXIe siècle ne devrait donc pas mettre en danger la production hydroélectrique du pays. (suite…)
Interview du prof. Suren Erkman : Le professeur en écologie industrielle à l’Université de Lausanne défend une approche qui secoue certains milieux environnementalistes. Selon lui, il faut cesser de culpabiliser les individus et se montrer plus critique envers l’industrie.
Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire, a annoncé mardi 28 août qu’il quittait le gouvernement. Le prof Dominique Bourg revient sur cet évènement dans la presse. (suite…)
Thèse soutenue par Maarten Bakker, le 28 août 2018, Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST)
Au cours de l’Anthropocène, les bassins versants alpins ont été affectés par les activités humaines de manière indirecte, via les changements climatiques et l’évolution des usages du sol, et directement à travers l’ingénierie des cours d’eau et la régulation des débits. Le bassin du Rhône suisse est un exemple notoire, ses tributaires alpins étant significativement impacté par le réchauffement climatique et l’exploitation hydroélectrique. Les environnements alpins s’adaptent en réponse à l’accélération du taux de livraison de sédiments non-consolidés depuis l’amont en lien avec la récession glaciaire récente et les changements climatiques en cours. Parallèlement, beaucoup de bassins versants alpins sont affectés par des prélèvements d’eau pour l’exploitation hydroélectrique. Cette pratique, commune à travers la chaine alpine, réduit drastiquement la capacité de transport des cours d’eau tout en laissant dans le lit l’entier de la masse sédimentaire, contrairement aux lacs de barrage qui tendent à stocker les matériaux et produire des déficits sédimentaires à l’aval. Combinés, les impacts des changements climatiques et des prélèvements d’eau affectent ainsi la dynamique morphologique, la capacité de stockage et la capacité de transfert des tributaires alpins vers les émissaires principaux, le Rhône dans ce cas précis.
Dans ce travail de thèse, ce sont la dynamique morphologique et les transferts sédimentaires de la Borgne d’Arolla, tributaire du Rhône, qui ont été étudiés en réponse aux effets combinés des changements climatiques et des prélèvements d’eau pour la production hydroélectrique. Le caractère intermittent et hautement régulé des écoulements permet la quantification précise des changements morphologiques à travers la télédétection du lit pendant les périodes sèches où le débit est nul, et la reconstruction du taux de livraison sédimentaire depuis les années 1970 est rendue possible par les données de purge des captages. L’évolution du lit de la Borgne depuis le début de l’exploitation hydroélectrique au début des années 1960 a été étudié à travers l’application de méthodes photogrammétriques ‘Structure from Motion’ à des images aériennes historiques. Cette méthode semi-automatique permet la production de modèles numériques de terrain historiques à haute résolution (MNTs), où la faible amplitude altitudinale des plaines alluviales alpines requière un contrôle consciencieux des résultats photogrammétriques.
Les résultats de l’étude montrent que le tronçon situé directement en aval du captage principal a subi une aggradation considérable (jusqu’à 5 mètres) depuis le début des prélèvements d’eau. L’aggradation du lit à plus large échelle n’a toutefois pas débuté jusqu’à l’initiation du retrait glaciaire à la fin des années 1980 et au cours des années particulièrement chaudes du début des années 1990 qui ont conduit à une augmentation dans le taux de livraison sédimentaire depuis l’amont. Malgré cela, les données montrent que la majeure partie des sédiments (environ 75%) ont pu être transférés à travers le tronçon d’étude. En effet, si les prélèvements d’eau ont significativement réduit la capacité de transport de la Borgne, il apparait que la capacité de transport résiduelle reste proche du taux de livraison depuis l’amont. Cet équilibre rend le système hautement sensible aux forçages internes et externes, qu’ils soient ‘naturels’ ou anthropiques. La distribution spatiale et temporelle du transport sédimentaire et les changements morphologiques au sein des tronçons étudiés varient significativement entre des séquences intermittentes d’écoulement qui correspondent à des ‘purges sédimentaires’ des captages d’eau.
Ceci souligne l’importance des conditions antérieures à la purge à l’aval du captage, notamment la morphologie des chenaux de la plaine alluviale et le stockage des sédiments en leur sein, ainsi que leurs rétroactions sur les taux de transport, pour la compréhension de l’équilibre morphologique de ces systèmes. La sensibilité du système conduit également à des réponses rapides face aux forçages externes liés aux changements climatiques et hydrologiques dans le bassin versant, notamment l’évolution des taux de livraison sédimentaire et la fréquence des purges des captages d’eau qui avait été dimensionnés par le passé sur la base de conditions climatiques plus froides. Ceci conduit à une forte augmentation de la fréquence des crues non régulées en raison de la surcharge du système de captage et de transfert des eaux, ce qui impacte significativement l’export de sédiment vers l’aval.
Dans le bassin versant à plus large échelle, l’augmentation du taux de livraison sédimentaire dû aux changements climatiques et sa propagation peuvent être perçus: (1) dans la variabilité temporelle des prélèvements de matériaux dans les carrières du bassin versant; (2) dans le volume des cônes de déjection à la confluence des tributaires avec les émissaires principaux; et (3) dans l’augmentation de la charge en suspension dans le delta du Rhône sur le lac Léman.
Thèse soutenue par Renske Lambert, le 28 août 2018, Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST)
La thermochromonométrie par luminescence est une technique de datation qui peut être utilisée pour contraindre l’histoire thermique d’une roche. La méthode est basée sur l’équilibre entre le piégeage d’électrons, dû au rayonnement environnemental, et l’éviction d’électrons en fonction de la température dans la structure cristalline des minéraux tels que le quartz ou le feldspath. Sur la base de la charge nette accumulée, qui peut être mesurée en tant que signal de luminescence et des contraintes obtenues en laboratoire sur la cinétique associée, cette méthode permet d’étudier quantitativement l’histoire thermique des roches. Pour obtenir une extrapolation fiable du laboratoire aux échelles de temps géologiques, un modèle approprié d’éviction thermique est requis. La compréhension des processus cinétiques contrôlant le transport de charge dans le feldspath est toutefois limitée. Dans cette thèse, l’éviction thermique de la charge piégée dans les pièges sensibles au feldspath infrarouge (IR) a été étudiée et la thermochronométrie par luminescence stimulée par infrarouge (IRSL) appliquée au massif du Mont Blanc afin de contraindre son histoire récente de refroidissement (~ 100 ka).
Contraindre l’éviction thermique de la charge piégée dans les pièges sensibles aux infrarouges dans le feldspath est essentiel pour les études thermochronométriques, mais s’est révélée compliquée car il ne s’agit pas d’un simple processus de décroissance exponentielle. Basé sur le modèle des états de ‘Band-Tail states’ proposé par Li et Li (2013), nous présentons dans cette thèse un modèle avec une distribution gaussienne d’énergie d’activation de pièges et ces modèles ont été validés sur des échantillons d’un régime thermique permanent (forage KTB en Allemagne, Guralnik et al., 2015). Grâce à des études expérimentales, l’applicabilité de la cinétique de l’ordre général et de trois modèles d’éviction thermique cinétique de premier ordre pour le feldspath a été explorée à partir d’échantillons du massif du Mont Blanc (Alpes de l’Ouest). Les données de décroissance isothermale après différentes doses montrent que le processus de décroissance thermique dans les pièges sensibles aux IR dans le feldspath n’est pas contrôlé par la concentration initiale de la charge piégée, suggérant un comportement cinétique de premier ordre ou de faible ordre. Les données de désintégration isotherme pourraient être ajustées avec précision en utilisant un modèle cinétique de premier ordre composé d’une distribution des durées de vie thermiques, à la suite d’une distribution des énergies d’activation basée sur une distribution gaussienne des profondeurs des pièges. Des signaux IRSL plus thermiquement stables ont été obtenus après des préchauffages à température plus élevée, ce qui est en accord avec un modèle de distribution.
La thermochromonométrie par luminescence permet de contraindre l’histoire de refroidissement récente (~ 100 ka) des roches, elle offre par conséquent la possibilité de quantifier les changements du gradient géothermique qui se produisent au cours de ces échelles de temps. Cette méthode a été appliquée à des échantillons de substratum rocheux du tunnel du Mont-Blanc, pour lesquels la température a probablement fluctué en réponse à l’infiltration de liquide au cours des 12 derniers ka. Les signaux IRSL50 et IRSL225 post-IR des extraits de feldspath potassique ont été mesurés. Grâce à des expériences de dosage, de décroissance athermale et isothermale, les paramètres cinétiques qui caractérisent le comportement de piégeage et d’éviction de la charge dans les pièges sensibles au IR du feldspath ont été limités. En inversant les données mesurées à l’aide du modèle cinétique contraint et l’histoire de refroidissement la plus probable de chaque échantillon de roche pour lequel la température finale était connue a été dérivée. Les résultats suggèrent des vitesses de refroidissement dans les 100 derniers ka de l’ordre de 0,1 à 0,6 °C/ka. Des résultats de modélisation antérieurs (Maréchal et al., 1999) suggèrent des vitesses de refroidissement significativement plus élevées entre 0,5 et 2 °C/ka au cours des 12 derniers ka. Les résultats impliquent que la thermochronométrie IRSL du feldspath fournit des contraintes sur les changements du gradient géothermique intégrés sur 100 ka, mais elle ne peut pas contraindre les changements à des échelles de temps de 1 à 10 ka. L’interprétation future des données de thermochromonométrie par luminescence devrait tenir compte des changements dans le gradient géothermique proche de la surface lié à la circulation hydrothermal. Une approche intégrée utilisant plusieurs thermochronomètres conduit à des interprétations plus complètes des reconstructions de champs thermiques et peut fournir un aperçu de la compréhension générale de ces systèmes, applicable dans le domaine plus large de la luminescence.
Thèse soutenue par Andrea Kay, le 27 août 2018, Institut de géographie et durabilité (IGD)
Comprendre les relations fondamentales entre les humains et leur environnement est essentiel pour projeter les interactions futures entre l’homme et l’environnement. Plus précisément, la production de modèles humains-environnementaux plus nuancés permet d’aborder des questions archéologiques majeures entourant la transition vers l’agriculture et d’évaluer ses impacts environnementaux à long terme. Notre compréhension actuelle de la façon dont les humains ont contribué au changement environnemental sur les échelles préindustrielles est au mieux ténue et sujette à de grandes lacunes dans les données géographiques, à des enregistrements proxy contradictoires et à des scénarios de modélisation hypothétiques et imparfaits. Comment différentes sociétés ont tiré leur subsistance, géré leurs paysages, interagi économiquement et socialement, et utilisé la technologie – leurs systèmes de subsistance – forment le point d’appui de cette relation, et cette thèse cherche à comprendre et à contraindre l’évolution de l’agriculture. Le passage de la recherche de nourriture à l’agriculture et à la métallurgie en Afrique subsaharienne a fondamentalement modifié la relation entre l’homme et son environnement, et peut avoir eu des conséquences étendues sur le climat et l’hydrologie régionaux. (suite…)
Jean-Michel Fallot, Institut de géographie et durabilité
Rafraichissez vos connaissances en météorologie avec la chronique de Jean-Michel Fallot, géographe, MER à l’Institut de géographie et durabilité et spécialiste du climat. Régulièrement, M. Fallot fait un point synthétique sur le temps en Suisse, sur les tendances climatiques, saisonnières et sur l’histoire de la météo dans notre pays, sur inspiration de données de MétéoSuisse.
D’après MétéoSuisse, notre pays a connu en 2018 la période d’avril à juillet en moyenne la plus chaude mesurée depuis 1864, devant celle de 2003. Mais l’année 2003 a surtout été très chaude en juin et en août. On verra ce que nous réserve le mois d’août 2018. Ces températures élevées s’accompagnent également d’une grande sécheresse, notamment dans le Nord de la Suisse où il manque l’équivalent d’environ 2 mois complets de pluie. La période d’avril à juillet 2018 est en moyenne la 4ème la plus sèche mesurée à l’échelle suisse depuis 1864 derrière celles de 1870, 1865 et 1911, mais devant celles de 1921 et 1976. La période d’avril à juillet 2018 a reçu environ 65% de la moyenne pluviométrique à long terme pour ces 4 mois. La période d’avril à juillet 1870 n’avait reçu que 46% de la normale actuelle (1981-2010) pour ces 4 mois.
Je vous rappelle encore que la Suisse a mesuré en moyenne nationale en 2018 :
le mois de janvier le plus chaud depuis 1864 malgré des chutes de neige abondantes dans les Alpes,
le 2e mois d’avril le plus chaud depuis 1864 derrière celui de 2007,
le 5e mois de mai le plus chaud depuis 1864,
le 4e printemps le plus chaud depuis 1864 derrière ceux de 2011, 2007 et 2017,
le 4e mois de juin le plus chaud depuis 1864 derrière ceux de 2003, 2017 et 2002,
probablement le 6e mois de juillet le plus chaud depuis 1864 selon un bilan encore provisoire de MétéoSuisse.
Nord de la France et Benelux
Les températures maximales ont atteint 36 à 38°C dans le Nord et Nord-Est de la France, en Belgique et aux Pays Bas les 26 et 27 juillet 2018. Lille a établi un nouveau record de chaleur absolu hier pour cette ville avec 37.6°C (devant les 36.6°C mesuré le 10 août 2003), alors que le record de chaleur absolu pour les Pays-Bas a été égalé le 26 juillet 2018 avec 38.2°C à Arcen (comme à Maastricht le 2 juillet 2015). Les températures minimales ne sont pas descendues au-dessous de 21 à 24°C durant la nuit du 26 au 27 juillet 2018 dans ces régionslà (et même 24.7°C à Gent), soit des nuits tropicales (càd des nuits avec des températures restant supérieures à 20°C selon la terminologie de MétéoSuisse).
Scandinavie
Les températures maximales ont grimpé jusqu’à 33°C dans le Nord de la Norvège vers le 70°N le 19.07.2018 (Lakselv, Berlevåg) et jusqu’à 34.6°C à Oslo et 34.2°C à Stavanger dans le Sud de la Norvège le 26 juillet 2018. La température minimale n’est pas descendue audessous de 25.2°C durant « la nuit » du 18 au 19 juillet au phare de Makkaur près de Båtsfjord dans le Nord de la Norvège vers le 70°N au bord de la mer de Barents, soit un nouveau record de chaleur pour l’Arctique. En Europe, seuls les rivages de la Méditerranée et quelques grandes villes européennes bénéficiant d’îlots de chaleurs urbains prononcés comme Paris ou Lyon peuvent enregistrer des températures minimales encore plus élevées en été.
Conséquence de cette chaleur estivale, la température de la Mer Baltique atteint 20 à 24°C, voire même 25°C dans le golfe de Finlande, soit des températures dignes de la Méditerranée en été. Les modèles climatiques prévoient le plus fort réchauffement des températures durant le 21ème siècle dans les hautes latitudes de l’hémisphère Nord consécutivement à la fonte des neiges et des glaces qui se traduira par une baisse moyenne de l’albédo (= pourcentage de rayonnement solaire réfléchi en direction de l’espace), L’albédo est très élevé au-dessus des surfaces enneigées et englacées qui renvoient une grande partie du rayonnement solaire en direction de l’espace sans réchauffer la surface de la Terre et l’atmosphère environnante, contrairement aux autres surfaces (eau, végétation, sol nu, surfaces construites, …). On peut ressentir ces effets quand on se promène au-dessus des surfaces recouvertes de neige ou de glace en montagne en été : la température de l’air est sensiblement plus basse au-dessus de ces surfaces qu’ailleurs (rocher, herbe, …) et cela découle directement de ces différences dans l’albédo. Or, la surface de la banquise dans l’Océan arctique a déjà rétréci en moyenne de 35% à la fin de l’été de 1979 à 2017 et les surfaces enneigées ont aussi sensiblement diminué dans les moyennes et hautes latitudes à l’échelle annuelle. Il en va de même pour les glaciers côtiers au Groenland et dans les montagnes des moyennes et hautes latitudes comme les Alpes où les glaciers ont reculé en moyenne de 25% depuis l’an 2000 !
Sur cette base, les climatologues ont prévu que des vagues de chaleur avec des températures supérieures à 30°C devraient toucher les régions polaires en été, mais pas avant 2030 ou 2040. Or de telles valeurs sont déjà atteintes en 2018 en été dans les régions polaires de la Scandinavie, ce qui est inquiétant ! La fonte des neiges et des glaces dans les différentes régions du monde semble plus rapide que celle prévue par les modèles climatiques durant le 21ème siècle, ce qui aura aussi des incidences sur le niveau des mers.
Maghreb et Moyen Orient
La canicule touche aussi le Magreb avec un nouveau record de chaleur absolu mesuré pour l’Algérie de 51.3°C à Ouargla dans le Sahara (précédent record : 50.6°C à In Salah le 12 juillet 2002). Une température de 53.0°C a été mesurée à Ahwaz en Iran le 2 juillet 2018 (et 52.9°C dans la vallée de la Mort en Californie le 24 juillet 2018), soit à 1°C du record du monde de chaleur absolu de 54.0°C détenu conjointement par la Vallée de la Mort à Furnace Creek le 30 juin 2013 et Mitriba au Koweit le 21 juillet 2016. Des valeurs encore plus élevées avaient été mesurées ailleurs sur Terre, mais elles ne sont pas reconnues par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM).
A Timimoun dans le Sahara algérien, les températures maximales oscillent entre 46 et 50°C et les températures minimales entre 29 et 35°C depuis le 4 juillet 2018. La température minimale n’est pas descendue au-dessous de 42.6°C pendant 24 heures entre le 25 juin à 18h et le 26 juin 2018 à 18h à Quraayyat sur les côtes du Sultanat d’Oman : il s’agit d’un nouveau record mondial pour une température minimale sur 24 heures. Il faut être solide pour vivre là-bas en été !
Asie de l’Est
Des records de chaleur absolus ont également été battus au Japon (41.1°C le 23 juillet 2018 à Kumagaya à 50 km au Nord-Ouest de Tokyo devant les 41.0°C de Shimanto le 12 août 2013) et en Corée du Nord (39.7°C à Wonsan le 22 juillet 2018).
Caucase et Asie centrale
Les 3 capitales des pays du Caucase ont aussi battu leur record de chaleur absolue avec 42.7°C à Bakou, 42.4°C à Erevan et 40.5°C à Tbilisi. Il en va de même pour Kaboul en Afghanistan (40.5°C à 1790 m/mer), alors que les températures ont grimpé jusqu’à 48.6°C au Turkménistan.
Canada
Un nouveau record de chaleur absolu a également été mesuré à Montréal avec 36.6°C. Vous trouverez plus d’informations sur ces records de chaleur en Europe et dans le monde sur le site de MétéoFrance.
Selon MétéoSuisse, le jet stream polaire et la circulation d’Ouest des latitudes moyennes sont actuellement plus faibles que d’habitude sur l’Europe, ce qui favorise le maintien d’anticyclones ou dorsales anticycloniques, ainsi que de dépressions ou thalwegs stationnaires pendant plusieurs jours ou semaines aux mêmes endroits. Suivant où on se trouve, on bénéficie d’un temps chaud et sec comme c’est le cas actuellement sur une bonne partie de l’Europe avec l’anticyclone des Açores ou d’un temps frais et humide pour ceux qui ont la malchance de se situer près d’une dépression ou thalweg dépressionnaire. Le cas le plus célèbre reste l’été 2003 où l’anticyclone des Açores s’était maintenu pendant 3 mois sur une bonne partie de l’Europe.
Les conditions météorologiques globales de ces dernières semaines sont assez semblables à celles observées lors de la sécheresse d’avril à juillet 1976, mais avec des températures en moyenne plus élevées consécutivement au réchauffement global du climat selon MétéoSuisse. Ces types de situations bloquantes pourraient devenir plus fréquents dans le futur avec le changement climatique. Vous trouverez plus d’informations à ce sujet sur le site de MétéoSuisse.
Thèse soutenue par Martin Calianno, le 13 juillet 2018, Institut de géographie et durabilité (IGD)
Les régions touristiques de montagne peuvent vivent des épisodes de pénurie en eau sur des temps très courts (d’un jour à une semaine) en raison des fortes variations de la population temporaire durant les saisons touristiques, combinées aux ressources en eau limitées des hauts bassins versants. (suite…)
Thèse soutenue par Nipesh PALAT NARAYANAN, le 6 juillet 2018, Institut de géographie et durabilité (IGD)
Cette thèse aborde les processus d’urbanisation, à travers le prisme de l’informalité (informality). L’informalité urbaine est ainsi utilisée comme un prisme critique, permettant de comprendre l’urbanisation en Inde, plutôt que de saisir l’informalité par le biais des processus d’urbanisation. Ce travail est composé de trois parties, chacune d’elles offrant une échelle d’analyse différente. (suite…)
Thèse soutenue par Julia Gonzalez Holguera, le 6 juillet 2018, Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST)
L’oxyde de manganèse (MnO2) est un minéral extrêmement réactif et omniprésent dans les sols, les sédiments et les systèmes aquatiques. Sa grande surface ainsi que sa charge négative favorisent l’adsorption de métaux à sa surface, ce qui en fait un acteur majeur de la distribution et biodisponibilité des contaminants dans les sols. De plus, MnO2 est une des espèces naturelles les plus oxydantes, capable de transformer de nombreux métaux et molécules organiques. (suite…)